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Elisa Bricco

Illustrations

« Qu’est-ce qu’une femme illustre ? » Voici la question que de nombreux collègues nous ont posée quand ils ont répondu à notre appel pour les Actes en l’honneur de Rosa Galli Pellegrini.

C’est, en effet, une bonne question. Pour des dix-septiémistes, c’est un titre qui renvoie au(x) Scudéry ; pour des autres spécialistes c’est une allusion renvoyant à la lignée de textes qui vont d’Ovide à Boccace ; pour d’autres encore, ce sera des femmes en chair et en os, considérées comme « illustres » pour leurs mérites dans les champs les plus divers. Le Petit Robert est à ce propos très flou, illustre : « Qui est très connu, du fait d’un mérite ou de qualités extraordinaires » [2001-1262]. L’incertitude n’est pourtant qu’apparente et elle rend possible la nuance lorsqu’il s’agit de renommée. Nous avons alors décidé de laisser aux illustrateurs le choix de leur motif dans cet hommage à Rosa Galli Pellegrini, une femme éclairée s’il en est.

Rosetta est en effet très connue dans le milieu des dix-septiémistes et des ‘contemporanéistes’, ses études et les éditions critiques qu’elle a publiées sur Georges et Madeleine de Scudéry sont toujours citées et font référence, et elle participe fréquemment aux colloques sur le roman français contemporain, en France et en Italie. Toutefois ses mérites ne s’arrêtent pas là: elle a su diversifier ses champs d’intérêt et de recherche (voir notamment la bibliographie en ligne sur www.argec.it/Rosagallip.htm ) qui se sont constamment renouvelés: de la poésie, de la prose et du théâtre du XVIIe siècle, en passant par quelques études sur le XIXe, pour arriver à la poésie et au roman du XXe et dernièrement au thème du Voyage en Turquie – qui pourrait se lire comme un retour aux origines, puisque Rosetta est née à Istanbul où elle est restée jusqu’à ses dix-neuf ans.

La définition des mérites, on le sait, est très subjective, mais la capacité de s’entourer d’élèves – au sens humaniste – et de collègues-amis est la première des qualités extraordinaires que nous aimons attribuer à Rosa Galli Pellegrini : cet hommage, ainsi que l’édition numérique du deuxième volume des Femmes Illustres (www.femmes.illustres.farum.it) qui l’accompagne, en témoignent. Ajoutons comme corollaire et conséquence évidente, l’aptitude à créer et à gérer des équipes de recherche, dont la dernière en date, l’ARGEC (Atelier de Recherche Génois sur l’Ecriture Contemporaine – www.argec.it ) a été l’objet d’un financement du Ministère de l’Université italien en 2004. Cela a une valeur extraordinaire, d’autant plus qu’elle remet à plus tard une retraite qui s’annonce donc riche en travail.

Voici donc notre Femmes illustres. Hommage à Rosa Galli Pellegrini. Le titre correspond à l’un des thèmes chers à notre collègue, et nous avons voulu l’interpréter de la manière la plus étendue possible: le recueil présente ainsi des études sur des femmes illustres de papier – les héroïnes des pièces, des romans et d’autres ouvrages du XVIIe, XVIIIe, XIXe et XXe siècles – et sur des personnages féminins illustres – écrivaines, artistes, intellectuelles qui ont marqué de leur présence le monde des lettres et des arts. Une section de l’hommage est consacrée au texte scudérien Les Femmes Illustres ou les harangues héroïques et constitue un chassé-croisé sur un ouvrage qui nous a profondément fascinés par sa richesse et par sa grande modernité. Cela représente aussi un défi qui réside dans la tentative de créer un réseau différent de lectures superposables autour d’une œuvre oubliée, et d’approfondissements qui peuvent aussi faciliter une approche nouvelle des lecteurs et des étudiants vers le XVIIe siècle. L’édition numérique du deuxième volume des Femmes Illustres (www.femmes.illustres.farum.it), que l’équipe de F@rum a mise au point, accompagne et illustre nos études.

Nous voudrions remercier tous les participants à cette publication parce qu’ils ont adhéré sincèrement et généreusement à notre proposition de collaboration, parce qu’ils ont produit des études tout à fait remarquables qui enrichissent notre Publif@rum, et aussi parce qu’ils ont cru à une publication en ligne, sur la Toile. Nous espérons que le monde académique réagira de la même manière à cette nouvelle publication et nous souhaitons que des échanges de plus en plus fréquents et enrichissants parmi les chercheurs puissent s’établir à travers cet instrument souple et très démocratique qu’est le réseau Internet.