{"id":1110,"date":"2024-07-07T18:47:06","date_gmt":"2024-07-07T16:47:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=1110"},"modified":"2024-07-08T11:42:18","modified_gmt":"2024-07-08T09:42:18","slug":"bahareh-ghanadzadeh-yazdi-la-metaphore-en-traductologie-la-theorie-des-formes-semantiques-et-the-hunger-games","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2024\/07\/07\/bahareh-ghanadzadeh-yazdi-la-metaphore-en-traductologie-la-theorie-des-formes-semantiques-et-the-hunger-games\/","title":{"rendered":"Bahareh GHANADZADEH YAZDI, La M\u00e9taphore en traductologie. La th\u00e9orie des formes s\u00e9mantiques et The Hunger Games"},"content":{"rendered":"\n<p>GHANADZADEH YAZDI Bahareh, <em>La M\u00e9taphore en traductologie. La th\u00e9orie des formes s\u00e9mantiques et <\/em>The Hunger Games, Paris, Classiques Garnier (coll. Translatio n\u00b014), 2023, pp. 301.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage, pr\u00e9fac\u00e9 par Magdalena NOWOTNA, se consacre \u00e0 la question th\u00e9orique et traductive de la m\u00e9taphore dans la quadrilogie <em>The Hunger Games<\/em> de la romanci\u00e8re Suzanne Collins.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re partie intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;\u00c9volution des travaux sur la m\u00e9taphore et cons\u00e9quences traductologiques&nbsp;\u00bb (pp.&nbsp;21-72) offre un cadre th\u00e9orique d\u00e9taill\u00e9 sur la m\u00e9taphore et les questions traductologiques. L\u2019auteure \u00e9voque le caract\u00e8re extraordinaire de la m\u00e9taphore citant la <em>Po\u00e9tique<\/em> et la <em>Rh\u00e9torique<\/em> d\u2019Aristote. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, la po\u00e9tique remarque la profondeur de la m\u00e9taphore comme \u00ab&nbsp;un objet d\u2019art susceptible de conduire \u00e0 l\u2019\u00e9puration des \u00e9motions, \u00e0 une catharsis&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;22)&nbsp;; de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, la rh\u00e9torique souligne le r\u00f4le de la m\u00e9taphore comme moyen technique de persuasion. Chez Aristote la m\u00e9taphore devient un ph\u00e9nom\u00e8ne de cr\u00e9ation de sens et elle est li\u00e9e \u00e0 la th\u00e9orie des formes s\u00e9mantiques. Dans sa d\u00e9finition de m\u00e9taphore, Dumarsais remarque le r\u00f4le du transfert de \u00ab&nbsp;la signification propre d\u2019un nom \u00e0 une autre signification qui ne lui convient qu\u2019en vertu d\u2019une comparaison qui est dans l\u2019esprit&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;29). Fontanier distingue la m\u00e9taphore comme figure de style de la m\u00e9taphore-catachr\u00e8se qu\u2019il d\u00e9finit comme le r\u00e9sultat d\u2019une extension du sens primitif et elle est caract\u00e9ris\u00e9e par la fonction de combler un manque lexical. L\u2019auteure cite aussi Genette qui d\u00e9finit la m\u00e9taphore comme \u00ab&nbsp;un des rares termes survivant d\u2019un grand naufrage de la rh\u00e9torique, et cette survie miraculeuse n\u2019est pas \u00e9videmment ni fortuite ni insignifiante&nbsp;\u00bb (Genette 1970&nbsp;: 166, cit\u00e9 \u00e0 page&nbsp;38). La dimension de l\u2019\u00ab&nbsp;innovation s\u00e9mantique&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;l\u2019exp\u00e9rience vive&nbsp;\u00bb de la m\u00e9taphore est trait\u00e9e citant Ricoeur comme d\u00e9fenseur. Selon Ricoeur, la m\u00e9taphore repr\u00e9sente \u00ab&nbsp;la capacit\u00e9 de produire un sens nouveau, au point de l\u2019\u00e9tincelle de sens o\u00f9 une incompatibilit\u00e9 s\u00e9mantique s\u2019effondre dans la confrontation de plusieurs niveaux de signification, pour produire une signification nouvelle qui n\u2019existe que sur la ligne de fracture des champs s\u00e9mantiques&nbsp;\u00bb (Ricoeur 2017&nbsp;: 157, cit\u00e9 \u00e0 page&nbsp;41).<\/p>\n\n\n\n<p>En particulier, l\u2019auteure propose des conclusions traductologiques tir\u00e9es de l\u2019ouvrage <em>Sur la traduction<\/em> de Ricoeur (2004)\u00a0: d\u2019abord, le traducteur doit consid\u00e9rer le r\u00f4le de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 dans la production du sens m\u00e9taphorique et en m\u00eame temps il doit valoriser la fonction po\u00e9tique du texte\u00a0; ensuite, le traducteur doit remarquer le ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019innovation s\u00e9mantique et proposer un \u00e9nonc\u00e9 ressenti comme in\u00e9dit afin de cr\u00e9er l\u2019\u00e9v\u00e9nement s\u00e9mantique par le biais de la m\u00e9taphore\u00a0; enfin, le traducteur devient un philosophe, gr\u00e2ce \u00e0 la dimension ontologique du langage perceptible dans l\u2019\u00e9nonc\u00e9 m\u00e9taphorique.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteure consacre une partie du chapitre \u00e0 la dimension s\u00e9miotique de la m\u00e9taphore citant Umberto Eco. Selon Eco, la m\u00e9taphore est scandaleuse car elle est \u00ab&nbsp;un m\u00e9canisme s\u00e9miotique qui appara\u00eet dans presque tous les syst\u00e8mes de signes, mais de fa\u00e7on telle qu\u2019elle renvoie l\u2019explication linguistique \u00e0 des m\u00e9canismes s\u00e9miotiques qui ne sont pas propres \u00e0 la langue parl\u00e9e&nbsp;\u00bb (Eco, 1988&nbsp;: 141, cit\u00e9 \u00e0 page&nbsp;47). Eco affirme que faire des m\u00e9taphores, c\u2019est en quelque sorte mentir car celui qui fait une m\u00e9taphore parle de fa\u00e7on peu claire \u00e0 travers une information vague afin de parler d\u2019autre chose. En particulier, le processus de traduction de la m\u00e9taphore fait l\u2019objet d\u2019une n\u00e9gociation \u00e9labor\u00e9e par le traducteur \u00ab&nbsp;en mettant l\u2019accent dans chaque expression m\u00e9taphorique sur un premier mat\u00e9riau s\u00e9mantique non r\u00e9f\u00e9rentiel \u00e0 proprement parler&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;49).<\/p>\n\n\n\n<p>Un exemple int\u00e9ressant est repr\u00e9sent\u00e9 par l\u2019\u00e9nonc\u00e9 m\u00e9taphorique tir\u00e9 du premier tome de <em>The Hunger Games<\/em>. Ce passage est un discours prononc\u00e9 par la protagoniste et narratrice Katniss Everdeen d\u00e9crivant les combats pendant les Jeux organis\u00e9s par le Capitole&nbsp;: \u00ab&nbsp;People to weed out before the real fun begins&nbsp;\u00bb (Collins, 2008&nbsp;: 36) qui a \u00e9t\u00e9 traduit par Guillaume Fournier de cette mani\u00e8re&nbsp;: \u00ab&nbsp;Des adversaires \u00e0 \u00e9liminer avant que les choses s\u00e9rieuses ne commencent pour de bon&nbsp;\u00bb (Collins, 2009&nbsp;: 31). La m\u00e9taphore <em>weed out <\/em>est utilis\u00e9e pour d\u00e9crire le destin de certains habitants condamn\u00e9s \u00e0 mort par le Capitole, un gouvernement caract\u00e9ris\u00e9 par la cruaut\u00e9&nbsp;: vingt-quatre adolescents sont tir\u00e9s au sort et ils sont mis en comp\u00e9tition dans une terrible lutte dont il y aura un seul vainqueur. Ces participants sont d\u00e9crits comme des \u00ab&nbsp;mauvaises herbes&nbsp;\u00bb (<em>weeds<\/em>) car la survie de Katniss d\u00e9pend de leur chute et leur d\u00e9faite. Katniss aussi est consid\u00e9r\u00e9e comme de la \u00ab&nbsp;mauvaise herbe&nbsp;\u00bb parce qu\u2019elle vient du pire district, le district 12, dont les tributs ont rarement gagn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La conclusion de cette partie est consacr\u00e9e \u00e0 des remarques de Landheer (2002) sur la m\u00e9taphore consid\u00e9rant une vari\u00e9t\u00e9 de cat\u00e9gories&nbsp;: la m\u00e9taphore po\u00e9tique ou cr\u00e9ative, vive, courante, cod\u00e9e, clich\u00e9, us\u00e9e, morte. En particulier, l\u2019auteure propose aussi des r\u00e9flexions sur la nature de la m\u00e9taphore et les positions th\u00e9oriques qui se basent sur le transfert d\u2019Aristote, l\u2019opposition entre sens propre et sens figur\u00e9 de Fontanier, la mention de sens litt\u00e9ral et sens figur\u00e9 de Langacker, la distinction entre tropes diffus et tropes ponctuels de Prandi (2002), les isotopies de la s\u00e9mantique interpr\u00e9tative de Rastier.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la deuxi\u00e8me partie de l\u2019ouvrage intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;La traduction de la m\u00e9taphore d\u2019apr\u00e8s les traductologues contemporains&nbsp;\u00bb (pp.&nbsp;73-110), l\u2019auteure s\u2019int\u00e9resse au cadre de la traduction litt\u00e9raire puisque le corpus constitu\u00e9 se consacre \u00e0 la litt\u00e9rature de jeunesse. \u00c0 travers les analyses de la m\u00e9taphore men\u00e9es par les traductologues, l\u2019auteure distingue deux courants&nbsp;: d\u2019un c\u00f4t\u00e9, un courant \u00ab&nbsp;fonctionnaliste&nbsp;\u00bb qui consid\u00e8re la th\u00e9orie interpr\u00e9tative de Danica Seleskovitch et Marianne Lederer, la th\u00e9orie du skopos de Hans Vermeer et Katharina Reiss, la th\u00e9orie du polysyst\u00e8me de Toury Gideon et Itamar Even-Zohar, les normes sociologiques et \u00e9thiques d\u2019Antoine Berman et Lawrence Venuti&nbsp;; de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, un courant qui consid\u00e8re la m\u00e9taphore comme r\u00e9v\u00e9latrice d\u2019une exp\u00e9rience de la subjectivit\u00e9 dans le langage et elle devient un <em>mode de connaissance<\/em>. La th\u00e9orie interpr\u00e9tative de la traduction propose une avanc\u00e9e qui consiste \u00e0 avoir remarqu\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019analyser le sens du discours. En fait, si la th\u00e9orie linguistique parlait de \u00ab&nbsp;correspondances&nbsp;\u00bb entre \u00e9l\u00e9ments linguistiques, la traduction interpr\u00e9tative est une traduction par \u00ab&nbsp;\u00e9quivalences&nbsp;\u00bb entre textes. Ainsi le protocole de traduction se d\u00e9veloppe en trois \u00e9tapes&nbsp;: d\u2019abord, l\u2019interpr\u00e9tation ou la compr\u00e9hension&nbsp;; ensuite, la d\u00e9verbalisation et enfin, la reformulation. Selon cette perspective, le sens se r\u00e9duit \u00e0 une dimension d\u00e9notative et conceptuelle, o\u00f9 la m\u00e9taphore est con\u00e7ue comme un \u00e9cart par rapport \u00e0 la norme.<\/p>\n\n\n\n<p>La th\u00e9orie du skopos de Vermeer peut aider au moment de la traduction de la m\u00e9taphore, gr\u00e2ce \u00e0 la d\u00e9termination de la fonction de la m\u00e9taphore dans le texte source afin de la reproduire dans le texte cible. Dans les textes communicatifs, le focus est sur le rep\u00e9rage d\u2019une image capable de produire le m\u00eame effet communicationnel&nbsp;; dans les textes expressifs, la recherche se propose de trouver une m\u00e9taphore \u00e9quivalente dans le texte cible qui sera traduite selon ses degr\u00e9s de m\u00e9taphoricit\u00e9. Dans la th\u00e9orie du skopos, les \u00e9nonc\u00e9s m\u00e9taphoriques doivent tenir compte de la r\u00e9ception du lecteur et pour ce qui concerne les m\u00e9taphores \u00e0 traduire tir\u00e9es de <em>The Hunger Games<\/em>, le traducteur devra consid\u00e9rer le texte de litt\u00e9rature de jeunesse appartenant au genre de la science-fiction avant de proposer ses choix traductifs et adapter sa traduction pour le lectorat cible.<\/p>\n\n\n\n<p>Les <em>Translations studies<\/em> sont un outil int\u00e9ressant en critique des traductions et cette approche descriptive peut aider le traducteur au moment de l\u2019adoption des normes d\u2019un syst\u00e8me de r\u00e9f\u00e9rence et des cons\u00e9quences sur l\u2019\u0153uvre litt\u00e9raire. Les <em>Translations studies<\/em> aident pour la d\u00e9termination d\u2019un cadre de normes culturelles dans lequel se situer, mais ils ne fournissent pas une m\u00e9thodologie de la traduction. Lawrence Venuti (1995) explore la notion de fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 une culture et il remarque deux strat\u00e9gies de traduction qui s\u2019offrent au traducteur&nbsp;: le d\u00e9paysement (<em>foreignization<\/em>) et la domestication (<em>domestication<\/em>). Le d\u00e9paysement concerne la visibilit\u00e9 du traducteur&nbsp;; la domestication est caract\u00e9ris\u00e9e par son invisibilit\u00e9 pendant le processus de traduction. La notion de <em>transparency<\/em> \u00e9voqu\u00e9e par Venuti est consid\u00e9r\u00e9e dans le sens de <em>fluent discourse<\/em> et elle est le r\u00e9sultat des choix et des efforts faits par les traducteurs afin d\u2019assurer une lisibilit\u00e9 au texte cible.<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me partie \u00ab\u00a0La litt\u00e9rature am\u00e9ricaine de jeunesse et ses m\u00e9taphores\u00a0\u00bb (pp.\u00a0111-148) se consacre \u00e0 l\u2019\u00e9volution de la litt\u00e9rature de jeunesse, consid\u00e9rant la litt\u00e9rature am\u00e9ricaine de ce genre et la quadrilogie \u00e9crite par Suzanne Collins. La litt\u00e9rature pour la jeunesse inclut divers domaines de sp\u00e9cialit\u00e9s tels que la science-fiction, la <em>fantasy<\/em>, la dystopie et le r\u00e9cit d\u2019horreur. La science-fiction et la <em>fantasy<\/em> partagent une m\u00eame caract\u00e9ristique, \u00e0 savoir elles font appel au merveilleux. Dans la science-fiction, la narration se d\u00e9roule sur fond d\u2019invraisemblable, mais elle est caract\u00e9ris\u00e9e par des r\u00e9f\u00e9rences scientifiques exactes. La <em>fantasy<\/em> montre la magie et le merveilleux dans des cadres imaginaires. La dystopie est un instrument au service de la r\u00e9flexion et elle est \u00ab\u00a0une construction rationnelle et sp\u00e9culative destin\u00e9e \u00e0 nous confronter \u00e0 nous-m\u00eames\u00a0\u00bb (Labrousse, 2009\u00a0: 18-19, cit\u00e9 \u00e0 page\u00a0118). Le r\u00e9cit d\u2019horreur ou d\u2019\u00e9pouvante, h\u00e9ritier du roman gothique, est caract\u00e9ris\u00e9 par les th\u00e9matiques de violence et de sexualit\u00e9, l\u2019absence de distinction entre horreur et terreur. Dans les Jeux de <em>Hunger Games<\/em>, la cruaut\u00e9 envers les enfants dans leur vie quotidienne \u00e0 Panem en est une preuve \u00e9vidente.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteure consid\u00e8re un \u00e9chantillon repr\u00e9sentatif d\u2019auteurs de litt\u00e9rature am\u00e9ricaine de jeunesse afin de mieux situer le cadre litt\u00e9raire dans lequel Suzanne Collins a \u00e9crit sa quadrilogie. Les auteurs et les \u0153uvres ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9s selon quatre crit\u00e8res\u00a0: les \u00e9crivains et les \u0153uvres sont du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle\u00a0; les \u00e9crivains sont c\u00e9l\u00e8bres\u00a0; les \u0153uvres sont des best-sellers selon le <em>New York Times\u00a0<\/em>; les \u0153uvres ont \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9es pour le cin\u00e9ma ou la t\u00e9l\u00e9vision. Les auteurs choisis sont Madeleine l\u2019Engle, \u00e9crivaine de la c\u00e9l\u00e8bre s\u00e9rie <em>A Wrinkle in Time<\/em> de 1962\u00a0; Robert Lawrence Stine, auteur des s\u00e9ries de <em>Fear Street<\/em> (1989-1999), <em>Goosebumps<\/em> (1992-1997)\u00a0; Rick Riordan, auteur de la s\u00e9rie <em>Percy Jackson and the Olympians<\/em>, Lemony Snicket (vrai nom\u00a0: Daniel Handler), auteur de la suite romanesque de <em>A Series of Unfortunate Events<\/em>, Stephenie Meyer, auteure de la saga <em>Twilight<\/em>\u00a0; Veronica Roth, auteure de la quadrilogie <em>Divergent<\/em>, <em>Insurgent<\/em>, <em>Allegiant<\/em> et <em>Four<\/em>. Tous ces ouvrages accomplissent l\u2019objectif de <em>bildungsroman<\/em> de la litt\u00e9rature de jeunesse et  visent des lecteurs jeunes et psychologiquement m\u00fbrs, capables de comprendre les dures \u00e9preuves inflig\u00e9es aux personnages. Les t\u00e2ches du traducteur consistent \u00e0 ne pas se tromper de lecteur cible et \u00e0 maintenir un discours tr\u00e8s direct, parfois violent. Dans certaines \u0153uvres, les protagonistes femmes exercent une influence pr\u00e9pond\u00e9rante et elles deviennent leader d\u2019un groupe, d\u2019une communaut\u00e9 ou d\u2019une cause, comme la \u00ab\u00a0divergente\u00a0\u00bb Tris Prior dans <em>Divergent<\/em> et Katniss Everdeen, l\u2019h\u00e9ro\u00efne de <em>The Hunger Games<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>La quatri\u00e8me partie \u00ab&nbsp;<em>The Hunger Games<\/em>, ses m\u00e9taphores et la question traductologique&nbsp;\u00bb (pp.&nbsp;149-227) explore la quadrilogie best-seller <em>The Hunger Games<\/em> (2008), <em>Catching Fire <\/em>(2009), <em>Mockingjay <\/em>(2010), <em>The Ballad of Songbirds and Snakes <\/em>(2020) et la traduction d\u2019une s\u00e9lection de m\u00e9taphores. La th\u00e9orie des m\u00e9taphores conceptuelles de Lakoff et Johnson est la base des analyses et la plupart des m\u00e9taphores conceptuelles du roman sont des m\u00e9taphores nominales et pr\u00e9dicatives. Un exemple de m\u00e9taphore pr\u00e9dicative est repr\u00e9sent\u00e9 par <em>petit canard<\/em>, m\u00e9taphore utilis\u00e9e par Katniss pour d\u00e9crire sa petite s\u0153ur Prim, innocente et sans d\u00e9fense, d\u00e9pendante d\u2019une figure maternelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette partie, Ghanadzadeh Yazdi s\u2019int\u00e9resse aux textes cibles et aux strat\u00e9gies traductives adopt\u00e9es par Guillaume Fournier, le traducteur fran\u00e7ais des quatre tomes de la s\u00e9rie des <em>Hunger Games<\/em>. L\u2019\u00e9valuation du texte source consid\u00e8re les crit\u00e8res de la th\u00e9orie des formes s\u00e9mantiques, la cat\u00e9gorie textuelle et la complexit\u00e9 du type de texte. Le roman est un texte expressif qui s\u2019inscrit dans un cadre mythologique, en fait Katniss partage des points communs avec Th\u00e9s\u00e9e&nbsp;: elle se porte volontaire et elle se sacrifie pour sauver des vies, elle aide le peuple et le guide vers la lib\u00e9ration de l\u2019oppression. Th\u00e9s\u00e9e combat contre le Minotaure, Katniss lutte contre des monstres, \u00e0 savoir les chiens Cerb\u00e8res. Comme Prom\u00e9th\u00e9e, Katniss est porteuse du feu de la r\u00e9bellion, mais contrairement au h\u00e9ros grec qui cherche \u00e0 d\u00e9rober le feu de Zeus, elle veut restaurer la justice.<\/p>\n\n\n\n<p>Les m\u00e9taphores choisies par l\u2019auteure dans les quatre tomes se basent sur deux crit\u00e8res&nbsp;: leur vari\u00e9t\u00e9 s\u00e9mantique dans le contexte et leur difficult\u00e9 potentielle de traduction. En particulier, l\u2019auteure offre des analyses d\u00e9taill\u00e9es sur les m\u00e9taphores dans la quadrilogie <em>The Hunger Games<\/em> et ces exemples permettent au lecteur de r\u00e9fl\u00e9chir sur les questions traductives abord\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la \u00ab&nbsp;Conclusion&nbsp;\u00bb (pp.&nbsp;229-231) qui cl\u00f4t l\u2019ouvrage, l\u2019auteure remarque l\u2019exploitation m\u00e9taphorique qui renforce la relation entre dystopie et science-fiction, cr\u00e9\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019emploi de la premi\u00e8re personne dans les quatre tomes de <em>The Hunger Games<\/em>. Les m\u00e9taphores utilis\u00e9es sont souvent violentes et la vis\u00e9e didactique, morale et politique est bien \u00e9vidente \u00e0 travers la voix f\u00e9minine de Katniss Everdeen qui est la porte-parole d\u2019une jeunesse silencieuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019ensemble, l\u2019ouvrage de Ghanadzadeh Yazdi se remarque pour la richesse de ses r\u00e9flexions traductologiques dans le cadre de la m\u00e9taphore qui renouvellent l\u2019int\u00e9r\u00eat sur les \u00e9tudes th\u00e9oriques, la th\u00e9orie interpr\u00e9tative, la th\u00e9orie du skopos et la stylistique compar\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>[Gloria ZANELLA]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>GHANADZADEH YAZDI Bahareh, La M\u00e9taphore en traductologie. La th\u00e9orie des formes s\u00e9mantiques et The Hunger Games, Paris, Classiques Garnier (coll. Translatio n\u00b014), 2023, pp. 301. L\u2019ouvrage, pr\u00e9fac\u00e9 par Magdalena NOWOTNA, se consacre \u00e0 la question th\u00e9orique et traductive de la m\u00e9taphore dans la quadrilogie The Hunger Games de la romanci\u00e8re Suzanne Collins. La premi\u00e8re partie\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2024\/07\/07\/bahareh-ghanadzadeh-yazdi-la-metaphore-en-traductologie-la-theorie-des-formes-semantiques-et-the-hunger-games\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[45],"tags":[],"class_list":["post-1110","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n52"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1110"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1110"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1110\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1164,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1110\/revisions\/1164"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1110"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1110"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1110"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}