{"id":1131,"date":"2024-07-06T19:23:16","date_gmt":"2024-07-06T17:23:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=1131"},"modified":"2024-07-08T11:43:41","modified_gmt":"2024-07-08T09:43:41","slug":"veronique-montagne-dir-strategies-de-la-definition","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2024\/07\/06\/veronique-montagne-dir-strategies-de-la-definition\/","title":{"rendered":"V\u00e9ronique MONTAGNE  (dir.), Strat\u00e9gies de la d\u00e9finition"},"content":{"rendered":"\n<p>V\u00e9ronique Montagne &nbsp;(dir.), <em>Strat\u00e9gies de la d\u00e9finition<\/em>, Paris, Classiques Garnier, 2022, 375 p.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage collectif <em>Strat\u00e9gies de la d\u00e9finition<\/em> recueille presque une vingtaine d\u2019\u00e9tudes qui analysent, \u00e0 partir de perspectives diff\u00e9rentes, la \u00ab&nbsp;plasticit\u00e9 de la d\u00e9finition&nbsp;\u00bb (p. 7), ainsi que le souligne l\u2019intitul\u00e9 de la contribution de la directrice de l\u2019ouvrage, V\u00e9ronique Montagne, en ouverture du volume. Il se compose de deux parties principales qui portent respectivement sur les \u00ab&nbsp;Formes et lieux&nbsp;\u00bb (pp. 23-190) de la d\u00e9finition et sur la \u00ab&nbsp;Pragmatique de la d\u00e9finition&nbsp;\u00bb (pp. 191-372). L\u2019ouvrage donne suite au colloque international consacr\u00e9 \u00e0 la \u00ab&nbsp;Linguistique de la d\u00e9finition&nbsp;: formes, textes, discours&nbsp;\u00bb, organis\u00e9 les 21 et 22 octobre 2021 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 C\u00f4te d\u2019Azur, comme pr\u00e9cis\u00e9 au d\u00e9but de l\u2019ouvrage.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa contribution introductive au volume (\u00ab&nbsp;Plasticit\u00e9 de la d\u00e9finition. Histoire intellectuelle d\u2019un projet&nbsp;\u00bb, pp. 7-19), V\u00e9ronique Montagne retrace le parcours historique du projet scientifique qui en est \u00e0 l\u2019origine, en mettant en \u00e9vidence \u00e0 travers des ouvrages pr\u00e9classiques les traces de la r\u00e9flexion sur l\u2019activit\u00e9 d\u00e9finitionnelle. Apr\u00e8s avoir soulign\u00e9 la vari\u00e9t\u00e9 des formes et des fonctions de la d\u00e9finition, l\u2019auteure remarque que celle-ci se trouve \u00ab&nbsp;entre une aspiration \u00e0 l\u2019apodictique irr\u00e9futable, la ma\u00eetrise du monde et sa proximit\u00e9 avec&nbsp;la rh\u00e9torique du probable, dans l\u2019approche descriptive et subjective des r\u00e9alit\u00e9s&nbsp;\u00bb (p. 8). La d\u00e9finition est ainsi consid\u00e9r\u00e9e comme une activit\u00e9 sp\u00e9cifique, mais aussi comme le r\u00e9sultat qui en d\u00e9coule. L\u2019\u00e9tude se dirige ensuite sur les caract\u00e9ristiques structurelles de la d\u00e9finition, sur ses traits s\u00e9mantiques ainsi que sur sa dimension pragmatique. Montagne montre que les exemples analys\u00e9s, tir\u00e9s de textes scientifiques, politiques et litt\u00e9raires du XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, rel\u00e8vent de diverses cat\u00e9gories, caract\u00e9ris\u00e9es toutefois par des fronti\u00e8res poreuses. Sa contribution souligne enfin la plasticit\u00e9 formelle et pragmatique de la d\u00e9finition, qui ressortira ensuite progressivement \u00e0 travers ses usages vari\u00e9s dans le temps et dans les multiples genres de discours analys\u00e9s par les \u00e9tudes de cet ouvrage.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re partie du volume \u2013 <em>Formes et lieux<\/em> \u2013 d\u00e9bute par l\u2019\u00e9tude de Marc Bonhomme (\u00ab&nbsp;Les d\u00e9finitions m\u00e9tonymiques dans le discours publicitaire&nbsp;\u00bb, pp. 23-41), qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la d\u00e9finition en tant que pratique m\u00e9talinguistique au sein du discours publicitaire. \u00c0 travers une s\u00e9lection d\u2019annonces tir\u00e9es de magazines fran\u00e7ais et suisses romands parus entre 2004 et 2021, l\u2019auteur se penche sur le cas des d\u00e9finitions m\u00e9tonymiques qu\u2019il tient pour embl\u00e9matique de ce type de discours. Son analyse se d\u00e9roule en trois \u00e9tapes en articulant autant de perspectives d\u2019analyse. Bonhomme examine tout d\u2019abord les configurations discursives principales des d\u00e9finitions m\u00e9tonymiques dans ces textes, en distinguant les <em>d\u00e9finitions-pastiches<\/em> des <em>pr\u00e9dications d\u00e9finitionnelles<\/em>. Ces derni\u00e8res entrainent une relation d\u00e9finitionnelle entre, d\u2019une part, la marque ou le produit publicis\u00e9 et, de l\u2019autre, une notion contigu\u00eb, ce qui se d\u00e9tache au moins partiellement de la relation d\u2019\u00e9quivalence s\u00e9mantique propre \u00e0 la d\u00e9finition canonique. La contribution de Bonhomme aborde ensuite la structuration textuelle o\u00f9 ces d\u00e9finitions sont ins\u00e9r\u00e9es, avant d\u2019examiner les strat\u00e9gies argumentatives dont elles font l\u2019objet dans ces textes. Les d\u00e9finitions m\u00e9tonymiques \u00e9tudi\u00e9es sont consid\u00e9r\u00e9es par Bonhomme comme un cas marginal de la notion classique de la d\u00e9finition en raison de leurs traits s\u00e9mantiques&nbsp;; elles sont plut\u00f4t classifi\u00e9es comme des d\u00e9finitions rh\u00e9toriques qui se distinguent, entre autres, par leur \u00ab&nbsp;argumentativit\u00e9 inh\u00e9rente&nbsp;\u00bb (p. 41).<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution de Valentina Bisconti (\u00ab&nbsp;Pour une typologie scalaire des d\u00e9finitions&nbsp;\u00bb, pp. 43-62) s\u2019ouvre avec une r\u00e9flexion sur la nature spontan\u00e9e et intersubjective de la d\u00e9finition ainsi que sur les difficult\u00e9s \u00e0 en discriminer les diff\u00e9rents types. L\u2019auteure envisage la d\u00e9finition comme un \u00ab&nbsp;ph\u00e9nom\u00e8ne discursif ordinaire&nbsp;\u00bb et comme un \u00ab&nbsp;type d\u2019\u00e9nonc\u00e9&nbsp;\u00bb (pp. 43-44), dont elle souligne la variabilit\u00e9 en fonction des contextes de communication. Elle propose de rassembler les diff\u00e9rentes op\u00e9rations de d\u00e9finition en trois macro-types quel que soit le discours o\u00f9 elles apparaissent. Prenant appui sur un corpus qui rassemble des genres discursifs et des instances \u00e9nonciatives h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, sa classification scalaire donne lieu \u00e0 \u00ab&nbsp;une sorte de hi\u00e9rarchie en termes de codification de la g\u00e9n\u00e9ricit\u00e9&nbsp;\u00bb (p. 46). L\u2019auteure distingue ainsi les types <em>ostensif<\/em>, <em>extensionnel <\/em>et <em>intensionnel<\/em> en fonction des op\u00e9rations par lesquelles la r\u00e9f\u00e9rence est construite. Bisconti identifie ensuite des structures morphosyntaxiques, des formats s\u00e9mantiques et des op\u00e9rations discursives sp\u00e9cifiques \u00e0 chacun des trois types identifi\u00e9s. Elle souligne enfin la complexit\u00e9 de l\u2019op\u00e9ration multimodale de d\u00e9finition qui int\u00e9resse non seulement des aspects cognitifs, linguistiques, discursifs, \u00e9nonciatifs et textuels, mais aussi diff\u00e9rents modes s\u00e9miotiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Le contraste entre le s\u00e9rieux de la d\u00e9finition lexicographique et \u00ab&nbsp;l\u2019esth\u00e9tique non s\u00e9rieuse du jeu&nbsp;\u00bb (p. 64) est abord\u00e9 par V\u00e9ronique Magri dans son \u00e9tude ayant pour titre \u00ab&nbsp;Jouer \u00e0 d\u00e9finir&nbsp;\u00bb (pp. 63-76). Son attention se dirige sur une section de l\u2019ouvrage de Michel Leiris, <em>Mots sans m\u00e9moire<\/em> (1939), qui s\u2019intitule <em>Langage tangage ou Ce que les mots me disent<\/em>. \u00c9tant donn\u00e9 que le texte \u00e9tudi\u00e9 mime les caract\u00e9ristiques typiques du glossaire, l\u2019auteure l\u2019envisage comme un pastiche de ce genre, qui repr\u00e9sente par ailleurs, soutient-elle, un \u00ab&nbsp;parangon du travail po\u00e9tique&nbsp;\u00bb (p. 64). Bien que le format des d\u00e9finitions change selon les cas, Magri rep\u00e8re des diff\u00e9rences significatives dans la relation d\u2019\u00e9quivalence entre l\u2019item et sa glose. Le niveau \u00e9nonciatif des relations d\u00e9finitionnelles est \u00e9galement analys\u00e9, mettant en \u00e9vidence non seulement le recours \u00e0 une \u00e9nonciation au <em>je<\/em> ou adress\u00e9e \u00e0 l\u2019allocutaire, mais aussi la pr\u00e9sence de d\u00e9tournements qui exploitent la dimension figurale des \u00e9nonc\u00e9s. Elle montre enfin que les d\u00e9finitions de Leiris peuvent se fonder aussi sur des rapprochements phon\u00e9tiques plut\u00f4t que sur l\u2019\u00e9quivalence s\u00e9mantique au sein d\u2019\u00ab&nbsp;un jeu d\u2019esprit qui est men\u00e9 par le jeu avec les mots&nbsp;\u00bb (p. 74).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;D\u00e9finition et pseudo-d\u00e9finition, les formes de la misologie. Sur le <em>Trait\u00e9 du style<\/em> d\u2019Aragon&nbsp;\u00bb (pp. 77-91), Marie-Albane Watine explore l\u2019\u00e9volution de la d\u00e9finition dans le cadre du mouvement surr\u00e9aliste au cours de la p\u00e9riode entre 1920 et 1940. Apr\u00e8s avoir rep\u00e9r\u00e9 les diff\u00e9rences entre les d\u00e9finitions et les \u00ab&nbsp;pseudo-d\u00e9finitions&nbsp;\u00bb, Watine en distingue deux formes principales&nbsp;: les formes qui se caract\u00e9risent par des marqueurs linguistiques, et les formes plus interpr\u00e9tatives qui reposent sur une contextualisation pragmatique. L\u2019auteure \u00e9labore \u00ab&nbsp;une approche int\u00e9gr\u00e9e selon deux gradients d\u00e9finitionnels, un gradient formel au sens large&nbsp;\u00bb et un gradient \u00ab&nbsp;logico-pragmatique&nbsp;\u00bb, en proposant aussi un sch\u00e9ma et un tableau illustratifs (pp. 82-83). Quatre types d\u2019\u00e9nonc\u00e9s d\u00e9finitoires sont ainsi distingu\u00e9s&nbsp;: la <em>d\u00e9finition canonique<\/em>, la <em>d\u00e9finition<\/em>, <em>la pseudo-d\u00e9finition<\/em> et la <em>non-d\u00e9finition. <\/em>L\u2019\u00e9tude offre enfin une application de cette approche scalaire dans l\u2019analyse du <em>Trait\u00e9 du style <\/em>d\u2019Aragon de 1928, un ouvrage surr\u00e9aliste qui inclut de nombreux exemples de \u00ab&nbsp;pseudo-d\u00e9finitions&nbsp;\u00bb, comme le remarque l\u2019auteure. L\u2019analyse approfondit quatre cas&nbsp;: la <em>pseudo-d\u00e9finition par abus m\u00e9tonymique<\/em>, la <em>(pseudo)-d\u00e9finition int\u00e9grant une m\u00e9taphore insultante<\/em>, la <em>d\u00e9finition n\u00e9gative<\/em> et la <em>d\u00e9finition m\u00e9taphorique r\u00e9somptive<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019inscrivant dans le champ de la linguistique de corpus, la contribution d\u2019Iris Eshkol-Taravella (\u00ab&nbsp;Les \u00e9nonc\u00e9s d\u00e9finitoires en ligne. Comparaison entre les discours de non sp\u00e9cialistes et de professionnels de sant\u00e9&nbsp;\u00bb, pp. 93-115) propose une analyse comparative des \u00e9nonc\u00e9s d\u00e9finitoires relevant de deux formes de communication en ligne autour des questions de sant\u00e9&nbsp;: d\u2019une part, des forums caract\u00e9ris\u00e9s par les interactions entre patients et, de l\u2019autre, des plateformes qui permettent d\u2019\u00e9changer avec des professionnels de sant\u00e9. Apr\u00e8s avoir pr\u00e9sent\u00e9 les corpus et les conventions de l\u2019annotation manuelle pr\u00e9alable visant la mod\u00e9lisation des \u00e9nonc\u00e9s d\u00e9finitoires, une \u00e9tude empirique est men\u00e9e \u00e0 travers une analyse quantitative et qualitative. Eshkol-Taravella cat\u00e9gorise les \u00e9nonc\u00e9s d\u00e9finitoires en cinq types principaux en fonction de leur structure et des marqueurs distinctifs, et elle annote \u00e9galement les relations lexicales qui les caract\u00e9risent. L\u2019analyse quantitative porte sur la distribution g\u00e9n\u00e9rale des \u00e9nonc\u00e9s d\u00e9finitoires dans les deux corpus, et ensuite, pour chaque classe, sur la distribution des marqueurs et des relations lexicales. Des observations concernant la structure des \u00e9nonc\u00e9s d\u00e9finitoires et ses variations, ainsi que la mise en relief de nouveaux marqueurs sont enfin pr\u00e9sent\u00e9es dans l\u2019analyse qualitative.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude de la d\u00e9finition en contexte interactionnel de nature m\u00e9dicale fait l\u2019objet de la contribution de V\u00e9ronique Traverso&nbsp;(\u00ab&nbsp;Les d\u00e9finitions et leurs enjeux dans des consultations m\u00e9dicales avec des demandeurs d\u2019asile&nbsp;\u00bb, pp. 117-137). En l\u2019occurrence, la d\u00e9finition est abord\u00e9e comme une <em>activit\u00e9 interactionnelle<\/em> et elle est analys\u00e9e au sein d\u2019\u00e9changes lors de consultations m\u00e9dicales avec des demandeurs d\u2019asyle en pr\u00e9sence d\u2019un interpr\u00e8te<em>.<\/em> L\u2019\u00e9tude de Traverso rappelle tout d\u2019abord les traits distinctifs de la d\u00e9finition en situation interactionnelle, qui sont ensuite illustr\u00e9s \u00e0 partir d\u2019exemples tir\u00e9s du corpus de consultations m\u00e9dicales soumis \u00e0 l\u2019analyse. L\u2019auteure suppose que, dans ce contexte, la d\u00e9finition peut relever de deux ordres d\u2019exigences&nbsp;: des exigences d\u00e9termin\u00e9es par l\u2019activit\u00e9 de traduction et des exigences relatives \u00e0 l\u2019objectif de la consultation. Les deux convergent toutefois vers une recherche de pr\u00e9cision de la part des tous les acteurs engag\u00e9s dans l\u2019interaction. Trois exemples sont analys\u00e9s en d\u00e9tail pour montrer la complexit\u00e9 de l\u2019activit\u00e9 d\u00e9finitoire dans ce contexte, qui se r\u00e9alise lors de s\u00e9quences interactionnelles diverses et entra\u00eene plusieurs types d\u2019activit\u00e9s. L\u2019\u00e9tude fait en effet ressortir que l\u2019activit\u00e9 de d\u00e9finition peut se combiner avec des activit\u00e9s d\u2019explication, de traduction, mais aussi des activit\u00e9s de clarification, de description et de cat\u00e9gorisation.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir d\u2019un corpus trilingue, l\u2019\u00e9tude de Gerc\u00e9lia BATISTA DE OLIVEIRA (\u00ab&nbsp;Relever les enjeux de la formulation d\u2019une d\u00e9finition en terminologie juridique multilingue&nbsp;\u00bb, pp. 139-157), traite des enjeux soulev\u00e9s par la d\u00e9finition dans le contexte de la terminologie juridique relative \u00e0 la fin de vie. Apr\u00e8s avoir abord\u00e9 les difficult\u00e9s linguistiques et juridiques li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9finition en contexte multilingue, \u00e0 travers aussi l\u2019exemple du terme fran\u00e7ais propos\u00e9 pour \u00ab&nbsp;living will&nbsp;\u00bb (p. 140-141), la contribution illustre le r\u00f4le des outils informatiques vis-\u00e0-vis de ces questions. Elle met ensuite en valeur la \u00ab&nbsp;repr\u00e9sentation graphique d\u2019un syst\u00e8me notionnel&nbsp;\u00bb offerte par \u00ab&nbsp;l\u2019arbre du domaine&nbsp;[\u2026] qui permet de mieux appr\u00e9hender la position d\u2019une notion \u00e0 d\u00e9finir dans la structure notionnelle sous-jacente&nbsp;\u00bb (p. 147). S\u2019inscrivant dans le cadre de la th\u00e9orie communicative de la terminologie, la d\u00e9marche adopt\u00e9e par l\u2019auteure pr\u00e9voit une approche ontologique et s\u00e9masiologique qui s\u2019int\u00e9resse aux relations entre les notions au sein du corpus juridique en contexte plurilingue allemand, fran\u00e7ais et portugais br\u00e9silien. Batista De Oliveira souligne en outre la compl\u00e9mentarit\u00e9 entre la d\u00e9finition, qui r\u00e9pond \u00e0 des exigences d\u2019\u00e9conomie et de concision, et la note terminographique, qui peut en revanche apporter des informations suppl\u00e9mentaires pour mieux \u00e9claircir la notion.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;Formes et fonctions de la d\u00e9finition dans quelques grammaires de la Renaissance et de l\u2019\u00e2ge classique&nbsp;\u00bb (pp. 159-173), Cendrine Pagani-Naudet analyse les formes, les marqueurs et les fonctions qui caract\u00e9risent les d\u00e9finitions au sein de grammaires remontant \u00e0 ces deux p\u00e9riodes sp\u00e9cifiques. L\u2019\u00e9tude souligne la pr\u00e9sence de marques discursives qui permettent d\u2019individuer les d\u00e9finitions, comme c\u2019est le cas pour les d\u00e9finitions structur\u00e9es sous la forme d\u2019un dialogue fictif entre le pr\u00e9cepteur et le disciple. Des marques typographiques ou des notes contribuent \u00e9galement \u00e0 signaler et \u00e0 circonscrire la pr\u00e9sence de la d\u00e9finition dans ces textes. Des fonctions diverses sont aussi mises en relief dans l\u2019\u00e9tude de Pagani-Naudet. Elle montre que, d\u2019une part, la d\u00e9finition remplit la fonction d\u2019illustration de la langue fran\u00e7aise, en fournissant des usages repr\u00e9sentatifs. De l\u2019autre, l\u2019\u00e9nonc\u00e9 d\u00e9finitoire constitue une \u00ab&nbsp;strat\u00e9gie didactique&nbsp;\u00bb (p. 166) utilis\u00e9e pour expliquer un concept et favoriser sa compr\u00e9hension. Eu \u00e9gard au r\u00f4le des grammaires, Pagani-Naudet remarque enfin que \u00ab&nbsp;[l]a richesse formelle des d\u00e9finitions renvoie ainsi \u00e0 la vari\u00e9t\u00e9 d\u2019un genre dont les finalit\u00e9s sont complexes, et pour le fran\u00e7ais langue maternelle de moins en moins claires au fil des si\u00e8cles&nbsp;\u00bb (p. 171).<\/p>\n\n\n\n<p>Adoptant une conception large de la d\u00e9finition du point de vue discursif et pragmatique, la contribution d\u2019Agn\u00e8s Steuckardt et de Nesrine Raissi (\u00ab\u00a0Formes et fonctionnements de la d\u00e9finition dans les t\u00e9moignages de Rivesaltes\u00a0\u00bb, pp. 175-190) s\u2019int\u00e9resse aux formes principales de l\u2019acte d\u00e9finitoire dans le discours ordinaire. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, l\u2019attention est dirig\u00e9e sur la relation entre le d\u00e9fini et le d\u00e9finissant dans le cadre d\u2019entretiens de t\u00e9moignage recueillis dans le camp de Rivesaltes. L\u2019\u00e9tude se penche tout d\u2019abord sur les formes des \u00e9nonc\u00e9s d\u00e9finitoires, distinguant la <em>d\u00e9finition indirecte<\/em>, qui proc\u00e8de d\u2019une \u00ab\u00a0\u00e9quivalence entre deux r\u00e9f\u00e9rents\u00a0\u00bb (p. 177), de la <em>d\u00e9finition directe<\/em>, qui entra\u00eene la pr\u00e9sence d\u2019un m\u00e9taterme. L\u2019analyse porte ensuite sur les \u00e9nonc\u00e9s d\u00e9finitoires en <em>c\u2019est-\u00e0-dire<\/em> et en dresse une typologie, avant de montrer leurs fonctions pragmatiques. Les auteures distinguent ainsi trois cas\u00a0: le r\u00f4le de joncteur de <em>c\u2019est-\u00e0-dire<\/em>, la mise en \u00e9quivalence r\u00e9f\u00e9rentielle activ\u00e9e dans un contexte d\u00e9termin\u00e9, et les proc\u00e9d\u00e9s de traduction mobilis\u00e9s. Les cas rep\u00e9r\u00e9es sont ensuite rattach\u00e9s \u00e0 deux types de fonctions\u00a0: les d\u00e9finitions par inclusion et par prototype. Steuckardt et Raissi soulignent enfin la variabilit\u00e9 des \u00e9nonc\u00e9s d\u00e9finitoires dans le discours ordinaire qui d\u00e9pend non seulement du genre discursif, mais aussi du style individuel.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me partie de l\u2019ouvrage \u2013 <em>Pragmatique de la d\u00e9finition<\/em> \u2013 s\u2019ouvre avec la contribution d\u2019Anna Jaubert qui propose une r\u00e9flexion sur la dimension pragmatique de la d\u00e9finition, se posant \u00e0 la charni\u00e8re entre les deux parties du volume. Dans \u00ab&nbsp;Quelle pragmatique pour une vis\u00e9e universalisante&nbsp;?&nbsp;\u00bb (pp. 193-201), Jaubert remarque la complexit\u00e9 et la variabilit\u00e9 des formes de la d\u00e9finition, bien qu\u2019elles partagent une stabilit\u00e9 pragmatique. D\u2019apr\u00e8s l\u2019auteure, il est en effet possible de&nbsp;\u00ab&nbsp;trouver un socle commun dans la vis\u00e9e pragmatique de son orientation universalisante&nbsp;\u00bb (p. 193). L\u2019auteure reconna\u00eet en outre \u00e0 l\u2019activit\u00e9 d\u00e9finitionnelle une dimension objectivante, qui proc\u00e8de des modalit\u00e9s discursives par lesquelles elle se r\u00e9alise, et notamment par l\u2019acte d\u2019assertion. Cependant, Jaubert ajoute ensuite que \u00ab&nbsp;cette attitude \u00e9nonciative est trompeuse. La d\u00e9finition ne se borne pas \u00e0 dire ce que sont les choses, elle les fait \u00eatre comme elle les dit&nbsp;\u00bb (p. 194). La nature argumentative de la d\u00e9finition r\u00e9sulte ainsi de l\u2019influence qu\u2019elle exerce sur la repr\u00e9sentation du r\u00e9el. Jaubert voit dans la d\u00e9finition \u00ab&nbsp;<em>un pr\u00e9curseur de performativit\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb (p. 194)&nbsp;et attire l\u2019attention sur le positionnement du locuteur qu\u2019elle implique, ainsi que sur la vis\u00e9e de l\u2019acte de son \u00e9nonciation qui s\u2019ancre aux niveaux social et g\u00e9n\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution d\u2019Alain Rabatel, \u00ab\u00a0Une approche pragma-\u00e9nonciative des batailles de d\u00e9finition\u00a0\u00bb (pp. 203-218), se penche sur les marques des d\u00e9finitions qui sont \u00ab\u00a0soumises \u00e0 des tensions centrip\u00e8tes ou centrifuges relatives au choix des caract\u00e9ristiques essentielles \u00e0 la d\u00e9finition de l\u2019objet\u00a0\u00bb (p. 203) dans le cadre de \u00ab\u00a0batailles de d\u00e9finition\u00a0\u00bb de nature linguistique. L\u2019auteur souligne que ces derni\u00e8res se caract\u00e9risent par une dimension dialogique explicite, d\u00e9termin\u00e9e par les d\u00e9finitions prises en compte pour justifier la (re)d\u00e9finition propos\u00e9e. \u00c0 travers un retour r\u00e9flexif sur son propre travail, Rabatel analyse deux red\u00e9finitions qu\u2019il avait avanc\u00e9es dans des \u00e9tudes ant\u00e9rieures. Dans le cas de sa red\u00e9finition de la notion de <em>reformulation<\/em>, l\u2019auteur montre la co-pr\u00e9sence de formes de modalisation, qui l\u2019encadrent comme une proposition, avec des marques \u00e9valuatives, qui signalent le point de vue du locuteur engageant le d\u00e9bat. Il met en \u00e9vidence \u00e9galement la \u00ab\u00a0dimension critique et cumulative\u00a0\u00bb (p. 211) de la d\u00e9marche scientifique adopt\u00e9e, qui discute les apports des travaux ant\u00e9rieurs, ainsi que la port\u00e9e argumentative des explications et des exemplifications fournies. Le deuxi\u00e8me cas analys\u00e9 concerne une red\u00e9finition de la notion d\u2019<em>argumentation <\/em>dans le cadre d\u2019\u00ab\u00a0un enrichissement des d\u00e9finitions dominantes\u00a0\u00bb (p. 213). La complexit\u00e9 du concept \u00e0 d\u00e9finir et la nature explicitement dialogique de la bataille d\u00e9coulent ici d\u2019une pluralit\u00e9 de marques de nature modalisante, citationnelle, mais aussi m\u00e9talinguistique et m\u00e9tadiscursive.<\/p>\n\n\n\n<p>Fond\u00e9e sur une recherche ethnographique, la contribution de Paul Sambre (\u00ab&nbsp;Actes d\u00e9finitoires contre-h\u00e9g\u00e9moniques en territoire mafieux. Vers une praxis de la d\u00e9finition aristot\u00e9licienne en langue naturelle&nbsp;\u00bb, pp. 219-234) aborde des pratiques d\u00e9finitoires de nature contre-h\u00e9g\u00e9monique en reconsid\u00e9rant le statut th\u00e9orique du mod\u00e8le aristot\u00e9licien de la d\u00e9finition. Son objectif est de \u00ab&nbsp;fonder le statut s\u00e9mantique de la d\u00e9finition situ\u00e9e en discours, d\u2019une mani\u00e8re pertinente pour notre objet d\u2019\u00e9tude&nbsp;\u00bb, comme l\u2019affirme-t-il (p. 221). La premi\u00e8re analyse propos\u00e9e concerne des actes d\u00e9finitoires extraits d\u2019une interview semi-structur\u00e9e men\u00e9e par l\u2019auteur avec un activiste d\u2019une oliveraie confisqu\u00e9e. Sambre montre que la red\u00e9finition se fonde en l\u2019occurrence sur le changement des activit\u00e9s de travail r\u00e9alis\u00e9es, un changement qui s\u2019exprime au niveau \u00e9nonciatif par un <em>nous<\/em> inclusif soulignant la nature de coop\u00e9ration propre au travail agricole. L\u2019\u00e9tude porte ensuite sur les actes de (re)d\u00e9finition du territoire r\u00e9employ\u00e9 \u00e0 des fins sociales. L\u2019auteur souligne que ces actes d\u00e9finitoires contre-h\u00e9g\u00e9moniques d\u00e9pendent \u00e0 la fois d\u2019un plan mat\u00e9riel et d\u2019un plan abstrait. D\u2019apr\u00e8s Sambre, ces d\u00e9finitions doivent \u00eatre envisag\u00e9es en mettant en relation le discours et les faits, puisque le statut s\u00e9mantique de l\u2019acte implique une dimension intersubjective et pragmatique en lien aussi avec la praxis et l\u2019\u00e9thique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce qu\u2019un Fran\u00e7ais de souche&nbsp;? D\u00e9finition(s) et repr\u00e9sentations du Fran\u00e7ais de souche dans les d\u00e9bats t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s&nbsp;\u00bb (pp. 235-253), Houda Landolsi fait \u00e9merger les enjeux pragmatiques li\u00e9s respectivement \u00e0 la d\u00e9nomination <em>Fran\u00e7ais de souche<\/em>, \u00e0 la d\u00e9finition de la notion associ\u00e9e ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019imaginaire identitaire impliqu\u00e9. L\u2019attention de l\u2019auteure se dirige sur la fonction argumentative des \u00e9nonc\u00e9s d\u00e9finitoires de cette notion lors de d\u00e9bats t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s ou d\u2019interviews o\u00f9 interviennent des repr\u00e9sentants politiques, des journalistes et des \u00e9crivains. La premi\u00e8re partie de l\u2019\u00e9tude analyse les traits principaux des d\u00e9finitions avanc\u00e9es en contexte dialogal o\u00f9 la d\u00e9nomination est utilis\u00e9e par les locuteurs d\u2019abord pour identifier soi-m\u00eame et ensuite pour proposer une d\u00e9finition g\u00e9n\u00e9rale. La contre-argumentation au sein des r\u00e9actions que ces d\u00e9finitions ont soulev\u00e9es fait l\u2019objet de la deuxi\u00e8me partie de l\u2019analyse. Landolsi montre que la contre-argumentation se r\u00e9alise, d\u2019une part, par la r\u00e9futation de la d\u00e9finition avanc\u00e9e, signalant le manque de correspondance avec le r\u00e9el, et, de l\u2019autre, par la mise en \u00e9vidence des implicites li\u00e9s aux d\u00e9finitions de cette d\u00e9nomination. L\u2019auteure remarque enfin que la pol\u00e9mique proc\u00e8de de diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 d\u00e9finitoire, mais aussi de ressources argumentatives telles que l\u2019exemple, l\u2019ironie et la r\u00e9futation.<\/p>\n\n\n\n<p>Les enjeux socio-politiques de l\u2019activit\u00e9 d\u00e9finitionnelle dans des contextes de critique politique des usages de la langue sont au centre de la contribution d\u2019Alice Krieg-Planque&nbsp;(\u00ab&nbsp;D\u00e9finition et signification dans les discours engag\u00e9s. \u00c0 propos des enjeux politiques et sociaux de l\u2019activit\u00e9 d\u00e9finitionnelle&nbsp;\u00bb, pp. 255-272). La d\u00e9finition est envisag\u00e9e par Krieg-Planque comme une activit\u00e9 discursive en relation avec des pratiques sociales. L\u2019auteure attire ainsi l\u2019attention sur son d\u00e9veloppement dans l\u2019\u00e9nonciation, ainsi que sur le processus interactionnel duquel elle r\u00e9sulte. De plus, la d\u00e9finition peut \u00e9galement repr\u00e9senter, d\u2019apr\u00e8s l\u2019auteure, un objectif \u00e0 atteindre de la part d\u2019une action militante de nature politique et\/ou sociale. D\u2019o\u00f9 sa conception en termes d\u2019\u00ab&nbsp;activit\u00e9 d\u00e9finitionnelle&nbsp;\u00bb et encore de \u00ab&nbsp;pratique discursive socialement institu\u00e9e&nbsp;\u00bb (p. 255). L\u2019\u00e9tude de Krieg-Planque se penche sur des corpus recueillant des discours authentiques, dont l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 favorise la saisie de la pluralit\u00e9 de formes, de proc\u00e9d\u00e9s et d\u2019op\u00e9rations par lesquelles l\u2019activit\u00e9 d\u00e9finitionnelle peut se manifester en discours. L\u2019analyse porte sur trois \u00e9l\u00e9ments principaux mobilis\u00e9s dans une critique des usages de la langue de la part de locuteurs \u00ab&nbsp;ordinaires&nbsp;\u00bb&nbsp;: le dictionnaire politique, le dictionnaire de la langue et l\u2019inflexion des discours juridiques. Son \u00e9tude montre que \u00ab&nbsp;l\u2019activit\u00e9 d\u00e9finitionnelle est au c\u0153ur [de la r\u00e9flexivit\u00e9 langagi\u00e8re] de l\u2019engagement politique et social&nbsp;\u00bb (p. 271-272).<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution de Camille Bouzereau (\u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9nonc\u00e9 d\u00e9finitoire dans les discours du Front National (2000-2017)&nbsp;\u00bb, pp. 273-286) approfondit le r\u00f4le des \u00e9nonc\u00e9s d\u00e9finitoires li\u00e9s \u00e0 des concepts politiques au sein des discours des pr\u00e9sidents du Front National Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen. Le premier cas analys\u00e9 concerne la d\u00e9finition de la <em>nation<\/em> qui implique une valorisation positive d\u2019ordre affectif \u00e0 travers une pr\u00e9dication attributive. D\u2019autres \u00e9l\u00e9ments identifi\u00e9s lors d\u2019\u00e9nonc\u00e9s d\u00e9finitoires charg\u00e9s positivement sont le marqueur de reformulation <em>c\u2019est-\u00e0-dire<\/em>, et la n\u00e9gation restrictive visant la r\u00e9futation interdiscursive d\u2019autres d\u00e9finitions. La deuxi\u00e8me s\u00e9rie d\u2019exemples analys\u00e9s porte en revanche sur des \u00e9nonc\u00e9s d\u00e9finitoires de concepts charg\u00e9s n\u00e9gativement par les locuteurs analys\u00e9s, comme le montre Bouzereau \u00e0 partir de plusieurs d\u00e9finitions d\u2019<em>immigration<\/em>. Le cas de la n\u00e9gation pol\u00e9mique dialogique, qui s\u2019oppose \u00e0 d\u2019autres discours par la construction d\u2019un contre-discours, s\u2019accompagne du recours \u00e0 une nouvelle d\u00e9nomination visant \u00e0 \u00ab&nbsp;objectiver la vision politique du FN&nbsp;\u00bb (p. 282). La progression de l\u2019analyse s\u2019ach\u00e8ve sur un exemple de renomination qui propose de nouvelles repr\u00e9sentations n\u00e9gatives du r\u00e9f\u00e9rent. L\u2019\u00e9tude montre enfin qu\u2019\u00ab&nbsp;[e]n modifiant positivement ou n\u00e9gativement la repr\u00e9sentation des concepts, ces d\u00e9finitions servent une fin politique pr\u00e9cise&nbsp;\u00bb (p. 285).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;Les proc\u00e9d\u00e9s argumentatifs r\u00e9v\u00e9lateurs de traits d\u00e9finitoires. Le concept de \u201charc\u00e8lement sexuel\u201d dans l\u2019espace public qu\u00e9b\u00e9cois&nbsp;\u00bb (pp. 289-303), V\u00e9ronique Durocher analyse les traits d\u00e9finitoires de \u00ab&nbsp;harc\u00e8lement sexuel&nbsp;\u00bb qui font l\u2019objet de proc\u00e9d\u00e9s argumentatifs dans des discours concernant les d\u00e9nonciations d\u00e9clench\u00e9es en 2017 par le mouvement <em>#MoiAussi<\/em> au Qu\u00e9bec. Son \u00e9tude s\u2019int\u00e9resse aux changements s\u00e9mantiques d\u00e9termin\u00e9s par le passage d\u2019un discours sp\u00e9cialis\u00e9 \u2013 en l\u2019occurrence, le discours juridique \u2013 aux discours m\u00e9diatiques et d\u2019internautes. L\u2019analyse des discours m\u00e9diatiques met en \u00e9vidence deux proc\u00e9d\u00e9s argumentatifs principaux&nbsp;: l\u2019exemple et l\u2019antith\u00e8se. Plusieurs proc\u00e9d\u00e9s sont en revanche rep\u00e9r\u00e9s dans des commentaires d\u2019internautes associ\u00e9s \u00e0 des contenus publi\u00e9s sur Facebook par les journaux envisag\u00e9s. D\u2019une part, le proc\u00e9d\u00e9 de l\u2019exemple peut relever d\u2019un cas g\u00e9n\u00e9rique, d\u2019un t\u00e9moignage, mais aussi de contre-exemples. De l\u2019autre, l\u2019argument d\u2019autorit\u00e9 peut prendre la forme de liens URL, mais aussi de donn\u00e9es chiffr\u00e9es et de statistiques. L\u2019auteure souligne \u00e9galement l\u2019autorit\u00e9 des victimes qui peut marquer ces discours d\u2019internautes. Durocher conclut que les discours m\u00e9diatiques analys\u00e9s pr\u00e9sentent un nombre r\u00e9duit de traits d\u00e9finitoires par rapport aux caract\u00e8res d\u00e9finis par le discours juridique. Les caract\u00e8res ressortissant des discours d\u2019internautes sont en revanche plus nombreux.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse de la d\u00e9finition dans un genre de d\u00e9bat t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 particulier, dont rel\u00e8ve l\u2019\u00e9mission britannique <em>Question-Time<\/em>, fait l\u2019objet de la contribution de Laurent Rouveyrol (\u00ab&nbsp;<em>To define is to limite\u2026<\/em> Quelques rep\u00e8res \u00e0 propos des strat\u00e9gies d\u00e9finitionnelles dans le d\u00e9bat britannique <em>Question-Time<\/em>&nbsp;\u00bb, pp. 305-325). Apr\u00e8s avoir illustr\u00e9 les caract\u00e9ristiques distinctives du cadre interactionnel envisag\u00e9, l\u2019\u00e9tude examine le cas de la d\u00e9finition d\u2019une situation associ\u00e9e \u00e0 une activit\u00e9 d\u2019explication, qui peut \u00eatre ensuite red\u00e9finie par l\u2019intervenant suivant. L\u2019auteur remarque que l\u2019acte de red\u00e9finir peut non seulement \u00eatre support\u00e9 par l\u2019explication, mais il peut m\u00eame servir pour disqualifier l\u2019interlocuteur sur la base de sa capacit\u00e9 de compr\u00e9hension de la situation d\u00e9battue. Rouveyrol identifie un sch\u00e9ma argumentatif propre \u00e0 cette forme de d\u00e9bat qui se compose de trois \u00e9tapes&nbsp;: la <em>d\u00e9finition<\/em>, la <em>justification<\/em> et la <em>conclusion double<\/em> (p. 321). Enfin, au niveau \u00e9nonciatif, il signale le marquage de la subjectivit\u00e9 \u00e9non\u00e7ante. Il s\u2019agit l\u00e0, d\u2019apr\u00e8s l\u2019auteur, d\u2019un trait distinctif de ce genre de discours o\u00f9 l\u2019explicitation de la subjectivit\u00e9 va de pair avec la mise en avant d\u2019une prise de position sur la situation d\u00e9finie. L\u2019\u00e9tude de Rouveyrol montre le r\u00f4le de l\u2019acte de d\u00e9finition dans ce contexte sp\u00e9cifique o\u00f9 il participe au d\u00e9ploiement de l\u2019argumentation.<\/p>\n\n\n\n<p>Constituant la conclusion de l\u2019ouvrage, la contribution de Jean-Marie Klinkenberg (\u00ab&nbsp;Conclusions. La d\u00e9finition comme cat\u00e9gorisation&nbsp;: mise en place, usages, structures&nbsp;\u00bb, pp. 327-340) met en relief la difficult\u00e9 \u00e0 d\u00e9limiter la d\u00e9finition en raison de l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de ses formes et de ses fonctions. Voil\u00e0 pourquoi il propose de l\u2019envisager non pas comme \u00ab&nbsp;un objet mais plut\u00f4t [comme] un espace, un carrefour&nbsp;\u00bb (p. 328-329). L\u2019auteur retrace ensuite des traits caract\u00e9ristiques de la d\u00e9finition ressortis au fil des \u00e9tudes de l\u2019ouvrage&nbsp;: des marqueurs et des structures discursives, aux contraintes contextuelles jusqu\u2019aux strat\u00e9gies \u00e9nonciatives et aux fonctions pragmatiques. Selon Klinkenberg, l\u2019acte de d\u00e9finition correspond \u00e0 \u00ab&nbsp;<em>la mise en place d\u2019une cat\u00e9gorie, par des moyens verbaux<\/em>&nbsp;\u00bb (p. 330), et cela proc\u00e8de de trois formes de stabilisation&nbsp;: la <em>stabilisation dans le temps<\/em>, la <em>stabilisation dans l\u2019objet<\/em>, et la <em>stabilisation intersubjective <\/em>(pp. 331-333). Klinkenberg met en valeur \u00e9galement la port\u00e9e argumentative de la d\u00e9finition qui peut contribuer \u00e0 transformer la vision de l\u2019objet. La structure discursive de la d\u00e9finition repr\u00e9sente la derni\u00e8re question abord\u00e9e par l\u2019auteur qui souligne en particulier le r\u00f4le de la relation tout-parties entre le <em>definiendum<\/em> et le <em>definiens<\/em>. Une formule canonique est enfin avanc\u00e9e pour d\u00e9crire la structure de la d\u00e9finition, tout en soulignant les variations auxquelles elle est sujette dans ses actualisations discursives.<\/p>\n\n\n\n<p>Le volume s\u2019ach\u00e8ve sur une bibliographie g\u00e9n\u00e9rale, s\u00e9parant les corpus d\u2019\u00e9tude et les r\u00e9f\u00e9rences critiques (pp. 341-360), suivie d\u2019un index des noms propres (pp. 361-365) et des r\u00e9sum\u00e9s des dix-neuf contributions (pp. 367-372).<\/p>\n\n\n\n<p>[Claudia CAGNINELLI]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>V\u00e9ronique Montagne &nbsp;(dir.), Strat\u00e9gies de la d\u00e9finition, Paris, Classiques Garnier, 2022, 375 p. L\u2019ouvrage collectif Strat\u00e9gies de la d\u00e9finition recueille presque une vingtaine d\u2019\u00e9tudes qui analysent, \u00e0 partir de perspectives diff\u00e9rentes, la \u00ab&nbsp;plasticit\u00e9 de la d\u00e9finition&nbsp;\u00bb (p. 7), ainsi que le souligne l\u2019intitul\u00e9 de la contribution de la directrice de l\u2019ouvrage, V\u00e9ronique Montagne, en ouverture\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2024\/07\/06\/veronique-montagne-dir-strategies-de-la-definition\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[45],"tags":[],"class_list":["post-1131","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n52"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1131"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1131"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1131\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1147,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1131\/revisions\/1147"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1131"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1131"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1131"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}