{"id":1177,"date":"2024-10-12T17:19:00","date_gmt":"2024-10-12T15:19:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=1177"},"modified":"2024-10-23T13:23:55","modified_gmt":"2024-10-23T11:23:55","slug":"lidia-becker-sandra-herling-holger-wochele-eds-manuel-de-linguistique-populaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2024\/10\/12\/lidia-becker-sandra-herling-holger-wochele-eds-manuel-de-linguistique-populaire\/","title":{"rendered":"Lidia BECKER, Sandra HERLING, Holger WOCHELE (\u00e9ds.), Manuel de linguistique populaire"},"content":{"rendered":"\n<p>Lidia BECKER, Sandra HERLING, Holger WOCHELE (\u00e9ds.), <em>Manuel de linguistique populaire<\/em>, De Gruyter (\u00ab&nbsp;Manuals of romance linguistics&nbsp;\u00bb), 2023, pp. 613.<\/p>\n\n\n\n<p>Edit\u00e9 par Lidia Becker, Claudia Maria Riehl, and Hans W. Wochle, le <em>Manuel de linguistique populaire<\/em> est un ouvrage ambitieux et r\u00e9ussi, qui traite un domaine encore souvent n\u00e9glig\u00e9 : la linguistique populaire. Le volume r\u00e9unit des contributions de chercheurs d\u2019horizons scientifiques et g\u00e9ographiques divers, et offre un panorama approfondi et exhaustif des discours non savants sur la langue circulant \u00ab\u00a0hors du temple\u00a0\u00bb (Achard-Bayle, Paveau, 2008) de l\u2019acad\u00e9mie. La structure du manuel met en lumi\u00e8re diff\u00e9rents aspects de la linguistique populaire, \u00e0 partir des concepts th\u00e9oriques fondamentaux, pour ensuite pr\u00e9senter des \u00e9tudes de cas plus sp\u00e9cifiques. Et notamment, les diverses contributions permettent de creuser les concepts et th\u00e9ories de la linguistiques populaire, des questions de m\u00e9thode de recherche, les applications et les implications de la linguistique populaire dans des domaines de recherche sp\u00e9cifiques, se terminant enfin,  par des \u00e9tudes de cas portant sur diff\u00e9rentes zones g\u00e9ographiques de la Romania.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019introduction est sign\u00e9e par Lidia Becker et propose un aper\u00e7u sur l\u2019\u00e9tat des recherches en linguistique populaire, d\u00e9j\u00e0 plut\u00f4t foisonnantes dans nombreux pays. Elle d\u00e9limite, d\u2019abord, le domaine, qui concernerait l&#8217;\u00e9tude des perceptions, attitudes, et croyances que les locuteurs ordinaires (non sp\u00e9cialistes) ont sur les langues et leurs usages. Bien que cet ensemble d\u2019\u00e9l\u00e9ments se fonde principalement sur des id\u00e9es re\u00e7ues, des st\u00e9r\u00e9otypes et des repr\u00e9sentations sociales, plut\u00f4t que sur des connaissances scientifiques, il joue un r\u00f4le crucial dans la vie sociale et m\u00e9rite une analyse approfondie. En effet, ces connaissances ordinaires peuvent influencer les politiques linguistiques, parfois m\u00eame plus facilement que les avis des experts, ou fa\u00e7onner les d\u00e9cisions politiques dans l\u2019\u00e9ducation et la planification linguistique, sans oublier leur r\u00f4le dans la construction de l&#8217;identit\u00e9 sociale des individus et des groupes. \u00c0 la suite de l\u2019aper\u00e7u th\u00e9orique, l\u2019auteure se penche sur les diverses m\u00e9thodologies utilis\u00e9es\u00a0: des enqu\u00eates, analyses de discours, \u00e9tudes ethnographiques. Toutes ces m\u00e9thodes permettent de saisir les attitudes et croyances des locuteurs non sp\u00e9cialistes en explorant les dynamiques sociales autour de la langue. Ainsi cette introduction pose-t-elle les bases th\u00e9oriques du volume et pr\u00e9pare le terrain pour les contributions qui suivent, en insistant sur l&#8217;importance de la linguistique populaire comme domaine de recherche fonci\u00e8rement interdisciplinaire et encore en qu\u00eate de l\u00e9gitimit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re partie du volume \u00ab\u00a0Historiographie, th\u00e9orie et m\u00e9thodes\u00a0\u00bb pr\u00e9sente des contributions qui posent l\u2019accent sur la mani\u00e8re dont la linguistique populaire s\u2019est constitu\u00e9e en tant que champ de recherche, sur les objets d\u2019\u00e9tude, les perspectives th\u00e9oriques et les m\u00e9thodologies \u00e0 travers lesquelles elle s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, la contribution d\u2019Osthus (\u00ab\u00a0La linguistique populaire \u00e0 l\u2019\u00e9poque moderne\u00a0\u00bb) part du XIX\u00e8me si\u00e8cle pour montrer comment l\u2019activit\u00e9 m\u00e9talinguistique \u00e9volue au fil du temps en fonction du d\u00e9veloppement des m\u00e9dias et des supports d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et des fonctions et des intentions de communication de l\u2019autre. Il passe en revue diff\u00e9rents genres et types textuels (trait\u00e9s de politesse, guides \u00e9pistolaires, chroniques de langage, journaux, courriers des lecteurs, associations, discours en ligne et interactifs) pour montrer la persistance de certaines tendances puristes ou normatives, le long des \u00e9poques, en d\u00e9pit des \u00e9volutions li\u00e9es aux changements sociaux. La perspective historique est adopt\u00e9e aussi dans la deuxi\u00e8me contribution, sous la plume de Preston (\u00ab\u00a0L\u2019\u00e9volution de la linguistique populaire comme domaine d\u2019\u00e9tude\u00a0\u00bb) qui se concentre non pas sur les productions \u00ab\u00a0non savantes\u00a0\u00bb mais sur l\u2019histoire m\u00eame de la discipline. C\u2019est ainsi qu\u2019\u00e0 la suite de remarques terminologiques portant sur les limites des dichotomie \u00e9tanches entre savants et non savants, il retrace les jalons fondateurs de la discipline, qu\u2019il inscrit dans la dialectologie perceptuelle pour englober des pr\u00e9occupations plus cognitives. C\u2019est justement cet aspect cognitif qui permet \u00e0 l\u2019auteur de proposer la notion de \u00ab\u00a0regard linguistique\u00a0\u00bb comme une sorte d\u2019hyperonyme englobant les trois disciplines de la linguistique populaire, l\u2019anthropologie linguistique et la psychologie sociale du langage, qui partagent objets, th\u00e9ories et m\u00e9thodes de recueil des donn\u00e9es. De la perspective historique, on passe avec la contribution de Stegu (\u00ab\u00a0\u2018Linguistes\u2019 vs \u2018non-linguistes\u2019\u00a0\u00bb) au souci terminologique mais aussi ontologique concernant la dichotomie linguistes vs non-linguistes. Apr\u00e8s avoir ins\u00e9r\u00e9 la question dans la probl\u00e9matique plus g\u00e9n\u00e9rale de la distinction entre \u00ab\u00a0expert\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0non-expert\u00a0\u00bb, l\u2019a. montre bien le <em>continuum<\/em> non lin\u00e9aire entre ces cat\u00e9gories, dont les fronti\u00e8res ne sont pas nettes et o\u00f9 il serait m\u00eame difficile de trouver des exemplaires \u00ab\u00a0prototypiques\u00a0\u00bb. L\u2019a. termine par un questionnement \u00e9thique de recherche, tenant essentiellement \u00e0 l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019un engagement social du \u00ab\u00a0folk linguiste\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0former, \u00e9duquer et \u00e9clairer le grand public\u00a0\u00bb (p. 91). C\u2019est toujours la distinction entre linguistes et non-linguistes qui sert de point de d\u00e9part \u00e0 Visser pour identifier les diff\u00e9rentes th\u00e9matiques de la linguistique populaire (dans des textes fran\u00e7ais) \u00e0 partir des typologies textuelles. Ainsi, les difficult\u00e9s et les doutes linguistiques, les curiosit\u00e9s linguistiques, les questions normatives, les valeurs attribu\u00e9es \u00e0 la langue, les emprunts, le r\u00f4le national et international que devrait jouer le fran\u00e7ais, les mythes de la langue, les questions de variation, y compris celles des langues r\u00e9gionales et minoritaires, sont pr\u00e9sent\u00e9es agr\u00e9ablement au lecteur qui y reconnaitra les sujets les plus r\u00e9currents dans les discours m\u00e9talinguistiques circulant en France. Albrecht (\u00ab\u00a0Evaluations de la langue\u00a0\u00bb) se penche sur les types d\u2019\u00e9valuations linguistiques folk et sur les crit\u00e8res sur lesquels ils sont fond\u00e9s, dans une optique aussi diachronique. En ce qui concerne le premier aspect, on peut identifier des jugements portant sur des traditions discursives (questions stylistiques par exemple), sur certaines vari\u00e9t\u00e9s, sur les \u00ab\u00a0victimes\u00a0\u00bb de ces jugements. Pour ce qui est des crit\u00e8res d\u2019\u00e9valuation, l\u2019a. distingue entre crit\u00e8res intrins\u00e8ques (richesse, beaut\u00e9, etc.) et extrins\u00e8ques (diffusion de la langue, nombre de locuteurs, qualit\u00e9 de la litt\u00e9rature, etc.). Dans la sixi\u00e8me contribution ( \u00ab\u00a0Collecte de donn\u00e9es\u00a0\u00bb), Eggert d\u00e9cline la perspective historique sur les m\u00e9thode de collecte des donn\u00e9es de linguistique populaire. L\u2019article montre la n\u00e9cessit\u00e9 de partir des objectifs sp\u00e9cifiques de toute \u00e9tude pour adopter un point de vue socioculturel apte \u00e0 mettre en lumi\u00e8re les \u00e9ventuelles \u00e9volutions de ce que l\u2019a. appelle\u00a0\u00ab\u00a0attitudes id\u00e9ologiques\u00a0\u00bb sur la langue. Dans ce but, il faudra donc comparer plusieurs genres textuels ainsi que prendre en compte des crit\u00e8res internes et externes \u00e0 la langue, comme le contexte historique. Putska, Chalier et Jansen (\u00ab\u00a0Entretiens, questionnaires et tests de perception\u00a0\u00bb) pr\u00e9sentent un panorama des m\u00e9thodes qualitatives et quantitatives utilis\u00e9es en linguistique populaire. Pour chaque m\u00e9thode les a. pr\u00e9sentent la structure des enqu\u00eates, les typologies de questions et r\u00e9ponses, les contextualisations des stimuli). Face au grand \u00e9ventail de m\u00e9thodologies utilis\u00e9es, surtout en raison de la nature interdisciplinaire du champ de recherche, les a. soulignent l\u2019importance d\u2019adopter une m\u00e9thodologie transparente et adapt\u00e9e aux objectifs de chaque recherche sp\u00e9cifique. L\u2019article de Kunkel (\u00ab\u00a0Donn\u00e9es en ligne\u00a0\u00bb) se concentre sur les donn\u00e9es collect\u00e9es dans le web 2.0. L\u2019a. propose une classification fond\u00e9e sur le croisement de crit\u00e8res situationnels (caract\u00e9ristiques des participants, objectifs, th\u00e9matiques, etc.) et technologiques (anonymat, synchronie, canal de communication, etc.) au prisme de laquelle elle pr\u00e9sente de nombreuses recherches men\u00e9es sur des corpus Internet. Le texte se termine sur des consid\u00e9rations \u00e9thiques portant essentiellement sur le caract\u00e8re plus ou moins public et visible des donn\u00e9es publi\u00e9es en ligne et sur les dommages que l\u2019analyse des donn\u00e9es peut entrainer pour les auteurs, i.e. pour certaines cat\u00e9gories particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me partie du manuel pr\u00e9sente des \u00e9tudes montrant l\u2019int\u00e9r\u00eat de la linguistique populaire dans trois autres domaines des sciences du langage, \u00e0 savoir la traductologie, la didactique des langues \u00e9trang\u00e8res et la lexicographie.<\/p>\n\n\n\n<p>Sinner (\u00ab\u00a0Traductologie\u00a0\u00bb) examine diff\u00e9rents domaines o\u00f9 il serait justifi\u00e9 de parler d\u2019une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0traductologie populaire\u00a0\u00bb, \u00e0 savoir \u00ab\u00a0une r\u00e9ponse au besoin [\u2026] de d\u00e9crire ou de faire la critique de la traduction de qualit\u00e9\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0une traductologie non sp\u00e9cialis\u00e9e\u00a0\u00bb (pp. 205-206). Parmi les domaines privil\u00e9gi\u00e9s, l\u2019a. identifie la linguistique, l\u00e0 o\u00f9 les linguistes ne sont pas aussi traductologues, la didactique des langues \u00e9trang\u00e8res, la critique des textes litt\u00e9raires ou de sp\u00e9cialit\u00e9, les \u00e9tudes culturelles et litt\u00e9raires du <em>translational turn<\/em> et les critiques des traductions des non-professionnels. Capucho et Achard-Bayle (\u00ab\u00a0Didactique des langues \u00e9trang\u00e8res\u00a0\u00bb) se penchent sur la fa\u00e7on dont le \u00ab\u00a0sentiment linguistique\u00a0\u00bb est exploit\u00e9 dans les travaux scientifiques sur l\u2019intercompr\u00e9hension. L\u2019aper\u00e7u historique sur les m\u00e9thodes en didactique des langues \u00e9trang\u00e8res permet aux aa. de montrer l\u2019\u00e9volution de la prise en compte des comp\u00e9tences des locuteurs-apprenants et de mettre l\u2019accent, en conclusion, sur le renouvellement des perspectives permis par l\u2019adoption de la notion d\u2019intercompr\u00e9hension. Melchior (\u00ab\u00a0Lexicographie\u00a0\u00bb) se penche sur les liens entre lexicographie et linguistique populaire, \u00e0 partir des acteurs, dont l\u2019a. souligne une certaine difficult\u00e9 de poser des fronti\u00e8res nettes entre lexicographes professionnels et non, du moment o\u00f9 tous les linguistes ne sont pas forc\u00e9ment lexicographes\u00a0; de la structuration des dictionnaires, dont une comparaison entre ouvrages lexicographiques plus ou moins profanes montre une certaine continuit\u00e9 de la microstructure\u00a0; et, enfin, des utilisateurs \u00ab\u00a0non experts\u00a0\u00bb. L\u2019ensemble des analyses montre donc une forte porosit\u00e9 entre lexicographie experte et non experte et invite \u00e0 poursuivre les analyses dans cette direction. \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me et derni\u00e8re partie de l\u2019ouvrage pr\u00e9sente des \u00e9tudes de cas d\u00e9taill\u00e9es visant \u00e0 donner des aper\u00e7us de la linguistique populaire dans la Romania.<\/p>\n\n\n\n<p>La section s\u2019ouvre avec l\u2019article de Klimenkowa (\u00ab\u00a0La Martinique et la Guadeloupe\u00a0\u00bb) qui analyse les discussions dans un forum en ligne portant sur le m\u00e9lange entre le fran\u00e7ais et le cr\u00e9ole. Les analyses montrent essentiellement qu\u2019en situation de contact de langues, les locuteurs per\u00e7oivent certains ph\u00e9nom\u00e8nes tels que l\u2019alternance codique et la pluralit\u00e9 des pratiques comme plut\u00f4t naturels, tout en attachant \u00e0 certaines vari\u00e9t\u00e9s (le fran\u00e7ais antillais) des valeurs identitaires. Delgado (\u00ab\u00a0Le chabacano\u00a0\u00bb) pr\u00e9sente un \u00e9tat des recherches sur cette langue cr\u00e9ole \u00e0 base espagnole parl\u00e9e dans les Philippines, \u00e0 partir des \u00e9tudes phonologiques, lexicales et grammaticales jusqu\u2019aux plus r\u00e9cents travaux sociolinguistiques int\u00e9grant la perspective de la linguistique populaire qui met en lumi\u00e8re la pr\u00e9sence d\u2019une forte conscience m\u00e9talinguistique des locuteurs du chabacano. Quesada Pacheco (\u00ab\u00a0L\u2019espagnol\/le castillan en Am\u00e9rique\u00a0\u00bb) se penche sur la linguistique populaire en Am\u00e9rique hispanophone, entre le XIX\u00e8me si\u00e8cle et nos jours. L\u2019objectif est de montrer comment se construit et se modifie la conscience linguistique des locuteurs envers la langue espagnole le long des \u00e9poques. Les analyses rendent compte d\u2019une prise de conscience progressive des locuteurs des sp\u00e9cificit\u00e9s de leurs vari\u00e9t\u00e9s par rapport au mod\u00e8le p\u00e9ninsulaire, jusqu\u2019\u00e0 une v\u00e9ritable valorisation de ces vari\u00e9t\u00e9s parmi les populations les plus jeunes. Les perceptions envers la langue espagnole sont aussi \u00e9tudi\u00e9es par Butrangueno, Triana, Llull et Pinardi mais dans d\u2019autres aires g\u00e9ographiques (\u00ab\u00a0L\u2019espagnol\/le castillan au Mexique, dans les Cara\u00efbes et en Argentine\u00a0\u00bb). L\u2019\u00e9tude donne un aper\u00e7u d\u00e9taill\u00e9 et exhaustif des recherches en linguistique populaire dans ces trois pays et rend compte de la richesse des approches disciplinaires et th\u00e9oriques int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tude des savoirs linguistiques non savants. Borrego Nieto (\u00ab\u00a0L\u2019espagnol en Espagne\u00a0\u00bb) analyse la mani\u00e8re dont intellectuels et institutions linguistiques espagnoles, dont la <em>Real Academia Espagnola<\/em>, ont contribu\u00e9 \u00e0 alimenter un \u00ab\u00a0mod\u00e8le cognitif\u00a0\u00bb populaire de l\u2019espagnol qui voit dans la langue \u00e9crite formelle sa manifestation la plus accomplie et selon lequel dans certaines aires g\u00e9ographiques on ne parlerait pas ce mod\u00e8le, \u00e0 cause de la pr\u00e9sence de nombreuses fautes, en raison de la proximit\u00e9 avec des dialectes. Baronas, Bonani Conti et Menossi Ara\u00fajo (Le portugais br\u00e9silien) montrent l\u2019appartenance des travaux d\u2019Amadeu Amaral au domaine de la linguistique populaire, plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 celui de la linguistique scientifique. Dans ce but, la classification des non-linguistes de Paveau et de la conception d\u2019auctorialit\u00e9 de Maingueneau permettent aux auteurs de montrer qu\u2019Amaral se configure plus comme un intellectuel non-linguiste qui, m\u00eame en l\u2019absence d\u2019une formation professionnelle, a su contribuer \u00e0 l\u2019avancement du savoir en sciences du langage. Leschzyk (\u00ab\u00a0Le portugais en Angola\u00a0\u00bb) analyse les attitudes des locuteurs portugais en Angole, o\u00f9 le portugais est une langue impos\u00e9e lors de la colonisation et, dans sa version europ\u00e9enne, fait l\u2019objet d\u2019une valorisation au d\u00e9triment de la vari\u00e9t\u00e9 angolaise. Les analyses montrent bien le poids que ces attitudes ont jou\u00e9 et continuent de jouer sur les (non) d\u00e9cisions de politique linguistique dans le pays. Gouveia (\u00ab\u00a0Le portugais au Portugal\u00a0\u00bb) passe en revue des questions linguistiques particuli\u00e8rement pr\u00e9sentes dans les discours m\u00e9talinguistiques au Portugal. Ces questions portent sur quatre th\u00e9matiques principales, \u00e0 savoir la variation, les relations entre oral et \u00e9crit, le changement linguistique et ce que l\u2019a. classe sous l\u2019\u00e9tiquette de \u00ab\u00a0connaissance de la langue\u00a0\u00bb et qui correspond <em>grosso modo<\/em> \u00e0 des questions portant plus en g\u00e9n\u00e9ral sur ce que c\u2019est qu\u2019une langue, etc. Remysen et Rheault (\u00ab\u00a0Le fran\u00e7ais au Qu\u00e9bec\u00a0\u00bb) pr\u00e9sentent un aper\u00e7u exhaustif des recherches en linguistique populaire au Qu\u00e9bec, sous deux angles d\u2019attaque\u00a0: les rapports entre le fran\u00e7ais et l\u2019anglais et la qualit\u00e9 de la langue. Les \u00e9volutions des attitudes et des discours est toujours interpr\u00e9t\u00e9e \u00e0 la lumi\u00e8re des contextes socio-historiques de leur apparition jusqu\u2019\u00e0 nos jours, o\u00f9 le fran\u00e7ais qu\u00e9b\u00e9cois fait l\u2019objet non seulement d\u2019\u00e9valuations positives, mais aussi d\u2019un statut l\u00e9gitime. Polzin-Haumann et Mathieu (\u00ab\u00a0Le fran\u00e7ais en France\u00a0\u00bb) dressent un panorama des recherches sur le m\u00e9tadiscours en France, dans le but de situer l\u2019approche de la linguistique populaire dans le cadre plus vaste de la sociolinguistique fran\u00e7aise et romaine. Pour ce faire, \u00e0 la suite d\u2019un aper\u00e7u sur les enjeux terminologiques et \u00e9pist\u00e9mologiques, les a. m\u00e8nent deux \u00e9tudes de cas sur corpus afin de montrer, d\u2019une part, l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019analyser les discours m\u00e9talinguistiques sur la Toile, qui montrent toute la porosit\u00e9 des fronti\u00e8res entre savoirs savants et savoirs populaires, et de l&#8217;autre, des applications de la linguistique populaire \u00e0 la didactique des langues \u00e9trang\u00e8res, fort utiles lorsqu\u2019il s\u2019agit de d\u00e9velopper la conscience linguistique des apprenants. Ramallo et Vazquez (\u00ab\u00a0Le galicien\u00a0\u00bb) nous am\u00e8nent \u00e0 la d\u00e9couverte des questions de linguistique populaire les plus diffus\u00e9es parmi les gal\u00e9gophones, sans oublier des incursions pr\u00e9cises sur le contexte socio-historique amenant cette langue \u00e0 la reconnaissance officielle. \u00a0Feliu (\u00ab\u00a0Le catalan\u00a0\u00bb) se penche sur le cas du catalan\u00a0: l\u2019a. met au jour un certain nombre de traits et caract\u00e9ristiques attribu\u00e9s au catalan par les non-linguistes, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019id\u00e9es traditionnelles, bien enracin\u00e9es dans l\u2019histoire culturelle de la communaut\u00e9, ou de projets linguistiques promus dans le cadre plus ample d\u2019une revendication du catalan et, finalement, de la diffusion de la norme contemporaine via l\u2019engagement citoyen. Fiorentino (\u00ab\u00a0L\u2019italien\u00a0\u00bb) constate la quasi-absence des recherches qui se r\u00e9clament de la linguistique populaire en Italie tout en donnant un aper\u00e7u exhaustif des \u00e9tudes d\u00e9j\u00e0 men\u00e9es. L\u2019a. identifie ensuite un certain nombre de pistes de r\u00e9flexion prometteuses: \u00e0 savoir, l\u2019analyse de l\u2019\u00e9tymologie populaire, de la presse, des chroniques et des rubriques linguistiques et enfin, des discours qui foisonnent dans la Toile. Lorinczi (\u00ab\u00a0Le sarde\u00a0\u00bb) adopte une perspective historique pour montrer certains aspects de la linguistique populaire en Sardaigne et mettre en lumi\u00e8re la n\u00e9cessit\u00e9 de prendre en compte les relations entre le sarde, l\u2019italien et les dialectes, ainsi que les effets de la litt\u00e9rature et de la scolarisation dans la mani\u00e8re dont les pratiques m\u00e9talinguistiques des locuteurs sardes sont fa\u00e7onn\u00e9es. Kramer et Melchior (\u00ab\u00a0Le friulan et le ladin\u00a0\u00bb) se penchent sur le cas du friulan et du ladin dolomitique et notamment sur le th\u00e8me le plus d\u00e9battu parmi les non-linguistes, \u00e0 savoir le statut de langue autonome ou de dialecte de l\u2019italien \u00e0 attribuer \u00e0 cette langue; l&#8217;\u00e9tude porte ensuite sur d\u2019autres sujets tels que la repr\u00e9sentation de ces langues comme des langues de vieux, inutiles, etc. Ces sujets sont analys\u00e9s au prisme du contexte social, historique et politique de la r\u00e9gion. Enfin, Bara (\u00ab\u00a0L\u2019aroumain\/le vlaque\u00a0\u00bb) se concentre sur l\u2019analyse de trois aspects particuliers dans un corpus de textes aroumains en ligne\u00a0: affectivit\u00e9, questions techniques et pragmatiques. Les analyses montrent une forte polarisation entre ceux qui pr\u00e9tendent valoriser cette langue et ceux qui consid\u00e8rent qu\u2019il vaudrait mieux l\u2019abandonner et s\u2019en d\u00e9faire.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019approche interdisciplinaire adopt\u00e9e par tous les auteurs du manuel montre toute la richesse des recherches men\u00e9es en linguistique populaire dans toutes les zones de la Romania ainsi que la f\u00e9condit\u00e9 que ce domaine de recherche en pleine expansion peut apporter aux disciplines voisines, jouissant d\u2019une plus longue tradition acad\u00e9mique.<\/p>\n\n\n\n<p>[Stefano VICARI]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lidia BECKER, Sandra HERLING, Holger WOCHELE (\u00e9ds.), Manuel de linguistique populaire, De Gruyter (\u00ab&nbsp;Manuals of romance linguistics&nbsp;\u00bb), 2023, pp. 613. Edit\u00e9 par Lidia Becker, Claudia Maria Riehl, and Hans W. Wochle, le Manuel de linguistique populaire est un ouvrage ambitieux et r\u00e9ussi, qui traite un domaine encore souvent n\u00e9glig\u00e9 : la linguistique populaire. Le volume\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2024\/10\/12\/lidia-becker-sandra-herling-holger-wochele-eds-manuel-de-linguistique-populaire\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46],"tags":[],"class_list":["post-1177","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n53"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1177"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1177"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1177\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1212,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1177\/revisions\/1212"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1177"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1177"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1177"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}