{"id":1047,"date":"2024-02-14T18:58:29","date_gmt":"2024-02-14T17:58:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=1047"},"modified":"2024-02-27T09:02:14","modified_gmt":"2024-02-27T08:02:14","slug":"svetlana-krylosova-ed-lexique-et-corps-humain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/2024\/02\/14\/svetlana-krylosova-ed-lexique-et-corps-humain\/","title":{"rendered":"Svetlana KRYLOSOVA (\u00e9d.), Lexique et corps humain"},"content":{"rendered":"\n<p>Svetlana KRYLOSOVA (\u00e9d.), <em>Lexique et corps humain<\/em>, <em>Cahiers de Lexicologie<\/em>, n\u00b0119 (2), 2021, Paris, Garnier.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce num\u00e9ro des <em>Cahiers de Lexicologie<\/em> dirig\u00e9 par Svetlana Krylosova r\u00e9unit dix contributions consacr\u00e9es au vocabulaire somatique \u00e0 travers plusieurs langues du monde et \u00e0 partir d\u2019approches th\u00e9oriques et m\u00e9thodologiques diff\u00e9rentes (la s\u00e9mantique cognitive, les grammaires de construction, la M\u00e9talangue S\u00e9mantique Naturelle, l\u2019analyse du discours lexicographique). Le corps est appr\u00e9hend\u00e9 dans tous ses \u00e9tats&nbsp;: organes, parties d\u2019organes et \u00e9l\u00e9ments divers (<em>lobe<\/em>, <em>ongles<\/em>, <em>peau<\/em>, <em>nombril<\/em>), substances corporelles (<em>sang<\/em>, <em>salive<\/em>) et marques (<em>cicatrices<\/em>, <em>rides<\/em>). Les noms d\u00e9signant des parties du corps humain pr\u00e9sentent tr\u00e8s souvent une propension \u00e0 la m\u00e9tas\u00e9mie et \u00e0 la polys\u00e9mie comme cons\u00e9quence du rapport que les sujets entretiennent avec leur corps et avec le monde \u00e0 partir du corps. C\u2019est pourquoi,&nbsp;ce champ s\u00e9mantique se r\u00e9v\u00e8le comme un observatoire sur des dynamiques linguistiques, cognitives, rh\u00e9toriques, discursives, de cat\u00e9gorisation, ainsi que sur l\u2019histoire de la science et des mentalit\u00e9s. Au niveau linguistique, comme le remarque la directrice de publication dans son introduction, \u00ab&nbsp;les questions relatives au vocabulaire somatique s\u2019inscrivent \u00e0 la crois\u00e9e d\u2019une bonne partie des sous-disciplines des sciences du langage&nbsp;: la s\u00e9mantique, la morphologie, la syntaxe, la phonologie&nbsp;\u00bb et permettent d\u2019interroger des enjeux tels que la lexicalisation, la grammaticalisation, la polys\u00e9mie, la m\u00e9taphorisation, la structuration du texte lexicographique.<\/p>\n\n\n\n<p>En ouverture, Angelina Aleksandrova explore les structures binominales de type <a>&lt;SN1 de SN2<\/a>&gt;, o\u00f9 le premier \u00e9l\u00e9ment (N<sub>pc<\/sub>) est un nom de partie du corps et le second (<a>N<sub>\u00e2ge<\/sub><\/a>) d\u00e9note une personne dans une phase de sa vie (<em>main de b\u00e9b\u00e9<\/em>, <em>main d\u2019enfant<\/em>, <em>c\u0153ur d\u2019adolescent<\/em>, etc.). En utilisant les lemmes de 77 N<sub>pc<\/sub> et de 5 N<sub>\u00e2ge <\/sub>dans le corpus French Web 2017, elle observe que les N<sub>pc<\/sub> les plus fr\u00e9quents sont <em>bouche<\/em>, <em>main<\/em>, <em>t\u00eate<\/em>, <em>visage<\/em>, <em>yeux<\/em> ainsi que <em>regard<\/em> et <em>corps<\/em>. Les usages montrent que si <em>t\u00eate<\/em> est certainement un des N<sub>pc<\/sub> les plus polys\u00e9miques, <em>yeux<\/em> donne souvent lieu \u00e0 une lecture m\u00e9taphorique dans des expressions comme <em>yeux d\u2019adulte<\/em> ou <em>yeux d\u2019enfants<\/em> qui v\u00e9hiculent la modalit\u00e9 appr\u00e9ciative. A leur tour, certains N<a><sub>\u00e2ge<\/sub> <\/a>apparaissent de fa\u00e7on pr\u00e9f\u00e9rentielle avec certains N<sub>pc<\/sub>, comme par exemple <em>adolescent<\/em> associ\u00e9 \u00e0 <em>corps<\/em> (<em>corps d\u2019adolescent<\/em>) dont les emplois m\u00e9taphoriques signifient souvent le d\u00e9sir et la force. Elle explore alors les modalit\u00e9s lexicales associ\u00e9es au syntagme complexe &lt;SN1 de SN2&gt;&nbsp;en faisant appel \u00e0 la th\u00e9orie modulaire des modalit\u00e9s (TMM) de Gosselin. Normalement, l\u2019interpr\u00e9tation g\u00e9n\u00e9rique ou non sp\u00e9cifique du d\u00e9terminant semble \u00eatre un crit\u00e8re n\u00e9cessaire pour l\u2019activation de la modalit\u00e9 appr\u00e9ciative, puisque le jugement de valeur (et \u00e9ventuellement le st\u00e9r\u00e9otype associ\u00e9) porte sur une classe et non sur un individu (<em>il arrive que la v\u00e9rit\u00e9 sorte de la bouche des enfants<\/em>). Qui plus est, la pr\u00e9dication du SN complexe au sujet d\u2019un r\u00e9f\u00e9rent qui n\u2019est pas dans l\u2019\u00e2ge d\u00e9not\u00e9 donne lieu syst\u00e9matiquement \u00e0 une lecture \u00e9valuative du <a>N<sub>\u00e2ge<\/sub> <\/a>sous-sp\u00e9cifieur qui, \u00e0 son tour, peut interf\u00e9rer avec l\u2019emploi m\u00e9taphorique du <a>N<sub>pc<\/sub><\/a> (<em>le sous-lieutenant Vilain, jeune chef \u00e0 visage d\u2019enfant, enflamme les courages<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Thomas Bertin propose un classement des acceptions des noms des parties du corps humain en fran\u00e7ais \u00e0 partir d\u2019un corpus de 77 items polys\u00e9miques (p. es. <em>nerf<\/em>\u00a0\u00e0 <em>avoir du nerf<\/em>\u00a0; <em>avoir les nerfs \u00e0 vif<\/em>\u00a0; <em>avoir les nerfs\u00a0<\/em>; p. es. <em>bouche <\/em>\u00e0<em> avoir des bouches \u00e0 nourrir\u00a0<\/em>; p. es. <em>dent<\/em> \u00e0 <em>avoir la dent<\/em>\u00a0; <em>les dents du peigne<\/em>\u00a0; p. es. le tr\u00e8s productif <em>pied<\/em> \u00e0 <em>allers \u00e0 pieds\u00a0<\/em>;<em> six pieds sous terre<\/em>\u00a0; <em>sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9\u00a0<\/em>; <em>prendre pied<\/em>\u00a0; <em>prendre son pied<\/em>\u00a0; <em>les pieds de la chaise<\/em>\u00a0; <em>une table \u00e0 pieds<\/em>\u00a0; <em>\u00eatre aux pieds des montagnes<\/em>\u00a0; <em>le pied de la tour<\/em>). Apr\u00e8s un \u00e9tat des lieux de la polys\u00e9mie dans ce domaine, il aborde son corpus sans hi\u00e9rarchiser les acceptions, sans opposer sens litt\u00e9ral et sens figur\u00e9 et sans faire trop de cas de la distinction entre sens libre et fig\u00e9. Tout en constatant que les fronti\u00e8res entre acceptions en discours tendent vers la porosit\u00e9, un groupe restreint de notions structurent tout de m\u00eame le classement\u00a0propos\u00e9 : n\u00e9cessit\u00e9\/contingence, qualit\u00e9, quantit\u00e9, \u00e9tat, possession inali\u00e9nable, relation partie-tout, zone, sph\u00e8re humaine\/hors de la sph\u00e8re humaine. Ces param\u00e8tres crois\u00e9s avec des observations lexicales et syntaxiques pr\u00e9sentent tout le potentiel polys\u00e9mique des N<sub>pc<\/sub>.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux contributions se penchent surs des langues non europ\u00e9ennes. La premi\u00e8re, de Kate Bellamy et Martha Mendoza, se penche sur la complexit\u00e9 morphologique mise en avant par la d\u00e9signation des parties du corps en p\u2019urhepecha. Cette derni\u00e8re est une langue parl\u00e9e par environ 125000 locuteurs dans l\u2019\u00e9tat Michoac\u00e1n au Mexique dont l\u2019examen permet de remettre en question quelques id\u00e9es r\u00e9pandues&nbsp;: souvent, les noms de parties du corps sont morphologiquement complexes et d\u00e9composables contrairement \u00e0 ce qui arrive dans de nombreuses autres langues. L\u2019analyse diachronique et synchronique de 160 lexies permet alors d\u2019observer d\u2019int\u00e9ressants processus de grammaticalisation, des m\u00e9canismes de formation lexicale et par l\u00e0 le fonctionnement de la cat\u00e9gorisation et de la conceptualisation spatiale et locative. Par ailleurs, puisque certaines d\u00e9nominations ind\u00e9pendantes mais d\u00e9riv\u00e9es sont assez r\u00e9centes, les autrices soulignent que la d\u00e9nomination des parties du corps n\u2019appartient pas syst\u00e9matiquement, comme souvent on l\u2019affirme, \u00e0 la partie la plus conservatrice du lexique. Ce domaine s\u00e9mantique se r\u00e9v\u00e8le ainsi particuli\u00e8rement fertile dans la mise en lumi\u00e8re des structures morphologiques et des dynamiques de changement linguistique en diachronie.<\/p>\n\n\n\n<p>La seconde, d\u2019Aurore Mont\u00e9bran, explore le langage des \u00e9motions en peul, vari\u00e9t\u00e9 du pulaar de la r\u00e9gion s\u00e9n\u00e9galaise de Podor. Elle consid\u00e8re tout particuli\u00e8rement le ph\u00e9nom\u00e8ne des verbes et des lexies somatiques employ\u00e9s comme si\u00e8ges des \u00e9motions car \u00ab\u00a0[s]i le fait d\u2019exprimer les \u00e9motions par le vocabulaire somatique semble universel, sa r\u00e9alisation concr\u00e8te est culturellement codifi\u00e9e\u00a0\u00bb. Le c\u0153ur se r\u00e9v\u00e8le ainsi \u00eatre le locus principal (on parle \u00e0 ce propos de \u00ab\u00a0cardiocentrisme\u00a0\u00bb), suivi du ventre, mais une m\u00eame partie du corps peut se rattacher \u00e0 plusieurs \u00e9motions selon les emplois, si bien que par exemple <em>ventre<\/em> peut m\u00e9taphoriser tant\u00f4t la peur, tant\u00f4t le courage.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019investigation de Rosa Cetro traverse deux si\u00e8cles de discours sociaux sur la menstruation par le biais de 29 dictionnaires lexicographiques et encyclop\u00e9diques (de la premi\u00e8re \u00e9dition du Dictionnaire de l\u2019Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise de 1694 au 66<sup>e<\/sup> Larousse de 1886&nbsp;; du Dictionnaire de Tr\u00e9voux \u00e0 l\u2019Universel Larousse 1866-1877). Son approche rh\u00e9torico-discursive des environnements micro et macrostructurels d\u2019occurrences telles que <em>menstrues<\/em>, <em>menstruation<\/em>, <em>menstruel<\/em>, <em>sang<\/em>, <em>r\u00e8gles<\/em>, <em>\u00e9poques<\/em>, <em>m\u00e9norrh\u00e9e<\/em>, <em>mois<\/em>, <em>fleurs<\/em>, <em>cardinaux<\/em> enregistre les changements du discours m\u00e9dical entre st\u00e9r\u00e9otypes, tabous, \u00e9garements et tentatives de rationalisation.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s de longues ann\u00e9es de recherche consacr\u00e9es au lexique du corps et au d\u00e9veloppement de la Natural Semantic Method (MSN), Cliff Goddard et Anna Wierbicka proposent une analyse s\u00e9mantique et conceptuelle des trois unit\u00e9s lexicales de base <em>head<\/em>, <em>eyes<\/em>, <em>ears<\/em> \u00e0 partir d\u2019une s\u00e9rie de composantes saillantes (une\/deux parties, taille, position, contigu\u00eft\u00e9 avec d\u2019autres parties, fonction). Si ces unit\u00e9s semblent \u00eatre des universaux linguistiques, la conclusion de l\u2019\u00e9tude pose \u00e9galement l\u2019accent sur la richesse formelle et conceptuelle qui d\u00e9coule pour tout \u00eatre humain de l\u2019exp\u00e9rience corporelle. Il en r\u00e9sulte alors une prise de position selon laquelle \u00ab&nbsp;l\u2019accent unilat\u00e9ral mis actuellement sur la diversit\u00e9 linguistique au d\u00e9triment de la communaut\u00e9 risque de saper une v\u00e9rit\u00e9 importante sur l&#8217;unit\u00e9 profonde de l&#8217;esprit humain\u00bb. La MSN est convoqu\u00e9e \u00e9galement par Lauren Sadow et Bert Peeters (ce dernier pr\u00e9matur\u00e9ment d\u00e9c\u00e9d\u00e9 pendant la pr\u00e9paration de cette \u00e9tude) dans \u00ab&nbsp;<em>J\u2019ai mal \u00e0 la t\u00eate<\/em> and analogous phrases in Romance languages and in English&nbsp;\u00bb. L\u2019article explique que les diff\u00e9rentes constructions des expressions de c\u00e9phal\u00e9e utilis\u00e9es dans les langues choisies (toutes les langues romanes principales sauf le portugais) expriment diff\u00e9rentes conceptualisations du mal, la syntaxe n\u2019\u00e9tant pas un accident formel mais une mise en forme de nuances de sens en ce qui concerne la temporalit\u00e9 du mal, les cons\u00e9quences que celui-ci pourrait avoir sur la capacit\u00e9 de penser de celui qu\u2019Hag\u00e8ge appelle l\u2019\u00ab&nbsp;exp\u00e9rient&nbsp;\u00bb. La diff\u00e9rence entre structure nominative (<em>J\u2019ai mal \u00e0 la t\u00eate<\/em>\/<em>Ho mal di testa<\/em>), accusative (<em>M<\/em><em>\u0103<\/em><em> doare capul<\/em>), ou dative (<em>La t\u00eate me fait mal<\/em>\/<em>Me duele la cabeza<\/em>) comportent alors un changement de sens en fonction du r\u00f4le qu\u2019\u00e0 chaque fois est attribu\u00e9 au sujet, \u00e0 son ressenti ou au locus de la douleur.<\/p>\n\n\n\n<p>Lidija Iordanskaja et Igor Mel\u2019\u010duk se focalisent sur le fonctionnement s\u00e9mantique et lexical du vocable russe <em>ruka<\/em> \u00e0 partir des articles lexicographiques de ses quatre lex\u00e8mes&nbsp;: RUKI \u2018[one pair of] arms+hands\u2019&nbsp;; RUKI \u2018[one pair of] hands\u2019&nbsp;; RUKA \u2018[one] arm+hands\u2019&nbsp;; RUKA \u2018[one] hand\u2019. Leur analyse d\u00e9bouche sur des questionnements linguistiques d\u2019ordre g\u00e9n\u00e9ral qui ne saurait concerner ni uniquement le vocabulaire somatique ni la langue russe, \u00e0 savoir : la diff\u00e9rence entre d\u00e9notation et sens linguistique dans le choix des traits pertinents pour une d\u00e9finition lexicographique&nbsp;; le choix de la composante g\u00e9n\u00e9rique dans une d\u00e9finition (ex. forme vs. fonction)&nbsp;; le r\u00f4le des composantes s\u00e9mantiques faibles dans une d\u00e9finition&nbsp;;&nbsp; la diff\u00e9rence entre deux lex\u00e8mes d\u2019un vocable et lex\u00e8me avec d\u00e9finition disjonctive&nbsp;; la forme plurielle d\u2019un lex\u00e8me donn\u00e9 en tant que lex\u00e8me diff\u00e9rent (morphologie vs. lexique).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour finir, Chris A. Smith se penche sur le rapport entre expression de l\u2019insolence et parties du corps en anglais en prenant comme point de d\u00e9part une sous-classe d\u2019adjectifs d\u00e9riv\u00e9s de noms de parties du corps (<em>cheeky<\/em>, <em>lippy<\/em>, <em>chinny<\/em>). Son analyse diachronique constructionnelle montre que si <em>lip<\/em>, <em>cheek<\/em>, <em>nerve<\/em>, <em>face<\/em> entrent dans des constructions associ\u00e9es \u00e0 l\u2019expression de l\u2019insolence du type &lt;HAVE THE FACE TO&gt;\/&lt;HAVE THE CHEEK TO&gt; ou &lt;GIVE LIP&gt; \/&lt;GIVE CHEEK&gt; ou <a>&lt;HAVE THE <\/a><a>N<sub>pc<\/sub><\/a> \/ GIVE N<sub>pc<\/sub> &lt;&#8211;&gt; \u00ab&nbsp;insolence&nbsp;\u00bb&nbsp;&gt;&nbsp;c\u2019est par une relation d\u2019analogie entre la ma\u00eetrise de l\u2019expression du visage et l\u2019absence de honte. La m\u00e9tas\u00e9mie explique donc la pr\u00e9sence des concepts d\u2019assurance et d\u2019effront\u00e9ment dans le d\u00e9veloppement s\u00e9mantique de <em>cheek<\/em>, <em>chin<\/em>, <em>face<\/em> qui peuvent produire des adjectifs d\u00e9riv\u00e9s. Malgr\u00e9 leurs diff\u00e9rences de connotation et de distribution, les items<em> lippy<\/em>, <em>cheeky<\/em>, <em>nervy<\/em>, <em>facy<\/em> sont l\u2019effet du passage du micro-sch\u00e9ma &lt;HAVE THE N<sub>pc<\/sub> \/ GIVE N<sub>pc<\/sub> &lt;&#8211;&gt; \u00ab&nbsp;insolence&nbsp;\u00bb au micro-sch\u00e9ma morphologique &lt;[N<sub>pc<\/sub>-y] &lt;&#8211;&gt; \u00ab&nbsp;insolent&nbsp;\u00bb&gt; par le principe d\u2019h\u00e9ritage direct. Le sch\u00e9ma d\u00e9rivationnel s\u2019applique aussi par analogie \u00e0 d\u2019autres items tels que <em>snouty<\/em> et <em>chopsy<\/em>. Le comportement combinatoire de ces sch\u00e9mas pourrait faire l\u2019objet d\u2019\u00e9tudes ult\u00e9rieures \u00e0 partir d\u2019autres expressions telles que <em>have the heart<\/em>, <em>have the guts<\/em>, <em>have the stomach<\/em> parall\u00e8lement \u00e0 des formations adjectivales comme <em>hearty<\/em>, <em>gutsy<\/em> etc.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exploration du fonctionnement syntaxique, s\u00e9mantique, discursif du vocabulaire somatique \u00e0 travers les langues ne semble donc pas pouvoir atteindre \u00e0 une fin et c\u2019est une bonne nouvelle.<\/p>\n\n\n\n<p>[Silvia Nugara]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Svetlana KRYLOSOVA (\u00e9d.), Lexique et corps humain, Cahiers de Lexicologie, n\u00b0119 (2), 2021, Paris, Garnier. 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