{"id":951,"date":"2023-10-19T18:14:16","date_gmt":"2023-10-19T16:14:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=951"},"modified":"2023-11-01T08:24:52","modified_gmt":"2023-11-01T07:24:52","slug":"antonio-lavieri-ed-limaginaire-du-traduire-langues-textes-et-pratiques-des-savoirs","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2023\/10\/19\/antonio-lavieri-ed-limaginaire-du-traduire-langues-textes-et-pratiques-des-savoirs\/","title":{"rendered":"Antonio LAVIERI (\u00e9d.), L\u2019Imaginaire du traduire : langues, textes et pratiques des savoirs"},"content":{"rendered":"\n<p>Antonio LAVIERI (ed.), <em>L\u2019Imaginaire du traduire&nbsp;: langues, textes et pratiques des savoirs<\/em>, Paris, Classiques Garnier (\u00ab&nbsp;Probl\u00e9matiques de traduction&nbsp;\u00bb, 13), 2023, 160 p.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage <em>L\u2019Imaginaire du traduire&nbsp;: langues, textes et pratiques des savoirs<\/em>, dirig\u00e9 par Antonio LAVIERI, s\u2019attache \u00e0 une \u00e9tude de la traduction en tant qu\u2019\u00ab&nbsp;op\u00e9ration cognitive essentielle dans le processus de signification symbolique du monde&nbsp;\u00bb. Ce que les huit essais contenus dans ce volume nous sugg\u00e8rent, c\u2019est de lire le r\u00f4le actif des pratiques de la traduction dans la \u00ab&nbsp;fabrication des connaissances&nbsp;\u00bb (p. 7).<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re contribution, \u00ab\u00a0La Traduction, une fiction\u00a0?\u00a0\u00bb de Louis WATIER, nous invite \u00e0 penser la traduction comme une fiction, pour \u00e9chapper \u00e0 la compr\u00e9hension de la traduction comme \u00ab\u00a0contrefa\u00e7on\u00a0\u00bb de la seule v\u00e9rit\u00e9 possible, celle repr\u00e9sent\u00e9e par l\u2019original. Selon l\u2019auteur, penser la traduction comme une fiction nous permettrait de d\u00e9dramatiser le rapport entre original et traduction, et entre deux langues \u2013 source et cible \u2013 en nous offrant en m\u00eame temps la possibilit\u00e9 d\u2019aborder la traduction \u00ab\u00a0sous le sceau du plaisir\u00a0\u00bb (p. 24).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la deuxi\u00e8me contribution, \u00ab&nbsp;Un pacte de lecture fluctuant&nbsp;: Pseudo-traduction et imaginaire de la traduction chez Cr\u00e9billon fils et Constant de Rebecque&nbsp;\u00bb, Beatrijs VANACKER propose une \u00e9tude compar\u00e9e des m\u00e9canismes de pseudo-traduction au sein de l\u2019intrigue de deux fictions du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, <em>L\u2019\u00c9cumoire, ou Tanza\u00ef et N\u00e9adarn\u00e9, histoire japonaise<\/em> de Claude-Prosper Jolyot de Cr\u00e9billon et <em>Camille, ou lettre de deux filles de ce si\u00e8cle<\/em> de Samuel de Constant de Rebecque, soulignant les diverses modalit\u00e9s de lecture de la pseudo-traduction qu\u2019elles offrent aux lecteurs, ainsi que la relation entre ces m\u00e9canismes de pseudo-traduction et \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9mergence du discours romanesque de langue fran\u00e7aise au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res&nbsp;\u00bb (p. 26).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article d\u2019Antonietta SANNA, \u00ab\u00a0La Traduction comme transmutation\u00a0: Paul Val\u00e9ry traducteur de L\u00e9onard et de Virgile\u00a0\u00bb analyse la r\u00e9flexion th\u00e9orique et la pratique de la traduction du \u00ab\u00a0<em>po\u00ebta interpres<\/em>\u00a0\u00bb (49) Paul Val\u00e9ry, et en particulier son travail de traduction des <em>Carnets<\/em> de L\u00e9onard de Vinci entre 1900 et 1907, en parall\u00e8le avec l\u2019\u00e9criture de ses <em>Cahiers<\/em>. La chercheure nous montre comment, \u00e0 travers ce \u00ab\u00a0difficile exercice d\u2019\u00e9criture \u00e0 contrainte\u00a0\u00bb (p. 53), Val\u00e9ry dialogue plus avec L\u00e9onard qu\u2019il n\u2019essaye de le reproduire, nous offrant une vision de la traduction qui n\u2019est plus une forme ancillaire de la litt\u00e9rature, mais qui \u00ab\u00a0se fait <em>po\u00efesis<\/em>\u00a0\u00bb (p. 65).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;Le Fantasme de la langue russe dans l\u2019autobiographie de Vladimir Nabokov&nbsp;\u00bb, Silvana BORUTTI nous parle du \u00ab&nbsp;va-et-vient infernal entre les langues&nbsp;\u00bb (p. 67) de l\u2019autobiographie de l\u2019auteur, <em>Speak, Memory&nbsp;: An Autobiography Revised<\/em>, \u00e9crite en anglais, traduite en russe et retraduite vers l\u2019anglais. Les langues sont ici vues comme \u00ab&nbsp;une condition essentielle de notre auto-compr\u00e9hension&nbsp;\u00bb (p. 68), et l\u2019analyse des distances entre la version russe et la version anglaise, ainsi que la m\u00e9tar\u00e9flexion de Nabokov sur ces distances, impos\u00e9es par ce \u00ab&nbsp;<em>re-Englishing of a Russian re-version of what had been an English re-telling of Russian memories<\/em>&nbsp;\u00bb, nous ouvrent \u00e0 une compr\u00e9hension plurielle des langues comme instrument de construction du soi et de sa narration.<\/p>\n\n\n\n<p>Chiara MONTINI, dans son article \u00ab&nbsp;La Langue vol\u00e9e ou l\u2019imaginaire en traduction&nbsp;\u00bb analyse le r\u00f4le qu\u2019a jou\u00e9 la traduction dans la fabrication de la notion de nation en Irlande, \u00e0 travers une lecture de la pi\u00e8ce <em>Translations<\/em>, de Bryan Friel. Montini trace les lignes de la relation que l\u2019Irlande entretient avec ses langues, le ga\u00e9lique ou langue \u00ab&nbsp;naturelle&nbsp;\u00bb du pays et l\u2019anglais, la langue du dominant, montrant que si, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 la traduction que \u00ab&nbsp;la nation et la culture irlandaise sont reconstruites, r\u00e9imagin\u00e9es&nbsp;\u00bb, de l\u2019autre, \u00ab&nbsp;c\u2019est aussi par le biais de la traduction que le pouvoir de l\u2019anglais se confirme&nbsp;\u00bb (p. 81).<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution de Sara AMADORI, \u00ab&nbsp;Apologie de la pol\u00e9mique&nbsp;: la traduction-translation d\u2019un &#8220;\u00c9tranger&#8221; th\u00e9orique&nbsp;\u00bb traite de la difficult\u00e9 \u2013 et de l\u2019int\u00e9r\u00eat \u2013 de traduire pour le contexte italien <em>Apologie de la pol\u00e9mique <\/em>de Ruth Amossy, une \u0153uvre th\u00e9orique cl\u00e9 de l\u2019\u00e9cole fran\u00e7aise de l\u2019analyse du discours, vis-\u00e0-vis de laquelle l\u2019Italie \u00ab&nbsp;est rest\u00e9e sourde pendant une longue p\u00e9riode&nbsp;\u00bb (p. 94). Un tel travail de traduction \/ <em>translation <\/em>devient non seulement un moyen de combler un vide th\u00e9orique et de familiariser le public italien avec une \u00e9cole critique tr\u00e8s influente, mais fait aussi de la traduction un \u00ab&nbsp;vecteur de circulation des id\u00e9es en contexte international&nbsp;\u00bb (93). Amadori, qui est aussi la traductrice de l\u2019\u0153uvre, d\u00e9crit les strat\u00e9gies qu\u2019elle a utilis\u00e9es pour \u00ab&nbsp;accueillir cet &#8220;\u00c9tranger&#8221; linguistique, culturel et th\u00e9orique&nbsp;\u00bb, dans le but d\u2019\u00ab&nbsp;enrichir la langue italienne ainsi que le contexte intellectuel et \u00e9pist\u00e9mologique&nbsp;\u00bb (p. 104) cens\u00e9 l\u2019accueillir.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article d\u2019Eddy DUFOURMOUNT, \u00ab&nbsp;L\u2019Invention de la traduction au Japon&nbsp;: autour de Nakae Ch\u00f4min, l\u2019introducteur de Rousseau et du r\u00e9publicanisme fran\u00e7ais&nbsp;\u00bb nous d\u00e9crit le r\u00f4le de la traduction en tant qu\u2019arme politique au service de la modernisation du Japon. L\u2019auteur analyse le cas du traducteur Nakae Ch\u00f4min, dont l\u2019importance a \u00e9t\u00e9 fondamentale pour la diffusion des \u0153uvres fran\u00e7aises en japonais, et qui a suivi une d\u00e9marche de traduction \u00ab&nbsp;unique&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;reprenant le vocabulaire confuc\u00e9en pour le mettre au service de la d\u00e9mocratie&nbsp;\u00bb (p. 119) dans ses traductions, souvent r\u00e9alis\u00e9es en collaboration avec ses \u00e9tudiants.<\/p>\n\n\n\n<p>Le volume se conclut par l\u2019article de Fabio REGATTIN, \u00ab&nbsp;Combattre l\u2019anti-science&nbsp;: dynamiques traductives dans quelques blogs scientifiques italiens et fran\u00e7ais&nbsp;\u00bb, qui vise \u00e0 \u00ab&nbsp;mettre en lumi\u00e8re le r\u00f4le de la traduction dans la diffusion des informations scientifiques et dans la r\u00e9futation de l\u2019anti-science&nbsp;\u00bb (p. 121) \u00e0 travers l\u2019analyse de six blogs scientifiques (trois pour chaque communaut\u00e9 linguistique). Regattin souligne que la traduction fait surface dans tous les sites et les blogs analys\u00e9s, et que ressort surtout l\u2019aspect collaboratif de la traduction, \u00e0 laquelle les contributeurs \u0153uvrent ensemble en profondeur, acceptant de bon gr\u00e9 les contr\u00f4le de la part des lecteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce volume d\u2019essais nous permet ainsi de progresser dans la d\u00e9couverte de l\u2019imaginaire et des imaginaires de la traduction. Il nous permet \u00e9galement de comprendre, comme le souligne Lavieri dans son introduction, \u00ab&nbsp;Des mondes et des versions&nbsp;: quand traduire c\u2019est faire&nbsp;\u00bb, que \u00ab&nbsp;la traduction et ses imaginaires fonctionnent toujours comme un mode possible de rapport au r\u00e9el \u2013 au monde et \u00e0 ses versions \u2013 qui int\u00e8gre les m\u00e9canismes sociaux, \u00e9pist\u00e9miques, cognitifs et culturels de la r\u00e9ception&nbsp;\u00bb (p. 12).<\/p>\n\n\n\n<p>[Giuseppe SOFO]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Antonio LAVIERI (ed.), L\u2019Imaginaire du traduire&nbsp;: langues, textes et pratiques des savoirs, Paris, Classiques Garnier (\u00ab&nbsp;Probl\u00e9matiques de traduction&nbsp;\u00bb, 13), 2023, 160 p. L\u2019ouvrage L\u2019Imaginaire du traduire&nbsp;: langues, textes et pratiques des savoirs, dirig\u00e9 par Antonio LAVIERI, s\u2019attache \u00e0 une \u00e9tude de la traduction en tant qu\u2019\u00ab&nbsp;op\u00e9ration cognitive essentielle dans le processus de signification symbolique du\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2023\/10\/19\/antonio-lavieri-ed-limaginaire-du-traduire-langues-textes-et-pratiques-des-savoirs\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[43],"tags":[],"class_list":["post-951","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n-50"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/951"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=951"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/951\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":974,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/951\/revisions\/974"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=951"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=951"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=951"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}