{"id":1543,"date":"2026-06-24T15:47:30","date_gmt":"2026-06-24T13:47:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=1543"},"modified":"2026-06-25T10:54:16","modified_gmt":"2026-06-25T08:54:16","slug":"caterina-menichetti-federica-fusaroli-methodes-et-perspectives-en-philologie-linguistique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2026\/06\/24\/caterina-menichetti-federica-fusaroli-methodes-et-perspectives-en-philologie-linguistique\/","title":{"rendered":"Caterina MENICHETTI, Federica FUSAROLI, M\u00e9thodes et perspectives en philologie linguistique"},"content":{"rendered":"\n<p>Caterina MENICHETTI, Federica FUSAROLI, <em>M\u00e9thodes et perspectives en philologie linguistique<\/em>, EliPhi, Strasbourg, 2025, 309 pp.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce volume dirig\u00e9 par Caterina Menichetti et Federica Fusaroli rassemble treize contributions, en italien et en fran\u00e7ais, relevant du champ de la philologie linguistique, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es d\u2019une introduction r\u00e9dig\u00e9e par les deux \u00e9ditrices et r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 une pr\u00e9sentation synth\u00e9tique des \u00e9tudes r\u00e9unies ainsi qu\u2019\u00e0 la d\u00e9finition de la philologie linguistique comme discipline. Le lien entre l\u2019\u00ab appr\u00e9ciation correcte des textes et des objets mat\u00e9riels&nbsp;\u00bb et la connaissance de la langue \u00ab&nbsp;des textes eux-m\u00eames&nbsp;\u00bb (p. 1), notamment pour les \u00e9tats anciens de la langue, est affirm\u00e9e d\u00e8s lors comme une \u00e9vidence incontournable \u00e0 l\u2019origine du d\u00e9veloppement, au cours des quinze derni\u00e8res ann\u00e9es, d\u2019une discipline visant \u00e0 int\u00e9grer recherches philologiques et approches linguistiques. Dans cette perspective, les quatorze sp\u00e9cialistes ayant contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019ouvrage ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00ab&nbsp;\u00e0 illustrer \u2013 et pourquoi pas [\u00e0] tester \u2013 le concept de \u201cphilologie linguistique\u201d \u00e0 la lumi\u00e8re de leurs exp\u00e9riences de travail [\u2026], touchant aux domaines fran\u00e7ais, occitan et italien&nbsp;\u00bb (p. 5). Nous nous limiterons ici \u00e0 une pr\u00e9sentation des \u00e9tudes pouvant int\u00e9resser les sp\u00e9cialistes de la langue fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>Le volume est organis\u00e9 en cinq sections th\u00e9matiques, consacr\u00e9es respectivement \u00e0 \u00ab&nbsp;Diasyst\u00e8me et diachronie dans l\u2019analyse lexicologique&nbsp;\u00bb, \u00ab Morphologie et syntaxe dans les textes litt\u00e9raires&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Aspects grapho-phon\u00e9tique et pratiques \u00e9ditoriales&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Analyse linguistique et \u00e9tude des traditions manuscrites&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;\u00c9valuer la langue des textes, entre tradition manuscrite et choix des auteurs&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la premi\u00e8re \u00e9tude de la premi\u00e8re section, Marguerite Dallas analyse <em>Le marquage diaphasique dans le vocabulaire des \u201cDocuments linguistiques galloromans\u201d<\/em> (pp. 15-29), avec l\u2019intention d\u2019\u00e9claircir \u00ab la sp\u00e9cificit\u00e9 lexicale&nbsp;\u00bb, en ancien fran\u00e7ais, \u00ab des genres documentaires par rapport aux autres genres textuels&nbsp;\u00bb (p. 15). \u00c0 partir de l\u2019identification d\u2019un corpus d\u2019environ 4000 lemmes repr\u00e9sentatif des \u00ab Documents linguistiques \u00bb consid\u00e9r\u00e9s, Dallas se propose de mettre en lumi\u00e8re \u00ab&nbsp;les particularit\u00e9s lexicologiques et diasyst\u00e9miques&nbsp;\u00bb (p. 16) qui caract\u00e9risent le lexique du genre pris en examen. Les lex\u00e8mes analys\u00e9s se r\u00e9partissent en deux cat\u00e9gories principales : les lex\u00e8mes h\u00e9r\u00e9ditaires, le plus souvent li\u00e9s aux fonctions pratiques, d\u2019un c\u00f4t\u00e9&nbsp;; les emprunts directs et calques du latin eccl\u00e9siastique et juridique, de l\u2019autre. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur de la premi\u00e8re cat\u00e9gorie, deux sous-groupes sont ensuite distingu\u00e9s. Le premier comprend les lex\u00e8mes \u00e0 sens concret et pratique qui maintiennent ou prolongent, sur le plan s\u00e9mantique, les formes latines originaires, ainsi que les lex\u00e8mes \u00e0 sens g\u00e9n\u00e9ral qui tendent, dans une perspective diachronique, \u00e0 acqu\u00e9rir des significations sp\u00e9cialis\u00e9es. Dans le second sous-groupe, l\u2019auteure place \u00ab&nbsp;les lex\u00e8mes et syntagmes relatifs \u00e0 la gestion administrative des pratiques et des activit\u00e9s&nbsp;\u00bb (p. 20). En ce qui concerne les emprunts et calques du latin eccl\u00e9siastique, Dallas souligne une tendance \u00e0 la \u00ab&nbsp;r\u00e9utilisation concentr\u00e9e de certains ph\u00e9nom\u00e8nes morphologiques pr\u00e9sents en latin&nbsp;\u00bb \u2013&nbsp;notamment pour la productivit\u00e9 de quelques suffixes \u2013 en vue de la formation de nouveaux lex\u00e8mes \u00e0 caract\u00e8re h\u00e9r\u00e9ditaire&nbsp;\u00bb (p. 24). Ces analyses aboutissent \u00e0 des consid\u00e9rations touchant aux ph\u00e9nom\u00e8nes de sp\u00e9cialisation du lexique et \u00e0 la composition linguistique des documents consid\u00e9r\u00e9s \u2013 chacun d\u2019entre eux \u00e9tant \u00ab&nbsp;une mosa\u00efque de lex\u00e8mes diaphasiquement marqu\u00e9s \u00bb (p. 27) \u2013, tout comme aux dynamiques de cr\u00e9ation d\u2019une \u00ab&nbsp;nouvelle vari\u00e9t\u00e9 diaphasique en langue vernaculaire&nbsp;\u00bb, r\u00e9sultant du transfert vers le vernaculaire de fonctions traditionnellement r\u00e9serv\u00e9es au latin.<\/p>\n\n\n\n<p>Lucien Dugaz (<em>\u00ab\u00a0De pierrerye et de redymucules \/ Qui sont chose vaynes et rydycules\u00a0\u00bb. Les n\u00e9ologismes dans la traduction de l\u2019\u00c9n\u00e9ide par Octovien de Saint-Gelais<\/em>, pp. 31-48) s\u2019int\u00e9resse aux n\u00e9ologismes pr\u00e9sents dans la premi\u00e8re traduction fran\u00e7aise de l\u2019<em>\u00c9n\u00e9ide<\/em>, achev\u00e9e en 1500 par Octovien de Saint-Gelais. \u00c0 partir du recensement de 280 lex\u00e8mes pouvant \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des <em>hapax <\/em>ou des presque-<em>hapax<\/em>, Dugaz concentre son analyse sur les 45 \u00ab\u00a0n\u00e9ologismes qui se sont conserv\u00e9s en fran\u00e7ais moderne, quand bien m\u00eame ils ont chang\u00e9 de sens\u00a0\u00bb, et qui font l\u2019objet d\u2019une entr\u00e9e dans le TLFi. Au sein de ce corpus restreint, il circonscrit par la suite trois cat\u00e9gories\u00a0: les virgilianismes, \u00ab\u00a0qui trouvent une correspondance lexicale exacte dans le texte source\u00a0\u00bb (p. 33) et qui, pour la plupart, s\u2019av\u00e8rent d\u00e9signer des <em>realia<\/em>\u00a0; les n\u00e9ologismes n\u2019ayant pas d\u2019\u00e9quivalent exact dans le po\u00e8me, \u00ab\u00a0qui r\u00e9v\u00e8lent un po\u00e8te rompu \u00e0 la lecture et au maniement des po\u00e8tes latins\u00a0\u00bb (p. 44), et deux \u00ab\u00a0n\u00e9ologismes qui sont tant\u00f4t des calques, tant\u00f4t des innovations\u00a0\u00bb (p. 33). La rime, ici comme ailleurs, recouvre une position privil\u00e9gi\u00e9e et alimente la production n\u00e9ologique. Les conclusions de cette analyse portent sur la question des premi\u00e8res attestations et sur la d\u00e9finition m\u00eame de <em>hapax<\/em>, ainsi que sur les dynamiques de la cr\u00e9ation lexicale et de la production n\u00e9ologique par emprunt, par d\u00e9rivation savante ou \u00e0 partir du fond fran\u00e7ais. Plus largement, c\u2019est la centralit\u00e9 d\u2019un texte et d\u2019un auteur ayant \u00ab\u00a0eu une part consid\u00e9rable dans le d\u00e9veloppement du lexique fran\u00e7ais\u00a0\u00bb qui est mise en lumi\u00e8re. L\u2019article est suivi d\u2019une <em>Annexe <\/em>donnant \u00ab\u00a0la liste des 151 n\u00e9ologismes de forme non enregistr\u00e9s dans le DMF\u00a0\u00bb (p. 46) identifi\u00e9s par l\u2019auteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Les travaux de la deuxi\u00e8me section (Camilla Talfani, <em>Articolo o aggettivo possessivo&nbsp;? Alcune occorrenze ambigue nell\u2019occitano medievale<\/em>, pp. 51-72; Barbara Francioni, <em>L\u2019emplois des temps verbaux dans la po\u00e9sie \u00e9pique m\u00e9di\u00e9vale<\/em>, pp. 73-93) ainsi que ceux de la troisi\u00e8me (Thierry Revol, <em>Un signe rare en position finale de mot&nbsp;: quelle strat\u00e9gie pour le copiste de la Bible anglo-normande&nbsp;?<\/em>, pp. 97-116; Davide Pettinari, <em>Rima siciliana (nell\u2019atona) e rima perugina nel laudario di Jacopone<\/em>, pp. 117-137) traitent de sujets qui ne touchent que marginalement les int\u00e9r\u00eats des sp\u00e9cialistes de la langue fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la quatri\u00e8me section, aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019\u00e9tudes centr\u00e9es sur des textes d\u2019aires linguistiques diff\u00e9rentes (Federica Fusaroli, <em>Tra occitano e catalano&nbsp;: la posizione linguistica del manoscritto Barcelona, Biblioteca de Catalunya, 740 nella traduzione testuale del <\/em>Libre de vicis et de vertutz, pp. 141-162&nbsp;; Massimo Dal Bianco, <em>\u00ab&nbsp;Lantora \u00e8 la tempationi plui forti&nbsp;\u00bb. L\u2019elemento ligure nel<\/em> Libro di li vitii et di li virtuti <em>siciliano<\/em>, pp. 20-226), les articles de Piero Andrea Martina (<em>\u00ab&nbsp;Chimay, l\u2019an .m.ccc.lxxxviii.&nbsp;\u00bb&nbsp;: copier le wallon du XIIe si\u00e8cle (sondages sur le lexique)<\/em>, pp. 163-178) et de Marion Uhlig et Marco Venezianale (<em>De la <\/em>Vulgate <em>latine \u00e0 l\u2019<\/em>Histoire de Barlaam et Josaphat<em> en prose<\/em>, pp. 179-208) reviennent au domaine fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p>Piero Andrea Martina examine les trois t\u00e9moins manuscrits conserv\u00e9s de la traduction des <em>Moralia in Job <\/em>de Gr\u00e9goire le Grand, dont un seul permet aujourd\u2019hui de lire le texte int\u00e9gralement (New Haven, Yale University, Beinecke Library, 1152&nbsp;: Y), pour les livres I-V. La disposition chronologique des manuscrits, copi\u00e9s entre le XIII<sup>e<\/sup> et le XIV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle \u00e0 partir d\u2019une traduction du XII<sup>e<\/sup>, permet une observation diachronique centr\u00e9e sur l\u2019op\u00e9ration de rajeunissement de la langue de l\u2019original men\u00e9e notamment dans la version la plus r\u00e9cente de cette traduction, dont Y est l\u2019unique t\u00e9moin. Des lectures synoptiques de deux passages du texte dans les trois manuscrits sont ainsi propos\u00e9es par l\u2019auteur, qui met en \u00e9vidence des interventions sur la syntaxe et sur le lexique conduisant \u00ab&nbsp;\u00e0 un changement de style de la traduction&nbsp;\u00bb (p. 166). Les changements lexicaux, surtout, sont d\u00e9taill\u00e9s par Martina qui remarque comment la \u00ab&nbsp;r\u00e9vision profonde de la langue&nbsp;\u00bb, r\u00e9alis\u00e9e dans la version Y, ne vise pas \u00e0 \u00ab&nbsp;produire un texte non marqu\u00e9 g\u00e9ographiquement&nbsp;\u00bb, mais traduit, plut\u00f4t, \u00ab&nbsp;une volont\u00e9 d\u2019ad\u00e9quation \u00e0 la langue du lectorat (suppos\u00e9) d\u2019Y de la parte du copiste&nbsp;\u00bb (p. 171) et, peut-\u00eatre, \u00e0 une volont\u00e9 de renouvellement de la fonction du texte. Cela n\u2019exclut cependant pas le maintien significatif de \u00ab mots r\u00e9gionaux ou sp\u00e9cifiques des traductions monastiques du Nord-Est&nbsp;\u00bb (p. 175), dans un texte o\u00f9 \u00ab&nbsp;deux instances diff\u00e9rentes&nbsp;\u00bb semblent coexister&nbsp;: l\u2019une li\u00e9e \u00ab&nbsp;\u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 pour ainsi dire \u2018diachronique\u2019 de r\u00e9\u00e9criture dans une copie tardive d\u2019un texte du XII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle&nbsp;\u00bb, l\u2019autre orient\u00e9e par \u00ab&nbsp;un certain respect, parfois m\u00eame affich\u00e9&nbsp;\u00bb (p. 177), envers le texte transmis.<\/p>\n\n\n\n<p>Marco Veneziale et Marion Uhlig se penchent sur la tradition manuscrite de la version fran\u00e7aise en prose de l\u2019<em>Histoire de<\/em> <em>Barlaam et Josaphat<\/em>, connue comme \u00ab&nbsp;champenoise&nbsp;\u00bb sur la base d\u2019une localisation que Veneziale signale d\u2019embl\u00e9e comme erron\u00e9e. Dans la premi\u00e8re partie de la contribution, celui-ci pr\u00e9sente et analyse la tradition manuscrite du texte, en fournissant les \u00e9l\u00e9ments d\u2019une <em>recensio <\/em>des douze t\u00e9moins qui la composent. Il aboutit ainsi \u00e0 la formulation d\u2019une nouvelle hypoth\u00e8se stemmatique, pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019identification du manuscrit susceptible de servir de base \u00e0 une \u00e9dition critique du texte, qu\u2019il reconna\u00eet dans Paris, BnF, n.a.f. 10128 (N). L\u2019emploi de cette source \u00ab&nbsp;exige&nbsp;\u00bb n\u00e9anmoins \u00ab&nbsp;une extr\u00eame prudence&nbsp;\u00bb, en particulier face aux interventions \u00ab&nbsp;du copiste et\/ou du\/des r\u00e9viseurs&nbsp;\u00bb, qui imposent \u00ab&nbsp;imp\u00e9rativement&nbsp;\u00bb de v\u00e9rifier \u00e0 chaque fois le texte \u00ab&nbsp;sur le reste de la tradition manuscrite&nbsp;\u00bb (p. 193). Dans la seconde partie de la contribution, Uhlig s\u2019int\u00e9resse aux questions de traduction, et notamment aux pratiques mises en \u0153uvre par le translateur, afin d\u2019\u00e9clairer les rapports entre prose fran\u00e7aise et source latine. L\u2019analyse parall\u00e8le d\u2019un certain nombre d\u2019extraits de la <em>Vulgate <\/em>et de leurs traductions dans l\u2019<em>Histoire de Barlaam et Josaphat<\/em>, soutient l\u2019hypoth\u00e8se formul\u00e9e par l\u2019autrice, selon laquelle \u00ab&nbsp;l\u2019une des caract\u00e9ristiques les plus remarquables&nbsp;\u00bb de l\u2019<em>Histoire <\/em>fran\u00e7aise en prose, \u00ab&nbsp;par rapport \u00e0 la <em>Vulgate&nbsp;<\/em>\u00bb, consisterait dans la mise \u00ab&nbsp;en valeur de la dimension exemplaire du r\u00e9cit&nbsp;\u00bb (p. 197).<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re et la troisi\u00e8me \u00e9tude de la derni\u00e8re section pourront \u00e9galement int\u00e9resser le sp\u00e9cialistes francisants, tandis que le deuxi\u00e8me concerne le domaine italien (Tommaso Intreccialagli, <em>Le glosse del <\/em>Libro di sapere di astrologia, <em>versione fiorentina dei trattati astrologici di Alfonso X di Castilia e Le\u00f3n<\/em>, pp. 241-245). Tatiana Marguerite et Thierry Revol (<em>Glossaire du premier livre de Samuel dans la Bible Anglo-normande&nbsp;: approches de l\u2019apport synoptique<\/em>, pp. 229-240), apr\u00e8s avoir soulign\u00e9 l\u2019utilit\u00e9 linguistique des glossaires anciens \u2013 qui exercent, le plus souvent, une fonction principalement \u00e9ducative, mais t\u00e9moignent aussi, le cas \u00e9ch\u00e9ant, des \u00ab&nbsp;premi\u00e8res interrogations sur le processus de la traduction&nbsp;\u00bb (p. 229) \u2013, illustrent les implications d\u2019un glossaire tir\u00e9 d\u2019une \u00e9dition moderne de la Bible anglo-normande, en se concentrant sur le Premier livre des Rois. L\u2019enqu\u00eate, qui repose sur le lexique de la traduction, est conduite dans le cadre d\u2019une \u00e9dition synoptique fond\u00e9e sur les deux manuscrits conserv\u00e9s de la BAN (British Library, Royal 1 C III et BnF, fr. 1), copi\u00e9s au XIV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle sur le territoire anglais, qui transmettent le texte et sa r\u00e9vision \u00e0 partir de la <em>Vulgate<\/em>. Cela permet de \u00ab&nbsp;situer le texte et de caract\u00e9riser la personnalit\u00e9 et le travail des deux copistes&nbsp;\u00bb, alors m\u00eame que \u00ab le glossaire fait ressortir les th\u00e8mes \u00e0 leurs yeux prioritaires&nbsp;\u00bb (p. 239).<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, Francesco Crif\u00f2, dans son \u00e9tude sur les <em>Prolegomena a un\u2019edizione con commento linguistico delle <\/em>Chronique g\u00e9n\u00e9rales <em>di Mathieu Manteau<\/em> (pp. 255-274), \u00e9largit les limites, non seulement chronologiques, du volume, se penchant sur un ouvrage qui remonte \u00e0 la moiti\u00e9, voire \u00e0 la fin, du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, et qui appartient au domaine des \u00ab\u00a0textes priv\u00e9s\u00a0\u00bb (ou des \u00ab\u00a0semi-colti\u00a0\u00bb). La <em>Chronique <\/em>[sic]<em> g\u00e9n\u00e9rales <\/em>est conserv\u00e9e dans la premi\u00e8re partie du manuscrit parisien BnF, n.a.f. 24098, copi\u00e9e par un autre artisan lillois, Pierre-Ignace Chavette, qui lui fait suivre sa propre <em>Chronique memorial des choses memorables <\/em>et intervient activement sur le texte de son pr\u00e9d\u00e9cesseur au cours de sa copie. Afin d\u2019appr\u00e9cier l\u2019op\u00e9ration men\u00e9e par Chavette au niveau linguistique sur le texte de la premi\u00e8re <em>Chronique<\/em>, Crif\u00f2 propose une analyse contrastive du lexique, de la graphie et de la phonologie, ainsi que de la morphologie et de la syntaxe des deux parties du manuscrit. Si rien n\u2019autorise l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019interventions conscientes et syst\u00e9matiques de la part de Chavette, et si l\u2019identification des \u00ab\u00a0plusieurs choses\u00a0\u00bb ajout\u00e9es par le copiste au texte originaire demeure impossible, l\u2019importance de la <em>Chronique <\/em>de Manteau comme t\u00e9moignage du fran\u00e7ais des \u201cpeu-lettr\u00e9s\u201d picards du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle s\u2019en trouve n\u00e9anmoins confirm\u00e9e, tout comme l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une \u00e9tude philologique et linguistique dont Crif\u00f2 offre ici un premier aper\u00e7u (pp. 268-274).<\/p>\n\n\n\n<p>[Giuliano ROSSI]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Caterina MENICHETTI, Federica FUSAROLI, M\u00e9thodes et perspectives en philologie linguistique, EliPhi, Strasbourg, 2025, 309 pp. Ce volume dirig\u00e9 par Caterina Menichetti et Federica Fusaroli rassemble treize contributions, en italien et en fran\u00e7ais, relevant du champ de la philologie linguistique, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es d\u2019une introduction r\u00e9dig\u00e9e par les deux \u00e9ditrices et r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 une pr\u00e9sentation synth\u00e9tique des \u00e9tudes\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2026\/06\/24\/caterina-menichetti-federica-fusaroli-methodes-et-perspectives-en-philologie-linguistique\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[52],"tags":[],"class_list":["post-1543","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n-58"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1543"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1543"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1543\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1589,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1543\/revisions\/1589"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1543"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1543"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1543"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}