{"id":1234,"date":"2025-02-05T12:03:43","date_gmt":"2025-02-05T11:03:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=1234"},"modified":"2025-03-01T15:59:07","modified_gmt":"2025-03-01T14:59:07","slug":"giovanni-dotoli-salah-mejri-bechir-ouerhani-jia-zhao-lichao-zhu-eds-dictionnaire-et-patrimoine-les-discours-du-dictionnaire-et-les-dictionnaires-du-discours","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2025\/02\/05\/giovanni-dotoli-salah-mejri-bechir-ouerhani-jia-zhao-lichao-zhu-eds-dictionnaire-et-patrimoine-les-discours-du-dictionnaire-et-les-dictionnaires-du-discours\/","title":{"rendered":"Giovanni DOTOLI, Salah MEJRI, B\u00e9chir OUERHANI, Jia ZHAO, Lichao ZHU (\u00e9ds), Dictionnaire et patrimoine. Les discours du dictionnaire et les dictionnaires du discours"},"content":{"rendered":"\n<p>Giovanni DOTOLI, Salah MEJRI, B\u00e9chir OUERHANI, Jia ZHAO, Lichao ZHU (\u00e9ds), Dictionnaire et patrimoine. Les discours du dictionnaire et les dictionnaires du discours, <em>Les Cahiers du dictionnaire<\/em>, n\u00b015, Classiques Garnier, 2023, pp. 404.<\/p>\n\n\n\n<p>Les contributions r\u00e9unies dans ce volume sont articul\u00e9es en trois sections. La premi\u00e8re aborde les relations entre \u00ab&nbsp;Dictionnaire et patrimoine&nbsp;\u00bb. La contribution de G. Dotoli (\u00ab&nbsp;Classer la langue. De l\u2019invention classificatoire au dictionnaire&nbsp;\u00bb, pp. 13-31) revient sur les \u00e9tapes principales de la naissance des dictionnaires. Il rappelle l\u2019id\u00e9e qui est \u00e0 la base de la naissance du dictionnaire, \u00e0 savoir la n\u00e9cessit\u00e9 que l\u2019homme ressent de classer les id\u00e9es pour combattre l\u2019 \u00ab&nbsp;horreur du vide&nbsp;\u00bb (p.13). La lexicographie na\u00eet en tant que \u00ab&nbsp;lexicographie pragmatique&nbsp;\u00bb (p.14)&nbsp;: confront\u00e9 \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de communiquer avec des peuples diff\u00e9rents, l\u2019exigence de cataloguer la langue est primordiale \u00e0 tel point que les premi\u00e8res inscriptions sur les tables sum\u00e9riennes sont d\u00e9j\u00e0 en deux langues. Les glossaires augmentent chez les Grecs et les Romains et connaissent un v\u00e9ritable \u00e9panouissement au Moyen-\u00c2ge tant et si bien que Alain Rey introduit le n\u00e9ologisme <em>glossographie<\/em> pour cette p\u00e9riode (p.21). Au fur et \u00e0 mesure les recherches s\u2019affinent et les premiers discours sur la langue apparaissent. Au si\u00e8cle suivant, on assiste \u00e0 la cons\u00e9cration de la langue fran\u00e7aise, soutenue et prot\u00e9g\u00e9e par les dictionnaires. Ce long parcours a le m\u00e9rite de souligner que le besoin de classer la langue sert non pas \u00e0 fixer la langue mais \u00e0 en montrer les mouvements, qui s\u2019accordent \u00e0 l\u2019unisson aux transformations sociales.<\/p>\n\n\n\n<p>La plupart des contributions qui suivent s\u2019inscrivent dans le contexte arabe. La r\u00e9flexion de B\u00e9chir Ouerhani (\u00ab&nbsp;La tradition lexicographique arabe&nbsp;\u00bb pp.33-62) pr\u00e9sente une synth\u00e8se de la tradition lexicographique arabe, \u00e0 partir de ses d\u00e9buts jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque contemporaine (p.33). Apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 que les disciplines li\u00e9es \u00e0 la linguistique sont n\u00e9es pour l\u2019ex\u00e9g\u00e8se du Coran, Ouerhani souligne que la production lexicographique arabe s\u2019inscrit dans la transition de la soci\u00e9t\u00e9 arabe de l\u2019oral \u00e0 l\u2019\u00e9crit, \u00e9v\u00e8nement qui a impos\u00e9 la fixation \u00e0 l\u2019\u00e9crit de discours oraux et la collecte de donn\u00e9es lexicales \u00e0 partir d\u2019usagers des tribus b\u00e9douines (leur langue \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9e comme la plus prestigieuse). De fa\u00e7on progressive, on assiste \u00e0 l\u2019apparition de glossaires th\u00e9matiques et d\u2019ouvrages de langue g\u00e9n\u00e9rale&nbsp;: ceux-ci sont ensuite d\u00e9crits \u00e0 partir de la cat\u00e9gorie d\u2019appartenance (dictionnaires de langue g\u00e9n\u00e9rale, encyclop\u00e9diques, dictionnaires de langue th\u00e9matiques). Ouerhani expose ensuite les crit\u00e8res qui sont \u00e0 la base de la macrostructure et de la microstructure de ces ouvrages et termine sa contribution en soulignant les relations de continuit\u00e9 et en m\u00eame temps l\u2019innovation n\u00e9cessaire de la lexicographie moderne et contemporaine. Il conclut avec l\u2019exhortation \u00e0 un renouvellement m\u00e9thodologique essentiel pour l\u2019avanc\u00e9e de la lexicographie arabe.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la r\u00e9flexion suivante (\u00ab\u00a0\u2018At-ta<strong>\u03c2\u015f<\/strong>r\u012bf\u0101tu de al-\u01b7ur\u0292\u0101n\u012b\u2019, un dictionnaire atypique de la tradition lexicologique arabe\u00a0\u00bb, pp.63- 81), N\u00e9ji Kouki pr\u00e9sente un dictionnaire consid\u00e9r\u00e9 comme atypique dans la tradition lexicographique arabe. Sur le plan m\u00e9thodologique, contrairement \u00e0 la lexicographie arabe qui s\u2019appuie sur le caract\u00e8re d\u00e9rivationnel de la langue arabe, Al-zurzani adopte au contraire l\u2019ordre alphab\u00e9tique. Sur le plan du contenu, ce dictionnaire couvre des domaines disparates (la logique, la philosophie, les math\u00e9matiques, la g\u00e9om\u00e9trie, l\u2019astronomie, la biologie, la grammaire, la morphologie, la m\u00e9trique, la rh\u00e9torique, le discours) et rentre, de ce fait, dans la cat\u00e9gorie des dictionnaires encyclop\u00e9diques, qui contiennent la \u00ab\u00a0somme des connaissances et de la culture arabo-musulmane jusqu\u2019\u00e0 la date de son \u00e9laboration\u00a0\u00bb (p.79).<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite la contribution de Fredj Lahouar, (\u00ab&nbsp;Dictionnaire \u00e9rotique arabe&nbsp;\u00bb, pp. 83-94), d\u00e9crit un projet men\u00e9 par lui-m\u00eame et par B\u00e9chir Ouerhani consistant \u00e0 r\u00e9diger un dictionnaire \u00e9rotique unilingue (arabe \u2013 arabe) et bilingue (arabe \u2013 fran\u00e7ais). Apr\u00e8s avoir d\u00e9crit l\u2019\u00e9tat des lieux, caract\u00e9ris\u00e9 par l\u2019absence de cette typologie d\u2019ouvrage lexicographique, l\u2019auteur d\u00e9crit les sources (litt\u00e9raires, po\u00e9tiques, litt\u00e9raires d\u2019orientation rh\u00e9torique) \u00e0 partir desquelles le corpus \u00e9rotologique a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les auteurs de la contribution suivante \u2013 Thouraya Ben Anor et Monia Bouali (\u00ab&nbsp;Le dictionnaire bilingue de Daniel Reig&nbsp;\u00bb, pp.95-106) \u2013 d\u00e9crivent le dictionnaire bilingue de Daniel Reig, ouvrage dont la caract\u00e9ristique consiste \u00e0 ne pas respecter la sym\u00e9trie entre les deux langues et \u00e0 avoir privil\u00e9gi\u00e9 le volet arabe-fran\u00e7ais, trait important pour les traducteurs et les usagers ma\u00eetrisant la langue fran\u00e7aise. Le dictionnaire de Reig, r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 partir des manuels scolaires, de la presse quotidienne et hebdomadaire et de la litt\u00e9rature contemporaine au dictionnaire lui-m\u00eame, est ouvert aussi \u00e0 l\u2019arabe dialectal.<\/p>\n\n\n\n<p>B\u00e9chir Ouerhani et Dhouha Lajmi (\u00ab&nbsp;Le dictionnaire bilingue de Biberstein Kazimirski et patrimoine&nbsp;\u00bb, pp.107-124) pr\u00e9sentent le dictionnaire de Kazimirski et insistent tout particuli\u00e8rement sur \u00ab&nbsp;le rapport entre le patrimoine et l\u2019\u0153uvre dictionnairique&nbsp;\u00bb (p. 107). Apr\u00e8s avoir d\u00e9crit la structure de l\u2019ouvrage, par le biais de l\u2019analyse de proverbes, s\u00e9quences fig\u00e9es et pragmat\u00e8mes, les auteurs prouvent que le dictionnaire \u00ab&nbsp;repr\u00e9sente le reflet d\u2019une m\u00e9moire collective&nbsp;\u00bb (p.114). L\u2019\u00e9tude des citations, des exemples, du syst\u00e8me de renvois et du marquage lexicographique permet de faire \u00e9merger l\u2019importance du patrimoine linguistique et culturel.<\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Abdetallif Chekir \u00e9tudie \u00ab&nbsp;Le calque dans les dictionnaires fran\u00e7ais et arabes&nbsp;\u00bb (pp.125-135) dans un corpus de dictionnaires fran\u00e7ais (<em>Le Petit Robert<\/em> 2013, <em>Le Grand Larousse illustr\u00e9<\/em> 2018, <em>Le Lexis<\/em> 2009), dans un dictionnaire arabe (<em>Dictionnaire de la langue arabe moderne<\/em>, 2008) et dans quelques dictionnaires bilingues. Apr\u00e8s \u00eatre revenu sur l\u2019importance du calque, ph\u00e9nom\u00e8ne marginalis\u00e9 en linguistique \u00e0 cause des puristes, Chekir souligne que les calques sont rarement indiqu\u00e9s dans les dictionnaires, ceux-ci accordant leur pr\u00e9f\u00e9rence aux emprunts.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir du constat que le dictionnaire bilingue est un espace de contact entre langue et culture, Anissa Zrigue et Pawel Golda (\u00ab&nbsp;Dictionnaires bilingues, patrimoine culturel et enseignement du fran\u00e7ais&nbsp;\u00bb pp.137-152) r\u00e9fl\u00e9chissent au r\u00f4le de ce type de dictionnaire dans l\u2019enseignement-apprentissage des langues \u00e9trang\u00e8res et se proposent d\u2019approfondir trois pistes de recherche. La premi\u00e8re met l\u2019accent sur le r\u00f4le incontournable de la culture dans la didactique des langues \u00e9trang\u00e8res&nbsp;; la deuxi\u00e8me concerne le traitement de la dimension culturelle, trop souvent r\u00e9duite \u00e0 une simple traduction dans les dictionnaires bilingues et la derni\u00e8re approfondit l\u2019emploi des bilingues dans une classe de FLE.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 son tour, Danguol\u00e9 Melnilien\u00e9 \u00ab\u00a0L\u2019aventure lexicographique du lex\u00e8me \u00ab\u00a0patrimoine\u00a0\u00bb dans les dictionnaires fran\u00e7ais\u00a0\u00bb (pp.153-165) se propose de suivre le parcours lexicographique du lex\u00e8me <em>patrimoine<\/em> selon une approche diachronique (XVI\u00e8me, XXI\u00e8me si\u00e8cle), ce qui lui permet en m\u00eame temps de constater une \u00e9volution importante mais aussi des vides autour du marquage s\u00e9mantique de ce mot.<\/p>\n\n\n\n<p>Imen Mizouri et Angelo Sampaio s\u2019int\u00e9ressent aux \u00ab&nbsp;(Les) emprunts autochtones dans les dictionnaires contemporains&nbsp;\u00bb (pp.167-193) dans le contexte tunisien. Le point de d\u00e9part de leur r\u00e9flexion s\u2019inscrit \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 d\u2019une conception fixiste de la langue. Au contraire, les deux chercheurs embrassent une conception polylectale qui s\u2019appuie sur la variation comme principe structurant. L\u2019\u00e9tude de l\u2019arabe et du portugais br\u00e9silien permettent de relever que ces deux langues sont tr\u00e8s marqu\u00e9es par les emprunts aux langues autochtones.<\/p>\n\n\n\n<p>La cl\u00f4ture de cette premi\u00e8re section est confi\u00e9e \u00e0 Mariadomenica Lo Nostro qui approfondit la question du \u00ab\u00a0(Le) dictionnaire, un patrimoine partag\u00e9 (\u00e0 pr\u00e9server)\u00a0?\u00a0\u00bb (pp.195-209). L\u2019auteure insiste sur la port\u00e9e culturelle des outils lexicographiques et regrette que, parfois, celle-ci ne soit pas mise en valeur. Finalement, elle souhaite que les progr\u00e8s informatiques permettent d\u2019envisager un dictionnaire bilingue en ligne \u00ab\u00a0diachroniquement comparatif\u00a0\u00bb (p.209).<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me partie de l\u2019ouvrage (Les discours du dictionnaire et les dictionnaires du discours) commence avec la contribution de Jia Zhao (\u00ab&nbsp;Roman-dictionnaire. Un m\u00e9tadiscours sur le dictionnaire, le langage et la fiction&nbsp;: l\u2019exemple du <em>Dictionnaire du Pont aux chevaux<\/em> de Han Shaogong&nbsp;\u00bb, pp. 213-226) qui explore le genre du roman-dictionnaire en analysant un ouvrage qui, sans respecter les codes lexicographiques, imite le dictionnaire. Celui-ci fait, pourtant, l\u2019objet d\u2019une parodie. L\u2019ouvrage d\u00e9fend, en effet, un usage personnel et non codifi\u00e9 de la langue et conteste l\u2019autorit\u00e9 du dictionnaire bas\u00e9e sur \u00ab&nbsp;le pouvoir de nomination&nbsp;\u00bb (p.225).<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite G. Dotoli (\u00ab\u00a0Le dictionnaire ou le discours sur la langue\u00a0\u00bb, pp. 227-236) reparcourt le discours sur la langue contenu dans les dictionnaires selon la perspective d\u2019Alain Rey qui manifeste une ouverture de plus en plus marqu\u00e9e aux discours dans les dictionnaires. Autrement dit, d\u2019apr\u00e8s Rey, les dictionnaires d\u00e9passent l\u2019id\u00e9e de correspondance entre mots et choses, ils s\u2019ouvrent aux discours et deviennent, de la sorte, interdiscursifs. Bien \u00e9videmment, il s\u2019agira souvent de discours autonymique (Rey-Debove 2019).<\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Mengyang Yu d\u00e9place son regard vers un objet de recherche diff\u00e9rent, \u00e0 savoir la langue oroqenne (\u00ab&nbsp;La compilation du dictionnaire des langues en danger sans \u00e9criture. Le cas de l\u2019oroqen&nbsp;\u00bb, pp. 237-247). Langue \u00e0 tradition orale, sans \u00e9criture, l\u2019oroqen est parl\u00e9 en Sib\u00e9rie orientale par un petit groupe de personnes. L\u2019auteur d\u00e9crit les deux ouvrages de nature descriptive qui existent pour cette langue mais souhaite cr\u00e9er un dictionnaire en ligne afin de mieux asseoir l\u2019identit\u00e9 des jeunes et assurer la survie de la langue.<\/p>\n\n\n\n<p>Le regard se d\u00e9place vers la Chine avec la r\u00e9flexion de Feifei Shen (Une reproduction ou une adaptation chinoise\u00a0? \u00c9tude du Dictionnaire Fran\u00e7ais-Chinois (pp.249-265) qui revient sur l\u2019histoire de la lexicographie bilingue fran\u00e7aise-chinoise n\u00e9e au XVII\u00e8me si\u00e8cle gr\u00e2ce \u00e0 des j\u00e9suites int\u00e9ress\u00e9s davantage \u00e0 la dimension phon\u00e9tique. Suivent d\u2019autres ouvrages caract\u00e9ris\u00e9s par la participation d\u2019intellectuels chinois, m\u00eame si leur pr\u00e9sence n\u2019est pas indiqu\u00e9e. En outre ces dictionnaires sont pr\u00e9sent\u00e9s comme \u00e9tant la reproduction chinoise d\u2019un Dictionnaire Larousse. En comparant la traduction de deux articles, Shen cherche \u00e0 comprendre si le <em>Dictionnaire complet illustr\u00e9<\/em> de 1889 est le prototype du <em>Dictionnaire fran\u00e7ais-chinois<\/em>, ouvrage publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1910 et r\u00e9\u00e9dit\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises. L\u2019\u00e9tude comparative de plusieurs entr\u00e9es montre en effet que si le <em>Dictionnaire fran\u00e7ais-chinois<\/em> tient davantage d\u2019une adaptation chinoise que d\u2019une v\u00e9ritable traduction, les relations entre les deux ouvrages sont \u00e9videntes.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019on est encore dans l\u2019espace chinois avec la r\u00e9flexion de Fang Zhiang (\u00ab&nbsp;Fonction et application de l\u2019e-dictionnaire dans l\u2019enseignement du fran\u00e7ais en Chine&nbsp;\u00bb, pp. 267-281). Apr\u00e8s avoir soulign\u00e9 les avantages des dictionnaires en ligne, l\u2019auteur s\u2019interroge sur la fa\u00e7on dont ils peuvent aider \u00e0 am\u00e9liorer la comp\u00e9tence linguistique. Il passe en revue les principaux dictionnaires en ligne exploit\u00e9s par les apprenants chinois et en souligne les avantages et les dangers. Il conclut que la pr\u00e9sence de l\u2019enseignant est fondamentale pour bien guider les apprenants \u00e0 retrouver les fautes mais leur emploi est d\u00e9sormais incontournable dans l\u2019apprentissage d\u2019une langue \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, Mario Selvaggio (\u00ab&nbsp;Discours et discours&nbsp;: Dictionnaire et encyclop\u00e9die&nbsp;\u00bb, pp.283-291) propose un parcours historique concernant la pr\u00e9sence du \u00ab&nbsp;discours&nbsp;\u00bb dans les dictionnaires qu\u2019ils soient des dictionnaires de langue ou encyclop\u00e9diques.<\/p>\n\n\n\n<p>Dhouha Lajmi, Thouraya Ben Amor (\u00ab&nbsp;Les dictionnaires des discours sentencieux universels. La v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la traduction&nbsp;\u00bb, pp.283-308) r\u00e9fl\u00e9chissent aux dictionnaires qui expriment un discours de nature sentencieuse (dictionnaires des proverbes, de dictons, d\u2019adages, de devises, etc.). Apr\u00e8s avoir d\u00e9fini les traits caract\u00e9risant le discours sentencieux, les auteurs \u00e9tudient un corpus compos\u00e9 d\u2019une s\u00e9lection de dictionnaires de proverbes \u00ab&nbsp;illustrant des v\u00e9rit\u00e9s universelles dans un nombre assez repr\u00e9sentatif de langues dont essentiellement le fran\u00e7ais, l\u2019anglais, l\u2019arabe et le chinois). L\u2019\u00e9tude des \u00e9nonc\u00e9s sentencieux par le biais d\u2019une analyse pr\u00e9dicative montre qu\u2019il est possible de faire ressortir des contenus pr\u00e9dicatifs partag\u00e9s par les langues et que le classement par contenus th\u00e9matiques aurait int\u00e9r\u00eat \u00e0 \u00eatre d\u00e9pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, France Lafargue (\u00ab&nbsp;L\u2019Odyss\u00e9e \u00e9ternelle du Dictionnaire de la langue fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb, pp.309-333) r\u00e9fl\u00e9chit aux relations entre dictionnaire et discours et rappelle que \u00ab&nbsp;le dictionnaire est un discours sur ce qui nous entoure&nbsp;\u00bb (p.313), le discours, dont la valeur est surtout socioculturelle, \u00e9tant un \u00e9l\u00e9ment n\u00e9cessaire pour la description de la langue elle-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re section du volume contient un essai de Jean-Nicolas de Surmont (\u00ab&nbsp;Les tribulations de la lexicographie qu\u00e9b\u00e9coise. Conversation entre son prince d\u00e9chu et son valet au royaume du tr\u00e9sor insoup\u00e7onn\u00e9 de la langue fran\u00e7aise au Qu\u00e9bec&nbsp;\u00bb, pp. 357-377) qui revient sur les diff\u00e9rentes \u00e9tapes de la lexicographie qu\u00e9b\u00e9coise, en soulignant les difficult\u00e9s, les critiques et les d\u00e9bats qui se sont d\u00e9ploy\u00e9s au cours de si\u00e8cles et s\u2019arr\u00eate tout particuli\u00e8rement sur le parcours biographique et de recherche de Claude Poirier. La contribution inclut aussi une interview \u00e0 Poirier au sujet des critiques en faveur ou au d\u00e9triment du DQA et des anglicismes. Tout au long de cette interview, Poirier, confront\u00e9 \u00e0 des questions tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9riques, parvient \u00e0 focaliser toujours l\u2019attention sur les sp\u00e9cificit\u00e9s du fran\u00e7ais qu\u00e9b\u00e9cois.<\/p>\n\n\n\n<p>Le m\u00e9rite de l\u2019ouvrage consiste donc \u00e0 faire voyager les lecteurs dans des \u00e9poques et dans des espaces divers et multiples mais reli\u00e9s par une conception de la langue dynamique et mouvante.<\/p>\n\n\n\n<p>[Chiara Molinari]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Giovanni DOTOLI, Salah MEJRI, B\u00e9chir OUERHANI, Jia ZHAO, Lichao ZHU (\u00e9ds), Dictionnaire et patrimoine. Les discours du dictionnaire et les dictionnaires du discours, Les Cahiers du dictionnaire, n\u00b015, Classiques Garnier, 2023, pp. 404. Les contributions r\u00e9unies dans ce volume sont articul\u00e9es en trois sections. La premi\u00e8re aborde les relations entre \u00ab&nbsp;Dictionnaire et patrimoine&nbsp;\u00bb. La contribution\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2025\/02\/05\/giovanni-dotoli-salah-mejri-bechir-ouerhani-jia-zhao-lichao-zhu-eds-dictionnaire-et-patrimoine-les-discours-du-dictionnaire-et-les-dictionnaires-du-discours\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[48],"tags":[],"class_list":["post-1234","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n54"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1234"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1234"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1234\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1252,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1234\/revisions\/1252"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1234"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1234"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1234"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}