{"id":1317,"date":"2025-06-13T19:41:28","date_gmt":"2025-06-13T17:41:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=1317"},"modified":"2025-06-21T22:24:07","modified_gmt":"2025-06-21T20:24:07","slug":"licia-reggiani-laura-santone-eds-medias-et-viralite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2025\/06\/13\/licia-reggiani-laura-santone-eds-medias-et-viralite\/","title":{"rendered":"Licia REGGIANI, Laura SANTONE (\u00e9ds.), M\u00e9dias et Viralit\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p>Licia REGGIANI, Laura SANTONE (\u00e9ds.), M\u00e9dias et Viralit\u00e9, in <em>Mediazioni, Rivista online di studi interdisciplinari su lingue e culture, <\/em>n\u00b0 44, 2024, pp. 347.<\/p>\n\n\n\n<p>Le num\u00e9ro th\u00e9matique <em>M\u00e9dias et Viralit\u00e9<\/em> de la revue \u00e9lectronique <em>Mediazioni, Rivista online di studi interdisciplinari su lingue e culture<\/em> r\u00e9unit plusieurs contributions qui analysent le concept de \u00ab\u00a0viralit\u00e9\u00a0\u00bb dans le domaine des m\u00e9dias et des r\u00e9seaux sociaux. Les auteurs\u00b7es qui ont contribu\u00e9 \u00e0 la r\u00e9daction de ce num\u00e9ro r\u00e9fl\u00e9chissent sur les diff\u00e9rentes \u00ab manifestations\u00a0\u00bb d&#8217;un ph\u00e9nom\u00e8ne tr\u00e8s actuel. Ce recueil composite rec\u00e8le une pr\u00e9face, une postface et dix-neuf contributions qui se concentrent sur la th\u00e9matique de la viralit\u00e9 dans les m\u00e9dias, que les auteurs\u00b7es examinent sous des formes diff\u00e9rentes. Certaines contributions se concentrent sur l\u2019aspect social de la viralit\u00e9, tandis que d\u2019autres s\u2019int\u00e9ressent au pouvoir communicatif des m\u00e8mes, \u00e0 la diffusion des <em>fake news<\/em>, ou bien aux raisons psychologiques, sociales et politiques qui influencent le partage d\u2019un contenu donn\u00e9. La diversification des articles fait de ce volume un lieu de rencontre de savoirs multiformes et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la <em>Pr\u00e9face<\/em> (pp. A1-A9), Paola PAISSA se concentre sur le terme \u00ab\u00a0viralit\u00e9\u00a0\u00bb, qui voit le jour dans les ann\u00e9es 2000. Tir\u00e9 du domaine m\u00e9dical, l\u2019usage du mot \u00ab viral \u00bb est renforc\u00e9 pendant la pand\u00e9mie de Covid-19, en 2020. Le pivot m\u00e9taphorique, comme le souligne l\u2019auteure, entre le domaine de la maladie virale et le num\u00e9rique est le pouvoir de la diffusion d\u2019une information, d\u2019une id\u00e9e ou d\u2019un contenu. Le concept de \u00ab\u00a0viralit\u00e9\u00a0\u00bb existait d\u00e9j\u00e0 dans le monde de l\u2019information, bien avant l\u2019apparition du Web. En effet, PAISSA fait une distinction entre la viralit\u00e9 classique et la viralit\u00e9 num\u00e9rique: tel est le cas des proverbes, des canards (les pr\u00e9curseurs des <em>fake news<\/em>) et des rumeurs qui se sont diffus\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 la bouche \u00e0 l\u2019oreille et \u00e0 la presse. Paola PAISSA conclut sa pr\u00e9face en affirmant qu\u2019il y a une question ouverte, une enqu\u00eate fondamentale qui sous-tend le d\u00e9veloppement de ce num\u00e9ro, consistant \u00e0 comprendre si les outils en chantier d\u2019analyse du discours sont ad\u00e9quats \u00e0 d\u00e9couvrir, \u00e0 montrer les couches et les teintes du macro-concept de la \u00ab viralit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la premi\u00e8re contribution, <em>Pour une \u00e9tude interdisciplinaire et s\u00e9mio-linguistique de la viralit\u00e9 dans les m\u00e9dias<\/em> (pp. A10-A34), Alain RABATEL se concentre sur un outil num\u00e9rique tr\u00e8s diffus\u00e9, iconique dans le domaine de la viralit\u00e9\u00a0: le m\u00e8me. L\u2019auteur examine les caract\u00e9ristiques de cet instrument en se penchant notamment sur son efficacit\u00e9 communicative. Avant de traiter le domaine des m\u00e8mes plus en d\u00e9tail, RABATEL analyse la viralit\u00e9, qu\u2019il d\u00e9finit comme une attention massive sur un objet, ayant une propagation \u00e0 grande \u00e9chelle. La viralit\u00e9, comme le souligne l\u2019auteur, d\u00e9pend des communaut\u00e9s culturelles ou des circonstances de la publication des contenus. Ainsi, elle serait engendr\u00e9e par l\u2019attractivit\u00e9 du contenu plut\u00f4t que par la v\u00e9rit\u00e9 que le contenu montre. Ce m\u00e9canisme explique la diffusion des <em>fake news<\/em>, par exemple. Ensuite, l\u2019auteur prend en consid\u00e9ration un corpus de m\u00e8mes qui concernent des \u00e9v\u00e9nements d\u2019envergure : les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles fran\u00e7aises, l\u2019invasion russe en Ukraine, la mort de la reine Elisabeth. Lors de son analyse, il distingue trois types de m\u00e8mes\u00a0: les textes sans images, les images, et les images avec des sections textuelles. Le domaine des m\u00e8mes constitue un <em>pictorial turn<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire un domaine o\u00f9 l\u2019\u00e9tude de l\u2019image a la m\u00eame importance que l\u2019\u00e9tude du texte. L\u2019auteur en conclut que les m\u00e8mes poss\u00e8dent un potentiel communicatif et pragmatique dans le monde sociopolitique, y compris lorsqu\u2019ils sont d\u00e9pourvus de texte. Leur pouvoir demeure dans leur iconicit\u00e9 et r\u00e9p\u00e9titivit\u00e9. L\u2019importance de cet article r\u00e9side dans l\u2019analyse d\u00e9taill\u00e9e d\u2019un outil qui est sous les yeux de tout le monde, et qui, peut-\u00eatre, n&#8217;a pas encore fait l\u2019objet d\u2019une attention suffisante.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la deuxi\u00e8me contribution, <em>Une circulation virale de la parole scientifique ? \u00c0 propos des republications de The Conversation France dans les m\u00e9dias partenaires <\/em>(pp. A35-A55), Ingrid MAYEUR conduit une analyse du processus de republication des articles du m\u00e9dia collaboratif <em>The Conversation France (TCF)<\/em> par ses m\u00e9dias partenaires. L\u2019auteure se concentre sur les diff\u00e9rences entre les articles issus de TCF avec leurs republications<em>. <\/em>Elle d\u00e9crit d\u2019abord le r\u00e9seau <em>The Conversation France<\/em>. Il s\u2019agit d\u2019un m\u00e9dia sans but lucratif, \u00e0 mi-chemin entre le journalisme et la vulgarisation scientifique, visant \u00e0 rendre le savoir scientifique accessible \u00e0 tout lectorat. MAYEURE se concentre sur un corpus constitu\u00e9 par les dix articles les plus lus du TFC concernant les sciences humaines, publi\u00e9s en f\u00e9vrier 2022, en les comparant avec leurs republications sur d\u2019autres r\u00e9seaux. La chercheuse constate que les republications des articles de TCF montrent des variations subtiles mais significatives. Il s\u2019agit de modifications de titres, d\u2019ajouts de paragraphes, de r\u00e9am\u00e9nagements de la partie graphique, de d\u00e9placements ou de suppressions partielles de contenus additionnels et de suggestions de lecture renvoyant aux contenus d\u2019autres r\u00e9seaux. Ces r\u00e9sultats r\u00e9v\u00e8lent des probl\u00e8mes dans les republications\u00a0car, comme l\u2019affirme l\u2019auteure, on assiste \u00e0 un partage d\u00e9form\u00e9 des contenus. Les m\u00e9dias tiers qui partagent les articles de la source deviennent des co-constructeurs du discours scientifique et finissent souvent par le d\u00e9former. L\u2019auteure invite \u00e0 penser \u00e9thiquement au respect de la source principale des contenus lors de leur republication, afin d\u2019en pr\u00e9server la limpidit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la troisi\u00e8me contribution,<em> Vid\u00e9os \u00e9cologistes virales sur YouTube : une analyse contextuelle des supports et des configurations discursives<\/em> (pp. A56-A74), Florimond RAKOTONOEILINA propose une \u00e9tude d\u00e9taill\u00e9e de la viralit\u00e9 concernant les vid\u00e9os \u00e9cologistes sur YouTube. La th\u00e9matique est de grande actualit\u00e9. L\u2019auteur illustre la d\u00e9rivation du terme \u00ab&nbsp;viral&nbsp;\u00bb du champ m\u00e9dical et, avec l&#8217;av\u00e8nement de l\u2019Internet, sa signification m\u00e9taphorique, qui d\u00e9signe la rapidit\u00e9 de circulation et de partage des contenus. L\u2019expression \u00ab vid\u00e9o virale \u00bb appara\u00eet dans la presse francophone entre 2000 et 2022, mais suite \u00e0 l\u2019apparition de YouTube et d\u2019autres m\u00e9dias participatifs, entre 2016 et 2018, l\u2019expression se propage massivement. La viralit\u00e9 des vid\u00e9os \u00e9cologistes, comme le souligne l\u2019auteur, repose sur leur th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 et sur une connexion \u00e9motionnelle avec le public. RAKOTONOELINA souligne que, paradoxalement, les contenus scientifiques \u00ab bruts \u00bb, comme les rapports du GIEC, ont tr\u00e8s peu de potentiel viral, car ils sont denses, techniques et peu accessibles. Les vid\u00e9os \u00e9cologistes virales doivent leur diffusion \u00e0 leurs bri\u00e8vet\u00e9 et accessibilit\u00e9. Lors de l\u2019analyse d\u2019un corpus de vid\u00e9os populaires, publi\u00e9es entre 2016 et 2018, RAKOTONOELINA identifie plusieurs caract\u00e9ristiques r\u00e9currentes de ces vid\u00e9os, parmi lesquelles une plus forte viralit\u00e9 dans les vid\u00e9os les plus courtes. De surcro\u00eet, l\u2019humour et la pr\u00e9sence de personnages qui attirent l\u2019attention du public, tout en d\u00e9non\u00e7ant la n\u00e9gligence de l\u2019humanit\u00e9 envers l\u2019environnement, repr\u00e9sentent une garantie de viralit\u00e9. Un autre facteur de viralit\u00e9 consiste en l\u2019utilisation d\u2019un langage simple, accessible et vulgarisateur.<\/p>\n\n\n\n<p><a>La quatri\u00e8me contribution se concentre \u00e9galement sur la th\u00e9matique de l\u2019\u00e9cologie. Dans leur \u00e9tude <em>Comment susciter l\u2019engagement pour inciter \u00e0 l\u2019action ? L\u2019usage de la viralit\u00e9 par le collectif Pour Un R\u00e9veil \u00c9cologique sur LinkedIn <\/em>(pp. A75-A89)<em>,<\/em> Nadia HASSANI et Lise HENRIC analysent l\u2019usage strat\u00e9gique de la viralit\u00e9 adopt\u00e9 par ce collectif. Au d\u00e9but de l\u2019article, les deux chercheuses r\u00e9fl\u00e9chissent sur le concept de \u00ab\u00a0viralit\u00e9\u00a0\u00bb, d\u00e9finie comme la diffusion rapide et massive d\u2019un contenu \u00e0 travers les r\u00e9seaux sociaux. Les param\u00e8tres qui influencent la viralit\u00e9 sont diff\u00e9rents : la visibilit\u00e9 des contenus, directement proportionnelle aux partages, la contagion sociale qui agit sur les internautes, la qualit\u00e9 des contenus, les \u00e9motions suscit\u00e9es, les algorithmes qui peuvent prioriser les contenus engageants. Les sp\u00e9cialistes se concentrent sur le r\u00e9seau LinkedIn, r\u00e9seau professionnel o\u00f9 les publications ont un poids symbolique plus \u00e9lev\u00e9, notamment lorsqu\u2019il s\u2019agit de contenus li\u00e9s \u00e0 la responsabilit\u00e9 environnementale des entreprises. Les auteures analysent les publications LinkedIn du collectif GIEC (Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat) publi\u00e9es en 2022. Elles rel\u00e8vent un fort engagement (likes, partages, commentaires) au ton positif ou humoristique. Un post viral du 13 avril 2022 a eu un impact concret en termes de visibilit\u00e9. Ce post incitait l\u2019affichage du rapport GIEC dans le m\u00e9tro. L\u2019usage d\u2019un langage au ton engageant a jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans son succ\u00e8s. Les auteures soulignent que la viralit\u00e9 n\u2019est jamais neutrale : elle est positive, si elle sollicite la mobilisation citoyenne, ou n\u00e9gative, si elle engendre des pol\u00e9miques peu constructives. En effet, d\u2019autres mouvements \u00e9cologistes adoptent des solutions extr\u00eames, comme jeter de la soupe sur des tableaux pour lancer un message d\u2019engagement social. En revanche, cet article propose une r\u00e9flexion sur la puissance politique des r\u00e9seaux sociaux, lorsqu\u2019ils sont utilis\u00e9s avec \u00e9thique, pertinence et int\u00e9grit\u00e9.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la cinqui\u00e8me contribution, intitul\u00e9e <em>Viralit\u00e9 : focus sur les motivations du partage <\/em>(pp. A90-A109), Ugo ROUX propose une analyse sur les motivations qui m\u00e8nent une vid\u00e9o \u00e0 devenir virale. L\u2019auteur s\u2019interroge \u00e9galement sur les raisons psychologiques, sociales et \u00e9motionnelles qui poussent les individus \u00e0 partager ou \u00e0 ne pas partager certains contenus Pour ce faire, le sp\u00e9cialiste effectue un test\u00a0: des vid\u00e9os publicitaires virales et non virales sont pr\u00e9sent\u00e9es aux personnes interrog\u00e9es, qui ensuite doivent indiquer aussi bien si elles partageraient ces vid\u00e9os que les raisons qui motivent leur choix. Parmi les motivations du partage, la pr\u00e9sence d\u2019humour s\u2019av\u00e8re \u00eatre la plus cit\u00e9e. L\u2019humour agit comme un facilitateur d\u2019\u00e9motions positives, qui incite non seulement \u00e0 l\u2019engagement individuel mais aussi au partage social. D\u2019autres facteurs qui influencent le partage sont la qualit\u00e9 de la vid\u00e9o (images et son), l\u2019originalit\u00e9 et la valeur du message transmis. La motivation du partage peut aussi \u00eatre relationnelle. On partage une vid\u00e9o parce qu\u2019on pense qu\u2019elle plaira \u00e0 un ami, qu\u2019elle sera comprise par le groupe, qu\u2019elle fait \u00e9cho \u00e0 une passion commune. \u00c0 l\u2019inverse, les motivations de non-partage sont la qualit\u00e9 m\u00e9diocre ou mauvaise du contenu, le manque d\u2019int\u00e9r\u00eat, ou encore une th\u00e9matique peu pertinente, ou un message confus ou mal transmis. L\u2019auteur conclut que la viralit\u00e9 est le r\u00e9sultat d\u2019une coop\u00e9ration collective, d\u2019un ensemble de micro-choix motiv\u00e9s par des raisons multiples. Le travail de ROUX nous invite \u00e0 repenser la viralit\u00e9 non pas comme une magie de l\u2019algorithme, mais comme une interaction humaine m\u00e9di\u00e9e par la technique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le volume continue par la sixi\u00e8me contribution, <em>La s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e comme m\u00e9taphore fonctionnelle et m\u00e9morielle de la pand\u00e9mie Covid-19 <\/em>(pp. A110-A125), r\u00e9dig\u00e9e par Pierre MORELLI, qui propose une lecture de la pand\u00e9mie de Covid-19 \u00e0 travers une m\u00e9taphore originale\u00a0: celle de la s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e.  Face \u00e0 une crise sanitaire mondiale, l\u2019auteur affirme que la m\u00e9taphore des \u00ab vagues \u00bb de contamination r\u00e9sulte \u00eatre trop simpliste pour d\u00e9crire ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Au printemps 2020, les confinements ont limit\u00e9 les contacts physiques et ont r\u00e9duit les activit\u00e9s humaines \u00e0 se replier sur les \u00e9crans. T\u00e9l\u00e9vision et r\u00e9seaux sociaux deviennent les canaux principaux de contact avec la r\u00e9alit\u00e9. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une viralit\u00e9 biologique, on observe une viralit\u00e9 m\u00e9diatique, qui contribue \u00e0 structurer la pand\u00e9mie comme un r\u00e9cit collectif, avec ses protagonistes (le virus, les experts\u00b7es, les soignants\u00b7es et les patients\u00b7es), et ses structures narratives. Il est possible d\u2019observer une structure dramatique de la pand\u00e9mie, des \u00e9v\u00e9nements qui \u00e9voluent dans le temps, des personnages r\u00e9currents et une tension permanente. Le public, comme l\u2019affirme MORELLI, est \u00e0 la fois spectateur et acteur de cette \u00ab\u00a0s\u00e9ri\u00e9 t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e\u00a0\u00bb m\u00e9taphorique. L\u2019auteur propose une division de la pand\u00e9mie en cinq saisons : la premi\u00e8re saison montre les premiers confinements\u00a0; la deuxi\u00e8me saison d\u00e9voile de nouvelles variantes du virus et montre l\u2019espoir que l\u2019humanit\u00e9 pose dans les vaccins\u00a0; la troisi\u00e8me saison est caract\u00e9ris\u00e9e par des mesures restrictives ; la quatri\u00e8me saison concerne le moment o\u00f9 la campagne vaccinale d\u00e9marre et on voit l\u2019apparition de la variante Omicron\u00a0; la cinqui\u00e8me saison comprend les campagnes de rappel vaccinal. La pand\u00e9mie de Covid-19 n\u2019est pas seulement un \u00e9v\u00e9nement sanitaire\u00a0: elle est aussi un \u00e9v\u00e9nement narratif qui a contribu\u00e9 \u00e0 construire une m\u00e9moire collective.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la septi\u00e8me contribution, intitul\u00e9e <em>The power of cat memes ! Viralit\u00e9 et interdiscursivit\u00e9 du chat remix\u00e9<\/em> (pp. A126-A143), Justine SIMON analyse les m\u00e8mes des chat (<em>cat memes<\/em>), omnipr\u00e9sents sur les r\u00e9seaux sociaux. Selon l\u2019auteure, ce type de m\u00e8me participe \u00e0 la dynamique de la viralit\u00e9 et devient un vecteur de discours politique, de revendications identitaires et de luttes id\u00e9ologiques. SIMON d\u00e9finit le m\u00e8me comme un point de rencontre de valeurs, de repr\u00e9sentations et de pratiques sociales. Le chat est montr\u00e9 comme un animal affectif, humoristique, parfois grotesque, et il s\u2019ins\u00e8re facilement dans le discours. La notion de \u00ab catwashing \u00bb est introduite pour d\u00e9signer la strat\u00e9gie d\u2019utilisation de chats mignons, afin de transmettre des messages pr\u00e9cis. Pour son analyse, SIMON collecte un corpus de 4000 publications de m\u00e8mes. Le c\u0153ur de son \u00e9tude repose sur la th\u00e9orie de l\u2019inter-discursivit\u00e9 : chaque m\u00e8me est une mosa\u00efque de discours ant\u00e9rieurs, provenant souvent de la culture populaire ou de m\u00e8mes plus anciens, d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9s dans le pass\u00e9. Les m\u00e8mes des chats, ajoute l\u2019auteure, sont souvent utilis\u00e9s pour critiquer ou soutenir des personnalit\u00e9s politiques de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise (Le Pen, Macron, Zemmour).\u00a0Les m\u00e8mes, objets porteurs d\u2019id\u00e9ologie, permettent une forme d\u2019humour participatif et cr\u00e9atif, mais ils jouent parfois le r\u00f4le de vecteurs de haine<strong>,<\/strong> en mobilisant des codes visuels charg\u00e9s d\u2019une mignonnerie apparemment anodine. Le m\u00e8me devient ainsi une \u00e9p\u00e9e \u00e0 double tranchant. SIMON conclut sa contribution en invitant le lectorat \u00e0 une lecture \u00e9thique, contextuelle et critique des m\u00e8mes. Leur nature dialogique, transgressive et ludique les rend \u00e0 la fois puissants et ambigus.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la huiti\u00e8me contribution, intitul\u00e9e <em>Aide-toi, la viralit\u00e9 t\u2019aidera. Ou de la cr\u00e9ation et diffusion des proverbes dans les m\u00e9dias<\/em> (pp. A144-A159), Vincenzo LAMBERTINI propose une r\u00e9flexion sur une possible corr\u00e9lation entre les proverbes et la viralit\u00e9 en soulignant leurs analogies et diff\u00e9rences. L\u2019auteur r\u00e9fl\u00e9chit sur le concept de \u00ab\u00a0viralit\u00e9\u00a0\u00bb emprunt\u00e9 \u00e0 la biologie et \u00e9tendu \u00e0 la communication num\u00e9rique. Le concept de\u00a0\u00ab\u00a0viralit\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0d\u00e9signe la capacit\u00e9 d\u2019un contenu de se propager \u00e0 grande \u00e9chelle. Ensuite, il d\u00e9crit les caract\u00e9ristiques du proverbe\u00a0: une phrase reconnue et partag\u00e9e collectivement dans la culture populaire, dot\u00e9e d\u2019un sens m\u00e9taphorique et d\u2019un sens litt\u00e9ral. LAMBERTINI souligne que l\u2019oralit\u00e9 a toujours jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans la transmission virale des expressions, surtout des proverbes. L\u2019auteur met en \u00e9vidence de nombreuses analogies entre les proverbes et les contenus viraux : l\u2019anonymat progressif, car les deux perdent leur auteur\u00b7e initial\u00b7e\u00a0; la r\u00e9plication et la variation, car les proverbes pr\u00e9sentent des variantes r\u00e9gionales ou des changements au fil du temps. Les proverbes et les contenus viraux mobilisent aussi des \u00e9motions et s\u2019adressent \u00e0 un public \u00e9largi. LAMBERTINI souligne aussi que les proverbes et les contenus viraux ont diff\u00e9rents param\u00e8tres de diffusion. En ce qui concerne le temps de diffusion, les contenus viraux se d\u00e9veloppent dans l\u2019instantan\u00e9it\u00e9, tandis que le proverbe a besoin d\u2019une longue maturation. En ce qui concerne les canaux de diffusion, les contenus viraux se transmettent <em>via<\/em> les r\u00e9seaux sociaux, tandis que les proverbes se diffusent par l\u2019oralit\u00e9 pour se placer dans l\u2019usage collectif. Selon l\u2019auteur, le proverbe n\u2019est pas une relique du pass\u00e9 mais un organisme culturel vivant, capable de s\u2019adapter \u00e0 la viralit\u00e9 du pr\u00e9sent et du futur. Le proverbe est un exemple embl\u00e9matique de viralit\u00e9 pr\u00e9-num\u00e9rique, un contenu devenu viral sans l\u2019aide du web et des r\u00e9seaux sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la neuvi\u00e8me contribution, <em>Discours num\u00e9riques et degr\u00e9s de viralit\u00e9 : caract\u00e9ristiques linguistiques et traits<\/em> <em>(techno)discursifs <\/em>(pp. A160-A176)<em>, <\/em>Claudia CAGNINELLI propose une r\u00e9flexion approfondie sur les m\u00e9canismes de viralit\u00e9 des discours num\u00e9riques, en particulier sur le r\u00e9seau Twitter. L\u2019auteure se concentre sp\u00e9cifiquement sur la viralit\u00e9 des tweets, dont elle d\u00e9crit deux dimensions compl\u00e9mentaires : une viralit\u00e9 mesurable \u00e0 travers les taux d\u2019engagement (retweets, likes, r\u00e9ponses, citations) et une autre viralit\u00e9, dont les effets s\u2019observent dans la stabilisation de repr\u00e9sentations discursives au fil du temps. La chercheuse analyse un corpus de 53 030 tweets publi\u00e9s entre avril et juillet 2019, portant tous sur le cas m\u00e9diatique et controvers\u00e9 de Vincent Lambert sur l\u2019euthanasie. Le corpus a \u00e9t\u00e9 class\u00e9 selon quatre degr\u00e9s de viralit\u00e9, d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 partir du nombre de retweets obtenus\u00a0: le degr\u00e9 0, le plus copieux, correspond aux messages qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 retweet\u00e9s, caract\u00e9ris\u00e9s par le style journalistique ; le degr\u00e9 1, qui regroupe les tweets ayant obtenu entre 1 et 10 retweets et qui poss\u00e8dent une dimension pol\u00e9mique\u00a0; le degr\u00e9 2, plus restreint, regroupe les tweets repartag\u00e9s entre 11 et 100 fois, o\u00f9 on remarque la pr\u00e9sence de discours militants ou associatifs ; le degr\u00e9 3, plus rare, comprend les tweets ayant g\u00e9n\u00e9r\u00e9 plus de 100 retweets. Ils renvoient souvent \u00e0 des comptes tr\u00e8s visibles ou institutionnels (m\u00e9dias, personnalit\u00e9s politiques ou religieuses) et concernent des \u00e9v\u00e9nements marquants et charg\u00e9s de pathos (par exemple, l\u2019annonce de la mort de Vincent Lambert). Ces tweets deviennent viraux gr\u00e2ce \u00e0 diff\u00e9rents facteurs : autorit\u00e9 de l\u2019\u00e9nonciateur\u00a0; intensit\u00e9 path\u00e9mique\u00a0; pouvoir pol\u00e9mique. En conclusion, Claudia CAGNINELLI montre que la viralit\u00e9 ne d\u00e9rive pas uniquement du contenu d\u2019un message, mais de facteurs interconnect\u00e9s : la structure du discours, l\u2019identit\u00e9 de l\u2019\u00e9nonciateur, la charge \u00e9motionnelle et pol\u00e9mique du contenu.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la dixi\u00e8me contribution, <em>Entre spreadability et brevitas : une analyse pragmatique et \u00e9nonciative des m\u00e8mes internet <\/em>(pp. A177-A195), Stefano VICARI se concentre sur la notion de \u00ab&nbsp;viralit\u00e9&nbsp;\u00bb dans le contexte de l\u2019\u00e9tude du discours num\u00e9rique, en particulier des m\u00e8mes. Le but principal de l\u2019auteur est de montrer que la viralit\u00e9 poss\u00e8de une dimension assez complexe, qui inclut des aspects linguistiques, discursifs, sociaux et politiques. VICARI propose donc de repenser cette notion en termes de \u00ab spreadability \u00bb (capacit\u00e9 de diffusion), pour mieux saisir les dynamiques de circulation des contenus et des discours en ligne. La m\u00e9taphore du virus, \u00e0 son avis, donne une image trop simplifi\u00e9e de la viralit\u00e9, car elle obscurcit la complexit\u00e9 r\u00e9elle du ph\u00e9nom\u00e8ne. L\u2019auteur souligne que les contextes ou les engagements sociaux jouent un r\u00f4le crucial dans la circulation des contenus. VICARI analyse diff\u00e9rents m\u00e8mes, qu\u2019il \u00e9value comme des outils communicatifs efficaces, \u00ab&nbsp;viraux&nbsp;\u00bb par excellence, et qui partagent avec les formes br\u00e8ves les plus traditionnelles (adages, proverbes, \u00e9pigrammes) la tendance \u00e0 s\u2019inscrire durablement dans la m\u00e9moire discursive. Les m\u00e8mes poss\u00e8dent des caract\u00e9ristiques formelles et fonctionnelles qui leur garantissent une grande circulation et diffusion dans les r\u00e9seaux socio-num\u00e9riques. En outre, en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 des m\u00e8mes de nature politique, VICARI affirme que la viralit\u00e9 participe \u00e0 la construction d\u2019une opinion collective et que, parfois, elle peut impulser des changements culturels. L\u2019auteur met en garde contre une vision trop simpliste de la viralit\u00e9, qui la r\u00e9duirait \u00e0 une contagion passive et qui ne consid\u00e8re pas le regard critique des \u00e9metteurs\u00b7euses. En conclusion, le sp\u00e9cialiste propose une lecture nuanc\u00e9e du ph\u00e9nom\u00e8ne de viralit\u00e9&nbsp;: un processus complexe, qui implique des acteurs\u00b7rices, des strat\u00e9gies, des d\u00e9fis sociaux et politiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la onzi\u00e8me contribution, intitul\u00e9e <em>Viralit\u00e9 et analyse du discours\u00a0: un exemple atypique, #metoo <\/em>(pp. A196-A210), Sandrine REBOUL-TOUR\u00c9 se concentre sur l\u2019\u00e9tude de la viralit\u00e9 selon les param\u00e8tres de la m\u00e9thodologie de l\u2019analyse du discours, en utilisant l\u2019exemple embl\u00e9matique du <em>hashtag<\/em> li\u00e9 au mouvement social <em>#metoo<\/em>. L\u2019auteure d\u00e9passe, lors de son analyse, la conception traditionnelle de la viralit\u00e9. Elle la d\u00e9crit comme un processus social, discursif et culturel qui transforme un simple <em>hashtag<\/em> en un v\u00e9ritable mouvement pour la cause sociale de la violence envers les femmes. REBOUL-TOUR\u00c9 mentionne le pouvoir des <em>hashtags<\/em> de regrouper et de retrouver rapidement tous les contenus autour du m\u00eame concept. L\u2019article d\u00e9crit la propagation exceptionnelle de ce <em>hashtag<\/em>, devenu un v\u00e9ritable ph\u00e9nom\u00e8ne social. Tout commence en 2006, lorsque Tarana Burke lance une campagne de soutien aux victimes d\u2019agressions sexuelles. \u00c0 partir d\u2019octobre 2017, apr\u00e8s la r\u00e9v\u00e9lation de l\u2019affaire Weinstein, le <em>hashtag #metoo<\/em> se r\u00e9pand \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. L\u2019actrice Alyssa Milano lance alors un appel sur Twitter, en invitant toutes les victimes d\u2019agressions sexuelles \u00e0 r\u00e9pondre simplement par le <em>hashtag #metoo<\/em>, afin de briser le silence. Des milliers de r\u00e9ponses arrivent.\u00a0 L\u2019auteure d\u00e9crit le <em>hashtag<\/em> comme une construction, une formule discursive qui permet de donner un sens collectif \u00e0 une exp\u00e9rience partag\u00e9e au niveau social. Elle en souligne diff\u00e9rents m\u00e9canismes : la rapidit\u00e9 de diffusion\u00a0; le figement\u00a0; le nombre d\u2019interactions (likes, partages, commentaires)\u00a0; le caract\u00e8re discursif\u00a0; la dimension sociale. REBOUL-TOUR\u00c9 montre que le cas de <em>#metoo<\/em> illustre la capacit\u00e9 de certains discours \u00e0 se propager, \u00e0 s\u2019inscrire dans l\u2019espace social, et \u00e0 transformer un simple hashtag en un symbole qui peut engendrer un mouvement collectif.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la douzi\u00e8me contribution, <em>Viralit\u00e9 et starisation : Le proc\u00e8s Johnny Depp \/ Amber Heard<\/em> (pp. A211-A224), Laura SANTONE s\u2019interroge sur la&nbsp;viralit\u00e9 m\u00e9diatique&nbsp;\u00e0 travers l\u2019exemple du&nbsp;proc\u00e8s tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9 de Johnny Depp contre son ex-femme Amber Heard. L\u2019auteure d\u00e9crit la viralit\u00e9 comme un&nbsp;ph\u00e9nom\u00e8ne socio-discursif&nbsp;structur\u00e9 par les repr\u00e9sentations collectives. Le proc\u00e8s devient un&nbsp;v\u00e9ritable feuilleton m\u00e9diatique global, diffus\u00e9 en direct et rejou\u00e9 sur TikTok, YouTube, Twitter, Chaque geste, chaque d\u00e9claration des deux acteurs est&nbsp;scrut\u00e9e, comment\u00e9e, parodi\u00e9e et spectacularis\u00e9e. Il devient un&nbsp;lieu d\u2019exhibition de l\u2019intimit\u00e9, o\u00f9 les violences \u00e9voqu\u00e9es (physiques, sexuelles, psychologiques) sont instrumentalis\u00e9es \u00e0 guise de divertissement. Dans ce contexte, les internautes ne sont pas seulement des spectateurs\u00b7rices, mais&nbsp;des co-constructeurs\u00b7rices du r\u00e9cit. Le proc\u00e8s devient un&nbsp;tribunal socio-num\u00e9rique, o\u00f9 la v\u00e9rit\u00e9 judiciaire c\u00e8de le pas \u00e0 une v\u00e9rit\u00e9 per\u00e7ue, \u00e9motionnelle et partag\u00e9e. L\u2019analyse des donn\u00e9es montre une&nbsp;asym\u00e9trie radicale&nbsp;entre le soutien massif \u00e0 Johnny Depp et les voix soutenant Amber Heard. Cette h\u00e9g\u00e9monie num\u00e9rique m\u00e8ne \u00e0 une&nbsp;campagne de d\u00e9nigrement massive&nbsp;contre l\u2019actrice. Cette attaque est nourrie par des&nbsp;fake news, des vid\u00e9os et des parodies. Laura SANTONE nous invite \u00e0 penser la viralit\u00e9 au-del\u00e0 d\u2019un simple ph\u00e9nom\u00e8ne de propagation. Elle en souligne les&nbsp;enjeux soci\u00e9taux, symboliques et politiques. La viralit\u00e9 fa\u00e7onne les repr\u00e9sentations, impose des v\u00e9rit\u00e9s alternatives, con\u00e7ues comme ind\u00e9niables. La viralit\u00e9 est donc un&nbsp;dispositif d\u2019influence&nbsp;\u00e0 la fois fascinant et dangereux.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Fautes virales <\/em>(pp. A225-A237) est le titre de la treizi\u00e8me contribution, r\u00e9dig\u00e9e par Licia REGGIANI. La sp\u00e9cialiste explore un ph\u00e9nom\u00e8ne linguistique \u00e0 la fois ancien et contemporain\u00a0: la faute linguistique. La faute n\u2019est plus envisag\u00e9e comme un simple \u00e9cart par rapport \u00e0 la norme linguistique, mais elle est examin\u00e9e par l\u2019auteure comme un objet culturel et viral. REGGIANI examine le lien entre deux concepts principaux : la faute linguistique et la viralit\u00e9. Le c\u0153ur de son analyse repose sur la conviction que certaines fautes sont des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019imaginaire collectif et sont porteuses de viralit\u00e9. Elle r\u00e9fl\u00e9chit sur un lien affectif et id\u00e9ologique que les locuteurs\u00b7rices entretiennent avec leur langue. Dans la culture fran\u00e7aise, o\u00f9 la langue est traditionnellement per\u00e7ue comme un patrimoine sacr\u00e9, les fautes sont souvent stigmatis\u00e9es. Toutefois, certaines fautes se propagent au point de devenir embl\u00e9matiques et r\u00e9v\u00e9latrices de tensions sociales. \u00c0 travers de nombreux exemples, l\u2019auteure montre la mani\u00e8re dont certaines fautes acqui\u00e8rent une dimension virale. Parmi les plus c\u00e9l\u00e8bres, on trouve la phrase \u00ab Omar m\u2019a tuer \u00bb, inscrite sur un mur lors d\u2019un fait divers judiciaire. Cette faute a \u00e9t\u00e9 largement reprise, parodi\u00e9e et r\u00e9utilis\u00e9e dans de nombreux contextes. L\u2019\u00e9cho de la faute dans la culture populaire montre que la viralit\u00e9 n\u2019est pas engendr\u00e9e uniquement par une transgression grammaticale, mais elle poss\u00e8de une charge \u00e9motionnelle et sociale. Ainsi, la faute devient un miroir de l\u2019imaginaire collectif. De m\u00eame, l\u2019univers de la chanson fran\u00e7aise regorge de fautes devenues cultes, de Serge Gainsbourg \u00e0 Renaud, en passant par des titres plus r\u00e9cents. Le ph\u00e9nom\u00e8ne de la faute virale r\u00e9v\u00e8le la fa\u00e7on dont une soci\u00e9t\u00e9 pense sa langue, ses normes et son identit\u00e9 culturelle. La faute cesse d\u2019\u00eatre une simple inadvertance et devient un objet discursif puissant, un r\u00e9v\u00e9lateur de tensions sociales, un marqueur de r\u00e9sistance ou d\u2019appartenance culturelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la quatorzi\u00e8me contribution, <em>Viralit\u00e9 et r\u00e9sistance aux discours de haine <\/em>(pp. A238-A257), B\u00e9atrice TURPIN examine le ph\u00e9nom\u00e8ne de la viralit\u00e9 des messages appartenant au discours de haine et aux strat\u00e9gies d\u00e9ploy\u00e9es pour y r\u00e9sister. L\u2019auteure propose une r\u00e9flexion sur les m\u00e9canismes de propagation des contenus en ligne et leurs implications soci\u00e9tales. TURPIN souligne que l&#8217;av\u00e8nement des blogs et des r\u00e9seaux sociaux a profond\u00e9ment boulevers\u00e9 les dynamiques communicationnelles traditionnelles. La r\u00e9volution m\u00e9diatique a permis une d\u00e9mocratisation sans pr\u00e9c\u00e9dent de la parole publique. Cette mutation va de pair avec une acc\u00e9l\u00e9ration vertigineuse des processus de diffusion des contenus. Les \u00e9motions non contr\u00f4l\u00e9es engendrent, parfois, des contenus violents ou haineux qui connaissent une diffusion massive. TURPIN s\u2019interroge sur les strat\u00e9gies applicables pour r\u00e9sister aux discours de haine dans le domaine de la viralit\u00e9. Le d\u00e9veloppement du web et la simplicit\u00e9 du partage technologique \u00e0 grande \u00e9chelle sont un terrain fertile \u00e0 la prolif\u00e9ration de cette typologie de discours. TURPIN montre diff\u00e9rentes strat\u00e9gies de r\u00e9sistance \u00e0 la haine en ligne. Parmi celles-ci, la plus c\u00e9l\u00e8bre est la campagne \u00ab Non \u00e0 la haine \u00bb, initi\u00e9e par le Conseil de l&#8217;Europe en 2013. L\u2019auteure conclut sa contribution par un appel \u00e0 la r\u00e9flexion. TURPIN souligne que les m\u00e9canismes de propagation rapide peuvent \u00eatre utilis\u00e9s pour transformer le web en un lieu nettoy\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la quinzi\u00e8me contribution, intitul\u00e9e <em>\u00c9pid\u00e9mie de fake news. Figuration d&#8217;une viralit\u00e9 dysphorique <\/em>(pp. A258-A274), \u00c9lise SCH\u00dcRGERS propose une r\u00e9flexion fine et novatrice sur un ph\u00e9nom\u00e8ne au c\u0153ur de la modernit\u00e9 num\u00e9rique&nbsp;: la diffusion des <em>fake news<\/em>. L&#8217;auteure se concentre sur l\u2019imaginaire discursif qui entoure ce terme et ce ph\u00e9nom\u00e8ne m\u00e9diatique. Elle m\u00e8ne ses r\u00e9flexions \u00e0 l\u2019appui de deux notions cl\u00e9s : celle de \u00ab&nbsp;formule&nbsp;\u00bb \u2013 d\u00e9velopp\u00e9e par Alice Krieg-Planque \u2013 et celle de la viralit\u00e9 m\u00e9diatique. Selon Krieg-Planque, une formule est une expression stabilis\u00e9e qui se cristallise \u00e0 un moment donn\u00e9 de l\u2019histoire discursive publique. Le terme \u00ab <em>fake news<\/em> \u00bb devient une formule, une expression devenue omnipr\u00e9sente, avec une fr\u00e9quence substantielle. L\u2019auteure se concentre sur les m\u00e9taphores qui ont \u00e9t\u00e9 engendr\u00e9es par cette formule. Le premier ensemble m\u00e9taphorique que SCH\u00dcRGERS analyse repose sur l\u2019analogie entre la viralit\u00e9 des <em>fake news<\/em> et une \u00e9pid\u00e9mie biologique qui rend les <em>fake news<\/em> \u00e0 la fois omnipr\u00e9sentes et insaisissables. Le deuxi\u00e8me r\u00e9seau m\u00e9taphorique est celui de la guerre&nbsp;: les <em>fake news<\/em> ne sont pas seulement une maladie sociale mais elles sont des ennemis \u00e0 combattre. La troisi\u00e8me m\u00e9taphore identifi\u00e9e par SCHURGERS est celle du triomphe des <em>fake news<\/em>. L\u2019auteure conclut sa contribution en soulignant le r\u00f4le actif du discours m\u00e9diatique dans la construction de la perception du monde de chaque individu. La chercheuse invite le lectorat \u00e0 continuer \u00e0 mettre en discussion les contenus et \u00e0 traiter les informations par une approche critique.<\/p>\n\n\n\n<p>La seizi\u00e8me contribution est intitul\u00e9e <em>Le virus du racisme : ses formations discursives et son contrediscours dans la litt\u00e9rature issue de l\u2019immigration postcoloniale <\/em>(pp. A275-A288). Dans cet article, l\u2019auteure V\u00e9ronic ALGERI d\u00e9veloppe une&nbsp;m\u00e9taphore originale et puissante : celle du&nbsp;racisme envisag\u00e9 comme un virus. Tout comme un agent pathog\u00e8ne, le racisme circule, mute, s\u2019adapte, se reproduit dans la soci\u00e9t\u00e9 et infecte les discours publics et priv\u00e9s. Il se manifeste par des&nbsp;formules stigmatisantes&nbsp;qui v\u00e9hiculent des st\u00e9r\u00e9otypes. \u00c0 l\u2019instar d\u2019un virus, le racisme est&nbsp;profond\u00e9ment enracin\u00e9 dans l\u2019histoire coloniale&nbsp;fran\u00e7aise. Il se transmet \u00e0 travers des discours politiques, m\u00e9diatiques, institutionnels ou dans les interactions sociales ordinaires. &nbsp;L\u2019auteure analyse un corpus compos\u00e9 de romans postcoloniaux&nbsp;qui abordent le th\u00e8me du racisme.&nbsp;<em>D\u00e9sint\u00e9gration<\/em> de Ahmed Djouder d\u00e9tourne ironiquement le discours officiel sur l\u2019int\u00e9gration en le transformant en une narration sur la&nbsp;d\u00e9sint\u00e9gration sociale&nbsp;v\u00e9cue par les enfants d\u2019immigr\u00e9s. Fa\u00efza Gu\u00e8ne, dans&nbsp;<em>La Discr\u00e9tion<\/em>, adopte une&nbsp;\u00e9criture polyphonique et ironique&nbsp;qui met en lumi\u00e8re les m\u00e9canismes du racisme ordinaire, \u00e0 travers le personnage de Yamina, une femme \u00e2g\u00e9e d\u2019origine alg\u00e9rienne, qui sourit face aux pratiques racistes dont elle est victime. Dans&nbsp;<em>Un homme, \u00e7a ne pleure pas<\/em>, \u00e9crit par Fa\u00efza Gu\u00e8ne aussi, figure un passage o\u00f9 Miloud, personnage victime de racisme, est compar\u00e9 \u00e0 un chien. Face \u00e0 cette&nbsp;humiliation raciste, le personnage r\u00e9agit violemment. La litt\u00e9rature de l\u2019immigration postcoloniale, comme l\u2019affirme ALGERI, est&nbsp;un lieu de m\u00e9moire, mais aussi un lieu de r\u00e9action. Les \u00e9crivains\u00b7es prennent la parole non seulement pour raconter le racisme, mais aussi pour&nbsp;le combattre. La litt\u00e9rature devient ainsi un&nbsp;lieu de lutte, d\u2019\u00e9mancipation, un espace de cr\u00e9ation identitaire et un&nbsp;antidote discursif&nbsp;au racisme syst\u00e9mique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la dix-septi\u00e8me contribution, intitul\u00e9e \u00ab <em>Ok boomer \u00bb. Les d\u00e9rives d\u2019un m\u00e8me <\/em>(pp. A289-A300)<em>, <\/em>Brigitte BATTEL propose une \u00e9tude critique sur la diffusion du m\u00e8me \u00ab Ok Boomer\u00a0\u00bb. Ces deux mots, comme le montre BATTEL, se sont cristallis\u00e9s et charg\u00e9s d&#8217;une forte densit\u00e9 symbolique et discursive, jusqu\u2019\u00e0 devenir viraux. L\u2019expression se compose de \u00ab\u00a0OK\u00a0\u00bb, un marqueur d\u2019acquiescement, qui tire son origine de l\u2019anglais-am\u00e9ricain depuis le XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, et du mot \u00ab\u00a0Boomer\u00a0\u00bb, qui d\u00e9signe les membres du baby-boom \u00e9conomique d\u2019apr\u00e8s-guerre. Leur jonction voit le jour \u00e0 partir de novembre 2019, \u00e0 la suite d\u2019un \u00e9v\u00e9nement d\u00e9clencheur\u00a0: une vid\u00e9o sur TikTok qui reprend une s\u00e9ance du parlement n\u00e9oz\u00e9landais pendant laquelle la parlementaire Chlo\u00e9 Swarbrick, une millenniale, inflige un \u00ab ok boomer \u00bb \u00e0 un membre du Parlement qui a os\u00e9 interrompre son discours centr\u00e9 sur le d\u00e9veloppement durable. Cette expression, lors de sa diffusion, glisse vers des teintes pol\u00e9miques. Le \u00ab\u00a0boomer\u00a0\u00bb n\u2019est plus seulement un individu \u00e2g\u00e9. Il devient une figure embl\u00e9matique d\u2019un pass\u00e9 r\u00e9volu, inadapt\u00e9e au panorama social pr\u00e9sent. Derri\u00e8re les mots \u00ab Ok Boomer \u00bb se cache un imaginaire collectif impr\u00e9gn\u00e9 de m\u00e9fiance envers les \u00e9lites du pass\u00e9. L\u2019expression transmet un rejet d\u2019un mod\u00e8le de croissance socio-\u00e9conomique insoutenable pour le temps pr\u00e9sent. La formule condense une sorte de rupture historique, sociale, \u00e9cologique et \u00e9conomique. BATTEL nous rappelle que ces dynamiques discursives, m\u00eame si elles agissent \u00e0 travers un m\u00e8me, peuvent nourrir une violence verbale r\u00e9elle combl\u00e9e d\u2019\u00e2gisme, de discrimination et de haine sociale. Ce m\u00e8me, comme le souligne l\u2019auteure, r\u00e9v\u00e8le une profonde fracture g\u00e9n\u00e9rationnelle et la mutation profonde des imaginaires collectifs. Sous son apparence ludique, le m\u00e8me r\u00e9v\u00e8le des scissions profondes dans la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la dix-huiti\u00e8me contribution, intitul\u00e9e <em>D\u00e9tournements et viralit\u00e9 dans la campagne pr\u00e9sidentielle de Marine Le Pen de 2022 <\/em>(pp. A301-A316)<em>,<\/em> Alida Maria SILLETTI analyse la strat\u00e9gie de communication num\u00e9rique mise en \u0153uvre par Marine Le Pen lors de sa campagne pr\u00e9sidentielle de 2022. L\u2019\u00e9tude se concentre sur le contre-slogan \u00ab Sans Lui \u00bb, cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019encontre du slogan \u00ab Avec Vous \u00bb d\u2019Emmanuel Macron. Ce contre-slogan devient un \u00e9l\u00e9ment distinctif de sa campagne \u00e9lectorale dans les r\u00e9seaux sociaux, notamment sur Twitter. Le contre-slogan \u00ab Sans lui&nbsp;\u00bb constitue un d\u00e9tournement imm\u00e9diat et efficace du slogan \u00ab Avec vous \u00bb. Il s&#8217;agit, comme le souligne SILLETTI, d\u2019une op\u00e9ration discursive subtile : en utilisant le pronom \u00ab&nbsp;lui&nbsp;\u00bb, Marine Le Pen rend la cible \u00e9vidente (Emmanuel Macron), tout en sugg\u00e9rant son alternative politique. Ce slogan devient ainsi une \u00ab&nbsp;formule&nbsp;\u00bb m\u00e9morisable et potentiellement pol\u00e9mique, caract\u00e9ris\u00e9 par l&#8217;usage du pr\u00e9fixe n\u00e9gatif \u00ab sans \u00bb, qui accentue le rejet et l\u2019exclusion \u00e0 l\u2019encontre d\u2019E. Macron. L\u2019auteure rappelle que la viralit\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux d\u00e9pend non seulement de la quantit\u00e9 de partages, mais aussi de la capacit\u00e9 d\u2019un contenu de susciter une r\u00e9action \u00e9motionnelle rapide et massive. Twitter, gr\u00e2ce \u00e0 sa structure, favorise la propagation instantan\u00e9e d\u2019\u00e9nonc\u00e9s brefs et tranchants du point de vue \u00e9motionnel. L\u2019auteure qualifie ce type de propagande de discours de haine dissimul\u00e9e et v\u00e9hicul\u00e9e par la moquerie, la d\u00e9valorisation implicite et le sarcasme. Dans sa conclusion, SILLETTI souligne que la campagne num\u00e9rique de Marine Le Pen autour de son contre-slogan est un exemple embl\u00e9matique d\u2019une utilisation strat\u00e9gique des r\u00e9seaux sociaux. Ce type de strat\u00e9gie exploite une charge \u00e9motive faite de col\u00e8re, peur et haine, qui a un impact important sur le public concern\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re contribution s\u2019intitule<em> Paul Biya fait dire qu\u2019il est vivant : histoire m\u00e9diatique d\u2019un revenant <\/em>(pp. A317-A337). Valentina TARQUINI propose une analyse socio-discursive tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9e de la circulation des rumeurs concernant la pr\u00e9tendue mort de Paul Biya, pr\u00e9sident du Cameroun en fonction depuis 1982.&nbsp; Dans l\u2019introduction, TARQUINI souligne que la rumeur sur la sant\u00e9 de Biya, apparue d\u00e8s les ann\u00e9es 1990, refait surface en mars 2020, pendant la pand\u00e9mie de Covid-19. Les autres dirigeants\u00b7es multiplient les apparitions publiques, mais Biya adopte une strat\u00e9gie de silence. Les absences r\u00e9p\u00e9t\u00e9es du pr\u00e9sident renforcent la d\u00e9fiance populaire. Ce contexte \u00e9pineux est un facilitateur pour la diffusion des rumeurs. L\u2019image d\u2019un pr\u00e9sident intouchable et loin des probl\u00e8mes de la population se renforce. La rumeur appara\u00eet alors comme une contre-offensive discursive, une possibilit\u00e9 du corps social de r\u00e9sister symboliquement \u00e0 un pouvoir devenu inaccessible. TARQUINI montre donc que la rumeur dans l\u2019univers num\u00e9rique n&#8217;est pas une simple information fausse mais un ph\u00e9nom\u00e8ne social complexe. \u00c0 travers l\u2019anonymat, les rumeurs circulent librement, \u00e9chappant au contr\u00f4le de l&#8217;\u00c9tat et des m\u00e9dias officiels. La force de la rumeur, comme le souligne TARQUINI, r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 \u00e0 produire un effet performatif d\u2019objection sociale. La circulation massive de la rumeur devient un acte politique en soi : elle met en lumi\u00e8re des crises et des ruptures sociales. L\u2019auteure montre que la viralit\u00e9 peut jouer le r\u00f4le de moyen de r\u00e9sistance collective.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la <em>Postface <\/em>(pp. A338-A347), Sophie MOIRAND propose une r\u00e9flexion fondamentale sur la viralit\u00e9 comme ph\u00e9nom\u00e8ne discursif complexe. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne se place \u00e0 la crois\u00e9e de l&#8217;analyse du discours, de la s\u00e9miotique, des sciences sociales et du domaine num\u00e9rique. L\u2019auteure affirme que la viralit\u00e9 existe en fonction des discours qui la fa\u00e7onnent. Parler de viralit\u00e9, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 construire discursivement la viralit\u00e9. Une simple observation de la propagation des contenus n\u2019est pas suffisante. Il faudrait saisir les processus et les m\u00e9canismes qui font exister la viralit\u00e9 en tant que ph\u00e9nom\u00e8ne social. MOIRAND met en \u00e9vidence de diff\u00e9rentes formes de viralit\u00e9\u00a0: une viralit\u00e9 intentionnelle, utilis\u00e9e de mani\u00e8re strat\u00e9gique par des collectifs militants et engag\u00e9s\u00a0; une viralit\u00e9 impr\u00e9visible, qui \u00e9chappe aux intentions humaines et qui se configure comme un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9mergent, contingent et al\u00e9atoire\u00a0; une viralit\u00e9 exponentielle qui touche le monde des c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s. MOIRAND souligne l\u2019extr\u00eame diversit\u00e9 des mat\u00e9riaux \u00e9tudi\u00e9s en pr\u00e9sentant des exemples qui vont des <em>hashtags <\/em>aux <em>fake news<\/em>, des m\u00e8mes et des rumeurs en passant par les proverbes et les vid\u00e9os \u00e9cologiques. Il \u00e9merge que la viralit\u00e9 est non seulement un m\u00e9canisme de diffusion, mais surtout un miroir de tensions soci\u00e9tales contemporaines et un levier de transformations culturelles. \u00c9tudier la viralit\u00e9, donc, c\u2019est enqu\u00eater le monde contemporain dans sa complexit\u00e9, afin de saisir ses contradictions et ses espoirs. MOIRAND conclut sa postface par un appel\u00a0: essayer toujours de renouveler les m\u00e9thodes de recherche et ne pas sous-estimer la complexit\u00e9 de ce ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>[Giuseppe A. PAPAGNI]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Licia REGGIANI, Laura SANTONE (\u00e9ds.), M\u00e9dias et Viralit\u00e9, in Mediazioni, Rivista online di studi interdisciplinari su lingue e culture, n\u00b0 44, 2024, pp. 347. Le num\u00e9ro th\u00e9matique M\u00e9dias et Viralit\u00e9 de la revue \u00e9lectronique Mediazioni, Rivista online di studi interdisciplinari su lingue e culture r\u00e9unit plusieurs contributions qui analysent le concept de \u00ab\u00a0viralit\u00e9\u00a0\u00bb dans le\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2025\/06\/13\/licia-reggiani-laura-santone-eds-medias-et-viralite\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[49],"tags":[],"class_list":["post-1317","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n55"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1317"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1317"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1317\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1344,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1317\/revisions\/1344"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1317"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1317"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1317"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}