{"id":1120,"date":"2024-07-07T13:25:00","date_gmt":"2024-07-07T11:25:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=1120"},"modified":"2024-07-08T11:42:58","modified_gmt":"2024-07-08T09:42:58","slug":"amir-biglari-et-marion-colas-blaise-dir-les-deictiques-a-lepreuve-des-discours-et-des-pratiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2024\/07\/07\/amir-biglari-et-marion-colas-blaise-dir-les-deictiques-a-lepreuve-des-discours-et-des-pratiques\/","title":{"rendered":"Amir BIGLARI et Marion COLAS-BLAISE (dir.), Les D\u00e9ictiques \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des discours et des pratiques"},"content":{"rendered":"\n<p>Amir Biglari et Marion Colas-Blaise (dir.), <em>Les D\u00e9ictiques \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des discours et des pratiques<\/em>, Paris, Classiques Garnier (Collection \u00ab&nbsp;Rencontres&nbsp;\u00bb, n\u00b0 505), 2021.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet ouvrage a le but de creuser la complexit\u00e9 du fonctionnement des d\u00e9ictiques sous un angle th\u00e9orique et \u00e9pist\u00e9mologique s\u2019appuyant sur des corpus authentiques. Les quatre parties qui composent le volume se penchent sur des pratiques visuelles et interactionnelles d\u00e9passant les fronti\u00e8res des textes et des discours.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re partie, intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;Soubassements conceptuels&nbsp;\u00bb, est inaugur\u00e9e par la contribution de Dominique Maingueneau (\u00ab&nbsp;Entre philosophie et politique. S\u2019approprier l\u2019<em>ici<\/em> et le <em>maintenant<\/em>&nbsp;\u00bb, pp. 27-39) vou\u00e9e \u00e0 comprendre la fa\u00e7on dont le locuteur s\u2019approprie la situation d\u2019\u00e9nonciation via les d\u00e9ictiques au sein du discours philosophique (une allocution de Hegel \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Berlin) et du discours politique (un discours de campagne de Barack Obama). Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, l\u2019auteur se concentre sur la notion de <em>Kairos<\/em>, \u00e0 savoir \u00ab&nbsp;le moment d\u00e9cisif o\u00f9 il lui [au locuteur] faut prendre la parole, parler comme il est pr\u00e9cis\u00e9ment en train de faire&nbsp;\u00bb. &nbsp;Pour ce qui concerne Hegel, il s\u2019agit de comprendre comment la d\u00e9ixis spatiale du discours d\u2019ouverture de sa chaire universitaire fonde philosophiquement sa prise de parole et donc cet \u00e9v\u00e9nement \u00e9nonciatif. Quant au discours de B. Obama, prononc\u00e9 en 2007 dans la capitale de l\u2019Iowa, c\u2019est sa d\u00e9ixis temporelle qui est mise en avant \u00e0 travers l\u2019\u00e9vocation de grandes autorit\u00e9s politiques am\u00e9ricaines (Lincoln et King) dans le but de cristalliser son <em>Kairos<\/em>. La d\u00e9ixis est \u00e9tudi\u00e9e par l\u2019auteur dans la perspective d\u2019une double sc\u00e8ne g\u00e9n\u00e9rique (l\u2019institution universitaire et l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle) incarn\u00e9e par, d\u2019une part,&nbsp;le discours philosophie pour Hegel et, d\u2019autre part, le discours politique pour Obama.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article successif, sign\u00e9 par Jean-Fran\u00e7ois Bordron, (\u00ab&nbsp;Que montre-t-on exactement ? R\u00e9flexions sur une \u00e9nigme de la deixis&nbsp;\u00bb, pp. 41-51), attire l\u2019attention sur la double valeur du d\u00e9ictique \u00ab&nbsp;ceci&nbsp;\u00bb, \u00e0 la fois singuli\u00e8re et universelle. L\u2019auteur se concentre sur les fonctions des d\u00e9ictiques dans le but de&nbsp; montrer la stratification s\u00e9miotique des r\u00e9f\u00e9rents \u00e0 laquelle ils peuvent renvoyer. A cette fin, l\u2019auteur prend en examen la formule sacramentelle \u00abceci est mon corps&nbsp;\u00bb et son traitement de la part des Logiciens de Port-Royal. La r\u00e9f\u00e9rence du d\u00e9ictique \u00ab&nbsp;ceci&nbsp;\u00bb est, selon l\u2019auteur, intimement li\u00e9e \u00e0 l\u2019acte d\u2019\u00e9nonciation et elle fournit un cadre permettant au locuteur de se situer. Tel cadre se place, pourtant, dans une r\u00e9alit\u00e9 universelle dont le pronom d\u00e9monstratif \u00ab&nbsp;ceci&nbsp;\u00bb ne d\u00e9termine aucune singularit\u00e9 mais il dessine un espace formel de monstration \u00e9nonciative. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me contribution de Per Aage Brandt (\u00ab&nbsp;La deixis langagi\u00e8re. Approche s\u00e9miotique&nbsp;\u00bb, pp. 53-67) porte sur le r\u00f4le de la deixis langagi\u00e8re dans le cadre de la composante th\u00e9\u00e2trale des prises de parole et de la performativit\u00e9 du langage. Les gestes d\u00e9ictiques qui accompagnent une prise de parole sont des manifestations comparables aux signes de l\u2019\u00e9criture&nbsp;: la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 de la parole devrait, selon l\u2019auteur, \u00eatre inscrite dans une conception s\u00e9mantique plus ample englobant des perspectives grammaticales, cognitives, philosophiques et po\u00e9tique. Dans ce but, l\u2019auteur propose un tour d\u2019horizon des d\u00e9monstratifs, des articles et des shifters (pronoms personnels, exclamations, les temps verbaux, adverbes, le verbe d\u00e9fectif \u00ab&nbsp;voici-voil\u00e0&nbsp;\u00bb) pr\u00e9sents dans la langue fran\u00e7aise. &nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019avant-dernier article de cette section, propos\u00e9 par Denis Bertrand et Ver\u00f3nica Estay Stange (\u00ab&nbsp;Les propri\u00e9t\u00e9s d\u00e9ictiques du sensible&nbsp;\u00bb, pp. 69-81), creuse les propri\u00e9t\u00e9s d\u00e9ictiques du sensible dans le domaine de l\u2019art abstrait et de la musique. Les auteurs se concentrent sur le film de Piotr Kamler et Fran\u00e7ois Bayle <em>Lignes et points<\/em> de 1961 qui s\u2019articule autour d\u2019une lueur en mouvement sur l\u2019\u00e9cran. L\u2019exp\u00e9rience sensible non-verbale du visionnement du film est mise en relation avec l\u2019hypoth\u00e8se de la \u00ab&nbsp;musicalit\u00e9&nbsp;\u00bb (Stange, 2014,2018) qui postule qu\u2019apr\u00e8s la disparition des contenus figuratifs une deixis aspectuelle persiste et elle est inh\u00e9rente \u00e0 toutes les formes du langage. Les auteurs proposent ensuite un approfondissement sur la d\u00e9ictisation interne et externe&nbsp;: la premi\u00e8re est incarn\u00e9e par la lueur du film de Kamler qui est reconnue comme \u00e9tant la \u00ab&nbsp;m\u00eame&nbsp;\u00bb tandis que la seconde poss\u00e8de une nature auditive (le son) et une sorte d\u2019isotopie du sensible. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re contribution de la partie intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;Soubassements conceptuels&nbsp;\u00bb est sign\u00e9e par Herman Parret (\u00ab&nbsp;La deixis de l\u2019exp\u00e9rience esth\u00e9tique&nbsp;\u00bb, pp. 83-99) qui appr\u00e9hende les d\u00e9ictiques au sein de l\u2019exp\u00e9rience esth\u00e9tique. L\u2019auteur propose un \u00e9ventail de perspectives artistiques li\u00e9es \u00e0 la fruition d\u2019un \u0153uvre d\u2019art&nbsp;: tout d\u2019abord la pr\u00e9sence per\u00e7ue comme \u00e9preuve de la singularit\u00e9 et de la subjectivit\u00e9 d\u2019un \u00e9v\u00e9nement artistique&nbsp;; ensuite, la touche qui pr\u00e9suppose de s\u2019abandonner \u00e0 l\u2019\u00e9vidence d\u2019une pr\u00e9sence qui demande un contact immanent tangible (coup de pinceau) ou incorporel (le miroir)&nbsp;; enfin, un triple regard sur la dialectique esth\u00e9tique (r\u00e9surrection, incarnation, annonciation). L\u2019exp\u00e9rience esth\u00e9tique est con\u00e7ue par l\u2019auteur telle une confrontation entre la deixis dans le discours et la monstration d\u2019une \u0153uvre d\u2019art.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me partie du volume intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Les d\u00e9ictiques \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du discours verbal&nbsp;\u00bb d\u00e9bute par la contribution d\u2019Andr\u00e9 Petitjean (\u00ab&nbsp;Deixis spatiale et textes dramatiques. Emplois et modes d\u2019emploi des adverbes spatiaux ici et l\u00e0(-bas)&nbsp;\u00bb, pp. 103-122) focalis\u00e9e autour du fonctionnement de la deixis spatiale dans des \u0153uvres dramatiques. L\u2019auteur se concentre surtout sur les adverbes spatiaux <em>ici<\/em> et <em>l\u00e0(-bas)<\/em> mobilis\u00e9s dans un corpus riche d\u2019occurrences tir\u00e9es de diff\u00e9rents textes dramatiques: la nature fortement conversationnelle de ce genre textuel oscille entre une locativit\u00e9 mim\u00e9tique (donn\u00e9es contextuelles partag\u00e9es par les personnages dans un moment \u00e9nonciatif pr\u00e9cis) et di\u00e9g\u00e9tique (donn\u00e9es qui permettent d\u2019amplifier la repr\u00e9sentation fictionnelle au-del\u00e0 de l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 mim\u00e9tique). L\u2019auteur, \u00e0 travers un vaste r\u00e9pertoire d\u2019\u0153uvres dramatiques classiques et contemporaines, cherche donc \u00e0 saisir les fronti\u00e8res r\u00e9f\u00e9rentielles de chronotopes permettant le d\u00e9roulement des actions de toute fiction dramatique. &nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les pages 123-139 accueillent, ensuite, la contribution de Marion Colas-Blaise (\u00ab&nbsp;La deixis, les d\u00e9ictiques et la d\u00e9ictisation au risque du texte romanesque. La Modification de Michel Butor&nbsp;\u00bb) sur le double mouvement de la d\u00e9ictisation interne et externe \u00e0 travers l\u2019\u00e9tude de <em>La Modification<\/em> de Michel Butor. Sur cet \u0153uvre se sont d\u00e9j\u00e0 pench\u00e9s notamment Greimas et Court\u00e9s dans le but de mettre en \u00e9vidence la r\u00e9p\u00e9tition insistante de \u00ab&nbsp;vous&nbsp;\u00bb. L\u2019auteure sugg\u00e8re une probl\u00e9matique triple&nbsp;: premi\u00e8rement, dans quelle mesure le \u00ab&nbsp;vous&nbsp;\u00bb peut-il \u00eatre plac\u00e9 avant l\u2019\u00e9mergence du \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb dans le texte de Butor&nbsp;; deuxi\u00e8mement, comment le syntagme nominal d\u00e9monstratif pourrait-il permettre au protagoniste de ma\u00eetriser une r\u00e9alit\u00e9 qui lui \u00e9chappe&nbsp;; troisi\u00e8mement, la mani\u00e8re dont Butor met en sc\u00e8ne la d\u00e9ictisation par une ponctuation et une segmentation du texte particuli\u00e8res. &nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Successivement, l\u2019article d\u2019Amir Biglari (\u00ab&nbsp;Les d\u00e9ictiques et le partage passionnel dans la po\u00e9sie lyrique. Le cas des Contemplations de Victor Hugo&nbsp;\u00bb, pp. 141-158) interroge l\u2019effet pragmatique des d\u00e9ictiques dans l\u2019un des recueils les plus c\u00e9l\u00e8bres de la po\u00e9sie lyrique fran\u00e7aise, \u00e0 savoir <em>Les Contemplations<\/em> de Victor Hugo. L\u2019auteur prend en examen plusieurs cat\u00e9gories d\u2019expression d\u00e9ictiques ainsi que leurs effets pragmatiques. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, le lecteur n\u2019est pas envisag\u00e9 en tant qu\u2019\u00eatre empirique mais il incarne une position pr\u00e9cise \u00e0 laquelle les occurrences lyriques accordent des traits sp\u00e9cifiques. Dans ce but, l\u2019auteur \u00e9tudie les pronoms personnels d\u00e9ictiques, les traces \u00e9voquant le temps pr\u00e9sent (co\u00efncidence entre le dire et le dit), les marques d\u00e9limitant un seul point de vue par le biais de l\u2019espace ainsi que la monstration \u00e0 travers la mobilisation d\u2019une quantit\u00e9 importante d\u2019adjectifs et de pronoms d\u00e9monstratifs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude de Boris Barraud (\u00ab&nbsp;Les discours des juristes peu ouverts aux d\u00e9ictiques&nbsp;\u00bb, pp. 159-167) examine les d\u00e9ictiques dans le discours juridique&nbsp;: l\u2019auteur met en lumi\u00e8re la vocation \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 et \u00e0 l\u2019impersonnalit\u00e9 du discours du droit. Non seulement le droit r\u00e9siste aux d\u00e9ictiques (d\u00e9cisions, arr\u00eat\u00e9s, d\u00e9crets, circulaires, etc\u2026) mais les manuels et les ouvrages sp\u00e9cialis\u00e9s sur des probl\u00e9matiques judiciaires sont \u00e9galement ferm\u00e9s \u00e0 l\u2019emploi de ces moyens linguistiques. Cette contribution met ainsi l\u2019accent sur la distance qui existe entre l\u2019exigence du droit \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 juridique et l\u2019emploi des d\u00e9ictiques&nbsp;: le droit doit \u00eatre compris en dehors de tout ancrage d\u00e9ictique et par n\u2019importe quelle personne. Le contexte d\u2019\u00e9nonciation ne rev\u00eat donc aucune importance pour la bonne compr\u00e9hension du droit. Ce dernier a tout de m\u00eame besoin d\u2019un espace spatio-temporel qui ne doit pas se dire au moyen de d\u00e9ictiques.&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article d\u2019Odile Le Guern (\u00ab&nbsp;Deixis picturale. De l\u2019\u00e9nonc\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9nonciation&nbsp;\u00bb, pp. 171-180) ouvre la troisi\u00e8me partie du volume intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Les d\u00e9ictiques \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des discours visuel et syncr\u00e9tique&nbsp;\u00bb. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette contribution analyse les d\u00e9ictiques dans le cadre de l\u2019\u00e9nonciation visuelle \u00e0 travers l\u2019\u00e9tude de l\u2019\u0153uvre de Philippe de Champaigne <em>Saint Jean-Baptiste dans le d\u00e9sert<\/em>. La deixis picturale est repr\u00e9sent\u00e9e dans l\u2019\u0153uvre par le \u00ab&nbsp;regard cam\u00e9ra&nbsp;\u00bb que Jean-Baptiste adresse au spectateur dans le but de d\u00e9signer le Christ. La dimension temporelle est repr\u00e9sent\u00e9e par un pr\u00e9sent it\u00e9ratif qui se r\u00e9actualise \u00e0 chaque fois que le regard supra-mentionn\u00e9 croise celui des visiteurs du Mus\u00e9e de Grenoble. Ce regard, qui s\u2019adresse au spectateur, construit un espace de contre-champ entre le tableau et le spectateur&nbsp;: le dialogue entre les personnages du tableau et les spectateurs se concr\u00e9tise par un espace repr\u00e9sent\u00e9 et un espace de repr\u00e9sentation typiques de la deixis picturale. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article suivant, sign\u00e9 par Jean-Marie Klinkenberg (\u00ab&nbsp;Les deixis dans la relation texte-image&nbsp;\u00bb, pp. 181-199) se concentre sur les d\u00e9ictiques dans les relations entre texte et image. L\u2019auteur de cette contribution vise \u00e0 \u00e9tudier la deixis en tant qu\u2019outil pour structurer un espace s\u00e9miotique. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, un \u00e9nonc\u00e9 pluricodique mobilisant \u00e0 la fois ic\u00f4ne et \u00e9criture (\u00e9nonc\u00e9 scripto-ic\u00f4nique) peut mobiliser des traces diff\u00e9rentes de d\u00e9ixis&nbsp;: les d\u00e9monstratifs, les embrayeurs et les termes d\u2019adresse. &nbsp;Les occurrences propos\u00e9es rel\u00e8vent du genre de la publicit\u00e9 \u00e9tant donn\u00e9 la primaut\u00e9 de la relation scripto-iconique.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le texte de Jean-Claude Soulages (\u00ab&nbsp;Le double corps du regardeur, les images et leurs d\u00e9ictiques&nbsp;\u00bb, pp. 201-221) analyse les d\u00e9ictiques iconiques, plastiques et cin\u00e9tiques. Selon l\u2019auteur, la deixis des messages visuels se concr\u00e9tise par un effet de regard et non pas par un effet de miroir. De plus, ce regard permet de modifier le statut du spectateur qui pourrait passer de sujet percevant \u00e0 sujet agissant. Le point de vue de l\u2019observateur occupe donc une position de taille qui permet de se d\u00e9doubler&nbsp;: d\u2019une part, le sujet percevant qui active une vision du dehors comme s\u2019il \u00e9tait un spectateur membre du public, d\u2019autre part, le sujet percevant peut se manifester par un regard du dedans incorpor\u00e9e \u00e0 la sc\u00e8ne figur\u00e9e dans le tableau.<\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re contribution de cette section soumise par Sylvie P\u00e9rineau-Lorenzo (\u00ab\u00a0Deixis et audiovisuel. De la qu\u00eate d\u2019un site \u00e9nonciatif vers une deixis spectatorielle\u00a0\u00bb, pp. 223-242) \u00e9tudie les enjeux de la deixis dans les productions audiovisuelles. L\u2019auteur travaille un corpus exploratoire compos\u00e9 de trois film <em>Suture <\/em>(McGehee &amp; Siegel, 1993), <em>Usual suspects<\/em> (Singer, 1995) et <em>Crosswind<\/em>, <em>la crois\u00e9e des vents<\/em> (Helde, 2014) et d\u2019une s\u00e9rie <em>Calls<\/em> (Hochet, 2017). Le cadre th\u00e9orique int\u00e9gr\u00e9 par cette contribution est celui d\u2019une conception multimodale et s\u00e9mio-pragmatique de l\u2019audiovisuel. Le champ de la perception est, dans le\u00a0 corpus pris en examen, soumis \u00e0 trois types de deixis\u00a0: une deixis anaphorique (r\u00e9cit fictif), une deixis indicielle (champ de la production filmique) et une troisi\u00e8me deixis indexicale (visionnement au pr\u00e9sent de l\u2019ouvrage filmique).<\/p>\n\n\n\n<p>La quatri\u00e8me partie du volume intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;Les d\u00e9ictiques \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des pratiques&nbsp;\u00bb est compos\u00e9e de trois articles dont le premier, sign\u00e9 par Ivan Darrault-Harris (\u00ab&nbsp;Du bon usage des d\u00e9ictiques en psychoth\u00e9rapie. D\u00e9fense et illustration du d\u00e9brayage \u00e9noncif&nbsp;\u00bb, pp. 245-251), s\u2019int\u00e9resse au fonctionnement des d\u00e9ictiques en psychoth\u00e9rapie. Plus sp\u00e9cifiquement, l\u2019auteur adopte la th\u00e9orie de l\u2019ellipse \u00e9labor\u00e9e par Klein qui postule la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9placer l\u2019\u00e9nonciation du patient vers un d\u00e9brayage \u00e9noncif. Ainsi, l\u2019Art-th\u00e9rapie permet \u00e0 l\u2019auteur de cadrer le d\u00e9brayage \u00e9noncif des manifestations cr\u00e9atives du patient.<\/p>\n\n\n\n<p>Valeria De Luca pr\u00e9sente ensuite une r\u00e9flexion portant sur la variabilit\u00e9 prax\u00e9ologique de gestes \u00e0 vocation d\u00e9ictique en danse (\u00ab&nbsp;Les gestes dans\u00e9s ont-ils une \u00ab vocation \u00bb d\u00e9ictique ? L\u2019exemple de l\u2019esquisse et du marquage dans le tango argentin&nbsp;\u00bb, pp. 253-273). La contribution vise \u00e0 comprendre si certains gestes dans\u00e9s peuvent activer des fonctions d\u00e9ictiques telles qu\u2019on les rep\u00e8re dans le langage verbal. La relation prise en examen se situe donc entre le geste, le langage et les pratiques du tango argentin&nbsp;: l\u2019auteur pr\u00e9sente les cas de l\u2019esquisse et du marquage qui sont des gestes \u00e0 vocation d\u00e9ictique. Plut\u00f4t que de d\u00e9ictiques \u00e0 proprement parler.<\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re contribution propos\u00e9e par Julien Thiburce (\u00ab L\u00e0 c\u2019est ici hein \u00bb La deixis entre interactions in vivo et m\u00e9diations tierces de la ville&nbsp;\u00bb, pp. 275-292) concerne l\u2019analyse des d\u00e9ictiques dans une exp\u00e9rience de balade urbaine guid\u00e9e. L\u2019auteur explore un corpus d\u2019enregistrements audiovisuels li\u00e9s \u00e0 deux balades urbaines guid\u00e9es sur le th\u00e8me de <em>l\u2019Esprit skate<\/em> (Thiburce, 2018). Le corps et la photographie occupent une position de premier plan au sein de la r\u00e9flexion soumise par cette contribution&nbsp;: le corps est mobilis\u00e9 lors de l\u2019espace du parcours de la ville tandis que le m\u00eame espace est repr\u00e9sent\u00e9 par la m\u00e9diation photographi\u00e9e de la ville. La tension entre indexicalit\u00e9 verbale (le discours sur le projet des balades) et indexicalit\u00e9 non-verbale (le design du mobilier urbain con\u00e7u pour les balades) construit une rh\u00e9torique stratifi\u00e9e (verbale, visuelle et architecturale).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les nombreuses contributions du volume photographient ainsi diff\u00e9rentes facettes de la d\u00e9ixis, des d\u00e9ictiques et de la d\u00e9ictisation.<\/p>\n\n\n\n<p>[Silvia MODENA]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Amir Biglari et Marion Colas-Blaise (dir.), Les D\u00e9ictiques \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des discours et des pratiques, Paris, Classiques Garnier (Collection \u00ab&nbsp;Rencontres&nbsp;\u00bb, n\u00b0 505), 2021. Cet ouvrage a le but de creuser la complexit\u00e9 du fonctionnement des d\u00e9ictiques sous un angle th\u00e9orique et \u00e9pist\u00e9mologique s\u2019appuyant sur des corpus authentiques. Les quatre parties qui composent le volume se\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2024\/07\/07\/amir-biglari-et-marion-colas-blaise-dir-les-deictiques-a-lepreuve-des-discours-et-des-pratiques\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[45],"tags":[],"class_list":["post-1120","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n52"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1120"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1120"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1120\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1156,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1120\/revisions\/1156"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1120"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1120"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1120"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}