Delphine BERNHARD, Maryvonne BOISSEAU, Christophe GERARD, Thierry GRASS, Amalia TODIRASCU (éds.), La néologie en contexte : cultures, situations, textes

Delphine BERNHARDMaryvonne BOISSEAUChristophe GERARD, Thierry GRASSAmalia TODIRASCU (dir.), La néologie en contexte : cultures, situations, textes, Éditions Lambert-Lucas (« La Lexicothèque »), Limoges, 2018, 304 pages.

Avant de présenter les contributions du volume La néologie en contexte : cultures, situations, textes, Christophe Gérard (« Le contexte, méconnu célèbre des études de néologie », pp. 9-21) souligne la nécessité de contextualiser les néologismes dans la situation sociohistorique et dans la typologie de contextes (extra)linguistiques qui en provoquent l’apparition, mais conclut que l’attention portée aux divers contextes en tant que champs de recherche demeure lacunaire. Si les études se consacrent généralement à la « langue » ou au « domaine » en tant que contextes, beaucoup d’autres possibilités restent insuffisamment explorées, comme par exemple, le « style collectif », la « linéarité du texte », l’« idiolecte », le « point de vue », et surtout les « genres », plus ou moins néologènes et néolophores.

Suit un article de synthèse par Jean-François SABLAYROLLES (« Les néologismes ne naissent pas dans les choux », pp. 23-38) qui, après avoir montré que l’opposition entre néologisme de luxe et nécessaire n’est plus opératoire parce que « rien n’est sans raison », discute la variabilité du degré de « néologicité » selon les langues et les variantes diatopiques d’une langue et selon d’autres facteurs plus ou moins néologènes tels les domaines du savoir, les genres de discours et les époques littéraires. L’auteure montre aussi l’importance d’autres facteurs comme l’extension de la « diffusion » des néologismes et la diversité des contextes dans lesquels ils sont créés, comme la lexicalisation, la déterminologisation, l’échange interdomanial et le contact intralinguistique. Ce qui unit toutes ces pistes est donc le poids que le co(n)texte joue sur l’apparition d’un néologisme.

La première partie, D’une culture à l’autre : traduire et emprunter, se penche sur la traduction et l’emprunt ainsi que sur les risques d’interférences entre les langues et cultures en contact dans l’activité néologique.

Lina SADER FEGHALI (« Dans les coulisses de la traduction lexicale en traductologie », pp. 41-53) aborde le problème de la terminologie de la traductologie en arabe, qui nécessite la formation de néologismes. L’auteure dresse un bilan d’un projet conduit à l’École de traducteurs et d’interprètes de Beyrouth, afin de doter les traducteurs d’une telle terminologie en arabe (accompagnée de définitions, exemples et notes d’usage), par l’adaptation de l’ouvrage quadrilingue (français, anglais, espagnol, allemand) Terminologie de la traduction de Delisle et al. (1999). Sader Feghali présente enfin un nouveau projet de recherche, complémentaire au premier, qui vise les termes de la traductologie et se présente comme un chantier néologique pour l’arabe.

Corinne BRICMAAN (« Traduire les néologismes des discours officiels chinois : entre skopos et soft power. Étude de cas », pp. 55-66) s’intéresse par contre aux néologismes qui habitent les discours chinois autour du soft power – rendu en termes de « force, puissance culturelle douce » (p. 56) qui restaurerait le déficit d’image de la République populaire –, sur le modèle contextuel sociocognitif qui en est à l’origine, et sur leur restitution internationale. L’auteure étudie ainsi les traductions officielles des nouveaux termes chinois, liés aux idéologies de la République populaire aussi bien qu’à ses stratégies politiques internationales. Dans un tel contexte les traducteurs deviennent des instruments de la construction de l’identité nationale et la théorie du skopos perd sa valeur. Ensuite, Bricmaan montre toute la force de la lexie « rêve chinois », que le président Xi Jinping a lancée en 2012 lors d’une visite à l’exposition permanente du Musée national, intitulée « la Voie du Renouveau », et qui incarne le filtre idéologique auquel les traducteurs chinois sont soumis.

Corina VELEANU (« L’entrée des termes anglais en –ing dans le vocabulaire juridique des langues romanes », pp. 67-81) étudie l’intégration de 13 termes juridiques anglais et américains en –ing représentant des nouveaux concepts juridiques (grooming, leasing, dumping, auditing, etc.), aux langues-cultures juridiques de français, roumain, italien, espagnol et portugais, tels qu’ils sont utilisés par les interprètes simultanés du Parlement européen et dans d’autres corpus secondaires. Il apparait que ces termes montrent une grande stabilité sémantique dans le passage d’une langue à l’autre et que les langues-cultures italienne et roumaine sont plus prédisposées à l’intégration d’emprunts, notamment mais non seulement en –ing, alors que le français et le portugais se montrent plus conservateurs, avec une fréquence des anglicismes qui décroit dans le temps au profit d’équivalents et d’officialismes.

Dans leur article, Najet BOUTMGHARINE et John HUMBLEY (« Adapter la class action aux sociétés francophones : enjeux juridiques et linguistiques », pp. 83-96) examinent un corpus journalistique et un corpus juridique afin de décrire l’adaptation du terme « class action », issu de la Common law américaine et concernant le droit des consommateurs, dans différentes sociétés francophones (France, Québec, Belgique, Suisse, UE) relevant du Droit civil, dont ils esquissent la situation juridique par rapport au dispositif réglant les droits collectifs. Ils analysent à la fois le contexte institutionnel qui influence la néologie juridique et administrative (notamment lorsque les formes linguistiques adoptées peuvent refléter la volonté politique du législateur) et la variation textuelle et discursive qui accompagnent les termes afférant à « class action » dans la presse (par exemple, la présence ou l’absence de gloses ou de marques typographiques).

Christine JACQUET-PFAU (« A propos des emprunts néologiques dans le discours journalistique : marquage et commentaires », pp. 97-109) choisit elle-aussi un corpus journalistique afin d’étudier la réception de quelques emprunts néologiques reconnaissables formellement, susceptibles de ne pas être encore compris par le lecteur, issus des modes alimentaires et des pratiques professionnelles. L’auteure analyse le contexte métalinguistique journalistique qui accompagne ces emprunts et qui offre essentiellement des informations linguistiques d’ordre étymologique et définitionnel, auquel s’ajoute la présence du marquage typographique qui véhicule le point de vue du journaliste, notamment pour ce qui est de la synonymie, avec la mention d’équivalents proposés dans un binôme à ordonnancement textuel variable. Jacquet-Pfau se penche enfin sur la position des emprunts dans la structure de l’article, lesquels peuvent être placés aussi dans le titre ou dans les intertitres, avec reprise ou non de l’unité lexicale dans l’article.

Par une collecte de mots effectuée sur le terrain en 2015, Jean-Paul BALGA (« La création lexicale en situation de contact de langues : la morphologie lexicale du français parlé au nord-Cameroun », pp. 111-125) étudie une variété du français du nord-Cameroun, notamment le « dialecte français » parlé à Maroua, influencé par un fort contact plurilinguistique où le français est langue officielle, le fulfulde est langue véhiculaire, mais d’autres langues telles le tupuri, le guisiga, le mundang, le masana, etc. sont employées et fournissent des emprunts. L’auteur mesure l’ampleur du contact entre le français et la socio-culture camerounaise et montre que le dialecte français du nord-Cameroun considéré exploite toutes les stratégies de créativité lexicale issues de la dérivation (impropre, régressive, préfixation, suffixation), tout en privilégiant la composition et l’abrègement de formes françaises ou empruntées aux langues en contact.

La deuxième partie, Point de vue, interprétation et création, s’occupe du rapport que les individus entretiennent avec la langue, qui les conduit à appliquer de différentes conceptions du monde, c’est-à-dire de différents points de vue, aux produits de l’activité langagière, ce qui en influence à la fois la production et la réception.

Dans son article, Philippe SELOSSE (« ‘L’Ordonnance de Soissons’ : la latinisation des phytonymes vernaculaires français dans le De Natura Stirpium de Jean Ruel (1536) », pp. 129-143) met en exergue l’originalité du premier recensement de la nomenclature vernaculaire française des plantes, proposé par le botaniste Jean Ruel dans son De Natura Stirpium (1536), qui consiste en la latinisation des phytonymes locaux français, jusque-là n’existant qu’en forme orale, dans un esprit ouvertement humaniste. Cette conception, éloignée de la démarche néonymique moderne, a permis à Ruel de recueillir les emprunts (sans ou avec latinisation et ajout d’un affixe flexionnel) et les calques (morphologiques ou référentiels) en usage à l’époque, et d’en légitimer l’emploi en reliant le savoir français sur les plantes au savoir ancien, par le biais d’une « néo-latinisation ».

Françoise Dufour et Fanny RINCK (« Castorin, maltolé, ozonique… La créativité lexicale dans les descriptions d’odeurs par les experts », pp. 145-158) s’intéressent au domaine des odeurs et à la créativité lexicale (caractérisée d’emprunts à l’anglais et de dérivations adjectivales) d’un discours spécialisé dépourvu d’une nomenclature univoque. Ils ont sollicité 35 experts parfumeurs et aromaticiens à évoquer 20 molécules odorantes distinctes, et ont étudié la dimension langagière de leur expertise, telle qu’elle s’exprime dans la description olfactive. Il en résulte, d’un côté, une pluralité de descripteurs choisis par les experts afin de verbaliser les sensations évoquées par une même molécule – ce qui témoigne du caractère subjectif de la perception, qui conditionne le discours de l’olfaction et lui confère une dimension idiolectale – et, de l’autre côté, que ces termes ne coïncident pas avec ceux qui seraient employés par un non-expert, ce qui en confirme par contre le degré de spécialisation et la nécessité « de se mettre d’accord à plusieurs sur ce que ‘ça’ sent » (p. 146).

L’implication de la subjectivité dans la perception des néologismes fait également l’objet de l’étude de Jean-François SABLAYROLLES (« Interprétation de néologismes en co(n)textes », pp. 159-166), qui montre que le recours aux gloses explicatives témoigne souvent de l’autocritique du sujet parlant envers sa création (par exemple, dans le cas d’adaptations transcatégorielles inusitées), soit-elle formelle ou combinatoire, mais toujours relevant du contexte énonciatif. Dans le cas des néologismes, l’activité interprétative mise en place par les récepteurs ne se limite pas à la compréhension d’un néologisme hors contexte, mais s’efforce d’en reconnaitre aussi les motivations. Cette tendance les oblige à mobiliser une série de compétences langagières relevant de la prise en compte du co(n)texte de la création lexicale (allant par exemple de la comparaison avec des lexies préexistantes à la prise en considération de la combinatoire lexicale).

254 noms en –eux désignant des humains (NH-eux) font l’objet de l’étude de Ann-Lise ROSIO (« Comparaison de contextes d’emploi des néologismes nominaux en –eux désignant des humains », pp. 167-181) qui en propose une description sémantique, référentielle et modale, afin de dépasser le concept trop vague de « connotation négative ». Il s’avère que la plupart de ces noms en –eux, suffixe très productif mais peu étudié et présenté par le TLF comme formateurs d’adjectifs, sont employés par les locuteurs afin d’exprimer leur point de vue, qu’ils relèvent de la modalité aléthique classifiante ou bien de la modalité appréciative axiologique. À ce stade de la recherche, il résulte également que la modalité appréciative négative se montre indépendante des types de contexte d’usage ou de la spécialisation des sources, alors que le degré de lexicalisation des NH-eux semble se déplacer du formalisme initial vers des contextes plus informels.

La troisième partie, Rôles du contexte dans les domaines de spécialité, déplace l’attention vers les terminologies spécialisées.

L’étude de Isabel DESMET et Sandra de CALDAS (« Création lexicale et variation en portugais et en français contemporains : contextes, textes et discours dans les sciences sociales, économiques et financières », pp. 185-200) analyse les manifestations de quelques mécanismes de création lexicale dans un corpus de 400 articles de presse généraliste et de spécialité dans les sciences sociales, économiques et financières, écrits en français et en portugais, et recueillis à partir de la présence de l’emprunt « yield ». Ce corpus permet aux auteures d’illustrer différentes techniques de substitution de termes spécialisés et de création d’équivalents, aussi bien qu’une multiplicité de variations contextuelles, textuelles et discursives, conduisant vers la synonymie terminologique. Cependant, elles concluent à ce que le flou dénominatif dû à la surabondance de variantes terminologiques touche essentiellement le niveau de la vulgarisation (dans lequel la présence d’un marquage typographique incohérent ne s’avère pas parlant pour ce qui est du degré d’intégration des termes), car cette profusion ne se retrouve pas dans des textes spécialisés.

La diversité des domaines de spécialité fait également l’objet de l’étude de Hélène LEDOUBLE (« Problématiques liées à la diffusion de créations lexicales ‘complexes’ : divergences interprétatives autour de l’unité sociodiversité dans les discours scientifiques », pp. 201-215), qui – à l’aide d’un corpus de 182 articles scientifiques (1994-2015) – montre que l’amalgame sociodiversité connait un usage instable tant au plan formel que sémantique, ce qui est rendu plus évident par l’absence d’une définition de référence. Son sens semble donc déclencher de nombreuses interprétations divergentes au sein du discours scientifique francophone. Si la lexie se caractérise par deux sèmes essentiels, /pluralité/ et /êtres vivants/, les autres sèmes qui lui sont tour à tour associés (par exemple, /citoyens/, /modes de vie/, /espèces animales/, /bâtiments/, etc.) varient en fonction du contexte d’emploi, décliné en forme de définition, glose, explicitation, etc. et selon le domaine disciplinaire dans lequel on l’emploie (sciences de l’environnement, sociologiques, agronomiques, de la vie, économiques, juridiques, etc.).

Anne CONDAMINES (« La transitivation des compléments circonstanciels dans le sport et les loisirs, en situation d’implication affective : néologie sémantique ou simple variation argumentale ? », pp. 217-229) se concentre sur le domaine du sport et des loisirs et observe une modification syntaxique remarquable, c’est-à-dire la transitivation des compléments circonstanciels, notamment dans des co(n)textes qui impliquent et manifestent la subjectivité du locuteur. Ainsi, il s’avère que souvent dans les blogs, les sites personnels et les forums concernant la pêche et la chasse (sondés via Google), le complément circonstanciel indiquant le lieu d’une activité se trouve en position d’argument-objet, dans des constructions de type [pêcher + dét. + rivière] ou [chasser + dét. + N]. Celles-ci semblent véhiculer une dimension affective et attribuent aux deux verbes pris en considération un sens nouveau, étroitement lié à des situations de communication particulières, qui n’est pas (encore) recensé dans les dictionnaires. 

Jana ALTMANOVA (« Les dérivés de l’onomastique commerciale entre brandverbing et créativité des locuteurs », pp. 231-244) s’intéresse quant à elle au statut linguistique de l’onomastique commerciale et de sa sémantique, notamment à l’implantation lexicale des noms de marque (NdM) et des noms de produits (NdP). Elle analyse en particulier la manière dont les locuteurs modifient et transforment un certain nombre de NdM et de NdP – recueillis dans des blogs et de forums, qui semblent être un terrain propice à leur émergence – lesquels, étant des noms propres, fonctionnent de manière différente en fonction du degré de lexicalisation qu’ils atteignent et de leur charge lexiculturelle. Ainsi, des dérivés créatifs et originaux concernant plusieurs classes morphologiques (dérivés verbaux, adjectivaux, nominaux et dérivés par troncation) fleurissent dans certains contextes énonciatifs, qui demeurent d’importance capitale pour leur interprétation.

La quatrième partie est consacrée à la Détection et documentation automatique des néologismes, accomplies par la linguistique informatique qui a désormais développé des outils puissants, comme Logoscope ou Néoveille pour le français, mais qui doit encore résoudre des problèmes de taille. Les trois contributions suivantes visent donc, chacune selon son approche, à éclairer la nécessité de prendre en considération des facteurs contextuels pour le traitement automatique de la néologie.

L’approche statistique et textométrique de Frédéric ERLOS (« Sur la houle des données textuelles : enjeux du pilotage d’un dispositif textométrique dédié au repérage des néologismes d’un sociolecte », pp. 247-264) vise à identifier les néologismes sans recourir à un corpus d’exclusion externe. Sa méthode se fonde sur une « norme endogène », notion sur laquelle l’auteur développe une réflexion rigoureuse, qui consiste en l’emploi d’un dispositif outillé organisé sous la forme de séries textuelles chronologiques (STC), notamment dans le genre discursif du « parler d’entreprise » (circulaires et documents de référence, 2010-2014). Cette démarche compare le vocabulaire d’un ensemble de textes avec le dernier texte qui lui est ajouté, et extrait des candidats néologismes à l’aide de techniques statistiques non seulement sur la base de leur originalité, mais aussi de leur spécificité et fréquence dans le texte ajouté.

Selon Yulya KORENCHUK (« Identification automatique de familles morphologiques et de néologismes », pp. 265-279) l’extraction de néologismes terminologiques à fréquence faible gagne à être enrichie par le regroupement de termes proches même lorsqu’ils ne suivent pas l’ordre alphabétique. Elle travaille donc à l’identification automatique de familles morphologiques en français, anglais et allemand, par le biais d’un moyen original : les « n-grammes de caractères », c’est-à-dire des séquences de caractères d’une longueur définie n, extraites à partir de termes candidats dans leur forme lemmatisée. Par exemple, à partir du terme nanostructure, elle obtient les quadrigrammes « nano », « anos », « nost », « ostr » et « truc », acquis directement à partir du corpus analysé et lancés à la recherche de néologismes qui les contiennent. Bien qu’une validation manuelle demeure nécessaire, dans les domaines spécialisés considérés les scores moyens sont très élevés, surtout pour l’anglais (97,33%) et l’allemand (95,67%) alors qu’ils restent en peu plus bas pour le français qui s’atteste à 89,33%.

Si les deux contributions précédentes se penchent notamment sur la détection des néologismes, l’article de Amalia TODIRAŞCU (Néologie et genres textuels : comment caractériser les genres journalistiques pour la classification automatique ? », pp. 281-297) souligne que celle-ci doit nécessairement être liée à la documentation de leurs contextes. La documentation doit elle aussi être automatisée afin d’éliminer l’intervention humaine, et doit tenir compte du lien entre le genre et la création lexicale, puisque le genre influence, entre autres, le choix du vocabulaire et fait partie des variables discursives qui aident l’interprétation sémantique et formelle des néologismes ainsi que leur diffusion. L’objectif de l’auteure est donc d’intégrer au projet Logoscope une classification automatique des genres journalistiques (éditorial, nécrologes, brèves, etc.) permettant de les identifier à partir de diverses propriétés linguistiques et d’identifier, par conséquence, les néologismes qui y apparaissent.

[Chiara PREITE]