{"id":1366,"date":"2025-06-17T21:38:53","date_gmt":"2025-06-17T19:38:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=1366"},"modified":"2025-10-15T19:00:27","modified_gmt":"2025-10-15T17:00:27","slug":"helene-barthelmebs-marion-colas-blaise-sophie-marnette-laurence-rosier-eds-materialites-du-discours-rapporte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2025\/06\/17\/helene-barthelmebs-marion-colas-blaise-sophie-marnette-laurence-rosier-eds-materialites-du-discours-rapporte\/","title":{"rendered":"H\u00e9l\u00e8ne BARTHELMEBS, Marion COLAS-BLAISE, Sophie MARNETTE, Laurence ROSIER (\u00e9ds.), Mat\u00e9rialit\u00e9s du discours rapport\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p>H\u00e9l\u00e8ne Barthelmebs, Marion Colas-Blaise, Sophie Marnette, Laurence Rosier (\u00e9ds.), <em>Mat\u00e9rialit\u00e9s du discours rapport\u00e9<\/em>, Louvain-la-Neuve (Belgique), Academia (collection \u00ab&nbsp;Au c\u0153ur des textes&nbsp;\u00bb), 2024, 278 pp.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous la direction de H\u00e9l\u00e8ne Barthelmebs, Marion Colas-Blaise, Sophie Marnette, et Laurence Rosier, l\u2019ouvrage collectif <em>Mat\u00e9rialit\u00e9s du discours rapport\u00e9<\/em>, paru en 2024 dans la collection \u00ab&nbsp;Au c\u0153ur des textes&nbsp;\u00bb des \u00e9ditions Academia, rassemble des contributions faisant suite \u00e0 la huiti\u00e8me rencontre organis\u00e9e par le groupe de recherche Ci-Dit, dont les travaux concernent le discours rapport\u00e9. Le colloque international dont sont issues ces contributions portait sur les r\u00f4les de diff\u00e9rentes formes de mat\u00e9rialit\u00e9 en relation avec le discours rapport\u00e9, et notamment sur les liens d\u2019interd\u00e9pendance entre le discours et son support. Comme le pr\u00e9cisent H\u00e9l\u00e8ne Barthelmebs et Marion Colas-Blaise dans l\u2019avant-propos (pp. 5-8), l\u2019ouvrage offre une r\u00e9flexion interdisciplinaire sur ce sujet, ancr\u00e9e dans les domaines des sciences du langage, des sciences de l\u2019information et de la communication, de la s\u00e9miotique, ainsi que de la litt\u00e9rature.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019\u00ab&nbsp;Introduction&nbsp;\u00bb (pp. 9-19), les directrices de l\u2019ouvrage, H\u00e9l\u00e8ne Barthelmebs, Marion Colas-Blaise, Sophie Marnette et Laurence Rosier, attirent l\u2019attention sur l\u2019ouverture du texte vers des \u00ab&nbsp;r\u00e9\u00e9nonciations&nbsp;\u00bb ult\u00e9rieures, ainsi que \u00ab&nbsp;sur les <em>possibilit\u00e9s cr\u00e9atrices<\/em> qu\u2019offre la mat\u00e9rialit\u00e9&nbsp;\u00bb (p. 9). Elles soulignent le pouvoir structurant et porteur de sens de la mat\u00e9rialit\u00e9, en prenant en consid\u00e9ration les interrelations entre support, format, m\u00e9dium et les plans de l\u2019expression et du contenu. Les influences des diff\u00e9rentes mat\u00e9rialit\u00e9s sur les formes de discours rapport\u00e9 ainsi que sur les processus de circulation interm\u00e9diale et transm\u00e9diale sont au c\u0153ur des recherches pr\u00e9sent\u00e9es dans cet ouvrage.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage, qui se compose de quatre parties, r\u00e9unit au total treize contributions, suivies d\u2019un article de prolongement. La premi\u00e8re partie, intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;Genres de discours&nbsp;\u00bb, comporte trois contributions.<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution de Jean-Marie Klinkenberg et St\u00e9phane Polis, \u00ab&nbsp;Le sens du support&nbsp;: pr\u00e9figurer l\u2019\u00e9crit&nbsp;\u00bb (pp. 23-38), qui ouvre la premi\u00e8re partie, s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019\u00e9criture en l\u2019envisageant comme \u00ab&nbsp;une s\u00e9miotique de l\u2019espace&nbsp;\u00bb (p. 23). Les auteurs illustrent le r\u00f4le du support de l\u2019\u00e9criture en distinguant trois groupes de fonctions&nbsp;: les fonctions <em>graph\u00e9miques<\/em>, les fonctions <em>gramm\u00e9miques<\/em> et les fonctions <em>script\u00e9miques<\/em>. Ils examinent ensuite les relations qui s\u2019\u00e9tablissent entre l\u2019<em>environnement scriptural <\/em>et le texte, en montrant le processus de \u00ab&nbsp;s\u00e9miotisation des supports&nbsp;\u00bb (p. 27). Leur contribution met enfin en \u00e9vidence les diverses formes de <em>pr\u00e9figuration<\/em> de l\u2019environnement scriptural qui peut impliquer une pr\u00e9disposition, une pr\u00e9d\u00e9termination ou une pr\u00e9s\u00e9mantisation.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;La colonne d\u2019\u00e9criture&nbsp;: transformations d\u2019un format&nbsp;\u00bb (pp. 39-58), Rossana De Angelis traite des relations entre le support d\u2019\u00e9criture et la technique d\u2019inscription, en se penchant sur le cas de la colonne d\u2019\u00e9criture. Apr\u00e8s avoir retrac\u00e9 les \u00e9volutions de ce format d\u2019\u00e9criture \u00e0 la lumi\u00e8re de contraintes mat\u00e9rielles et culturelles, l\u2019auteure r\u00e9v\u00e8le le r\u00f4le de la composition graphique de la page dans l\u2019activit\u00e9 herm\u00e9neutique de deux textes distincts&nbsp;: le Talmud et <em>Glas<\/em> de J. Derrida. Elle remarque que, dans ces textes, le blanc repr\u00e9sente un espace \u00e0 la fois de s\u00e9paration et de dialogue intertextuel. En s\u2019appuyant sur les cas de Bibles polyglottes et du <em>Cours de linguistique g\u00e9n\u00e9rale<\/em> de Saussure \u00e9dit\u00e9 par R. Engler, son \u00e9tude montre ensuite comment la colonne d\u2019\u00e9criture est exploit\u00e9e par la critique textuelle pour \u00e9tablir le texte de r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 travers la comparaison et la juxtaposition par la mise en colonne de textes diff\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution de Alain Rabatel, \u00ab&nbsp;Des changements de support, format, m\u00e9dia et de leurs effets sur la transposition des discours repr\u00e9sent\u00e9s en discours montr\u00e9s&nbsp;\u00bb (pp. 59-70), analyse les changements impliqu\u00e9s lors du passage du verbal \u00e0 l\u2019iconique, ainsi que leurs effets. L\u2019auteur aborde la transposition des discours repr\u00e9sent\u00e9s dans le chapitre 20 de l\u2019\u00c9vangile de Jean, dans la repr\u00e9sentation iconique de l\u2019\u00e9pisode correspondant offerte par le tableau de Caravage <em>L\u2019Incr\u00e9dulit\u00e9 de saint Thomas<\/em>. Son \u00e9tude met en \u00e9vidence les liens inf\u00e9rentiels que l\u2019on peut \u00e9tablir entre la repr\u00e9sentation iconique et les points de vue (PDV) saisissables \u00e0 partir des \u00ab&nbsp;paroles implicites, sous-tendues&nbsp;\u00bb (p. 66) que le tableau laisse inf\u00e9rer. Un deuxi\u00e8me niveau d\u2019analyse est ensuite activ\u00e9 par l\u2019auteur qui illustre comment le tableau rel\u00e8ve d\u2019un PDV surplombant du peintre par rapport au texte repr\u00e9sent\u00e9, du fait du d\u00e9tournement des citations \u00e9voqu\u00e9es par le tableau. Rabatel traite enfin des effets entra\u00een\u00e9s par cette transposition, soulignant \u00e9galement le r\u00f4le de l\u2019interdiscours dans l\u2019actualisation d\u2019un verbal reconstructible par la monstration des PDV.<\/p>\n\n\n\n<p>Les quatre contributions r\u00e9unies dans la deuxi\u00e8me partie de l\u2019ouvrage portent sur \u00ab&nbsp;Les discours num\u00e9riques et leurs sp\u00e9cificit\u00e9s&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;Les mat\u00e9rialit\u00e9s du discours rapport\u00e9 num\u00e9rique sur Instagram et Twitter&nbsp;\u00bb (pp. 73-92), Gr\u00e9goire Lacaze examine les relations entre les deux m\u00e9dias num\u00e9riques envisag\u00e9s et les pratiques citationnelles qui s\u2019y d\u00e9ploient, sous l\u2019angle \u00e9pist\u00e9mologique et heuristique. Son \u00e9tude met en lumi\u00e8re le r\u00f4le de la pluris\u00e9mioticit\u00e9 dans les pratiques de partage et de citation \u00e0 travers des r\u00e9seaux socionum\u00e9riques (RSN) distincts, ainsi que le r\u00f4le des propri\u00e9t\u00e9s haptiques des dispositifs num\u00e9riques. \u00c0 travers l\u2019\u00e9tude de posts de repr\u00e9sentants politiques fran\u00e7ais, am\u00e9ricains et anglais, Lacaze illustre les fonctions de diff\u00e9rentes affordances exploit\u00e9es dans les deux RSN. Parmi les fonctions analys\u00e9es, il met en \u00e9vidence le potentiel de la mat\u00e9rialit\u00e9 du support d\u00e9clench\u00e9e par la fonction haptique du <em>swipe up<\/em> d\u2019Instagram, qui permet une navigation transm\u00e9diale, ainsi que les \u00ab&nbsp;actions \u201cdigitales\u201d (effectu\u00e9es avec les doigts)&nbsp;\u00bb (p. 79) des formes citationnelles via Twitter.<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution \u00ab&nbsp;#UnAgentVousManque EtToutEstD\u00e9peupl\u00e9. Quand la mat\u00e9rialit\u00e9 des tweets informe sur la r\u00e9ception de l\u2019information voyageur&nbsp;\u00bb (pp. 93-112), r\u00e9dig\u00e9e \u00e0 six mains par Agata Jackiewicz, Domitille Caillat et Luce Lefeuvre, porte sur les caract\u00e9ristiques de la mat\u00e9rialit\u00e9 des publications adress\u00e9es \u00e0 la SNCF via Twitter de la part de voyageurs lors de perturbations du r\u00e9seau. Apr\u00e8s avoir pr\u00e9sent\u00e9 les crit\u00e8res de constitution du corpus et notamment la grille d\u2019encodage \u00e9labor\u00e9e, les auteures mettent en relief les traits expressifs des tweets retenus (traits de l\u2019oral, ponctuation et guillemets), leur lien avec le support verbal, ainsi que la pr\u00e9sence d\u2019\u00e9l\u00e9ments multimodaux. Elles remarquent en outre la fonction critique de l\u2019emploi des guillemets, qui ciblent \u00e9galement des questions m\u00e9talinguistiques. Leur \u00e9tude souligne la complexit\u00e9 des configurations lexicales caract\u00e9risant les publications analys\u00e9es, ainsi que les limites des traitements statistiques face \u00e0 la richesse multimodale de ces discours.<\/p>\n\n\n\n<p>Le statut des paroles de repr\u00e9sentants politiques int\u00e9gr\u00e9es dans des m\u00e8mes internet constitue l\u2019objet d\u2019\u00e9tude de la contribution de El\u017cbieta Biardzka, ayant pour titre \u00ab&nbsp;La parole politique sur la Toile. De l\u2019iconocitation aux l\u00e9gendes (urbaines) m\u00e9m\u00e9tiques&nbsp;\u00bb (pp. 113-128). L\u2019auteure s\u2019int\u00e9resse \u00e0 ces formes de discours rapport\u00e9 qui entra\u00eenent \u00ab&nbsp;une iconisation de la citation&nbsp;\u00bb dans laquelle l\u2019image \u00ab&nbsp;r\u00e9oriente l\u2019interpr\u00e9tation des paroles cit\u00e9es&nbsp;\u00bb (p. 114). L\u2019\u00e9tude de Biardzka met en relief la fonction de \u00ab&nbsp;<em>discordanciel<\/em>&nbsp;\u00bb remplie par le support visuel des m\u00e8mes, et assimile ces derniers \u00e0 des \u00ab&nbsp;<em>l\u00e9gende[s] urbaine[s]<\/em>&nbsp;\u00bb (p. 114) en fonction de leur caract\u00e8re ludique et de l\u2019implicite qu\u2019ils v\u00e9hiculent. D\u2019une part, l\u2019auteure illustre les caract\u00e9ristiques principales de la partie verbale des m\u00e8mes, et leur fonctionnement allusif. D\u2019autre part, elle aborde le r\u00f4le de la partie visuelle \u00e0 la lumi\u00e8re de ses diverses (m\u00e9ta)fonctions.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab\u00a0Mat\u00e9rialit\u00e9s interdiscursives circulantes sur Twitter, Instagram et TikTok\u00a0\u00bb (pp. 129-142), Justine Simon montre le processus de redynamisation des pratiques de repr\u00e9sentation du discours autre qui, selon l\u2019auteure, est favoris\u00e9 par l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 s\u00e9miodiscursive des dispositifs socionum\u00e9riques. Son \u00e9tude aborde les diff\u00e9rentes formes de repr\u00e9sentation du discours en les envisageant comme des \u00ab\u00a0mat\u00e9rialit\u00e9s interdiscursives circulantes\u00a0\u00bb (p. 130), \u00e0 travers les contextes num\u00e9riques interconnect\u00e9s de Twitter, Instagram et TikTok. L\u2019auteure analyse les impacts diff\u00e9rents des affordances propres aux trois plateformes sur les pratiques de circulation des discours, en explorant les relations entre le verbal, l\u2019iconique et le son. Simon approfondit ensuite les cas de l\u2019\u00ab\u00a0intericonicit\u00e9 socionum\u00e9rique\u00a0\u00bb (p. 135) et de l\u2019\u00ab\u00a0intermusicalit\u00e9 socionum\u00e9rique\u00a0\u00bb (p. 137), m\u00eame si elle examine s\u00e9par\u00e9ment le cas des m\u00e8mes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux contributions regroup\u00e9es dans la troisi\u00e8me partie de l\u2019ouvrage traitent des questions li\u00e9es aux \u00ab&nbsp;Adaptations et interm\u00e9dialit\u00e9s&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution de Polina Pavlikova, intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;Les formes verbales et visuelles dans le roman <em>\u00c9coutez-voir<\/em> d\u2019Elsa Triolet&nbsp;\u00bb (pp. 145-156), vise le \u00ab&nbsp;dialogue interm\u00e9dial&nbsp;\u00bb propre \u00e0 ce roman qui comporte des textes verbaux et des textes visuels. Pavlikova sugg\u00e8re d\u2019envisager les textes visuels comme des citations qui sont souvent en contraste avec les textes verbaux. D\u2019o\u00f9 sa proposition de les interpr\u00e9ter comme des \u00ab&nbsp;textes jumeaux&nbsp;\u00bb (p. 146). D\u2019apr\u00e8s Pavlikova, le conflit qui r\u00e9sulte de l\u2019interm\u00e9dialit\u00e9 du roman constitue, d\u2019une part, l\u2019expression d\u2019une forme de d\u00e9familiarisation dans le cadre d\u2019une recherche identitaire&nbsp;; d\u2019autre part, il repr\u00e9sente aussi, selon l\u2019auteure, un moyen pour l\u2019\u00e9crivaine de se d\u00e9fouler d\u2019exp\u00e9riences traumatisantes, li\u00e9es \u00e0 l\u2019immigration et \u00e0 la victimisation.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;De la linguistique au cin\u00e9ma&nbsp;: quand Pier Paolo Pasolini investit les pratiques du discours rapport\u00e9&nbsp;\u00bb (pp. 157-170), C\u00e9cile Sorin s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la conception de la mat\u00e9rialit\u00e9 signifiante du discours rapport\u00e9 chez Pier Paolo Pasolini, \u00e0 travers la comparaison entre ses ouvrages litt\u00e9raires et ses travaux cin\u00e9matographiques. L\u2019auteure illustre le r\u00f4le du discours indirect libre (DIL) dans les romans de Pasolini, constituant un moyen de rendre co-pr\u00e9sents, dans un m\u00eame cotexte, des registres linguistiques diff\u00e9rents. Selon Sorin, le DIL dans les romans de Pasolini fait ressortir la dimension sociale qui impr\u00e8gne le discours ench\u00e2ss\u00e9 au sein de l\u2019\u00e9nonciation du locuteur-auteur, cette derni\u00e8re ayant une fonction d\u2019analyse et de contextualisation. Sorin montre ensuite comment les principes du DIL sont transpos\u00e9s au cin\u00e9ma par Pasolini \u00e0 travers ce qu\u2019il appelle \u00ab&nbsp;la Subjectivit\u00e9 Indirecte Libre&nbsp;\u00bb (p. 162).<\/p>\n\n\n\n<p>La quatri\u00e8me partie de l\u2019ouvrage est consacr\u00e9e aux \u00ab&nbsp;Supports et strat\u00e9gies de communication&nbsp;\u00bb, \u00e9tant au c\u0153ur de la r\u00e9flexion des quatre contributions qui y sont rassembl\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution de Corinne Gomila ouvre la quatri\u00e8me partie en se concentrant sur \u00ab&nbsp;Mat\u00e9rialit\u00e9(s) des discours repr\u00e9sent\u00e9s dans le Corpus 14&nbsp;: jeu de contraintes et de potentialit\u00e9s&nbsp;\u00bb (pp. 173-186). Gomila analyse les diff\u00e9rentes formes de discours rapport\u00e9 caract\u00e9risant le <em>Corpus 14<\/em>, qui se compose de correspondances \u00e9pistolaires \u00e9chang\u00e9es entre les soldats de la Grande Guerre et leurs familles.&nbsp; Apr\u00e8s avoir relev\u00e9 les tendances majoritaires concernant les formes de discours repr\u00e9sent\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9es, l\u2019\u00e9tude de Gomila fait ressortir l\u2019interd\u00e9pendance entre la mat\u00e9rialit\u00e9 du support et la mat\u00e9rialit\u00e9 des discours repr\u00e9sent\u00e9s. Elle montre comment l\u2019agencement textuel du discours \u00e9pistolaire est boulevers\u00e9 pour faire face aux contraintes mat\u00e9rielles du support. En l\u2019occurrence, les caract\u00e9ristiques principales des discours repr\u00e9sent\u00e9s changent \u00e0 leur tour.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab\u00a0Le discours rapport\u00e9 dans <em>Papiers<\/em>, la revue-livre de France Culture\u00a0\u00bb (pp. 187-198), Annick Batard examine les effets du changement de la mat\u00e9rialit\u00e9 des discours rapport\u00e9s lors du passage des \u00e9missions de radio France Culture aux articles de la revue <em>France Culture Papiers<\/em> (appel\u00e9e par la suite <em>Papiers<\/em>), dont ces articles sont tir\u00e9s. Apr\u00e8s avoir pr\u00e9cis\u00e9 les diff\u00e9rents niveaux de discours rapport\u00e9 qui caract\u00e9risent\u00a0cette adaptation, Batard illustre le processus d\u2019\u00e9ditorialisation auquel est soumise la reprise des \u00e9missions \u00e0 l\u2019\u00e9crit. Elle signale en outre la place accord\u00e9e au visuel, qui parfois \u00e9tablit une relation de redondance avec le verbal. L\u2019auteure souligne enfin la fonction d\u2019adaptation et de l\u00e9gitimation culturelle remplie par le discours rapport\u00e9 dans le cas \u00e9tudi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution de Alida Maria Silletti, \u00ab&nbsp;Pratiques citationnelles dans les tracts de Marine Le Pen et du RN (2018-2022)&nbsp;\u00bb (pp. 199-212) pr\u00e9sente une analyse discursive d\u2019ordre pragmatico-\u00e9nonciatif des reprises \u00e9nonciatives caract\u00e9risant des dispositifs particuliers de la communication politique de M. Le Pen et du Rassemblement national&nbsp;: les tracts. L\u2019auteure accorde \u00e9galement une attention particuli\u00e8re aux r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l\u2019Autre qui sont mobilis\u00e9es au sein de ces pratiques citationnelles. Son \u00e9tude permet de distinguer des reprises directes de la parole de l\u2019Autre, signal\u00e9es par les guillemets, mais aussi des formes implicites. Dans les cas des citations entre guillemets, l\u2019auteure&nbsp;met en \u00e9vidence deux fonctionnements principaux&nbsp;: une fonction de disqualification du locuteur, qui converge vers des attaques <em>ad hominem<\/em>&nbsp;; et une fonction de modalisation qui vise \u00e0 marquer une opposition avec l\u2019Autre et \u00e0 prendre de la distance.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019appuyant sur le cadre th\u00e9orique de la \u00ab&nbsp;repr\u00e9sentation du discours autre&nbsp;\u00bb d\u2019Authier-Revuz, la contribution de \u00c9milie Devriendt (\u00ab&nbsp;\u201cLes murs ont la parole\u201d&nbsp;: \u00e9nonciation graffit\u00e9e et repr\u00e9sentation du discours autre en mai-juin 1968&nbsp;\u00bb, pp. 213-228) propose une analyse d\u2019une perspective \u00e9nonciative des graffitis inscrits sur les murs de l\u2019Universit\u00e9 Sorbonne et de son centre Censier lors de l\u2019occupation en mai-juin 1968. Sa contribution porte sur le statut s\u00e9miotique de deux formes de discours autres pr\u00e9sentes dans le corpus&nbsp;: le discours direct et la modalisation autonymique d\u2019emprunt, et interroge les liens entre le verbal et l\u2019iconique. L\u2019\u00e9tude de Devriendt fait ressortir la difficult\u00e9 d\u2019interpr\u00e9ter de mani\u00e8re univoque le statut des discours autres du fait de l\u2019absence d\u2019\u00e9l\u00e9ments cotextuels.&nbsp;Elle montre en outre comment la d\u00e9contextualisation des \u00e9nonc\u00e9s graffit\u00e9s permet d\u2019envisager le support mural comme un sujet d\u2019\u00e9nonciation.<\/p>\n\n\n\n<p>Faisant partie de la section \u00ab&nbsp;Prolongement&nbsp;\u00bb, la contribution de Gian Maria Tore, \u00ab&nbsp;Initiation au faire (ou La fable de l\u2019immat\u00e9rialit\u00e9 et les probl\u00e8mes de la \u201cmat\u00e9rialit\u00e9 discursive\u201d)&nbsp;\u00bb (pp. 231-242), ach\u00e8ve la r\u00e9flexion d\u00e9velopp\u00e9e tout au long de l\u2019ouvrage. Tore propose une initiation au \u00ab&nbsp;paradigme du <em>faire s\u00e9miotique<\/em>&nbsp;\u00bb (p. 231), pr\u00e9supposant un processus dynamique et interd\u00e9pendant entre forme, mati\u00e8re et support. \u00c0 travers <em>La fable de l\u2019immat\u00e9rialit\u00e9<\/em>, l\u2019auteur met en relief non seulement les transformations qui ont int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 la fois les supports et les gestes associ\u00e9s, mais il souligne \u00e9galement l\u2019interrelation entre expression et contenu en ce qui concerne les transformations du m\u00e9diatique. Il traite ensuite de la mat\u00e9rialit\u00e9 discursive en insistant sur la nature processuelle du rapport entre la forme et la mati\u00e8re, en lien avec le support et les gestes qui participent \u00e0 la \u00ab&nbsp;dynamique s\u00e9miotique \u00e9mergente&nbsp;\u00bb que l\u2019auteur envisage en termes de \u00ab&nbsp;<em>montage<\/em>&nbsp;\u00bb (p. 241).<\/p>\n\n\n\n<p>Outre la riche bibliographie g\u00e9n\u00e9rale (pp. 243-262), l\u2019ouvrage est compl\u00e9t\u00e9 par un <em>index nominum (<\/em>pp. 263-268) qui r\u00e9pertorie les auteures et auteurs cit\u00e9s au fil des contributions.<\/p>\n\n\n\n<p>[Claudia CAGNINELLI]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>H\u00e9l\u00e8ne Barthelmebs, Marion Colas-Blaise, Sophie Marnette, Laurence Rosier (\u00e9ds.), Mat\u00e9rialit\u00e9s du discours rapport\u00e9, Louvain-la-Neuve (Belgique), Academia (collection \u00ab&nbsp;Au c\u0153ur des textes&nbsp;\u00bb), 2024, 278 pp. Sous la direction de H\u00e9l\u00e8ne Barthelmebs, Marion Colas-Blaise, Sophie Marnette, et Laurence Rosier, l\u2019ouvrage collectif Mat\u00e9rialit\u00e9s du discours rapport\u00e9, paru en 2024 dans la collection \u00ab&nbsp;Au c\u0153ur des textes&nbsp;\u00bb des \u00e9ditions\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2025\/06\/17\/helene-barthelmebs-marion-colas-blaise-sophie-marnette-laurence-rosier-eds-materialites-du-discours-rapporte\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[49],"tags":[],"class_list":["post-1366","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n55"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1366"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1366"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1366\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1425,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1366\/revisions\/1425"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1366"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1366"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1366"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}