{"id":1112,"date":"2024-07-07T18:34:57","date_gmt":"2024-07-07T16:34:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=1112"},"modified":"2024-07-08T11:42:27","modified_gmt":"2024-07-08T09:42:27","slug":"vincent-balnat-christophe-gerard-dir-neologie-et-environnement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2024\/07\/07\/vincent-balnat-christophe-gerard-dir-neologie-et-environnement\/","title":{"rendered":"Vincent BALNAT, Christophe G\u00c9RARD (dir.), N\u00e9ologie et environnement"},"content":{"rendered":"\n<p>Vincent BALNAT, Christophe G\u00c9RARD (dir.), <em>N\u00e9ologie et environnement<\/em>, <em>Neologica <\/em>n\u00b0 16, 2022, 282 p.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce num\u00e9ro est enti\u00e8rement consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la n\u00e9ologie environnementale. Dans leur texte introductif (\u00ab&nbsp;La n\u00e9ologie environnementale et la notion de domaine&nbsp;\u00bb, p. 17-25), Vincent Balnat et Christophe G\u00e9rard pr\u00e9sentent l\u2019int\u00e9r\u00eat de la th\u00e9matique du point de vue lexicologique, notamment en ce qui concerne la description des modes de formation et de diffusion des innovations lexicales li\u00e9es \u00e0 l\u2019environnement, et du point de vue discursif&nbsp;: l\u2019environnement est-il un \u00ab&nbsp;domaine&nbsp;\u00bb \u00e0 proprement parler ou plut\u00f4t \u00ab&nbsp;une sorte de prisme th\u00e9matique&nbsp;\u00bb au carrefour d\u2019une pluralit\u00e9 de discours&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019article inaugural (\u00ab\u00a0La notion de domaine en question. \u00c0 propos de l\u2019environnement\u00a0\u00bb, p. 27-59), Val\u00e9rie Delavigne interroge la pertinence de l\u2019ad\u00e9quation de la notion de <em>domaine<\/em> pour rendre compte de la complexit\u00e9 des discours sur l\u2019environnement. De mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, les domaines, qu\u2019elle d\u00e9finit comme ensembles de pratiques discursives, se caract\u00e9risent par une h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 externe (ils sont travers\u00e9s par une pluralit\u00e9 de disciplines) et interne (pluralit\u00e9 des points de vue \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de chaque domaine). Comme l\u2019illustre tr\u00e8s clairement l\u2019\u00e9tude des questions environnementales, il s\u2019agit de passer \u00ab\u00a0d\u2019une vision centr\u00e9e sur le terme \u00e0 une perspective qui prend en compte les discours et les textes (\u00e9crits et oraux) via les enjeux sociolectaux, les normes discursives et les objets de discours\u00a0\u00bb (p. 41).<\/p>\n\n\n\n<p>Pauline Bureau (\u00ab&nbsp;Changement climatique, changement linguistique&nbsp;? Extraction semi-automatique et analyse des n\u00e9ologismes issus du domaine du changement climatique&nbsp;\u00bb, p. 62-83) propose une m\u00e9thodologie innovante pour l\u2019extraction des n\u00e9ologismes li\u00e9s au changement climatique d\u2019origine anthropique. Cette approche, fond\u00e9e sur une approche semi-automatis\u00e9e (extraction d\u2019unit\u00e9s terminologiques et de candidats n\u00e9ologismes, suivie d\u2019un processus de validation manuelle sur la base d\u2019un corpus d\u2019exclusion), permet l\u2019identification de 40 d\u00e9nominations n\u00e9ologiques, qui s\u2019inscrivent dans une relation d\u2019interface avec un autre domaine sp\u00e9cialis\u00e9, avec la langue courante et avec des variantes synonymiques ou des hyponymes d\u2019unit\u00e9s appartenant au domaine du changement climatique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cadre du projet franco-italien Galil\u00e9e (2020-2022), Jana Altmanova, Emmanuel Cartier, Jimmy Luzzi, Sarah Pinto et Sergio Piscopo (\u00ab&nbsp;Innovations lexicales dans le domaine de l\u2019environnement et de la biodiversit\u00e9. Le cas de <em>bio <\/em>en fran\u00e7ais et en italien&nbsp;\u00bb, p. 85-110) m\u00e8nent une \u00e9tude outill\u00e9e des n\u00e9ologismes fran\u00e7ais et italiens appartenant au domaine du climat et de la biodiversit\u00e9. Les auteur.e.s ont constitu\u00e9 un vaste corpus comparable et sp\u00e9cialis\u00e9, qui leur a permis d\u2019identifier un certain nombre de formants relevant du domaine en question (<em>agri\/o-<\/em>, <em>bio-<\/em>, <em>climato-<\/em>, <em>\u00e9co-eco<\/em>, etc.). Ils se concentrent sur le formant <em>bio-<\/em>, son \u00e9volution formelle et s\u00e9mantique ainsi que les nombreux n\u00e9ologismes auxquels il a donn\u00e9 lieu, en pr\u00eatant une attention particuli\u00e8re aux proc\u00e9d\u00e9s n\u00e9ologiques \u00e0 l\u2019\u0153uvre (dont la composition) et aux emplois autonomes de <em>bio <\/em>(troncation de <em>biologique<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Georgette Dal et Fiammetta Namer (\u00ab&nbsp;<em>\u00c9co<\/em>&#8211; lave plus vert, et il lave toute la famille&nbsp;\u00bb, p. 111-128) analysent de mani\u00e8re approfondie un vaste groupe de lex\u00e8mes issus du patron de formation [\u00e9co-X]&nbsp;: si, du point de vue s\u00e9mantique, on constate un certain flou dans les s\u00e9quences cr\u00e9\u00e9es, qui demandent \u00e0 \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es en contexte, on rel\u00e8ve du point de vue morphologique une quasi-absence de contraintes (cat\u00e9gorielles, phonologiques, morphologiques ou s\u00e9mantiques), ce qui favorise&nbsp;la cr\u00e9ation de familles d\u00e9rivationnelles. Par ailleurs, <em>\u00e9co-<\/em>,souvent associ\u00e9 \u00e0 des mots comme <em>mobilit\u00e9<\/em>, <em>village<\/em>, <em>industrie <\/em>et <em>tourisme<\/em>, entre en concurrence avec toute une s\u00e9rie de d\u00e9nominations concurrentes (par ex. <em>mobilit\u00e9 \u00e9cologique<\/em>, <em>industrie durable<\/em>, <em>tourisme vert<\/em>, etc.).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son article, Yvonne Kiegel-Keicher (\u00ab\u00a0<em>Bio<\/em>&#8211; et <em>\u00e9co<\/em>-. Proc\u00e9d\u00e9s de cr\u00e9ation lexicale dans la terminologie environnementale officielle fran\u00e7aise\u00a0\u00bb, p. 129-149) se penche sur les entr\u00e9es de la base <em>FranceTerme<\/em> qui rel\u00e8vent du domaine de l\u2019environnement, notamment celles comportant les confixes <em>bio- <\/em>et <em>\u00e9co-<\/em>. La grande majorit\u00e9 des unit\u00e9s lexicales sont des confix\u00e9s hybrides qui, en g\u00e9n\u00e9ral, pr\u00e9sentent un lien \u00e9vident avec l\u2019anglicisme qu\u2019ils remplacent\u00a0: il en r\u00e9sulte des calques par traduction (comme <em>bio\u00e9nergie <\/em>pour <em>bioenergy<\/em>) et par transposition (<em>biosourc\u00e9 <\/em>pour <em>biobased<\/em>), qui divergent de la structure d\u00e9termin\u00e9-d\u00e9terminant, habituelle en fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p>Aline Francoeur (\u00ab&nbsp;Entre climato-alarmistes et climato-d\u00e9n\u00e9gateurs. Une saga n\u00e9ologique de notre temps&nbsp;\u00bb, p. 151-171) se concentre sur le foisonnement n\u00e9ologique qui caract\u00e9rise les d\u00e9nominations de deux camps adverses&nbsp;: d\u2019un c\u00f4t\u00e9, ceux qui soulignent l\u2019urgence de la lutte contre le changement climatique, de l\u2019autre, le groupement h\u00e9t\u00e9roclite des \u00ab&nbsp;climatosceptiques&nbsp;\u00bb. \u00c0 partir d\u2019un \u00e9chantillon de 313 n\u00e9ologismes, elle d\u00e9gage trois sous-ensembles&nbsp;: les noms d\u00e9signant des \u00ab&nbsp;doctrines&nbsp;\u00bb, leurs partisans et les adjectifs en lien avec ces doctrines. Francoeur \u00e9tudie les lexies de base (dont l\u2019emprunt adapt\u00e9 <em>d\u00e9nialiste<\/em>), la productivit\u00e9 de certains formants, la fr\u00e9quence d\u2019emploi des n\u00e9ologismes (la majorit\u00e9 d\u2019entre eux ne figurant que dans un petit nombre de documents) et leur dur\u00e9e d\u2019utilisation (apparition, disparition et cohabitation).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa contribution, Erica Lippert (\u00ab&nbsp;Strat\u00e9gies argumentatives et n\u00e9ologismes dans la communication de Greenpeace. <em>\u00c9cocide <\/em>et <em>climaticide <\/em>sur Instagram&nbsp;\u00bb, p. 173-202) explore les strat\u00e9gies communicatives de l\u2019ONG Greenpeace sur les r\u00e9seaux sociaux en se concentrant sur deux n\u00e9ologismes, <em>\u00e9cocide <\/em>et <em>climaticide<\/em>, dont elle examine la pr\u00e9sence dans un corpus de 450 publications (2014-2021). Gr\u00e2ce \u00e0 une approche argumentative ax\u00e9e sur&nbsp;la dimension performative du discours, Lippert montre que les deux termes ont une vis\u00e9e \u00ab&nbsp;path\u00e9mique&nbsp;\u00bb, participant \u00ab&nbsp;\u00e0 une rh\u00e9torique de l\u2019indignation, de le peur et de la douleur&nbsp;\u00bb (p. 197) et engageant la responsabilit\u00e9 de l\u2019action humaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Silvia Domenica Zollo (\u00ab&nbsp;Les n\u00e9ologismes de Glenn Albrecht face au changement \u00e9cologique. Entre cr\u00e9ativit\u00e9 lexicale et bouleversement \u00e9motionnel&nbsp;\u00bb, p. 203-221) explore les innombrables cr\u00e9ations lexicales dans la traduction fran\u00e7aise de l\u2019ouvrage de Glenn Albrecht <em>Earth \u00c9motions. New words for a new world <\/em>(2019). Il s\u2019agit d\u2019une n\u00e9ologie \u00ab&nbsp;complexe qui remet en cause les fronti\u00e8res entre n\u00e9ologie d\u00e9nominative et n\u00e9ologie litt\u00e9raire ou connotative&nbsp;\u00bb (p. 208). Parmi les proc\u00e9d\u00e9s de cr\u00e9ation, elle rel\u00e8ve des compositions savantes (<em>\u00e9coagnosie<\/em>) ou hybrides (<em>tierratrauma<\/em>), mais aussi des mots suffix\u00e9s, accompagn\u00e9s de marqueurs typographiques ou de gloses. Les n\u00e9ologismes sont aussi cr\u00e9\u00e9s par analogie ou par \u00ab&nbsp;rafales&nbsp;\u00bb (p. 215), donnant lieu \u00e0 des s\u00e9ries d\u2019occasionnalismes (ex. <em>end\u00e9mophilie<\/em>, <em>soliphilie<\/em>, etc.).<\/p>\n\n\n\n<p>Manuela Yapomo et Ga\u00ebl Lejeune (\u00ab&nbsp;Les innovations lexicales dans le domaine des \u00e9nergies renouvelables. Exploitation du contraste de corpus comme moyen de rep\u00e9rage&nbsp;\u00bb, p. 223-245) proposent une m\u00e9thode d\u2019extraction semi-automatique des n\u00e9ologismes, reposant sur la comparaison d\u2019un petit corpus de textes de r\u00e9f\u00e9rence sur le th\u00e8me des \u00e9nergies renouvelables (2005-2014) et d\u2019un corpus g\u00e9n\u00e9rique de presse fran\u00e7aise (<em>L\u2019Est R\u00e9publicain<\/em>, de 1999 \u00e0 2010)&nbsp;; par la suite, ils ont recours \u00e0 la base de textes <em>Europresse <\/em>afin de \u00ab&nbsp;retracer l\u2019\u00e9mergence et la diffusions des innovations terminologiques relev\u00e9es&nbsp;\u00bb (p. 231). L\u2019\u00e9tude se focalise sur trois types d\u2019innovations&nbsp;: polylexicale (<em>\u00e9olien maritime<\/em>), s\u00e9mantique (<em>\u00e9nergie verte<\/em>) et syntaxique (comme dans la substantivation <em>l\u2019\u00e9olien<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>[Giovanni TALLARICO]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vincent BALNAT, Christophe G\u00c9RARD (dir.), N\u00e9ologie et environnement, Neologica n\u00b0 16, 2022, 282 p. Ce num\u00e9ro est enti\u00e8rement consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la n\u00e9ologie environnementale. Dans leur texte introductif (\u00ab&nbsp;La n\u00e9ologie environnementale et la notion de domaine&nbsp;\u00bb, p. 17-25), Vincent Balnat et Christophe G\u00e9rard pr\u00e9sentent l\u2019int\u00e9r\u00eat de la th\u00e9matique du point de vue lexicologique, notamment\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2024\/07\/07\/vincent-balnat-christophe-gerard-dir-neologie-et-environnement\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[45],"tags":[],"class_list":["post-1112","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n52"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1112"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1112"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1112\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1162,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1112\/revisions\/1162"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1112"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1112"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1112"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}