{"id":1552,"date":"2026-06-24T13:21:13","date_gmt":"2026-06-24T11:21:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=1552"},"modified":"2026-06-25T10:54:16","modified_gmt":"2026-06-25T08:54:16","slug":"malika-temmar-philosophie-et-medias-approche-semiodiscursive-de-la-presse-francaise-contemporaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2026\/06\/24\/malika-temmar-philosophie-et-medias-approche-semiodiscursive-de-la-presse-francaise-contemporaine\/","title":{"rendered":"Malika TEMMAR, Philosophie et M\u00e9dias. Approche s\u00e9miodiscursive de la presse fran\u00e7aise contemporaine"},"content":{"rendered":"\n<p>Malika TEMMAR, <em>Philosophie et M\u00e9dias. Approche s\u00e9miodiscursive de la presse fran\u00e7aise contemporaine<\/em>, Paris, Classiques Garnier, 2025, pp. 227.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Philosophie et M\u00e9dias. Approche s\u00e9miodiscursive de la presse fran\u00e7aise contemporaine <\/em>repr\u00e9sente un ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence pour l\u2019\u00e9tude s\u00e9mio-discursive de la philosophie en tant que nouvelle pratique \u00e0 partir de son traitement par des m\u00e9dias fran\u00e7ais contemporains. Il s\u2019int\u00e9resse \u00e0 sa r\u00e9ception aupr\u00e8s du grand public, qui est distinct des publics de l\u2019enseignement et de la recherche \u2013 les plus traditionnellement associ\u00e9s \u00e0 la philosophie. Son auteure, Malika TEMMAR, souligne la mani\u00e8re dont la philosophie tend d\u00e9sormais, en France, \u00e0 sortir du champ acad\u00e9mique pour s\u2019\u00e9tendre \u00e0 l\u2019espace public, notamment m\u00e9diatique. En t\u00e9moignent les philosophes qui s\u2019occupent de questions d\u2019actualit\u00e9 et de d\u00e9bats soci\u00e9taux. Comme elle le remarque dans l\u2019<em>Introduction g\u00e9n\u00e9rale<\/em> (pp. 7-16), la sp\u00e9cificit\u00e9 de ce volume repose sur l\u2019analyse des formes d\u2019\u00e9criture et des genres qui sont employ\u00e9s par la presse parlant de la philosophie. Il s\u2019av\u00e8re \u00eatre novateur par rapport aux publications existantes car il se propose d\u2019\u00e9tudier la philosophie en dehors du cadre acad\u00e9mique, dans les m\u00e9dias, en s\u2019appuyant sur la repr\u00e9sentation de la philosophie dans le support de presse \u00e0 partir d\u2019une d\u00e9marche inscrite dans la dimension performative de la philosophie. Cette derni\u00e8re y est con\u00e7ue comme pratique&nbsp;: il est essentiel d\u2019en \u00e9tudier la \u00ab&nbsp;dilution&nbsp;\u00bb (p. 11) dans des supports vari\u00e9s et les effets en termes de cadres g\u00e9n\u00e9riques. La m\u00e9thodologie adopt\u00e9e par TEMMAR repose sur l\u2019analyse du discours de l\u2019\u00e9cole fran\u00e7aise et francophone, notamment sur l\u2019analyse du discours philosophique telle qu\u2019elle est th\u00e9oris\u00e9e depuis 1990 par Fr\u00e9d\u00e9ric Cossutta et Dominique Maingueneau, tout comme sur les apports issus de travaux ant\u00e9rieurs sur les formes expressives du discours philosophique, sur la presse et la critique litt\u00e9raire m\u00e9diatiques. Deux types de corpus, trait\u00e9s selon une approche lexicom\u00e9trique, font l\u2019objet de cette recherche. Le premier remonte \u00e0 la p\u00e9riode 2009-2015 et se compose tant de la presse quotidienne nationale (<em>Le Monde<\/em>, <em>Le Figaro<\/em>, <em>Lib\u00e9ration<\/em>) que de la presse magazine consacr\u00e9e \u00e0 la philosophie, \u00e0 savoir <em>Philosophie Magazine<\/em>, et de la presse contenant une rubrique de philosophie (<em>Le Point<\/em>, <em>Le Nouvel Observateur<\/em>\/<em>L&#8217;Obs<\/em>, <em>Sciences humaines et sociales<\/em>, <em>Lire<\/em>). Le second, collect\u00e9 de 2009 \u00e0 2023, rel\u00e8ve d\u2019interviews que les philosophes accordent aux journalistes \u00e0 propos d\u2019une question br\u00fblante de l\u2019actualit\u00e9. TEMMAR montre que ces deux types de corpus, homog\u00e8nes par rapport au choix de textes qui sont des configurations discursives de la philosophie dans la presse, sont en fait tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes vis-\u00e0-vis des formes d\u2019\u00e9criture et des genres. Cette h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 est accrue par l\u2019hyper-structure qui caract\u00e9rise les textes de presse, engendrant un ensemble pluri-s\u00e9miotique de textes et d\u2019images. La dimension visuelle acquiert, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la dimension textuelle, un r\u00f4le central dans cette \u00e9tude, \u00e0 partir de l\u2019analyse s\u00e9miologique des portraits de philosophes, mais aussi de la composition r\u00e9dactionnelle des articles de presse et de l\u2019aspect \u00e9nonciatif qui sous-tend ces productions. Quant aux genres de discours, l\u2019attention est surtout focalis\u00e9e sur l\u2019entretien et sur la critique philosophique m\u00e9diatique, autant de genres qui permettent de v\u00e9rifier la mani\u00e8re dont la philosophie s\u2019exprime quand elle est m\u00e9diatis\u00e9e, et ses liens avec le discours philosophique source, acad\u00e9mique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le parcours textuel et discursif trac\u00e9 par Malika TEMMAR est articul\u00e9 autour de deux parties principales compos\u00e9es de diff\u00e9rentes sections et d\u2019une <em>Conclusion g\u00e9n\u00e9rale<\/em>, des <em>Annexes <\/em>(pp. 157-210), de la <em>Bibliographie<\/em> (pp. 211-218), de l\u2019<em>Index des notions<\/em> (pp. 219-220), de l\u2019<em>Index des supports de presse <\/em>(p. 221) et de l\u2019<em>Index des noms propres<\/em> (pp. 222-223).<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re partie, intitul\u00e9e <em>Expansion, diffusion. Les modes de sociabilit\u00e9 de la philosophie<\/em> (pp. 19-65), comporte quatre sections.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la premi\u00e8re, <em>La parole philosophique dans la soci\u00e9t\u00e9 <\/em>(pp. 19-26), l\u2019auteure souligne la place de plus en plus importante que la philosophie occupe dans la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise tant au sein de l\u2019enseignement que dans la discussion publique. Elle rappelle son histoire, en signalant la tension qu\u2019elle conna\u00eet entre \u00e9sot\u00e9risme et exot\u00e9risme, et en focalisant l\u2019attention aussi bien sur le brouillage qui fait l\u2019objet de la figure du philosophe fran\u00e7ais, au carrefour entre sph\u00e8re acad\u00e9mique, enseignement et sph\u00e8re publique, et en qu\u00eate d\u2019affirmation en tant que sp\u00e9cialiste, que sur la mani\u00e8re dont les m\u00e9dias ont trait\u00e9 de la parole philosophique. Apr\u00e8s avoir \u00e9voqu\u00e9, d\u2019un point de vue historique, les formes, les publics et les lieux qui contribuent \u00e0 l\u2019\u00e9clatement de la philosophie et \u00e0 son extension et diffusion en dehors de l\u2019Universit\u00e9 et de l\u2019Acad\u00e9mie depuis le XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et le si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, surtout \u00e0 Paris, l\u2019attention de Malika TEMMAR est focalis\u00e9e sur les modalit\u00e9s de diffusion de la philosophie au-del\u00e0 du monde acad\u00e9mique en France, dont l\u2019extension se v\u00e9rifie surtout depuis la moiti\u00e9 du XX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle. \u00c0 cet \u00e9gard, il est int\u00e9ressant de s\u2019attarder sur l\u2019opposition entre \u00e9sot\u00e9risme et exot\u00e9risme de la figure de philosophe, dont Spinoza et Descartes, respectivement, incarnent l\u2019illustration. Elle t\u00e9moigne de l\u2019instabilit\u00e9, mais \u00e0 la fois aussi de la volont\u00e9 d\u2019inscrire la philosophie et les philosophes dans le contexte social.<\/p>\n\n\n\n<p>La seconde section, <em>Intellectuels philosophes m\u00e9diatiques<\/em> (pp. 27-42), porte sur la figure de l\u2019intellectuel-philosophe et sur son inscription dans l\u2019espace public, notamment m\u00e9diatique, en France. Pour ce faire, TEMMAR commence par la d\u00e9finition de la figure de philosophe et, ensuite, d\u2019intellectuel, \u00e0 l\u2019appui de sources et d\u2019approches diff\u00e9rentes. La premi\u00e8re figure est analys\u00e9e \u00e0 partir de sources dictionnairiques et enrichie d\u2019exemples de philosophes de la Gr\u00e8ce antique. Ce long parcours au fil du temps permet de souligner non seulement les acceptions tant\u00f4t appr\u00e9ciatives tant\u00f4t p\u00e9joratives de ce terme (apparaissant d\u00e8s la fin du XIX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle), mais aussi le d\u00e9veloppement d\u2019une activit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u0153uvre de cette figure, comme le montre Gilles Deleuze. C\u2019est pour autant au d\u00e9veloppement de la communication de masse, depuis la moiti\u00e9 du XX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle, qu\u2019il est possible de faire remonter la relation entre philosophes et figures m\u00e9diatiques, ainsi que la tension apparue dans les enceintes de la philosophie la plus traditionnelle, relevant \u00e9galement d\u2019un d\u00e9classement de celle-ci au profit des sciences de l\u2019homme. Malika TEMMAR se doit ainsi de constater l\u2019instabilit\u00e9 qui touche \u00e0 la figure de philosophe. Quant \u00e0 la seconde figure, celle d\u2019intellectuel, elle est appr\u00e9hend\u00e9e \u00e0 partir de figures d\u2019historiens dans le but de souligner tant l\u2019apparition plus r\u00e9cente (datant de l\u2019affaire Dreyfus) de cette acception \u2013 en fait cit\u00e9e d\u00e8s le Moyen-\u00c2ge \u2013 que la polys\u00e9mie de la notion d\u2019\u00ab\u00a0intellectuel\u00a0\u00bb, recouvrant diverses conceptions \u00e0 des \u00e9poques civilisationnelles diff\u00e9rentes, mais qui partagent la d\u00e9fense et l\u2019illustration des valeurs et le maintien d\u2019une pens\u00e9e ind\u00e9pendante du pouvoir et des institutions. Pour ce qui est de la d\u00e9finition de la figure d\u2019intellectuel-philosophe, TEMMAR rappelle le parcours de m\u00e9diatisation progressive de philosophes occupant de mani\u00e8re diff\u00e9rente l\u2019espace public et l\u2019espace m\u00e9diatique. Celui-ci commence par Sartre et se poursuit par Foucault, par la \u00ab\u00a0French Theory\u00a0\u00bb, par les \u00ab\u00a0nouveaux philosophes\u00a0\u00bb et, enfin, par les \u00ab\u00a0philosophes hyper m\u00e9diatis\u00e9s\u00a0\u00bb. Alors que Sartre visait \u00e0 l\u2019engagement de l\u2019intellectuel, c\u2019est \u00e0 son caract\u00e8re sp\u00e9cifique de mobilisateur d\u2019un savoir que Foucault rapportait cette identification. C\u2019est pourtant avec l\u2019apparition des \u00ab\u00a0nouveaux philosophes\u00a0\u00bb que s\u2019op\u00e8re l\u2019extension de la philosophie au grand public ainsi qu\u2019aux codes m\u00e9diatiques, et qu\u2019une \u00e9volution m\u00eame de la notion d\u2019\u00ab\u00a0intellectuel\u00a0\u00bb a lieu. Les philosophes que l\u2019auteure qualifie d\u2019\u00ab\u00a0hyper m\u00e9diatis\u00e9s\u00a0\u00bb rel\u00e8vent des figures les plus contemporaines occupant la sc\u00e8ne m\u00e9diatique, dont l\u2019inscription dans une classification unique \u00e9chapperait \u00e0 leurs diff\u00e9rents profils \u2013 \u00e0 ce propos, Bourdieu est le cas le plus embl\u00e9matique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la troisi\u00e8me section, <em>La place r\u00e9serv\u00e9e au philosophe dans la presse \u00e9crite<\/em> (pp. 43-48), TEMMAR se sert de l\u2019histoire de la presse fran\u00e7aise depuis le XIX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle pour remonter \u00e0 l\u2019apparition des termes de \u00ab&nbsp;vulgarisateur&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;vulgarisation&nbsp;\u00bb, et \u00e0 l\u2019importance qui est ainsi attribu\u00e9e au sujet qui est tenu de vulgariser \u2013 d\u2019abord la science \u2013 par l\u2019interm\u00e9diaire de la presse et aux d\u00e9clinaisons de l\u2019image du sujet savant, qui peut co\u00efncider avec la figure du philosophe en tant que vulgarisateur du savoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Par la quatri\u00e8me section de cette partie du volume (<em>La dimension intrins\u00e8quement relationnelle et pratique de la philosophie<\/em>, pp. 49-56), Malika TEMMAR montre, \u00e0 l&#8217;instar de Pierre Hadot, que la philosophie pr\u00e9sente, d\u00e8s l&#8217;Antiquit\u00e9, une vis\u00e9e non seulement th\u00e9orique mais aussi pratique, en tant qu\u2019\u00ab\u00a0exercice\u00a0\u00bb, et relationnelle, en raison de son action sur la mani\u00e8re de vivre et de penser du sujet humain. De surcro\u00eet, sont \u00e9galement mises en \u00e9vidence des vis\u00e9es th\u00e9rapeutiques de la philosophie antique, lesquelles visent \u00e0 transformer sa vie et \u00e0 surmonter l\u2019angoisse par la sagesse. D\u2019o\u00f9 une conception nouvelle de textes philosophiques devenant en fait des \u00ab\u00a0exercices spirituels\u00a0\u00bb et une dimension r\u00e9solument religieuse de la philosophie qui privil\u00e9gie la r\u00e9p\u00e9tition de formules et sentences et fait comprendre que cette forme d\u2019\u00e9criture tire de cela sa valeurs prescriptive, proche du discours religieux chr\u00e9tien. Il est int\u00e9ressant que, comme TEMMAR le remarque, Hadot identifie la fin de cette vis\u00e9e de la philosophie par le moment o\u00f9 elle entre dans l\u2019Universit\u00e9, lorsqu\u2019elle change de finalit\u00e9 et sa dimension devient r\u00e9flexive. Ce sont pour autant des auteurs de la philosophie moderne comme Descartes et Spinoza qui permettent de poursuivre le processus de conversion de la philosophie \u00e0 l\u2019\u00eatre humain et \u00e0 la vie, et de la r\u00e9pandre au grand public pour lui permettre d\u2019apporter de nouvelles connaissances \u00e0 la personne qui n\u2019est pas sp\u00e9cialiste de philosophie.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, la derni\u00e8re section de la premi\u00e8re partie, <em>La reprise de la th\u00e9matique du bonheur et de la sagesse dans la philosophie grand public <\/em>(pp. 57-65), permet \u00e0 Malika TEMMAR d\u2019aborder une conception contemporaine de la philosophie, celle qui y verrait un outil pour parvenir au bonheur. Cette conception est controvers\u00e9e, comme le montre Roger-Piot Droit lorsqu\u2019il parle d\u2019une marchandisation de la philosophie en tant qu\u2019acc\u00e8s au d\u00e9veloppement personnel et donc, comme TEMMAR le souligne, d\u2019une dimension opportuniste. Cette dimension th\u00e9rapeutique de la philosophie serait \u00e0 relier avec la dimension d\u2019exercice de la philosophie, qui \u00e9merge \u00e9galement dans d\u2019autres conceptions contemporaines de la philosophie \u2013 celle de Luc Ferry, entre autres&nbsp;: elle serait porteuse d\u2019une finalit\u00e9 et d\u2019un r\u00f4le, notamment de bonheur, en lien avec la philosophie antique, qui est mise en relation avec la philosophie de l\u2019\u00e9poque actuelle. L\u2019auteure circonscrit, d\u2019une mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, ces dimensions de la philosophie \u00e0 la mission de celle-ci de servir le d\u00e9veloppement individuel et la prise de conscience de soi. Elle serait \u00e0 rapprocher de la litt\u00e9rature de d\u00e9veloppement populaire portant sur la philosophie, puisque les ouvrages produits se pr\u00e9sentent comme des guides et des m\u00e9thodes. Or, ces dimensions qui permettent \u00e0 la philosophie d\u2019appara\u00eetre de plus en plus dans l\u2019espace public et d\u2019\u00eatre vulgaris\u00e9e. Quant \u00e0 l\u2019aspect discursif de la philosophie, qui est porteur dans les textes antiques d\u2019une dimension prescriptive, TEMMAR \u00e9voque les nombreux ouvrages insistant sur les strat\u00e9gies discursives de la philosophie et sur sa dimension \u00e9nonciative. Celles-ci visent, par des formes discursives diverses, \u00e0 amener le lectorat \u00e0 s\u2019identifier au texte philosophique et \u00e0 montrer la dimension \u00ab&nbsp;re-effectuable&nbsp;\u00bb (p. 64) de la philosophie.<\/p>\n\n\n\n<p>La seconde partie de l\u2019ouvrage, <em>Approche discursive des textes de presse d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la philosophie <\/em>(pp. 67-150), s\u2019ouvre par la section consacr\u00e9e \u00e0 <em>Choix et \u00e9l\u00e9ments pour l\u2019analyse des textes d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la philosophie dans la presse m\u00e9diatique<\/em> (pp. 69-76). TEMMAR d\u00e9taille les crit\u00e8res pour le choix des textes m\u00e9diatiques consacr\u00e9s \u00e0 la philosophie qui sont \u00e0 la base de l\u2019\u00e9tude du discours philosophique m\u00e9diatique. Il s\u2019agit des deux corpus qui sont pr\u00e9sent\u00e9s dans l\u2019<em>Introduction<\/em>, \u00e0 savoir celui, datant de 2009 \u00e0 2015, tir\u00e9 de p\u00e9riodiques fran\u00e7ais quotidiens \u2013 des extraits du <em>Monde<\/em>, du <em>Figaro <\/em>et de <em>Lib\u00e9ration<\/em> \u2013 et de magazines philosophiques (<em>Philosophie Magazine<\/em>) et non philosophiques, mais contenant des rubriques sur la philosophie \u2013 <em>Le Point<\/em>, <em>Le Nouvel observateur<\/em>\/<em>l\u2019Obs<\/em>, <em>Lire<\/em>, <em>Revue des sciences humaines et sociales<\/em> \u2013, et celui, allant de 2009 \u00e0 2023, regroupant des articles de philosophie au sujet de l\u2019actualit\u00e9. L\u2019unit\u00e9 discursive qui est repr\u00e9sent\u00e9e par l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 s\u00e9miotique, \u00e9nonciative et textuelle de ces textes est, comme l\u2019auteure le constate, le r\u00e9sultat de la vari\u00e9t\u00e9 de formes d\u2019\u00e9criture que prend la philosophie dans la presse. Relativement \u00e0 l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 \u00e9nonciative, en particulier, la richesse des figures qui sont d\u00e9volues \u00e0 parler de philosophie dans la presse quotidienne et dans la presse magazine fran\u00e7aise, et de celles qui y sont cit\u00e9es, montre que la vari\u00e9t\u00e9 de sc\u00e8nes \u00e9nonciatives concern\u00e9es a des retomb\u00e9es sur les attentes du public en termes de discours philosophique plus proche de la critique dans la presse quotidienne et plus pragmatique dans le cas de la presse magazine. Quant aux genres avec le plus de passages renvoyant \u00e0 la philosophie, il \u00e9merge que l\u2019entretien est le genre le plus r\u00e9pertori\u00e9 pour les deux types de presse&nbsp;; dans la presse magazine, les entretiens tendent \u00e0 figurer au sein de rubriques. Une partie non n\u00e9gligeable est consacr\u00e9e \u00e0 ce qui rel\u00e8ve de l\u2019hypertexte et donc de l\u2019espace de la page de la presse m\u00e9diatique abritant le texte portant sur la philosophie. TEMMAR remarque notamment que cet espace peut aller de la macro-rubrique, comme c\u2019est le cas de la presse quotidienne nationale, aux rubriques d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la philosophie, figurant dans les magazines non sp\u00e9cialis\u00e9s en philosophie, jusqu\u2019au montage de tout le magazine autour du philosophique. Ce dernier mode de structuration est observ\u00e9 dans <em>Philosophie Magazine<\/em> et s\u2019av\u00e8re \u00eatre le plus in\u00e9dit en raison d\u2019une dimension verbo-iconique qui ne fait normalement pas l\u2019objet des textes accompagnant le discours philosophique. D\u2019o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat qui est attribu\u00e9 \u00e0 cette revue pour observer la mani\u00e8re dont la philosophie est figur\u00e9e par les ressources infographiques et par l\u2019iconotextuel.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me section, <em>L\u2019entretien avec un philosophe<\/em> (pp. 77-110), vise \u00e0 comprendre s\u2019il est possible de caract\u00e9riser de mani\u00e8re sp\u00e9cifique, parmi les discours d\u2019autres disciplines, le discours philosophique dans la presse \u00e9crite fran\u00e7aise \u00e0 partir de \u00ab&nbsp;rencontres&nbsp;\u00bb avec des philosophes. Celles-ci prennent deux dimensions diff\u00e9rentes selon le type de support m\u00e9diatique. Si les entretiens issus de rubriques de la presse quotidienne interpellent les philosophes sur l\u2019actualit\u00e9 comme r\u00e9ponse \u00e0 une demande sociale, dans la presse magazine, cet entretien est un r\u00e9cit biographique au sujet de la personne interview\u00e9e elle-m\u00eame. Sur le premier point, TEMMAR interroge la question de l\u2019engagement des philosophes \u00e0 l\u2019appui des travaux de Hannah Arendt, notamment les deux modes de vie de la <em>vita activa <\/em>et la <em>vita contemplativa <\/em>(p. 79), opposant philosophie et affaires humaines, et la mani\u00e8re dont chaque mode op\u00e8re, \u00e0 l\u2019appui \u00e9galement de la philosophie de Platon et de Socrate. Ces pr\u00e9misses th\u00e9oriques permettent \u00e0 TEMMAR de s\u2019interroger, \u00e0 partir du corpus, sur la mani\u00e8re dont les philosophes peuvent se saisir de questions de l\u2019actualit\u00e9 contemporaine. Son analyse touche aux contraintes discursives qui sont associ\u00e9es \u00e0 ce genre ainsi qu\u2019\u00e0 la fa\u00e7on dont les philosophes assument leurs propos en prenant la parole en leur nom ou au nom de l\u2019instance philosophique. Dans ces entretiens, portant sur les attentats terroristes, la pand\u00e9mie, la crise sanitaire et la question s\u00e9curitaire, les philosophes tendent \u00e0 avoir recours aux modalit\u00e9s d\u00e9ontiques de l\u2019obligation, du devoir, du conseil et de la recommandation. Une analyse d\u00e9taill\u00e9e est \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 propos des contraintes li\u00e9es au genre de l\u2019entretien de presse, en termes de sc\u00e8ne d\u2019\u00e9nonciation, de places et r\u00f4les \u2013 et de l\u2019<em>ethos<\/em> qui s\u2019y dessine \u2013, de prise en charge du propos. \u00c0 cet \u00e9gard, le \u00ab je \u00bb embrayeur y est de mise, tout comme l\u2019emploi d\u2019un \u00ab&nbsp;nous&nbsp;\u00bb collectif, tandis que ces positionnements deviennent tranch\u00e9s, voire rel\u00e8vent d\u2019une inscription personnelle aupr\u00e8s des \u00ab&nbsp;nouveaux philosophes&nbsp;\u00bb et des philosophes hyper m\u00e9diatis\u00e9s, le \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb fonctionnant comme un argument \u00e0 soi seul. Par ailleurs, il \u00e9merge que c\u2019est dans la mani\u00e8re dont les journalistes posent les questions qu\u2019il est possible de rapporter l\u2019image que les philosophes donnent de leur propre personne au public. De surcro\u00eet, l\u2019autorit\u00e9 qui est attribu\u00e9e aux philosophes ressort des journalistes, qui tendent, entre autres, \u00e0 les interpeller sur des pr\u00e9cisions m\u00e9talangagi\u00e8res relevant du lexique, de notions et de concepts qui sont utilis\u00e9s et qui leur est demand\u00e9 de caract\u00e9riser. Au-del\u00e0 de leurs diff\u00e9rences, TEMMAR constate que ces philosophes montrent des invariants dans la mani\u00e8re d\u2019aborder certaines questions, parmi lesquelles le terrorisme. Ces remarques soulignent \u00e9galement l\u2019aspect du recul de r\u00e9ponse des philosophes par rapport aux questions d\u2019actualit\u00e9, que TEMMAR rappelle en citant Derrida et le probl\u00e8me de double temporalit\u00e9. L\u2019analyse de l\u2019entretien avec des philosophes de <em>Philosophie Magazine<\/em> offre \u00e0 l\u2019auteure la possibilit\u00e9 d\u2019examiner les cas o\u00f9 cet entretien porte sur une dimension biographique. Tel est le cas du genre du portrait, o\u00f9 apparaissent aussi des photographies de philosophes&nbsp;: cela permet de construire un sociotype de la figure de philosophe qui est interview\u00e9e, \u00e0 partir d\u2019un sch\u00e9ma st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9 en termes de sujets abord\u00e9s et de questions pos\u00e9es, et d\u2019un portait qui est introduit par un texte pr\u00e9sentant la personne interview\u00e9e. TEMMAR rel\u00e8ve que la photographie y joue un r\u00f4le essentiel&nbsp;: elle est choisie pour permettre au lectorat de reconna\u00eetre le sujet interview\u00e9 \u00e0 partir de la photo pos\u00e9e, d\u2019une \u00ab&nbsp;photog\u00e9nie&nbsp;\u00bb (Barthes 1957) dont la mise en sc\u00e8ne iconographique est la m\u00eame et se caract\u00e9rise par des postures pensives, \u00e0 l\u2019air noble. Cela \u00e9vite tout renvoi \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 de la part du magazine et permet d\u2019identifier des types de portraits de philosophes tr\u00e8s diff\u00e9rents entre eux&nbsp;: institutionnels&nbsp;; s\u2019apparentant \u00e0 des figures de sages&nbsp;; hyper m\u00e9diatis\u00e9s. Cette typification est renforc\u00e9e par des reprises anaphoriques du terme \u00ab&nbsp;philosophe&nbsp;\u00bb et donc par les d\u00e9signations qui sont utilis\u00e9es pour se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 chaque philosophe. \u00c0 ce propos, la comparaison entre Michel Onfray, Judith Butler, Cynthia Fleury, \u00c9lisabeth Badinter et Catherine Malabou est particuli\u00e8rement frappante et sert \u00e0 l\u2019auteure \u00e0 montrer que, au-del\u00e0 de leurs sp\u00e9cificit\u00e9s, ces portraits de philosophes donnent \u00e0 en voir une image st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e qui en fait une personnalit\u00e9 qui innove, de mani\u00e8re in\u00e9dite et novatrice.<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me section est consacr\u00e9e \u00e0 <em>La critique philosophique m\u00e9diatique<\/em> (pp. 111-130), qui est plus pr\u00e9sente dans la presse quotidienne que magazine et qui prend la forme de pr\u00e9sentations d\u2019ouvrages de philosophie. Puisque, comme l\u2019auteure le souligne, la critique litt\u00e9raire fait l\u2019objet d\u2019une litt\u00e9rature abondante, alors que la critique philosophique est peu \u00e9tudi\u00e9e tant par les philosophes qu\u2019en analyse du discours, elle examine cette derni\u00e8re en la comparant avec la critique litt\u00e9raire. Or, divers paradoxes touchant \u00e0 la critique philosophique m\u00e9diatique en termes de choix de l\u2019\u0153uvre philosophique \u00e0 \u00e9valuer, de difficult\u00e9 d\u2019acc\u00e8s \u00e0 cette \u0153uvre de la part du lectorat, de vis\u00e9e journalistique philosophique \u00e0 la fronti\u00e8re entre vulgarisation et sp\u00e9cialisation. L\u2019analyse \u00e9nonciative du corpus de presse quotidienne montre que les journalistes philosophes \u00e0 statut sp\u00e9cialis\u00e9 tendent \u00e0 privil\u00e9gier un effacement \u00e9nonciatif leur conf\u00e9rant de l\u2019objectivit\u00e9 tout en se devant d\u2019afficher leur subjectivit\u00e9 en raison du contrat g\u00e9n\u00e9rique. Les routines d\u2019\u00e9criture mobilis\u00e9es t\u00e9moignent que les genres pr\u00e9f\u00e9rentiels d\u2019expression de la critique philosophique m\u00e9diatique rel\u00e8vent du compte rendu, qui est cens\u00e9 induire un point de vue objectif sur les livres qui font l\u2019objet de la critique philosophique m\u00e9diatique. Pourtant, la dimension informative et la dimension explicative, <em>via <\/em>une re-contextualisation de l\u2019ouvrage qui est pr\u00e9sent\u00e9, mais aussi une mise en r\u00e9cit, m\u00eame dramatis\u00e9e, pour accrocher le lectorat \u00e0 partir d\u2019un portrait des philosophes ayant r\u00e9dig\u00e9 les ouvrages concern\u00e9s et d\u2019anecdotes sur leur vie, y jouent un r\u00f4le non n\u00e9gligeable. TEMMAR souligne que ces outils permettent d\u2019approcher davantage le public de ces ouvrages et de ces philosophes&nbsp;; le public est \u00e9galement sollicit\u00e9 par une sur-\u00e9nonciation visant \u00e0 l\u2019exhorter \u00e0 conna\u00eetre le livre pr\u00e9sent\u00e9 par une dimension argumentative qui est d\u00e9ploy\u00e9e par des \u00e9valuations tant\u00f4t explicites tant\u00f4t implicites sur l\u2019ouvrage et par des connecteurs logiques modaux. D\u2019o\u00f9 la figure d\u2019un \u00ab&nbsp;\u00e9nonciateur g\u00e9n\u00e9rique&nbsp;\u00bb qui parle au nom de valeurs sur la philosophie et qui ne se sert pas du \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb tout en signant sa critique, affichant un ethos de critique \u00e9rudit.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, dans la quatri\u00e8me section, <em>Mani\u00e8res innovantes d\u2019aborder la philosophie par le support de presse<\/em> (pp. 131-150), l\u2019auteure fait le point sur les logiques d\u2019\u00e9criture, les logiques \u00e9ditoriales et les configurations textuelles qui touchent \u00e0 la presse quotidienne et \u00e0 la presse magazine, notamment \u00e0 <em>Philosophie Magazine<\/em>. Dans ce magazine, le texte philosophique est associ\u00e9 \u00e0 d\u2019autres unit\u00e9s significatives et m\u00eame l\u2019espace de la page y est con\u00e7u suivant une rh\u00e9torique au service de la mise en valeur de ce texte. D\u2019o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019examiner des proc\u00e9d\u00e9s s\u00e9mio-discursifs significatifs qui sont \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans ce magazine, \u00e0 partir de sa cr\u00e9ation en 2006 et de son organisation interne, par rapport \u00e0 la rubrique \u00ab&nbsp;Le classique revisit\u00e9&nbsp;\u00bb et aux configurations \u00e9ditoriales dont elle fait l\u2019objet. Cette rubrique permet de se saisir du texte philosophique classique pour le revisiter \u00e0 partir d\u2019une question d\u2019actualit\u00e9, engendrant une sorte d\u2019\u00ab&nbsp;ontologie du temps pr\u00e9sent&nbsp;\u00bb (p. 134). Les caract\u00e9ristiques de cette rubrique \u2013 une prise en charge \u00e9nonciative de la rubrique de la part de plusieurs philosophes&nbsp;; une vis\u00e9e didactique et d\u2019accroche du lectorat <em>via <\/em>une mise en r\u00e9cit dramatis\u00e9e et le recours \u00e0 des manifestations modales \u2013 , \u00e9voqu\u00e9es \u00e0 partir d\u2019un exemple-mod\u00e8le, mettent en \u00e9vidence que le sujet \u00e9nonciateur philosophe d\u00e9veloppe un \u00ab&nbsp;ethos souverain&nbsp;\u00bb (p. 139) de sur-\u00e9nonciateur, l\u2019effacement \u00e9nonciatif y \u00e9tant tendanciellement pr\u00e9sent \u00e0 plusieurs reprises. Cette analyse permet \u00e0 TEMMAR de comparer cette rubrique avec le manuel scolaire de philosophie et de mettre en exergue les points saillants de la premi\u00e8re, parmi lesquels l\u2019incarnation d\u2019un \u00ab&nbsp;sujet philosophant&nbsp;\u00bb (p. 143) abordant les questions de fa\u00e7on philosophique. \u00c0 propos des configurations \u00e9ditoriales de cette rubrique, l\u2019auteure s\u2019attarde sur le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019aphorisation dont font l\u2019objet les citations au fil des pages, qui donnent lieu \u00e0 des \u00ab&nbsp;phrases sans texte&nbsp;\u00bb (Maingueneau 2012) au potentiel aphoristique important. Elle en examine le contenu, comparant les phrases d\u00e9tach\u00e9es issues de la philosophie classique et celles qui rel\u00e8vent de la philosophie contemporaine, dont l\u2019interpr\u00e9tation est sentencieuse car elles sont porteuses d\u2019un contenu moral.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la <em>Conclusion g\u00e9n\u00e9rale<\/em> (pp. 151-154), Malika TEMMAR insiste sur la vis\u00e9e vulgarisatrice de la philosophie et sur les facteurs, tant ext\u00e9rieurs que discursifs, qui expliquent son extension \u00e0 des publics non-initi\u00e9s \u00e0 la philosophie. En t\u00e9moigne, \u00e0 juste titre, le pr\u00e9sent ouvrage consacr\u00e9 \u00e0 la presse m\u00e9diatique philosophique contemporaine en France. L\u2019analyse qui est conduite permet de souligner, \u00e0 partir des corpus exploit\u00e9s, trois genres principaux d\u2019apparition de la philosophie. Le premier, l\u2019entretien, dessine une image st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e des philosophes et conjugue philosophie et demande sociale dans l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 cerner une question br\u00fblante de l\u2019actualit\u00e9. Le deuxi\u00e8me, la critique philosophique m\u00e9diatique, vise \u00e0 la diffusion de livres de philosophie de la part de journalistes philosophes au sein de la presse quotidienne. Enfin, le dossier, qui est introduit par une question jouant le r\u00f4le de fil conducteur, comporte des passages pourvus d\u2019une entr\u00e9e th\u00e9matique avec une r\u00e9flexion autour de cette th\u00e9matique, apparaissant surtout dans la presse magazine. Ces genres repr\u00e9sentent une confirmation suppl\u00e9mentaire de la valeur enti\u00e8rement relationnelle de la philosophie \u00e0 l\u2019\u00e9gard du grand public. L\u2019analyse du magazine <em>Philosophie Magazine<\/em> montre, par ailleurs, que la philosophie peut \u00e9galement appara\u00eetre sous des formes plus originales, c\u2019est-\u00e0-dire le rubriquage repr\u00e9sent\u00e9 par \u00ab&nbsp;Le classique revisit\u00e9&nbsp;\u00bb, dont le m\u00e9rite est de proposer une articulation de la philosophie au temps pr\u00e9sent et de relever une continuit\u00e9 \u2013 faisant d\u00e9faut dans la presse quotidienne \u2013 entre le discours philosophique doctrinal et les formes expressives de la philosophie dans la presse. Les derni\u00e8res remarques de l\u2019auteure portent sur les sujets qui sont \u00e0 l\u2019origine de l\u2019\u00e9criture de la presse li\u00e9e \u00e0 la philosophie, notamment la vari\u00e9t\u00e9 de leurs profils, engendrant un questionnement plus g\u00e9n\u00e9ral sur l\u2019\u00e9tiquette de \u00ab&nbsp;philosophe&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La lecture de cet ouvrage permet de comprendre que les raisons pour lesquelles la philosophie est si importante dans l\u2019espace public fran\u00e7ais rel\u00e8vent de la combinaison entre philosophie et actualit\u00e9. L\u2019int\u00e9r\u00eat de ce volume repose sur le choix de l\u2019auteure de se consacrer \u00e0 une approche discursive de la presse m\u00e9diatique d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la philosophie pour explorer des formes expressives de la philosophie sortant des sentiers battus qui lui sont traditionnellement reconnus et qui sont encore peu \u00e9tudi\u00e9s, lesquelles permettent de montrer qu\u2019il est possible d\u2019avoir affaire \u00e0 des mani\u00e8res diff\u00e9rentes de philosopher. Un autre point de force r\u00e9side dans le fait de souligner et de d\u00e9montrer, \u00e0 l\u2019appui des remarques th\u00e9oriques pr\u00e9sent\u00e9es, que la philosophie peut se r\u00e9pandre dans des lieux et des formes d\u2019expression diff\u00e9rents et t\u00e9moigner de son h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 en d\u00e9pit d\u2019une unit\u00e9 du discours philosophique et de la figure de philosophe. En effet, son inscription est possible dans plusieurs genres de discours tant lorsqu\u2019elle appara\u00eet dans son circuit de communication habituel que si elle sort de celui-ci et s\u2019adresse au grand public. Ainsi, nous estimons que les publics auquel cet ouvrage s\u2019adresse sont aussi \u00e9tendus que son objet, visant \u00e0 diffuser la philosophie et \u00e0 l\u2019ouvrir \u00e0 l\u2019espace public, notamment m\u00e9diatique de presse. Il peut relever non seulement de sp\u00e9cialistes en philosophie, mais aussi en sciences humaines et sociales et en analyse du discours fran\u00e7aise et francophone. Les \u00e9tudiantes et les \u00e9tudiants en philosophie, en sciences humaines et sociales et en analyse du discours repr\u00e9sentent \u00e9galement une cible importante de cet ouvrage.<\/p>\n\n\n\n<p>[Alida M. SILLETTI]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Malika TEMMAR, Philosophie et M\u00e9dias. Approche s\u00e9miodiscursive de la presse fran\u00e7aise contemporaine, Paris, Classiques Garnier, 2025, pp. 227. Philosophie et M\u00e9dias. Approche s\u00e9miodiscursive de la presse fran\u00e7aise contemporaine repr\u00e9sente un ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence pour l\u2019\u00e9tude s\u00e9mio-discursive de la philosophie en tant que nouvelle pratique \u00e0 partir de son traitement par des m\u00e9dias fran\u00e7ais contemporains. 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