{"id":1404,"date":"2025-10-17T15:12:30","date_gmt":"2025-10-17T13:12:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=1404"},"modified":"2025-10-26T21:08:51","modified_gmt":"2025-10-26T20:08:51","slug":"alida-maria-silletti-abderrafii-khoudri-eds-imcontre-pouvoir-des-mots","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2025\/10\/17\/alida-maria-silletti-abderrafii-khoudri-eds-imcontre-pouvoir-des-mots\/","title":{"rendered":"Alida Maria SILLETTI, Abderrafi\u00ee KHOUDRI (\u00e9ds.), Im(contre-) pouvoir des mots"},"content":{"rendered":"\n<p><a>Alida Maria SILLETTI, Abderrafi\u00ee KHOUDRI (\u00e9ds.), <em>Im(contre-) pouvoir des mots<\/em>, <em>LIMES (Langue, Interaction, M\u00e9dias, \u00c9ducation et Soci\u00e9t\u00e9)<\/em>, vol. 2 ,n\u00b0 1, 2025, pp. 181.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a>Le num\u00e9ro th\u00e9matique <em>Im(contre-)pouvoir des mots<\/em> de la revue \u00e9lectronique <em>LIMES (Langue, Interaction, M\u00e9dias, \u00c9ducation et Soci\u00e9t\u00e9)<\/em> r\u00e9unit diverses contributions qui se concentrent sur <\/a>les th\u00e8mes du pouvoir et de l\u2019influence des mots appliqu\u00e9s aux diff\u00e9rents domaines du savoir. Les mots et leur utilisation sont toujours porteurs d\u2019un contexte sociopolitique sp\u00e9cifique. Le volume est compos\u00e9 d\u2019une pr\u00e9sentation, de dix contributions et d\u2019une section intitul\u00e9e<em> Varia <\/em>qui contient trois articles suppl\u00e9mentaires. Les textes se penchent sur des th\u00e9matiques par lesquelles les mots et leur puissance argumentative et discursive deviennent l\u2019objet central d\u2019analyse. Certaines contributions se concentrent sur l\u2019aspect social et politique, tandis que d\u2019autres s\u2019int\u00e9ressent au pouvoir de la parole litt\u00e9raire comme instrument de r\u00e9bellion, au discours de l\u2019extr\u00e9misme et du fanatisme, ou bien aux \u00e9motions et au pathos qui se manifestent dans le discours publicitaire. La diversification des articles fait de ce volume un recueil riche, multiforme et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la <em>Pr\u00e9sentation. Im(contre-)pouvoir des mots<\/em>(pp. 1-8), les auteurs\u00b7es Alida Maria SILLETTI et Abderrafi\u00ee KHOUDRI soulignent que les mots ne sont jamais innocents ou anodins. Ils manifestent toujours des traits et des nuances caract\u00e9ristiques d\u2019un contexte social et culturel sp\u00e9cifique. C\u2019est le contexte sociopolitique contemporain qui fait l\u2019objet de ce num\u00e9ro. La m\u00e9thodologie de recherche adopt\u00e9e dans les contributions est l\u2019analyse du discours \u00ab&nbsp;d\u2019\u00e9cole fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb (dor\u00e9navant ADF). Cette m\u00e9thodologie, fond\u00e9e \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960 par Jean Dubois et Michel P\u00eacheux, est une discipline transversale qui interroge les liens entre les mots, les discours et le panorama sociohistorique de r\u00e9f\u00e9rence. Les analystes du discours visent \u00e0 d\u00e9couvrir la mat\u00e9rialit\u00e9 id\u00e9ologique de la langue de fa\u00e7on critique. L\u2019analyste du discours Patrick Charaudeau distingue trois dimensions fondamentales de la langue : la langue-syst\u00e8me, constitu\u00e9e par l\u2019ensemble des r\u00e8gles internes au code linguistique&nbsp;; la langue-norme, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019ensemble des choix et des prescriptions langagi\u00e8res impos\u00e9es selon un id\u00e9al d\u2019usage ; la langue-discours, compos\u00e9e des appropriations sociales et de la responsabilit\u00e9 \u00e9thique des individus qui l\u2019utilisent. Un exemple qui souligne le lien entre mots et id\u00e9ologie, c\u2019est la question du langage inclusif et de la f\u00e9minisation des noms de m\u00e9tiers. La langue, en ce sens, devient un instrument qui peut donner plus de visibilit\u00e9 aux femmes dans la vie publique. C\u2019est donc dans la langue-norme et dans la langue-discours que les luttes pour la visibilit\u00e9 des femmes se d\u00e9roulent. Les mots, dans ce volume, sont appr\u00e9hend\u00e9s comme des acteurs sociaux, des instruments de r\u00e9sistance et de re-signification id\u00e9ologique. Les th\u00e8mes qui y sont abord\u00e9s rel\u00e8vent du pouvoir discursif de l\u2019euph\u00e9misme, du discours publicitaire, de l\u2019extr\u00e9misme et du discours politique et religieux dans le domaine des m\u00e9dias. Les auteurs\u00b7es guident les lecteurs\u00b7rices dans les labyrinthes des mots et montrent leurs effets dans le contexte actuel.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la premi\u00e8re contribution, <em>La contingence du pouvoir discursif <\/em>(pp. 9-20), Gilles GAUTHIER r\u00e9fl\u00e9chit sur le pouvoir discursif. L\u2019auteur d\u00e9crit la structure logique de ce pouvoir et en identifie les conditions pr\u00e9cises de r\u00e9alisation. Le pouvoir discursif n\u2019est pas une force univoque, mais il consiste en un dispositif fragile, instable, d\u00e9pendant des \u00e9changes entre locuteur\u00b7rice et allocutaire. GAUTHIER r\u00e9fl\u00e9chit sur la distinction illocutoire\/perlocutoire des actes communicatifs, th\u00e9oris\u00e9e par les linguistes Austin et Searle. Le pouvoir illocutoire est structurel : certains actes de langage (ordonner, commander, acquitter) poss\u00e8dent une force autoritaire. Le pouvoir perlocutoire est conditionnel : il d\u00e9pend des effets produits sur l\u2019allocutaire (convaincre, intimider, rassurer). Or, ces effets ne sont jamais garantis, puisqu\u2019ils se manifestent \u00e0 la suite d\u2019une r\u00e9action de l\u2019allocutaire. GAUTHIER affirme que la soumission au pouvoir d\u2019un acte communicatif n\u2019est pas automatique, mais elle d\u00e9pend de la subjectivit\u00e9 et des r\u00e9actions de l\u2019allocutaire. L\u2019auteur identifie diff\u00e9rentes conditions de r\u00e9alisation du pouvoir discursif : des conditions pr\u00e9paratoires, sociales ou institutionnelles qui permettent d\u2019exercer une certaine autorit\u00e9 ; des conditions de contenu propositionnel, qui d\u00e9bouchent sur une ad\u00e9quation entre l\u2019acte communicatif et son objet (par exemple une promesse doit concerner une action future du&nbsp;sujet locuteur)&nbsp;; des conditions de sinc\u00e9rit\u00e9, \u00e0 savoir l\u2019authenticit\u00e9 psychologique de l\u2019\u00e9nonciateur\u00b7rice et la r\u00e9alisation de son acte communicatif. Le pouvoir des mots, comme le souligne l\u2019auteur, peut \u00e9chouer pour des raisons diff\u00e9rentes. Il peut se v\u00e9rifier un manque d\u2019autorit\u00e9 du sujet locuteur ou son incapacit\u00e9 \u00e0 accomplir l\u2019action,&nbsp;mais il peut \u00e9galement arriver que l\u2019acte soit correct mais qu\u2019il soit ignor\u00e9, et que l\u2019effet attendu ne se produise jamais. Le pouvoir discursif est ainsi r\u00e9versible ou bien ouvert \u00e0 des effets inattendus. Le pouvoir des mots est r\u00e9el mais il d\u00e9pend des conditions institutionnelles, de la sinc\u00e9rit\u00e9 du sujet locutoire, mais aussi de la r\u00e9ception de l\u2019allocutaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la troisi\u00e8me contribution, <em>Le pouvoir discursif de l\u2019euph\u00e9misme : entre r\u00e9ussite et \u00e9chec interactif <\/em>(pp. 21-36), Marc BONHOMME propose une relecture de la figure rh\u00e9torique de l\u2019euph\u00e9misme. Selon l\u2019auteur, cette figure repr\u00e9sente une mani\u00e8re de voiler le discours, de cacher ce qui choque, de rendre dicible l\u2019indicible. L\u2019euph\u00e9misme est une arme dot\u00e9e d\u2019un pouvoir discursif, utilis\u00e9e dans des contextes politiques, m\u00e9diatiques et sociaux. Il n\u2019est pas simplement un jeu de mots, mais un exercice de pouvoir sur le monde. Cette figure rh\u00e9torique, comme l\u2019affirme BONHOMME, n\u2019est jamais un choix lexical neutre ou inoffensif. Par exemple, quand un gouvernement utilise l\u2019expression \u00ab frappes chirurgicales \u00bb pour d\u00e9signer des bombardements, il s\u2019agit de reconfigurer la guerre comme une op\u00e9ration technique, presque m\u00e9dicale, indispensable mais d\u00e9pourvue de sa brutalit\u00e9. Toutefois, l\u2019euph\u00e9misme peut aussi \u00e9chouer, dans la mesure o\u00f9 un public attentif met en lumi\u00e8re l\u2019\u00e9cart entre le mot employ\u00e9 et la r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019il d\u00e9signe. L\u2019effet d\u2019att\u00e9nuation peut se transformer en suspicion ou r\u00e9bellion. L\u2019euph\u00e9misme fonctionne si le terme choisi reste cr\u00e9dible, si l\u2019\u00e9nonciateur\u00b7rice dispose d\u2019une l\u00e9gitimit\u00e9 institutionnelle et surtout si les destinataires acceptent le jeu. Sa r\u00e9ussite d\u00e9pend de la complicit\u00e9 tacite entre les allocutaires. Celle-ci peut repr\u00e9senter le fruit de la passivit\u00e9, du conformisme ou de l\u2019adh\u00e9sion id\u00e9ologique. Cette figure rh\u00e9torique peut devenir un instrument de gestion des repr\u00e9sentations ou, au contraire, elle peut devenir un stigmate d\u2019un pouvoir qui ment. BONHOMME invite l\u2019auditoire \u00e0 une vigilance permanente. L\u2019euph\u00e9misme est un terrain de jeu entre force et r\u00e9sistance. L\u2019auteur montre qu\u2019il s\u2019agit non seulement d\u2019un mot adouci mais d\u2019une pratique discursive travers\u00e9e par des dynamiques de pouvoir. Enfin, l&#8217;auteur rappelle que le pouvoir des mots est instable et qu\u2019il n\u2019existe que dans l\u2019interaction entre locuteur\u00b7rice et auditoire, lequel a toujours la possibilit\u00e9 de refuser et de r\u00e9sister.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la quatri\u00e8me contribution, <em>Entre universalisme cognitif et particularisme culturel : le pouvoir des m\u00e9taphores \u00e9motionnelles<\/em> (pp. 37-51), Noraddine BARI et Zineb OUCHANE interrogent le pouvoir des m\u00e9taphores en tant qu\u2019outils de pens\u00e9e et d\u2019expression et vecteurs d\u2019identit\u00e9s culturelles. Dans cet article, les auteures rappellent la th\u00e9orie des m\u00e9taphores conceptuelles \u00e9labor\u00e9e par John Lakoff et Mark Johnson. Ces linguistes am\u00e9ricains affirment que les m\u00e9taphores sont des instruments enracin\u00e9s dans l\u2019exp\u00e9rience corporelle et cognitive humaine. Les \u00e9motions, composantes fondamentales de l\u2019exp\u00e9rience humaine, fournissent un terrain riche en expressions m\u00e9taphoriques comme \u00ab bouillir de col\u00e8re \u00bb ou \u00ab exploser de joie \u00bb. Le pouvoir cognitif de la m\u00e9taphore est universel\u00a0: il r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 \u00e0 rendre intelligibles et concrets des ph\u00e9nom\u00e8nes abstraits. Les auteures affirment que les m\u00e9taphores vivent dans leur ancrage culturel. Ces figures rh\u00e9toriques sont des constructions symboliques situ\u00e9es dans leurs contextes historiques et sociaux. Elles oscillent entre la sph\u00e8re \u00e9motionnelle et le domaine social. Dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 la tristesse est conceptualis\u00e9e comme un fardeau, l\u2019accent est mis sur la dimension de pesanteur et de r\u00e9signation. Dans un contexte o\u00f9 ce sentiment est con\u00e7u comme une obscurit\u00e9, l\u2019id\u00e9e d\u2019une lumi\u00e8re retrouv\u00e9e s\u2019impose comme gu\u00e9rison. Les auteures analysent un corpus de 250 m\u00e9taphores \u00e9motionnelles en fran\u00e7ais et en arabe-marocain. Les \u00e9motions exprim\u00e9es sont la joie, la tristesse et la col\u00e8re. BARI et OUCHANT soulignent que les m\u00e9taphores qui sont \u00e9videntes pour une culture deviennent opaques pour une autre. \u00c9tudier les m\u00e9taphores n\u2019est pas seulement un exercice linguistique, mais aussi un enjeu politique et social qui permet de comprendre l\u2019autre. Pour conclure, cet article souligne l\u2019importance d\u2019un regard critique face \u00e0 ces outils rh\u00e9toriques.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la cinqui\u00e8me contribution, <em>La rh\u00e9torique de la beaut\u00e9 : argumentation et discours publicitaires dans la vente des cosm\u00e9tiques<\/em> (pp. 52-69),Maria KONTOZOGLOU affirme que la publicit\u00e9 ne se contente pas de vendre des produits, mais elle vise \u00e0 vendre et \u00e0 imposer une id\u00e9ologie de beaut\u00e9. L\u2019auteure d\u00e9montre que la rh\u00e9torique de la beaut\u00e9 n\u2019est pas un simple ornement persuasif, mais une strat\u00e9gie argumentative organis\u00e9e qui joue sur les \u00e9motions et les d\u00e9sirs collectifs. La r\u00e9p\u00e9tition des messages dans les campagnes publicitaires impose sournoisement une norme de beaut\u00e9 qui sera int\u00e9rioris\u00e9e par l\u2019auditoire. Penser la peau comme une surface fragile \u00e0 prot\u00e9ger, c\u2019est aussi accepter que tout signe de vieillissement soit per\u00e7u comme une alt\u00e9ration \u00e0 combattre. Le pouvoir discursif r\u00e9side dans cette capacit\u00e9 \u00e0 red\u00e9finir ce qui est per\u00e7u comme naturel. Les publicit\u00e9s des cosm\u00e9tiques utilisent un vocabulaire scientifique afin de donner \u00e0 leurs arguments une l\u00e9gitimit\u00e9 rationnelle. L\u2019auteure met en \u00e9vidence les implications sociales et politiques de cette typologie de discours, dot\u00e9 des trois dimensions de la rh\u00e9torique classique&nbsp;: logos, ethos et pathos. La publicit\u00e9 agit comme une technique de pouvoir douce, qui manipule les comportements et les d\u00e9sirs. La beaut\u00e9, telle qu\u2019elle est construite par le discours publicitaire, n\u2019est pas une valeur innocente. C\u2019est le produit d\u2019une strat\u00e9gie argumentative qui vise \u00e0 conditionner les choix et \u00e0 construire une \u00e9conomie fond\u00e9e sur l\u2019insatisfaction permanente des individus. La publicit\u00e9 impose implicitement ce qu\u2019il faut \u00eatre, ce qu\u2019il faut d\u00e9sirer, ce qu\u2019il faut craindre. Pour conclure, l\u2019article de KONTOZOGLOU met ainsi en lumi\u00e8re le r\u00f4le central de la rh\u00e9torique de la beaut\u00e9 dans la construction contemporaine des identit\u00e9s et des pratiques sociales. Analyser le discours publicitaire \u00e9quivaut \u00e0 se lib\u00e9rer de son influence et \u00e0 retrouver la possibilit\u00e9 de penser \u00e0 une beaut\u00e9 lib\u00e9r\u00e9e des normes prescrites par le march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la sixi\u00e8me contribution, <em>Discours de l\u2019extr\u00e9misme : fanatisme et enthousiasme <\/em>(pp. 70-78), l\u2019auteur Khalid ZEKRI r\u00e9fl\u00e9chit sur les concepts d\u2019 \u00abextr\u00e9misme\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0fanatisme\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0enthousiasme\u00a0\u00bb. L\u2019auteur affirme que ces concepts ne sont pas seulement des cat\u00e9gories descriptives, mais qu&#8217;ils comportent aussi des constructions discursives, dot\u00e9es d\u2019une charge id\u00e9ologique. L\u2019extr\u00e9misme est un concept historiquement oppos\u00e9 \u00e0 la mod\u00e9ration et \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre. Cette \u00e9tiquette n\u2019est pas neutre : elle est le fruit de strat\u00e9gies discursives utilis\u00e9es au cours de l\u2019histoire pour d\u00e9noncer des d\u00e9rives religieuses, politiques ou id\u00e9ologiques. ZEKRI souligne que le fanatisme se construit toujours dans le langage, par des termes comme \u00ab radicalisme \u00bb, \u00ab fondamentalisme \u00bb, \u00ab terrorisme \u00bb. Ces mots d\u00e9crivent non seulement des r\u00e9alit\u00e9s, mais ils les configurent et les hi\u00e9rarchisent. Le mot \u00ab fanatisme\u00a0\u00bb a sa racine \u00e9tymologique dans le terme latin \u00ab\u00a0fanum<em>\u00a0\u00bb<\/em>, qui d\u00e9signait les temples gallo-romains vou\u00e9s aux divinit\u00e9s. Le fanatisme, donc, est nourri par cette connotation religieuse. Face \u00e0 ce r\u00e9cit occidental, ZEKRI \u00e9voque des voix arabo-islamiques, notamment celle de Jamal Addin Al-Afghani, qui ne d\u00e9crivent pas le fanatisme comme une force destructrice, mais comme une forme de solidarit\u00e9 collective. L\u00e0 o\u00f9 l\u2019Occident y voit un danger, l\u2019Orient per\u00e7oit une connexion sociale. L\u2019enthousiasme d\u00e9signe une exaltation passionnelle sans n\u00e9cessairement pr\u00e9senter une r\u00e9f\u00e9rence religieuse extr\u00e9miste. L\u2019enthousiasme peut \u00eatre de nature patriotique, r\u00e9volutionnaire ou bien artistique. ZEKRI souligne que par l\u2019av\u00e8nement d\u2019internet et des r\u00e9seaux sociaux, le fanatisme prend de nouvelles formes\u00a0: images ou vid\u00e9o. Donc, le fanatisme se d\u00e9ploie dans l\u2019espace virtuel en \u00e9chappant souvent aux fronti\u00e8res et aux contr\u00f4les classiques. Dans sa conclusion, l\u2019auteur met en garde contre les d\u00e9rives destructrices de l\u2019extr\u00e9misme. Il s\u2019agit d\u2019un appel \u00e0 la vigilance intellectuelle : analyser les discours signifie r\u00e9sister aux effets de stigmatisation et r\u00e9ouvrir un espace de d\u00e9bat et de pluralit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la septi\u00e8me contribution,<em> Langage rebelle : l\u2019im(contre-)pouvoir en litt\u00e9rature contemporaine <\/em>(pp. 79-96), N\u2019Dr\u00e9 Sam BEUGR\u00c9 se concentre sur la litt\u00e9rature contemporaine africaine post-coloniale, qu\u2019il con\u00e7oit comme un espace de r\u00e9sistance gr\u00e2ce \u00e0 son langage rebelle. Selon l\u2019auteur, la litt\u00e9rature ne peut pas \u00eatre r\u00e9duite \u00e0 une activit\u00e9 purement esth\u00e9tique ou repr\u00e9sentative : elle constitue une sc\u00e8ne o\u00f9 des tensions politiques, sociales et symboliques s\u2019y manifestent. La langue litt\u00e9raire devient une arme de contestation, une force int\u00e9rieure qui peut fissurer les \u00e9vidences de la r\u00e9alit\u00e9, ouvrir de nouveaux horizons et lutter contre toute forme de domination. BEUGR\u00c9 rappelle la th\u00e8se foucaldienne selon laquelle le pouvoir s\u2019exerce \u00e0 travers le discours. Cette th\u00e8se d\u00e9bouche sur une r\u00e9v\u00e9lation tr\u00e8s importante : r\u00e9sister au pouvoir signifie non seulement lutter contre les institutions, mais aussi et surtout r\u00e9sister aux formes langagi\u00e8res du pouvoir lui-m\u00eame. Dans cette perspective, la litt\u00e9rature devient un champ privil\u00e9gi\u00e9 pour concevoir des contre-discours. La contribution de BEUGR\u00c9 montre que la litt\u00e9rature contemporaine \u00e9labore une v\u00e9ritable strat\u00e9gie de langage rebelle. Cette strat\u00e9gie s\u2019exprime de multiples fa\u00e7ons : par la polyphonie, qui refuse l\u2019univocit\u00e9 du contenu et introduit une pluralit\u00e9 de perspectives\u00a0; par l\u2019hybridation linguistique, qui m\u00eale plusieurs idiomes et int\u00e8gre l\u2019oralit\u00e9\u00a0dans le texte ; par la radicalit\u00e9 stylistique, qui introduit l\u2019argot et la vulgarit\u00e9. BEUGR\u00c9 souligne que cette typologie de litt\u00e9rature d\u00e9construit les normes langagi\u00e8res pr\u00e9fix\u00e9es et ouvre la voie \u00e0 des exp\u00e9riences de marginalit\u00e9, comme la m\u00e9moire traumatique de l\u2019esclavage et les voix \u00e9touff\u00e9es des femmes alg\u00e9riennes. La litt\u00e9rature est donc le miroir d\u2019une volont\u00e9 de d\u00e9sob\u00e9issance linguistique et l\u2019auteur\u00b7e contemporain\u00b7e devient un\/une acteur\u00b7rice politique au sens large, pr\u00e9sent\u00b7e dans l\u2019espace public.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la huiti\u00e8me contribution, intitul\u00e9e <em>Les mots de l\u2019\u00e9crivain : dire un destin, \u00e9crire une post\u00e9rit\u00e9 <\/em>(pp. 97-108), Thierry POYET r\u00e9fl\u00e9chit sur le discours litt\u00e9raire et sur le pouvoir des mots en litt\u00e9rature. Le chercheur propose une inversion de perspective : si l\u2019on consid\u00e8re&nbsp;&nbsp; l\u2019\u00e9crivain\u00b7e comme celui\/celle qui donne aux mots leur puissance, il faut aussi admettre que certains mots pr\u00e9c\u00e8dent et \u00ab&nbsp;fa\u00e7onnent \u00bb le r\u00f4le de l\u2019auteur\u00b7e.&nbsp;Il s\u2019agit de mots de m\u00e9moire, ou de mots qui imaginent une perspective future. En ce sens, l\u2019\u00e9crivain\u00b7e n\u2019est pas celui\/celle qui choisit d\u2019\u00e9crire, mais celui\/celle qui est d\u00e9sign\u00e9\u00b7e et orient\u00e9\u00b7e par les mots des autres. POYET cite les auteurs\u00b7res classiques qui sont inspir\u00e9s\u00b7es par leur pass\u00e9, par leurs situations familiales. Il s\u2019agit d\u2019un discours qui appartient aux autres. La vocation litt\u00e9raire appara\u00eet donc moins comme un choix individuel et plus comme une forme de pr\u00e9destination discursive. L\u2019\u00e9crivain\u00b7e est investi\u00b7e d\u2019une mission qui le\/la d\u00e9passe. Il\/elle est l\u2019\u00e9lu\u00b7e d\u2019une proph\u00e9tie familiale et son identit\u00e9 peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une mise en sc\u00e8ne impos\u00e9e. Dans cette perspective, l\u2019autobiographie des auteurs\u00b7es n\u2019est plus un r\u00e9cit de v\u00e9rit\u00e9, mais une mise en sc\u00e8ne de la mise en sc\u00e8ne. Dans un deuxi\u00e8me temps, POYET examine les<em> incipit<\/em>, les aphorismes qui traversent le temps et qui rappellent les auteurs\u00b7res c\u00e9l\u00e8bres, devenus\u00b7es partie de la m\u00e9moire litt\u00e9raire collective. Le chercheur affirme que l\u2019\u00e9crivain\u00b7e ne choisit pas les phrases qui vont rester vivantes dans la m\u00e9moire, mais leur cristallisation r\u00e9side dans l\u2019appropriation par les lecteurs\u00b7rices.<strong> <\/strong>Dans ses conclusions, POYET affirme que le v\u00e9ritable pouvoir des mots est celui d\u2019instituer l\u2019\u00e9crivain\u00b7e, de lui donner un destin et une post\u00e9rit\u00e9. En ce sens, la litt\u00e9rature devient un jeu d\u2019illusions, de projections et de m\u00e9moires partag\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><a>Dans la neuvi\u00e8me contribution, intitul\u00e9e <em>Langage et mus\u00e9ographie : R\u00e9flexions sur le pouvoir des mots dans les espaces mus\u00e9aux <\/em>(pp. 109-119)<strong>, <\/strong>l\u2019auteur Omar ID TNAINE analyse comment le langage utilis\u00e9 dans la mus\u00e9ographie est porteur de repr\u00e9sentations culturelles de la colonisation fran\u00e7aise au Maroc. ID TNAINE se concentre sur l\u2019Agadir Mus\u00e9e d\u2019Art inaugur\u00e9 en 2023. Sa recherche vise \u00e0 examiner la fa\u00e7on dont l\u2019Agadir Mus\u00e9e d\u2019Art, \u00e0 travers ses choix linguistiques, participe \u00e0 la fabrication de repr\u00e9sentations culturelles dominantes ou de subversion. L\u2019int\u00e9r\u00eat envers Agadir est double : d\u2019une part, cette ville porte la m\u00e9moire traumatique du s\u00e9isme de 1960 ; d\u2019autre part, le mus\u00e9e d\u2019art s\u2019inscrit dans une dynamique qui vise \u00e0 repositionner la ville dans le paysage national. Les bases th\u00e9oriques pour cette recherche renvoient \u00e0 Bourdieu, qui fournit les outils pour d\u00e9masquer la violence dans les choix linguistiques, \u00e0 Butler, qui con\u00e7oit le langage comme performatif et producteur de m\u00e9canismes sociaux, et \u00e0 Foucault pour ce qui est des dispositifs discursifs et des contre-discours \u00e0 l\u2019\u00e9gard des institutions. Le corpus est compos\u00e9 de cinquante panneaux th\u00e9matiques, de documents p\u00e9dagogiques et d\u2019entretiens avec m\u00e9diateurs\u00b7rices et visiteurs\u00b7eures. Cette analyse souligne que le fran\u00e7ais domine encore largement le discours mus\u00e9al. L\u2019amazigh, langue officielle du Maroc, est cantonn\u00e9 \u00e0 un r\u00f4le secondaire, car elle est victime d\u2019une marginalisation linguistique. Les choix linguistiques conditionnent l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la connaissance et la possibilit\u00e9 pour certains publics de se sentir inclus dans la narration nationale \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du mus\u00e9e. L\u2019auteur propose d\u2019institutionnaliser un plurilinguisme authentique, afin d\u2019impliquer les communaut\u00e9s locales dans l\u2019exp\u00e9rience culturelle du mus\u00e9e. ID TNAINE montre que le langage n\u2019est pas un simple outil d\u2019explication, mais le c\u0153ur d\u2019une politique culturelle qui produit des ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019exclusion ou d\u2019inclusion.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la dixi\u00e8me contribution, <em>La r\u00e9ciprocit\u00e9 entre le discours d\u2019enseignant et l\u2019identit\u00e9 apprenante en classe de FLE : des exemples du contexte indien<\/em> (pp. 120-134), Vasumathi BADRINATHAN se concentre sur la parole de l\u2019enseignant\u00b7e dans le domaine de l\u2019apprentissage. L\u2019auteure affirme que cette typologie de parole fabrique et fa\u00e7onne les identit\u00e9s des \u00e9l\u00e8ves. Son travail s\u2019inscrit dans le cadre empirique de la classe de fran\u00e7ais langue \u00e9trang\u00e8re (FLE) en Inde au niveau \u00e9colier et universitaire. Le cadre th\u00e9orique mobilis\u00e9 par BADRINATHAN \u00e9voque des approches de la sociologie du pouvoir et de la performativit\u00e9 langagi\u00e8re. La chercheuse analyse quatre r\u00e9cits de vie d\u2019enseignantes indiennes, avec une attention particuli\u00e8re port\u00e9e aux \u00e9pisodes formatifs, renvoyant au moment o\u00f9 les enseignantes \u00e9taient \u00e9l\u00e8ves de FLE. Leurs r\u00e9cits font \u00e9merger des \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s comme la persistance de moments formatifs dans la m\u00e9moire des enseignantes, les effets d\u2019un compliment ou d\u2019une humiliation, la mani\u00e8re dont une phrase prononc\u00e9e peut impacter la confiance en soi. La combinaison de ces \u00e9l\u00e9ments conditionne l\u2019affirmation de l\u2019identit\u00e9 d\u2019un\/une \u00e9l\u00e8ve comp\u00e9tent\u00b7e ou, au contraire, d\u2019un sujet fragile. L\u2019article aborde la question de la <strong>r\u00e9ciprocit\u00e9 structur\u00e9e<\/strong> : les protagonistes, devenues enseignantes, ne reproduisent pas m\u00e9caniquement les mod\u00e8les qu\u2019elles ont subis. Certaines enseignantes rejettent les strat\u00e9gies humiliantes qu\u2019elles ont v\u00e9cues et adoptent des discours de validation, d\u2019autres reproduisent des pratiques autoritaires qu\u2019elles associent \u00e0 la rigueur et \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9. Les mots des enseignants\u00b7es fonctionnent comme des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9gulation \u00e9motionnelle. Les compliments sont des facteurs de motivation et, au contraire, les stigmates constituent des alt\u00e9rations de la personnalit\u00e9. L\u2019auteure rappelle qu\u2019enseigner, c\u2019est avant tout fa\u00e7onner des identit\u00e9s, et que cette activit\u00e9 implique une responsabilit\u00e9 \u00e9thique. BADRINATHAN invite le public \u00e0 repenser les politiques de formation et \u00e0 enseigner pour encourager et renforcer la dignit\u00e9 et les identit\u00e9s des \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n\n\n\n<p>Le volume contient aussi une section <em>Varia.<\/em> Elle est compos\u00e9e de deux articles en langue anglaise et d\u2019un article en langue fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la premi\u00e8re contribution, intitul\u00e9e <em>Speech and language disorders and their impact on social interaction and learning in autistic children : a linguistic and socio-educational approach <\/em>(pp. 135-151), les cinq auteurs\u00b7es Abdelmaoula MRINI, Mohammed Amine AMZAZI, Amine KHADRAOUI, Abdellah BAREBZI et Nourdine DANGUIR r\u00e9fl\u00e9chissent sur l\u2019aspect verbal et linguistique du trouble du spectre de l\u2019autisme (TSA). Selon les auteurs\u00b7es, le langage repr\u00e9sente le c\u0153ur du probl\u00e8me. Plusieurs dimensions sont affect\u00e9es\u00a0: l\u2019expression verbale, la capacit\u00e9 de compr\u00e9hension et la capacit\u00e9 pragmatique du langage. L\u2019\u00e9tude se fonde sur la lecture d\u2019une revue analytique sur ce sujet et sur une synth\u00e8se critique des recherches existantes. De cette lecture r\u00e9sulte que les enfants autistes pr\u00e9sentent des d\u00e9ficits de perception et leur capacit\u00e9 d\u2019expression verbale reste d\u00e9sordonn\u00e9e et r\u00e9duite \u00e0 des mots isol\u00e9s. En outre, l\u2019interaction sociale est fortement compromise. Les auteurs\u00b7es proposent des interventions sociolinguistiques, un travail sur la pragmatique, sur la syntaxe et sur la phonologie. Ils\/elles proposent \u00e9galement de modifier l\u2019environnement scolaire et social, d\u2019adapter les activit\u00e9s et de cr\u00e9er des groupes pour favoriser l\u2019int\u00e9gration.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la deuxi\u00e8me contribution, intitul\u00e9e<em> Teachers&#8217; perceptions of the baccalaureate exam and their impact on curriculum implementation in moroccan high schools : a correlational study <\/em>(pp. 152-171), Hamid ISSAFI conduit une \u00e9valuation qualitative de l\u2019enseignement de l\u2019anglais comme langue \u00e9trang\u00e8re au lyc\u00e9e secondaire sup\u00e9rieur au Maroc. L\u2019auteur appuie son analyse sur un \u00e9chantillon de 113 enseignants\u00b7es de la r\u00e9gion de Rabat-Sal\u00e9-Keintra. ISSAFI leur soumet un questionnaire en anglais, similaire aux questionnaires utilis\u00e9s pour les examens du bac. Apr\u00e8s le test, la plupart des enseignants\u00b7es ont d\u00e9clar\u00e9 que ce type de questionnaire est peu repr\u00e9sentatif d\u2019une comp\u00e9tence communicative compl\u00e8te, car il est trop centr\u00e9 sur la grammaire et sur l\u2019\u00e9criture. \u00c0 la suite de l\u2019analyse, l\u2019auteur sugg\u00e8re de renouveler l\u2019enseignement de l\u2019anglais au Maroc et d\u2019offrir aux enseignants\u00b7es une formation ax\u00e9e sur la comp\u00e9tence communicative, en utilisant des pratiques vari\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la derni\u00e8re contribution, <em>Aspects linguistiques et lexicographiques du traitement des collocations dans le Dictionnaire Arabe-Fran\u00e7ais &#8211; langue et culture marocaines d\u2019Alfred Louis de Pr\u00e9mare et ses collaborateurs (1993\u20131999)<\/em> (pp. 172-181), l\u2019auteur Mounir BOURRAY examine la repr\u00e9sentation lexicographique des collocations contenues dans ce dictionnaire. La collocation est une combinaison g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9sent\u00e9e selon une structure binaire, par exemple nom + adjectif. Le dictionnaire est celui de la darija, une variante colloquiale de la langue arabe-marocaine. Il pr\u00e9sente un immense corpus de collocations provenant de l\u2019oralit\u00e9. L\u2019auteur se concentre sur celles qui sont construites autour des adjectifs \u00ab&nbsp;blanc&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;rouge&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;noir&nbsp;\u00bb. BOURRAY affirme que ces collocations apparaissent en abondance, mais elles sont dissoutes dans l\u2019ensemble des exemples et ne poss\u00e8dent pas de cat\u00e9gories qui leur sont consacr\u00e9es. L\u2019auteur souligne que les collocations concernant les couleurs enrichissent la polys\u00e9mie de la langue&nbsp;: elles traduisent des repr\u00e9sentations collectives marocaines et contribuent \u00e0 la vie des proverbes et des idiomes. BOURRAY propose de d\u00e9dier aux collocations une section sp\u00e9cifique dans les dictionnaires, en raison de l\u2019enrichissement qu\u2019ils donnent \u00e0 la langue et \u00e0 la culture marocaines.<\/p>\n\n\n\n<p>[Giuseppe A. PAPAGNI]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alida Maria SILLETTI, Abderrafi\u00ee KHOUDRI (\u00e9ds.), Im(contre-) pouvoir des mots, LIMES (Langue, Interaction, M\u00e9dias, \u00c9ducation et Soci\u00e9t\u00e9), vol. 2 ,n\u00b0 1, 2025, pp. 181. 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