{"id":1315,"date":"2025-06-13T18:50:30","date_gmt":"2025-06-13T16:50:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=1315"},"modified":"2025-06-21T22:23:57","modified_gmt":"2025-06-21T20:23:57","slug":"florence-lefeuvre-dejan-stosic-et-daciana-vlad-eds-manieres-de-dire-de-la-predication-a-la-construction-hommage-a-estelle-moline","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2025\/06\/13\/florence-lefeuvre-dejan-stosic-et-daciana-vlad-eds-manieres-de-dire-de-la-predication-a-la-construction-hommage-a-estelle-moline\/","title":{"rendered":"Florence LEFEUVRE, Dejan STOSIC et Daciana VLAD (\u00e9ds.), Mani\u00e8res de dire : de la pr\u00e9dication \u00e0 la construction. Hommage \u00e0 Estelle Moline"},"content":{"rendered":"\n<p>Florence Lefeuvre, Dejan Stosic et Daciana Vlad (\u00e9ds.), <em>Mani\u00e8res de dire : de la pr\u00e9dication \u00e0 la construction. Hommage \u00e0 Estelle Moline<\/em>, <em>Studii de lingvistic\u0103<\/em>, num\u00e9ro14-1\/2024, pp. 223<\/p>\n\n\n\n<p>Le num\u00e9ro 14-1 (2024) de la revue <em>Studii de lingvistic\u0103<\/em>, intitul\u00e9 <em>Mani\u00e8res de dire : de la pr\u00e9dication \u00e0 la construction<\/em>, se veut un hommage posthume rendu \u00e0 la linguiste Estelle Moline pour sa contribution dans le domaine de la linguistique fran\u00e7aise. En effet, il r\u00e9unit des \u00e9tudes organis\u00e9es selon un axe chronologique qui suit les centres d\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019Estelle Moline. En plus, ce n\u2019est pas par hasard que ce num\u00e9ro de la revue <em>Studii de lingvistic\u0103<\/em> lui est consacr\u00e9, car elle est l\u2019une des cofondatrices de la revue, lors d\u2019un de ses s\u00e9jours \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Oradea de Roumanie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le volume est organis\u00e9 en quatre volets compl\u00e9mentaires&nbsp;: les mots en <em>que <\/em>et le mot <em>comment<\/em>, les adverbes et les compl\u00e9ments de mani\u00e8re, les noms g\u00e9n\u00e9raux et l\u2019anaphore, la pr\u00e9dication et les modalit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Un premier volet, faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la recherche doctorale d\u2019Estelle Moline consacr\u00e9e aux mots en <em>que <\/em>ou au mot <em>comment<\/em>, en tant qu\u2019usage non standard d\u2019exclamatif ou comme expression de la mani\u00e8re, r\u00e9unit trois articles. Le premier article est celui d\u2019Anne Dagnac (<em>Variations en C : Esp\u00e8ces de <\/em>que<em> dans l\u2019espace gallo-roman<\/em>) qui propose une vision descriptive et classificatoire sur certaines occurrences de <em>que<\/em> dans l\u2019<em>Atlas Linguistique de la France <\/em>et dans quelques sources gallo-romanes, afin de mettre en \u00e9vidence ses valeurs in\u00e9dites: interrogatives partielles directes, exclamatives indirectes, relatives en <em>o\u00f9<\/em>, temporelles en <em>quand<\/em>, hypoth\u00e9tiques en <em>si<\/em>. Dans la derni\u00e8re partie, l\u2019article prend aussi en consid\u00e9ration le cas particulier du gascon et du picard.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le deuxi\u00e8me article, Florence Lefeuvre (<em>La structure <\/em>comment que P<em> \u00e0 l\u2019oral spontan\u00e9 et repr\u00e9sent\u00e9<\/em>) fait une analyse de la structure <em>comment que P<\/em> dans des corpus d\u2019oral spontan\u00e9 en langue d\u2019o\u00efl afin de v\u00e9rifier son emploi dans les interrogatives, notamment indirectes, et dans les exclamatives directes.\u00a0 Suite \u00e0 la comparaison de plusieurs corpus oraux, la conclusion qui s\u2019en d\u00e9gage est que son emploi est en d\u00e9clin en France par rapport au <em>Corpus de Fran\u00e7ais Parl\u00e9 Qu\u00e9b\u00e9cois<\/em>, o\u00f9 il para\u00eet plus vivant.<\/p>\n\n\n\n<p>Ga\u00e9tane Dostie (Comment<em> et l\u2019expression de la quantit\u00e9 en fran\u00e7ais qu\u00e9b\u00e9cois de tous les jours<\/em>. Je me demande comment \u00e7a co\u00fbte, comment il y a de neige, \u00e7a fait comment de temps), apporte une autre perspective d\u2019analyse avec l\u2019\u00e9tude de l\u2019emploi quantitatif de <em>comment<\/em> aupr\u00e8s des verbes tels que <em>co\u00fbter<\/em> dans le <em>Corpus de fran\u00e7ais parl\u00e9 au Qu\u00e9bec<\/em> (CFPQ). M\u00eame si le sens prototypique de <em>comment<\/em> est li\u00e9 \u00e0 la mani\u00e8re, l\u2019auteur identifie deux sens p\u00e9riph\u00e9riques&nbsp;: un <em>comment<\/em> quantitatif et un <em>comment<\/em> intensif, avec un certain recul du <em>comment<\/em> quantitatif au-del\u00e0 de son maintien dans le paradigme lexical p\u00e9cuniaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me volet r\u00e9unit trois articles d\u00e9di\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tude des adverbes et des compl\u00e9ments de mani\u00e8re. Prenant comme point de d\u00e9part l\u2019analyse des compl\u00e9ments de mani\u00e8re aupr\u00e8s de quatre classes de verbes (\u00e9tats, activit\u00e9s, accomplissements et ach\u00e8vements) dans le roman <em>\u00c9toile errante<\/em> de Le Cl\u00e9zio, l\u2019article de DejanStosic (<em>Modification des pr\u00e9dicats d\u2019ach\u00e8vements par les compl\u00e9ments de mani\u00e8re<\/em>) r\u00e9v\u00e8le que les compl\u00e9ments de mani\u00e8re se combinent r\u00e9guli\u00e8rement avec les verbes d\u2019activit\u00e9, mais aussi avec les verbes d\u2019ach\u00e8vement. Dans ce contexte, l\u2019auteur souligne la n\u00e9cessit\u00e9 de mener des analyses statistiques pour \u00e9tablir des corr\u00e9lations entre les quatre classes de verbes et la modification par la mani\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article de Cyril Aslanov (<em>Adverbes, adverbiaux et coverbes : pour compl\u00e9ter une r\u00e9flexion commenc\u00e9e avec Estelle Moline<\/em>) propose une \u00e9tude diachronique et philologique de la cat\u00e9gorie de l\u2019adverbe dans une perspective typologique dans le cas des langues s\u00e9mitiques au contact avec les langues indo-europ\u00e9ennes. &nbsp;L\u2019auteur privil\u00e9gie la question des coverbes du point de vue morphologique et syntaxique, s\u2019int\u00e9ressant \u00e9galement \u00e0 la distinction <em>adverbes<\/em> et <em>pr\u00e9positions<\/em> (dans le cas des langues finno-ougriennes). Sa conclusion lance une question ouverte concernant son statut de partie du discours&nbsp;: \u00ab&nbsp;la cat\u00e9gorie de l\u2019adverbe transcende souvent les fronti\u00e8res entre les parties du discours et m\u00eame entre les langues au point qu\u2019on est tent\u00e9 de se demander si l\u2019adverbe est vraiment une partie du discours&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Thierry Ruchot (<em>L\u2019absence et la compensation : <\/em>en l\u2019absence de, faute de, \u00e0 d\u00e9faut de, par manque de) fait une analyse des pr\u00e9positions complexes reli\u00e9es s\u00e9mantiquement par la notion d\u2019absence d\u2019une entit\u00e9 ou d\u2019un \u00e9v\u00e9nement (<em>en l\u2019absence de, faute de, \u00e0 d\u00e9faut de, par manque de<\/em>) par la prise en compte de param\u00e8tres s\u00e9mantiques (la s\u00e9mantique des noms r\u00e9gis, leurs possibilit\u00e9s aspectuelles, leur d\u00e9notation, l\u2019utilisation ou non de d\u00e9terminants et le statut r\u00e9f\u00e9rentiel du compl\u00e9ment) ou prosodiques (la position de ces pr\u00e9positions). \u00c0 la fin de son article, l\u2019auteur \u00e9bauche les pistes futures de d\u00e9veloppement de ce sujet, telles que la combinatoire et les facteurs conditionnant l\u2019usage des pr\u00e9positions complexes, auxquels s\u2019ajoute une \u00e9tude diachronique de leur \u00e9volution.<\/p>\n\n\n\n<p>Un troisi\u00e8me volet s\u2019int\u00e9resse aux noms g\u00e9n\u00e9raux, th\u00e9matique examin\u00e9e par Estelle Moline dans ses derni\u00e8res recherches notamment avec le mot <em>truc<\/em> (Moline 2021) et la typologie du mot <em>chose<\/em>. L\u2019article de Silvia Adler et Il-Il Yatziv-Malibert (<em>En savoir des choses : une \u00e9tude de davar \u2018chose\u2019 dans un corpus d\u2019h\u00e9breu parl\u00e9<\/em>) propose une analyse syntaxique et s\u00e9mantico-r\u00e9f\u00e9rentielle du nom <em>davar<\/em> (\u00ab&nbsp;chose&nbsp;\u00bb en h\u00e9breu) dans un corpus d\u2019h\u00e9breu parl\u00e9 recens\u00e9 dans les corpus suivants&nbsp;: <em>CoSIH, Corpus of Spoken Israeli Hebrew<\/em>. La conclusion met en \u00e9vidence son r\u00f4le massif dans la structuration du discours (ant\u00e9c\u00e9dent \u00e0 des constructions relatives, support d\u2019une construction infinitive, terme de nombreuses expressions fig\u00e9es, positives comme n\u00e9gatives), ce qui le rapproche de ses homologues fran\u00e7ais, anglais, espagnol, italien et portugais.<\/p>\n\n\n\n<p>Mathilde Salles (<em>Noms g\u00e9n\u00e9raux et anaphore : une histoire de parties et de membres<\/em>) examine les possibilit\u00e9s anaphoriques des noms g\u00e9n\u00e9raux, analysant les particularit\u00e9s de <em>partie<\/em> et <em>membre<\/em> dans deux types d\u2019anaphores&nbsp;: les anaphores associatives fond\u00e9es sur une relation partie-tout ou sur une relation membre-collection.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux derniers articles portent sur la pr\u00e9dication et plus pr\u00e9cis\u00e9ment sur les modalit\u00e9s. \u00c0 partir d\u2019\u00e9nonc\u00e9s attest\u00e9s dans la presse, V\u00e9ronique Lenepveu (<em>L\u2019expression<\/em> il est \u00e9vident que (p) <em>comme marqueur de<\/em> \u00absubjectivit\u00e9 impersonnelle\u00bb) s\u2019int\u00e9resse aux conditions d\u2019emploi de la forme <em>il est \u00e9vident que p<\/em> qui exprime une modalit\u00e9 subjective \u00abimpersonnelle\u00bb. En effet, \u00e0 l\u2019indicatif pr\u00e9sent, elle exprime deux valeurs&nbsp;: l\u2019implicativit\u00e9 (par d\u00e9faut, <em>il est \u00e9vident que p implique p<\/em>) et la non-r\u00e9versibilit\u00e9 de l\u2019implication (<em>p n\u2019implique pas il est \u00e9vident que p<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Inscrit dans le cadre de la Th\u00e9orie des Op\u00e9rations Enonciatives, l\u2019article d\u2019Eric Gilbert (<em>Autour de quelques valeurs de <\/em>be to<em> en anglais contemporain<\/em>) prend en consid\u00e9ration deux op\u00e9rations distinctes&nbsp;qui construisent le sens de cet ensemble&nbsp;: le verbe <em>be<\/em> et <em>to<\/em>&#8211; son arri\u00e8re-plan. Mais chacune d\u2019elles peut \u00eatre activ\u00e9e s\u00e9par\u00e9ment selon les caract\u00e9ristiques modales de l\u2019apodose. Cela illustre un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9crit par l\u2019auteur dans les termes suivants&nbsp;: \u00ab&nbsp;la combinaison garde une m\u00e9moire de ses constituants, qu\u2019elle est susceptible de d\u00e9ployer dans certains environnements contextuels&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la fin de ce parcours, il appert que ce volume illustre les \u00abmani\u00e8res de dire\u00a0\u00bb, \u00e0 partir de la pr\u00e9dication vers des constructions syntaxiques couvrant diff\u00e9rents emplois contextuels dans le fran\u00e7ais standard, dialectal, le fran\u00e7ais qu\u00e9b\u00e9cois, l\u2019h\u00e9breu parl\u00e9 aussi bien en synchronie qu\u2019en diachronie. Cette richesse de perspectives d\u2019analyse se constitue alors comme une invitation lanc\u00e9e aux lecteurs pour des \u00e9tudes contrastives ou comparatives dans plusieurs langues en contact avec la langue fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>[Daniela Dinc\u0103]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Florence Lefeuvre, Dejan Stosic et Daciana Vlad (\u00e9ds.), Mani\u00e8res de dire : de la pr\u00e9dication \u00e0 la construction. 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