{"id":1191,"date":"2024-10-10T19:31:49","date_gmt":"2024-10-10T17:31:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=1191"},"modified":"2026-06-25T10:31:26","modified_gmt":"2026-06-25T08:31:26","slug":"article-jana-altmanova-les-etudes-terminologiques-aujourdhui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2024\/10\/10\/article-jana-altmanova-les-etudes-terminologiques-aujourdhui\/","title":{"rendered":"ARTICLE : Jana ALTMANOVA, Les \u00e9tudes terminologiques aujourd&#8217;hui"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>LES \u00c9TUDES TERMINOLOGIQUES AUJOURD\u2019HUI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jana Altmanova<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la parution, dans les ann\u00e9es 1980, de nombreux ouvrages consacr\u00e9s \u00e0 la m\u00e9thodologie de la recherche terminologique dont une des motivations \u00e9tait de r\u00e9fl\u00e9chir au statut de la terminologie en tant qu\u2019objet d\u2019\u00e9tude, \u00e0 partir des ann\u00e9es 2000, les chercheurs semblent porter davantage leur attention sur l\u2019analyse de la terminologie d\u2019un point de vue applicatif et op\u00e9rationnel. L\u2019ouvrage, <em>Theoretical perspectives on terminology. Explaining terms, concepts and specialized knowledge<\/em> (John Benjamins Publishing Company, Parall\u00e8les, 2023), \u00e9dit\u00e9 par Pamela Faber et Marie-Claude L\u2019Homme, propose un aper\u00e7u complet des diff\u00e9rentes th\u00e9ories terminologiques qui se sont succ\u00e9d\u00e9es depuis les premiers \u00e9crits de W\u00fcster\u00a0: la socioterminologie, la terminologie textuelle, la terminologie culturelle, la terminologie sociocognitive jusqu\u2019aux acquis de la technologie et la terminologie num\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n<p>Reconnue d\u00e9finitivement par les \u00e9tudes linguistiques, la terminologie est au centre de plusieurs ouvrages r\u00e9cents qui en analysent principalement les contextes d\u2019usage, les discours et les applications pratiques. Bien que toutes les approches continuent d\u2019\u00eatre utilis\u00e9es aujourd\u2019hui, la conception g\u00e9n\u00e9rale de la terminologie a beaucoup \u00e9volu\u00e9 depuis sa d\u00e9finition rigide propos\u00e9e par l\u2019ing\u00e9nieur Eugen W\u00fcster. Les termes ne sont <em>a priori<\/em> pas monof\u00e9r\u00e9rentiels et univoques mais plut\u00f4t multidimensionnels et marqu\u00e9s par des traits sociaux, culturels et discursifs. La pr\u00e9sente r\u00e9flexion sur l\u2019\u00e9volution des \u00e9tudes terminologiques s\u2019appuie sur quelques ouvrages parmi les plus repr\u00e9sentatifs (la liste n\u2019est \u00e9videmment pas exhaustive), parus ces six derni\u00e8res ann\u00e9es. L\u2019attention sera port\u00e9e sur les points qui nous semblent cruciaux pour une r\u00e9flexion \u00e9pist\u00e9mologique dans ce domaine, fortement marqu\u00e9, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, par le concept de variation et, de l\u2019autre, par les technologies num\u00e9riques, \u00e0 savoir&nbsp;: 1) variation discursive, 2) contexte et dimension sociale et diachronique, 3) oral en terminologie, 4) phras\u00e9ologie, 5) enseignement de la terminologie et 6) traduction des textes sp\u00e9cialis\u00e9s. Toutes les approches et les contextes qui viennent d\u2019\u00eatre \u00e9voqu\u00e9s sont, nous semble-t-il, des sujets d\u2019int\u00e9r\u00eat pour les linguistes, \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019influence des technologies num\u00e9riques li\u00e9es \u00e0 l\u2019intelligence artificielle et de ses incidences sur la terminologie et ses pratiques.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse de la relation entre terminologie et discours s\u2019est concr\u00e9tis\u00e9e depuis que la linguistique s\u2019est int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 la terminologie (Cabr\u00e9 1992). Cependant, vu la complexit\u00e9 et la vari\u00e9t\u00e9 des discours, y compris les technodiscours et les discours m\u00e9diatiques, cette relation est loin d\u2019\u00eatre suffisamment \u00e9tudi\u00e9e. Si la terminologie d\u2019un domaine repr\u00e9sente, gr\u00e2ce \u00e0 sa vis\u00e9e pragmatique, un syst\u00e8me relativement stable, ses usages en discours s\u2019av\u00e8rent susceptibles d\u2019une certaine variation en raison de nombreux facteurs (Desmet 2005, Drouin <em>et alii<\/em>, 2017). Les outils informatiques permettent de mettre en \u00e9vidence ces variations, refl\u00e9tant ainsi l\u2019emploi effectif des termes en discours, ce qui ouvre de nombreuses pistes encore \u00e0 explorer (Altmanova, Centrella, Russo 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>La description de l\u2019emploi des termes dans les entreprises et dans les organisations, s\u2019inscrivant dans une approche socioterminologique voire ethnoterminologique, constitue aujourd\u2019hui un domaine d\u2019int\u00e9r\u00eat prioritaire des chercheurs. Cette th\u00e9matique est au centre de l\u2019ouvrage collectif<em> Termes en discours. Entreprises et organisations<\/em> (Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2021, 245\u00a0p.), coordonn\u00e9 par Val\u00e9rie Delavigne et Dardo de Vecchi, qui contribue \u00e0 un avancement significatif de la r\u00e9flexion sur ce sujet. Dans cet ouvrage, pr\u00e9fac\u00e9 par Fran\u00e7ois Gaudin, auteur de <em>Socioterminologie. Une approche sociolinguistique de la terminologie<\/em> (2003), les variations lexicales sont analys\u00e9es en fonction des contextes socio-\u00e9conomiques et de la complexit\u00e9 des interactions dans les contextes multiculturels, comme dans le cas des termes m\u00e9dicaux relatifs \u00e0 la COVID-19 et leurs variantes employ\u00e9es dans des vid\u00e9os de journalistes et de politiques (Lerat 2021) ou encore de la terminologie \u0153nogastronomique qui se base sur l\u2019\u00e9motion de la d\u00e9gustation du vin, fortement connot\u00e9e du point de vue culturel (Gautier 2021). Ces exemples apparaissent particuli\u00e8rement pertinents pour montrer la richesse terminologique, notamment dans les domaines qui \u00e9voluent rapidement et dans les domaines dont la terminologie est peu normalis\u00e9e et particuli\u00e8rement susceptible de varier \u00e0 l\u2019oral. Ce dernier exemple insiste sur la relation entre les termes, la soci\u00e9t\u00e9 et les discours qui implique \u00e9galement l\u2019oral, relevant de la \u201cterminologie \u00e9volutive\u201d (Delavigne et de Vecchi, 2021, p.\u00a048), qui reste presque compl\u00e8tement \u00e0 d\u00e9velopper en terminologie, ce que montrent des \u00e9tudes comme celles de Gautier et Bach, 2017. Le d\u00e9faut d\u2019\u00e9tudes dans cette perspective s\u2019explique notamment par la difficult\u00e9 de constituer des corpus oraux dont l\u2019exploitation constitue l\u2019un des enjeux majeurs de la recherche en terminologie, non seulement parce que l\u2019oral est la forme premi\u00e8re des \u00e9changes professionnels, et ce depuis les corporations d\u2019artisans (Zanola 2014), mais aussi parce qu\u2019il repr\u00e9sente la modalit\u00e9 de communication essentielle dans les contextes sp\u00e9cialis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La prise en compte de la variation discursive appara\u00eet cruciale m\u00eame pour la d\u00e9finition voire la caract\u00e9risation des domaines sp\u00e9cialis\u00e9s professionnels, auquel se sont consacr\u00e9s, entre autres, Rostislav Kocourek (1982), Pierre Lerat (1995) et Catherine Resche (2015) et, sur lequel S\u00e9verine Wozniak s\u2019interroge plus r\u00e9cemment dans son ouvrage <em>Approche ethnographique des langues sp\u00e9cialis\u00e9es professionnelles<\/em> de 2019 (Bern, Peter Lang, Series : Aspects linguistiques et culturels des discours sp\u00e9cialis\u00e9s). Les langues sp\u00e9cialis\u00e9es professionnelles, d\u00e9finies dans le cadre de cette \u00e9tude comme des \u00ab\u00a0structure[s] \u00e0 partir de faits discursifs et sociaux\u00a0\u00bb (p.\u00a05), sont examin\u00e9es en contexte par le biais des discours sp\u00e9cialis\u00e9s professionnels. L\u2019autrice met justement l\u2019accent sur la notion d\u2019\u00ab\u00a0identit\u00e9 professionnelle\u00a0\u00bb, qui doit \u00eatre analys\u00e9e en adoptant une perspective sociologique et historico-institutionnelle car elle seule permet de saisir correctement les enjeux dont il sera possible de trouver les traces dans les discours. Promouvant une approche empirique \u201cde terrain\u201d, l\u2019autrice vise une mise en pratique de la description ethnographique se basant sur l\u2019ethnographie de la communication, la sociologie des organisations et l\u2019analyse de corpus.<\/p>\n\n\n\n<p>La prise de conscience de la vari\u00e9t\u00e9 infinie de discours professionnels, qui forment un champ d\u2019observation particuli\u00e8rement vaste, pousse les linguistes \u00e0 envisager aujourd\u2019hui une m\u00e9thode d\u2019analyse potentiellement souple qui puisse s\u2019adapter au contexte, en tenant compte de param\u00e8tres pragmatiques&nbsp;; il s\u2019agit ainsi de concevoir une terminologie \u201csitu\u00e9e\u201d qu\u2019Humbley (2019) reprend d\u2019apr\u00e8s la notion de linguistique situ\u00e9e (Condamines, Narcy-Combes, 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une perspective plus large, c\u2019est la \u201cterminologie diachronique\u201d ou, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, l&#8217;approche diachronique de la terminologie qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la contextualisation historique et \u00e0 l\u2019analyse des rapports \u00e9volutifs entre termes et concepts constituant un champ d\u2019investigation particuli\u00e8rement int\u00e9ressant (Zanola 2014, Dury 2021). L\u2019\u00e9tude terminologique men\u00e9e dans cette perspective diachronique permet d\u2019examiner les&nbsp;termes enrichis par les contextualisations historiques \u00e0 court ou \u00e0 long terme. Dans le num\u00e9ro th\u00e9matique des \u00ab&nbsp;Cahiers de lexicologie&nbsp;\u00bb, dirig\u00e9 par Maria Teresa Zanola,<em>Terminologie diachronique&nbsp;: m\u00e9thodologies et \u00e9tudes de cas<\/em> de 2021, Zanola explique que cette perspective \u201cs\u2019affirme comme perspective d\u2019analyse n\u00e9cessaire pour aborder en premier lieu l\u2019\u00e9tude de l\u2019\u00e9volution de formes et de sens dans les vocabulaires et dans la lexicographie sp\u00e9cialis\u00e9e, ensuite les rapports \u00e9volutifs entre concepts et termes, entre terminologie et n\u00e9ologie, que ce soit au cours d\u2019une p\u00e9riode d\u00e9termin\u00e9e d\u2019un domaine ou d\u2019un sous-domaine sp\u00e9cialis\u00e9, en diachronie longue ou courte\u201d (Zanola 2021: 14).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers la notion de variation, l\u2019analyse des discours professionnels a fait \u00e9voluer non seulement les \u00e9tudes terminologiques mais aussi la d\u00e9finition m\u00eame de l\u2019unit\u00e9 terminologique qui, tout en ayant des caract\u00e9ristiques bien pr\u00e9cises, devient intrins\u00e8quement dynamique. Cela est particuli\u00e8rement vrai pour la terminologie li\u00e9e aux domaines \u00e9mergents (Humbley, Candel 2017), comme dans le cas de la Covid-19 ou de nouvelles habitudes alimentaires, qui enregistre une fluctuation terminologique. Le r\u00e9cent ouvrage dirig\u00e9 par Paolo Frassi, <em>Phras\u00e9ologie et terminologie<\/em> de 2023 (Bern, Peter Lang, Linguistic Insights), propose huit \u00e9tudes centr\u00e9es sur les diff\u00e9rentes typologies de phras\u00e8mes terminologiques et a le m\u00e9rite de combler ainsi un vide th\u00e9orique concernant la description et le classement des unit\u00e9s phras\u00e9ologiques en langue de sp\u00e9cialit\u00e9 selon des crit\u00e8res syntactico-s\u00e9mantiques. Au-del\u00e0 de la difficult\u00e9 de circonscrire le p\u00e9rim\u00e8tre de la notion de phras\u00e8me, les unit\u00e9s terminologiques connaissent une expansion remarquable en raison de la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9nommer de nouveaux concepts et notions qui se renouvellent tr\u00e8s souvent gr\u00e2ce \u00e0 une expansion de l\u2019unit\u00e9 existante. Comme le souligne Alain Polgu\u00e8re dans ce m\u00eame ouvrage, une telle cr\u00e9ativit\u00e9, adapt\u00e9e au contexte communicatif, est difficile \u00e0 syst\u00e9matiser dans une perspective lexicographique \u00e0 cause de son caract\u00e8re \u00e9volutif qui r\u00e9sulte essentiellement des ind\u00e9terminations d\u2019objets entre termes, des r\u00e9assignations de sens ou des cr\u00e9ations n\u00e9ologiques (Delavigne 2023). Le plus grand d\u00e9fi des linguistes est alors celui de s\u00e9parer les termes complexes et les collocations des formules et des routines discursives pour distinguer ce qui rel\u00e8ve de la terminologie et ce qui rel\u00e8ve des expressions non sp\u00e9cialis\u00e9es en fonction de la situation ou du discours. Les linguistes poussent leurs recherches vers un traitement semi-automatis\u00e9 de la phras\u00e9ologie (extraction automatique et semi-automatique des collocations terminologiques propres aux domaines particuliers) notamment dans le contexte d\u2019apprentissage terminologique des unit\u00e9s multilex\u00e9matiques et dans les contextes de r\u00e9daction de textes (Jingrao Li&nbsp;et&nbsp;Agn\u00e8s Tutin 2023). En effet, les outils informatiques exploit\u00e9s dans le cadre de la r\u00e9daction des textes sp\u00e9cialis\u00e9s repr\u00e9sentent une autre conqu\u00eate technologique car ceux-ci sont aujourd\u2019hui en mesure de tenir compte non seulement de la terminologie sp\u00e9cifique mais aussi des fonctions discursives et rh\u00e9toriques mises en \u0153uvre dans un texte, et de mieux comprendre le fonctionnement de la d\u00e9marche scientifique suivant diff\u00e9rentes approches.<\/p>\n\n\n\n<p>Les unit\u00e9s terminologiques complexes employ\u00e9es en discours posent aussi de nombreux d\u00e9fis notamment dans le cadre de l\u2019enseignement de la terminologie. \u00c0 la lumi\u00e8re des nouvelles possibilit\u00e9s semi-automatis\u00e9es d\u2019exploitation de textes (Bourigault, Slodzian 1999), les chercheurs s\u2019interrogent sur les strat\u00e9gies \u00e0 \u00e9laborer pour concevoir des r\u00e9seaux notionnels de termes et mod\u00e9liser leur sens discursif (Temmerman 2000, Rossi 2019). Comme le montre le num\u00e9ro th\u00e9matique coordonn\u00e9 par Rachele Raus et par Nicolas Fr\u0153liger, <em>La terminologie et l\u2019enseignement du fran\u00e7ais de sp\u00e9cialit\u00e9, du fran\u00e7ais langue professionnelle ou sur objectifs sp\u00e9cifiques <\/em>(\u201cLe Langage et l\u2019Homme\u201d, n. 54\/2, 2019), toutes les m\u00e9thodes actuelles tendent vers une sensibilisation \u00e0 la variation discursive de la terminologie en fonction des genres de discours et des situations de communication. L\u2019enseignement exploite les apports de la linguistique de corpus afin d\u2019offrir un enseignement de la terminologie contextualis\u00e9 et d\u2019am\u00e9liorer les techniques d\u2019extraction des expressions (multi)lex\u00e9miques, l\u2019\u00e9laboration de banques terminologiques et de glossaires dans le but de faciliter l\u2019apprentissage des patrons phras\u00e9ologiques des domaines sp\u00e9cialis\u00e9s et la description de leurs propri\u00e9t\u00e9s syntactico-s\u00e9mantiques. L\u2019approche pragmaterminologique (De Vecchi 2019) permet de mettre l\u2019accent sur les notions de \u201cdomaine d\u2019activit\u00e9\u201d et \u201cdomaine d\u2019exploitation\u201d, davantage centr\u00e9es sur les parlers des entreprises, pour remplacer la notion de \u201cdomaine de connaissance\u201d. Du point de vue plus proprement didactique, l\u2019approche la plus adapt\u00e9e est l\u2019approche actionnelle qui vise \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019une t\u00e2che, le plus souvent par le biais d\u2019une co-construction du savoir par les enseignants et les \u00e9tudiants. La terminologie repr\u00e9sente finalement la \u201ccl\u00e9 d\u2019acc\u00e8s privil\u00e9gi\u00e9e pour apprendre le fran\u00e7ais de sp\u00e9cialit\u00e9, aussi bien que le fran\u00e7ais langue professionnelle (FLP) ou le fran\u00e7ais sur objectifs sp\u00e9cifiques (FOS)\u00a0\u00bb (Raus, Frolinger, 2019: 8).<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre champ des \u00e9tudes terminologiques qui a enregistr\u00e9 un bouleversement remarquable suite \u00e0 l\u2019explosion des technologies num\u00e9riques et de l\u2019intelligence artificielle est la pratique de la traduction. Les nouvelles technologies ont apport\u00e9 d\u2019importants changements structurels dans le monde de la traduction qui ont marqu\u00e9, et sont en train de marquer, un passage sans pr\u00e9c\u00e9dent dans l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9. Ainsi, l\u2019\u00e9volution de la technologie dans la traduction ne se r\u00e9sume plus \u00e0 l\u2019apparition des premi\u00e8res propositions de&nbsp;traduction automatique en 1933, suivies par l\u2019\u00e9laboration des outils de TAO, ou \u00ab traduction assist\u00e9e par ordinateur \u00bb. Elle se manifeste plus r\u00e9cemment dans l\u2019utilisation de r\u00e9seaux neuronaux appliqu\u00e9s \u00e0 la traduction, li\u00e9e \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019intelligence artificielle. Ainsi, par exemple, l\u2019ouvrage <em>Traductologie, terminologie et traduction<\/em> (Paris, \u00c9ditions Classiques Garnier (coll. Translatio, 10 &#8211; 2021), coordonn\u00e9 par Rosa Agost Can\u00f3s et David ar Rouz, aborde les \u201cliaisons entre les langues, la terminologie, la traductologie et la traduction du point de vue de la profession et de la formation des traducteurs et traductrices&nbsp;\u00bb (Can\u00f3s, Rouz 2021: 13). Les auteurs se penchent sur l\u2019importance de la traduction dans les actions de normalisation et de valorisation des langues minoris\u00e9es (Jordi Bover 2021 et Nava Maroto et Guadalupe Aguado de Cea 2021) ainsi que sur la question de l\u2019int\u00e9gration des outils et des ressources terminologiques (telles que les bases de donn\u00e9es terminologiques multilingues) dans la m\u00e9thodologie d\u2019un travail de traduction, notamment \u00e0 travers la construction d\u2019un environnement de travail collaboratif (David ar Rouz, Fabienne Moreau, Franck Barbin, et Charles Gruenais (2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Les outils technologiques sont d\u00e9sormais int\u00e9gr\u00e9s aux m\u00e9thodologies terminologiques. L\u2019exploitation de corpus, les syst\u00e8mes d\u2019extraction et de gestion de la terminologie ainsi que le traitement automatique des langues repr\u00e9sentent des instruments indispensables dans les pratiques d\u2019analyse de la terminologie et de son environnement cotextuel et contextuel. Mise \u00e0 part la richesse des outils disponibles qui modifient, eux aussi et en profondeur, les pratiques m\u00e9thodologiques, la conception de la terminologie a chang\u00e9 sous la pression, sans doute, de la multiplication des contextes d\u2019usage. Par ailleurs, Marie-Claude L\u2019Homme, autrice d\u2019un des ouvrages th\u00e9oriques de r\u00e9f\u00e9rence, <em>Terminologie : principes et techniques<\/em> (2e \u00e9d. revue et mise \u00e0 jour, 2020), reconnait, dans sa nouvelle \u00e9dition, que sa \u201cconception de la terminologie s\u2019est consid\u00e9rablement modifi\u00e9e au cours des ann\u00e9es\u201d (2020), ce qui confirme une fois de plus la nature mouvante de la terminologie, vecteur de transmission de connaissances, qui s\u2019adapte continuellement aux exigences des secteurs d\u2019activit\u00e9s. Ce dynamisme communicatif associ\u00e9 \u00e0 l\u2019ouverture interdisciplinaire garantit une \u00e9volution cons\u00e9quente de la discipline et la prolif\u00e9ration d\u2019\u00e9tudes futures, que ce soit dans le cadre des sciences cognitives, de l\u2019informatique ou d\u2019autres disciplines.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibliographie :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jana Altmanova, Maria Centrella, Katherine E. Russo, <em>Terminology &amp; Discourse\/Terminologie et discours<\/em>, Bern, Peter Lang, Series:&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.peterlang.com\/series\/li\">Linguistic Insights<\/a>, Volume 241, 2018.<\/p>\n\n\n\n<p>Didier Bourigault, Monique Slozdian, <em>Pour une terminologie textuelle<\/em>, \u00ab&nbsp;Terminologies nouvelles&nbsp;\u00bb, n. 19, Actes de la 3e conf\u00e9rence &#8220;Terminologie et Intelligence Artificielle&#8221; (TIA\u201999), 1999, p. 29-32.<\/p>\n\n\n\n<p>Maria Teresa Cabr\u00e9,&nbsp;<em>La Terminologia. <\/em><em>La teoria, els m\u00e8todes, les aplicacions<\/em>, Barcelona, Editorial Emp\u00faries, 1992.<\/p>\n\n\n\n<p>Danielle Candel, John Humbley, Neologica, \u201cLa n\u00e9ologie en terminologie\u201d, n. 11, 2017.<\/p>\n\n\n\n<p>Anne Condamines, Jean-Paul Narcy-Combes, <em>La linguistique appliqu\u00e9e comme science situ\u00e9e<\/em>, in F. Carton ; J.-P. Narcy-Combes; M.-F. Narcy-Combes; D. Toffoli.&nbsp;<em>Cultures de recherche en linguistique appliqu\u00e9e<\/em>,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.riveneuve.com\/catalogue\/cultures-de-recherche-en-linguistique-appliquee\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Riveneuve \u00e9ditions<\/a>, 2015, 978-2-36013-354-3.&nbsp;<a href=\"https:\/\/hal.science\/hal-01286390\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">\u27e8hal-01286390\u27e9<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Isabel Desmet, \u00ab Variabilit\u00e9 et variation en terminologie et langues sp\u00e9cialis\u00e9es : discours, termes et contextes \u00bb [in:] Mots, termes et contextes, Actes des septi\u00e8mes Journ\u00e9es scientifiques du r\u00e9seau de chercheurs Lexicologie Terminologie Traduction, Paris, \u00c9ditions des archives contemporains, 2005, p. 235-247.<\/p>\n\n\n\n<p>Patrick Drouin, Aline Francoeur, John Humbley, Aur\u00e9lie Picton, (dirs.), <em>Multiple perspectives on terminological variation<\/em>, Amsterdam\u202f; Philadelphia, John Benjamins Publishing Company (Terminology and lexicography research and practice), 2017.<\/p>\n\n\n\n<p>Pascaline Dury, \u00ab L\u2019obsolescence terminologique dans le domaine de la pharmacologie \u00bb, Linx [En ligne], 82 | 2021, mis en ligne le 15 juillet 2021, consult\u00e9 le 20 juillet 2021. URL : http:\/\/ journals.openedition.org\/linx\/8024; DOI : https:\/\/doi.org\/10.4000\/linx.8024<\/p>\n\n\n\n<p>Laurent Gautier, Matthieu Bach, 2017, \u00ab La terminologie du vin au prisme des corpus oraux de d\u00e9gustation\/pr\u00e9sentation (fran\u00e7ais-allemand) : entre \u00e9motions, culture et sensorialit\u00e9 \u00bb, \u00c9la. \u00c9tudes de linguistique appliqu\u00e9e, 188, 4, p. 485-509.<\/p>\n\n\n\n<p>Rostislav Kocourek, <em>La langue fran\u00e7aise de la technique et de la science<\/em>, Wiesbaden, Brandstetter, 1982.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre Lerat, <em>Les langues sp\u00e9cialis\u00e9es<\/em>, coll. &#8220;Linguistique nouvelle&#8221;, Paris, PUF, 1995.<\/p>\n\n\n\n<p>Catherine Resche (dir.),&nbsp;<em>Terminologie et domaines sp\u00e9cialis\u00e9s, Approches plurielles<\/em>, Paris, Classiques Garnier, Rencontres 143, S\u00e9rie linguistique 2, 2015.<\/p>\n\n\n\n<p>Micaela Rossi, <em>M\u00e9taphores et discours experts&nbsp;: conflit et coh\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du transfert interlinguistique<\/em>, \u00ab&nbsp;Langue fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb, 4, n. 204, 2019,<\/p>\n\n\n\n<p>p. 71-86.<\/p>\n\n\n\n<p>Rita Temmerman, T<em>owards new ways of terminology description: the sociocognitive approach<\/em>, Amsterdam, Benjamins (Terminology and lexicography research and practice), 2000.<\/p>\n\n\n\n<p>Maria Teresa Zanola, <em>Arts et m\u00e9tiers au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle : \u00c9tudes de terminologie diachronique<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, 2014.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LES \u00c9TUDES TERMINOLOGIQUES AUJOURD\u2019HUI Jana Altmanova Apr\u00e8s la parution, dans les ann\u00e9es 1980, de nombreux ouvrages consacr\u00e9s \u00e0 la m\u00e9thodologie de la recherche terminologique dont une des motivations \u00e9tait de r\u00e9fl\u00e9chir au statut de la terminologie en tant qu\u2019objet d\u2019\u00e9tude, \u00e0 partir des ann\u00e9es 2000, les chercheurs semblent porter davantage leur attention sur l\u2019analyse de\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2024\/10\/10\/article-jana-altmanova-les-etudes-terminologiques-aujourdhui\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[47,1],"tags":[],"class_list":["post-1191","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-crit","category-senza-categoria"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1191"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1191"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1191\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1289,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1191\/revisions\/1289"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1191"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1191"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1191"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}