{"id":941,"date":"2023-10-20T12:47:19","date_gmt":"2023-10-20T10:47:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=941"},"modified":"2023-11-01T08:24:22","modified_gmt":"2023-11-01T07:24:22","slug":"annie-bertin-thierry-ponchon-olivier-soutet-eds-synchronie-et-diachronie-lenjeu-du-sens-melanges-offerts-pour-pr-hava-bat-zeev-shyldkrot","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2023\/10\/20\/annie-bertin-thierry-ponchon-olivier-soutet-eds-synchronie-et-diachronie-lenjeu-du-sens-melanges-offerts-pour-pr-hava-bat-zeev-shyldkrot\/","title":{"rendered":"Annie BERTIN, Thierry PONCHON, Olivier SOUTET (\u00e9ds.), Synchronie et diachronie : l\u2019enjeu du sens. M\u00e9langes offerts pour Pr. Hava Bat-Zeev Shyldkrot"},"content":{"rendered":"\n<p>Annie BERTIN, Thierry PONCHON, Olivier SOUTET (\u00e9ds.), <em>Synchronie et diachronie&nbsp;: l\u2019enjeu du sens. M\u00e9langes offerts pour Pr. Hava Bat-Zeev Shyldkrot<\/em>, Paris, \u00c9ditions Honor\u00e9 Champion, 2022, pp. 490.<\/p>\n\n\n\n<p>Le volume intitul\u00e9 <em>Synchronie et diachronie&nbsp;: l\u2019enjeu du sens. M\u00e9langes offerts pour Pr. Hava Bat-Zeev Shyldkrot<\/em> a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sous la direction de Annie Bertin, Thierry Ponchon et Olivier Soutet, par les \u00e9ditions Honor\u00e9 Champion.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un volume d\u2019hommage \u00e0 Hava Bat-Zeev Shyldkrot, professeure \u00e9m\u00e9rite \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Tel Aviv et linguiste internationalement reconnue. Hava Bat-Zeev Shyldkrot, titulaire d\u2019une th\u00e8se fran\u00e7aise sur <em>Les constructions de voir auxiliaire, <\/em>dirig\u00e9e par Jean-Claude Chevalier, a consacr\u00e9 sa carri\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9tude de l\u2019histoire de la langue fran\u00e7aise et de l\u2019histoire de la linguistique. Plus sp\u00e9cifiquement, elle a su croiser les perspectives synchronique et diachronique en abordant la morphosyntaxe du fran\u00e7ais, les ph\u00e9nom\u00e8nes de grammaticalisation, l\u2019\u00e9volution de la linguistique g\u00e9n\u00e9rale, les paradigmes des sciences cognitives, les processus de traduction envisag\u00e9s du point de vue de la s\u00e9mantique. Fille spirituelle de Meillet, Hava Bat-Zeev Shyldkrot a contribu\u00e9, tout au long de sa carri\u00e8re, \u00e0 diffuser les th\u00e9ories de Meillet et de son disciple, Gustave Guillaume. Le volume d\u2019hommage que ses amis ont souhait\u00e9 lui offrir met donc en avant la double perspective synchronique et diachronique en associant approche g\u00e9n\u00e9raliste et \u00e9tude de cas particuliers.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce volume s\u2019ouvre avec l\u2019<em>Avant-Propos<\/em> (p. 7-11), r\u00e9dig\u00e9 par Annie Bertin, Thierry Ponchon et Olivier Soutet, dans lequel les \u00e9diteurs d\u00e9crivent la belle carri\u00e8re de Hava Bat-Zeev Shyldkrot. Cette ouverture est suivie par le <em>Portrait<\/em> (p. 13-15), r\u00e9dig\u00e9 par Hilla Karas et Hagit Shefer, anciennes \u00e9tudiantes de Hava Bat-Zeev Shyldkrot. Apr\u00e8s cet hommage, le volume pr\u00e9sente le curriculum vitae et les publications de la c\u00e9l\u00e8bre linguiste (p. 17-30).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage pr\u00e9sente deux sections principales\u00a0: la premi\u00e8re, <em>Le sens en question<\/em> (p. 31-263), aborde la probl\u00e9matique du sens d\u2019un point de vue g\u00e9n\u00e9ral ; la deuxi\u00e8me, <em>Questions de sens<\/em> (p. 265-476), met l\u2019accent sur la contextualit\u00e9 du sens.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re section contient treize contributions&nbsp;qui s\u2019articulent de la mani\u00e8re suivante&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>John W. Du Bois et Mira Ariel, \u00ab&nbsp;Give is not a given (but it is an attractor)&nbsp;\u00bb, p. 33-60.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article de Du Bois et Ariel apporte une contribution \u00e0 la th\u00e9orie fonctionnelle de la grammaticalisation par la comparaison des strat\u00e9gies linguistiques pour verbaliser le sc\u00e9nario du DON (<em>GIVING scene<\/em>) en h\u00e9breu (h\u00e9breu biblique, h\u00e9breu mishnique, h\u00e9breu moderne) et en sakapulteko (une langue maya parl\u00e9e au Guatemala). Plus sp\u00e9cifiquement, les deux langues emploient, avec quelques diff\u00e9rences, un verbe qui signifie <em>mettre, placer <\/em>pour exprimer le sc\u00e9nario verbal du verbe <em>donner<\/em>.&nbsp; Les auteurs montrent que DONNER (<em>GIVE<\/em>) repr\u00e9sente un attracteur de grammaticalisation (<em>grammaticization attractor<\/em>) ou, plus sp\u00e9cifiquement, un domaine attracteur (<em>attractor domain<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Orna Peleg, \u00ab The relationship between orthographic phonological and semantic representations in the two cerebral hemispheres \u00bb, p. 61-73.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article de Peleg porte sur l\u2019acc\u00e8s au lexique et, plus sp\u00e9cifiquement, sur la comparaison des processus de d\u00e9sambigu\u00efsation des homographes homophoniques et des homographes h\u00e9t\u00e9rophoniques dans les deux h\u00e9misph\u00e8res c\u00e9r\u00e9braux. Par des exp\u00e9riences, l\u2019auteur a examin\u00e9 les effets phonologiques, lexicaux et contextuels concernant l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 s\u00e9mantique en montrant que 1) le r\u00f4le de la phonologie est essentiel pour la reconnaissance visuelle des mots&nbsp;; 2) l\u2019h\u00e9misph\u00e8re gauche est plus influenc\u00e9 par les aspects phonologiques des mots \u00e9crits que l\u2019h\u00e9misph\u00e8re droit et 3) il existe une lat\u00e9ralisation gauche des processus phonologiques. De surcro\u00eet, l\u2019auteur met en \u00e9vidence que l\u2019h\u00e9misph\u00e8re droit traite les mots gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019interaction entre les repr\u00e9sentations orthographique, phonologique et s\u00e9mantique.<\/p>\n\n\n\n<p>Olivier Soutet, \u00ab Les aventures du temps op\u00e9ratif de Guillaume \u00e0 Agamben&nbsp;\u00bb, p. 75-85.<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution de Soutet vise \u00e0 montrer la notion de \u00ab&nbsp;temps op\u00e9ratif&nbsp;\u00bb par la lecture du linguiste fran\u00e7ais Gustave Guillaume faite par le philosophe italien Giorgio Agamben. L\u2019auteur met en \u00e9vidence la diff\u00e9rence, examin\u00e9e par Agamben au sein de nombreux travaux, entre temps profane (<em>chronos<\/em>), temps messianique (<em>kairos<\/em>) et temps eschatologique (<em>parousia<\/em>) pour d\u00e9crire le concept de \u00ab&nbsp;temps op\u00e9ratif&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire le temps en train de se construire dans la pens\u00e9e ou, pour mieux dire, \u00ab&nbsp;le temps que l\u2019esprit emploie pour r\u00e9aliser une image-temps&nbsp;\u00bb (p. 78). Selon l\u2019auteur, Agamben a compris l\u2019importance du r\u00f4le du temps op\u00e9ratif en l\u2019identifiant \u00e0 un <em>kairos<\/em> \u00ab&nbsp;pens\u00e9 comme <em>chronos <\/em>contract\u00e9 et abr\u00e9g\u00e9&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 une esp\u00e8ce de simultan\u00e9it\u00e9 non atteinte.<\/p>\n\n\n\n<p>Mosh\u00e9 Tabachnik, \u00ab&nbsp;Sur la notion de temps op\u00e9ratif dans la structure s\u00e9mantique du texte litt\u00e9raire&nbsp;\u00bb, p. 87-97.<\/p>\n\n\n\n<p>Mosh\u00e9 Tabachnik revient sur le concept de \u00ab&nbsp;temps op\u00e9ratif&nbsp;\u00bb de Gustave Guillaume par l\u2019\u00e9tude du texte litt\u00e9raire. L\u2019auteur examine s\u00e9mantiquement le roman de Stendhal, <em>Le Rouge et le Noir<\/em>, et le roman de Zola, <em>Les Rougon-Maquart&nbsp;:<\/em> <em>Le Ventre de Paris<\/em>, en montrant que le temps op\u00e9ratif permet de mieux comprendre l\u2019univers du texte litt\u00e9raire qui d\u00e9coule de l\u2019espace narratif de l\u2019histoire racont\u00e9e et de l\u2019univers latent de la compr\u00e9hension.<\/p>\n\n\n\n<p>Annie Bertin, \u00ab&nbsp;\u00c0 propos de la notion d\u2019agglutination chez Saussure&nbsp;\u00bb, p. 99-110.<\/p>\n\n\n\n<p>Annie Bertin s\u2019interroge sur les concepts d\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;agglutination&nbsp;\u00bb, employ\u00e9 par Saussure, et de \u00ab&nbsp;grammaticalisation&nbsp;\u00bb, apparu pour la premi\u00e8re fois chez Meillet. En reprenant les \u00e9tudes de Hava Bat-Zeev Shyldkrot, Bertin montre que les approches de Saussure et Meillet sont similaires en ce qui concerne la s\u00e9paration des plans synchronique et diachronique et le r\u00f4le du locuteur dans le changement linguistique. Il faut cependant souligner que les approches divergent sur les proc\u00e9d\u00e9s de la grammaticalisation et de l\u2019agglutination. Chez Saussure, l\u2019agglutination, proc\u00e9d\u00e9 oppos\u00e9 \u00e0 l\u2019analogie, est le pourvoyeur des variantes syntagmatiques&nbsp;; chez Meillet, en revanche, la grammaticalisation, proc\u00e9d\u00e9 toujours oppos\u00e9 \u00e0 l\u2019analogie, introduit des changements du syst\u00e8me grammatical.<\/p>\n\n\n\n<p>Thierry Ponchon, \u00ab&nbsp;Analogie, n\u00e9guentropie lexicale et coh\u00e9rence syst\u00e9matique diachronique&nbsp;\u00bb, p. 111-140.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur examine la syst\u00e9maticit\u00e9 de l\u2019analogie au sein du langage par une perspective diachronique en observant les disparitions et les cr\u00e9ations lexicales. Pour ce faire, l\u2019auteur analyse deux morph\u00e8mes \u00ab&nbsp;nom&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;faire&nbsp;\u00bb au sein de plusieurs dictionnaires (<em>FEW<\/em>, dictionnaires de Godefroy, de Greimas, de la Curne de Saint-Palaye, plusieurs \u00e9ditions du <em>Dictionnaire de l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise<\/em>, le <em>TLFi <\/em>et le <em>Robert historique<\/em>). Il en ressort que l\u2019analogie repr\u00e9sente un processus de r\u00e9gulation du changement linguistique qui organise morphologiquement le lexique. Plus sp\u00e9cifiquement, l\u2019analogie connecte les lex\u00e8mes aux s\u00e9ries flexionnelles, les familles d\u00e9rivationnelles aux s\u00e9ries d\u00e9rivationnelles et elle d\u00e9finit les structures de nomination.<\/p>\n\n\n\n<p>Hagit Shefer, Tamar Shaviv et Einat Kuzai, \u00ab&nbsp;Justification connectors in Hebrew discourse&nbsp;: a taxonomic account&nbsp;\u00bb, p. 141-151.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00e9tude vise \u00e0 analyser, en abordant l\u2019approche des grammaires de construction, plusieurs connecteurs de justification en h\u00e9breu moderne, notamment <em>meyle<\/em>, <em>bemeyle<\/em>, <em>mimeyle<\/em>, <em>beyn ko vaxo<\/em>, <em>gama kaxa<\/em>, <em>belav haxi<\/em>. L\u2019\u00e9tude de leurs caract\u00e9ristiques syntaxiques et fonctionnelles a montr\u00e9 que ces connecteurs marquent une proposition comme un point de r\u00e9f\u00e9rence qui peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 en termes d\u2019une norme, d\u2019une situation donn\u00e9e ou d\u2019une convention. Ce point de r\u00e9f\u00e9rence repr\u00e9sente une justification pragmatique concernant l\u2019acceptation d\u2019une proposition ou d\u2019une implicature conversationnelle soulev\u00e9e dans un discours.<\/p>\n\n\n\n<p>Denis Le Pesant, \u00ab En fran\u00e7ais, les verbes d\u2019affect \u00e0 argument sujet <em>cause<\/em> sont statifs \u00bb, p. 153-171.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur montre, par les biais d\u2019exemples, le mode d\u2019action (<em>Aktionsarten<\/em>) des verbes d\u2019affects \u00e0 sujet cause en fran\u00e7ais. Il s\u2019agit, plus sp\u00e9cifiquement, des verbes transitifs directs (p.ex. <em>d\u00e9cevoir, \u00e9gayer, agacer, bouleverser, contenter, relaxer, \u00e9tonner<\/em>) pr\u00e9sentant un nom porteur du r\u00f4le actanciel d\u2019<em>experiencer<\/em> comme argument compl\u00e9ment et un nom, une proposition conjonctive (p.ex. <em>le fait que<\/em>) ou une proposition subordonn\u00e9e \u00e0 l\u2019infinitif comme argument sujet. Il \u00e9merge que les verbes d\u2019affects sont des <em>\u00e9tats <\/em>car ils sont priv\u00e9s de l\u2019aspect inaccompli.<\/p>\n\n\n\n<p>Anna Orlandini et Paolo Poccetti, \u00ab&nbsp;L\u2019interaction de la n\u00e9gation et du quantifieur universel \u00e0 travers les langues&nbsp;\u00bb, p. 173-188.<\/p>\n\n\n\n<p>Orlandini et Poccetti, en abordant l\u2019approche de l\u2019<em>Aktionsarten<\/em>, dressent l\u2019\u00e9tat des lieux des connaissances sur les constructions du type&nbsp;\u00ab&nbsp;tous\u2026ne\u2026pas&nbsp;\u00bb, liant la n\u00e9gation et le quantifier universel <em>tous<\/em>, au sein de plusieurs langues, notamment en fran\u00e7ais, anglais, italien, latin et grec. Cette forme de n\u00e9gation partielle est tr\u00e8s fr\u00e9quente en fran\u00e7ais, tr\u00e8s ancienne en anglais, en italien elle repr\u00e9sente une exception sauf dans des phrases qui pr\u00e9sentent le sujet quantifieur singulier <em>tutto<\/em>, en latin et grec elle est ignor\u00e9e ou recherch\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Eva Havu, \u00ab&nbsp;Participes pr\u00e9sents en fran\u00e7ais et en finnois&nbsp;: correspondances et diff\u00e9rences&nbsp;\u00bb, p. 189-217.<\/p>\n\n\n\n<p>Eva Havu se penche sur l\u2019analyse des participes pr\u00e9sents fran\u00e7ais et finnois ayant trois fonctions grammaticales diff\u00e9rentes&nbsp;: 1) la fonction d\u2019\u00e9pith\u00e8te&nbsp;; 2) la fonction d\u2019attribut du sujet&nbsp;et 3) la fonction d\u2019attribut du compl\u00e9ment d\u2019objet. Sa conclusion porte sur les diff\u00e9rences entre les deux langues&nbsp;: en fonction d\u2019\u00e9pith\u00e8te, le participe pr\u00e9sent fran\u00e7ais ne s\u2019accorde pas avec son support nominal&nbsp;; en finnois, en revanche, le participe pr\u00e9sent s\u2019accorde toujours avec le nom. En ce qui concerne la fonction d\u2019attribut du sujet, le fran\u00e7ais et le finnois ne pr\u00e9voient pas cet emploi. Quant aux participes pr\u00e9sents ayant la fonction d\u2019attribut du compl\u00e9ment objet, le fran\u00e7ais se sert des verbes qui ont un sens concret et abstrait (p.ex. <em>trouver<\/em>)&nbsp;et, en revanche, le finnois montre un participe qui s\u2019emploie \u00e0 la place d\u2019une subordonn\u00e9e compl\u00e9tive. L\u2019\u00e9tude aborde \u00e9galement la question de la traduction en langue fran\u00e7aise des participes pr\u00e9sents passifs finnois en <em>TAVA<\/em>, ayant le sens de possibilit\u00e9 et\/ou de n\u00e9cessit\u00e9, en montrant que les traductions les plus r\u00e9ussies sont celles exhibant l\u2019adjectif en &#8211;<em>able\/-ible<\/em> et la construction <em>\u00e0 + infinitif<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Maya Fruchtman, \u00ab&nbsp;&#8220;How do I know that I mean what you mean when you state: you mean what I mean?&#8221; Two linguistic models of modern Hebrew poetry \u00bb, p. 219-229.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article propose une approche linguistique de la po\u00e9sie h\u00e9bra\u00efque et non h\u00e9bra\u00efque contemporaine \u00e0 partir de l\u2019analyse de deux mod\u00e8les syntaxiques concernant l\u2019incommunicabilit\u00e9 sur le plan \u00e9nonciatif. Ces mod\u00e8les \u00e9mergent au sein des po\u00e8mes de Amir Gilboa et David Avidan, deux po\u00e8tes qui \u00e9crivent en h\u00e9breu. La fonction de deux mod\u00e8les est similaire m\u00eame si le premier, concernant les r\u00e8gles r\u00e9cursives et l\u2019argumentation circulaire, montre la dissociation et l\u2019incommunicabilit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 des structures hypotaxiques typiques de l\u2019argumentation logique. Le deuxi\u00e8me mod\u00e8le, en revanche, r\u00e9v\u00e8le l\u2019ali\u00e9nation par l\u2019emploi des phrases assertives qui semblent apparemment ambig\u00fces.<\/p>\n\n\n\n<p>Nitsa Ben-Ari, \u00ab&nbsp;The sixth fictional translator: the linguist&nbsp;\u00bb, p. 231-251.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet article, en abordant la perspective du \u00ab&nbsp;tournant fictionnel&nbsp;\u00bb des \u00e9tudes de traduction, Nitsa Ben-Ari s\u2019interroge sur le portrait du \u00ab&nbsp;traducteur fictionnel&nbsp;\u00bb au sein de la litt\u00e9rature et de la cin\u00e9matographie du XXe et du XXIe si\u00e8cles. Plus sp\u00e9cifiquement, l\u2019auteur brosse un parcours descriptif concernant cinq types de portraits&nbsp;: 1) le traducteur-d\u00e9tective du thriller&nbsp;; 2) le traducteur postcolonial&nbsp;; 3) l\u2019auteur potentiel&nbsp;; 4) le t\u00e9moin historique ou l\u2019interpr\u00e8te de guerre&nbsp;; 5) le traducteur\/interpr\u00e8te amateur \u00e9tant la parodie du type n. 4&nbsp;; 6) le linguiste repr\u00e9sentant le traducteur des langues \u00e9trang\u00e8res ou ali\u00e8nes dans les films de science-fiction. Selon le th\u00e9oricien, le recours au traducteur est relativement mineur et superficiel&nbsp;dans les exemples examin\u00e9s. De surcro\u00eet, au sein des films de science-fiction, le traducteur est d\u00e9valoris\u00e9 car il est toujours associ\u00e9 \u00e0 l\u2019image du robot qui, implicitement, met en \u00e9vidence que l\u2019acte de traduction est \u00ab&nbsp;une t\u00e2che insens\u00e9e de transfert s\u00e9mantique qui pourrait \u00eatre effectu\u00e9e par une machine comp\u00e9tente&nbsp;\u00bb (p. 248).<\/p>\n\n\n\n<p>Hilla Karas, \u00ab Cultural translation and translation proper: experiences of the migrant in Divakaruni\u2019s <em>Queen of dreams <\/em>\u00bb, p. 253-263.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article vise \u00e0 examiner l\u2019image des immigr\u00e9s indiens de premi\u00e8re et deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9rations aux \u00c9tats-Unis au sein du roman <em>Queen of Dreams<\/em> (2004) de Chitra Banerjee Divakaruni. Plus sp\u00e9cifiquement, l\u2019auteur met en \u00e9vidence la repr\u00e9sentation de la traduction interlinguale, la traduction interculturelle et le chevauchement entre traductions r\u00e9elles et imaginaires.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me section est compos\u00e9e de treize articles. Voici comment s\u2019articulent les diff\u00e9rents chapitres de cette section&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Tamar Sovran, \u00ab&nbsp;Meaning relations and the Hebrew root <em>S. F. K.<\/em> \u00bb, p. 267-277.<\/p>\n\n\n\n<p>Tamar Sovran trace le parcours diachronique de la racine triconsonnantique <em>S.F.K.<\/em> en h\u00e9breu en abordant l\u2019approche de la s\u00e9mantique cognitive de Lakoff (1986). Plus sp\u00e9cifiquement, l\u2019auteur examine, \u00e0 l\u2019aide des sch\u00e9mas images concernant le concept de r\u00e9cipient, les relations de sens construits par cette racine. Il en \u00e9merge que cette racine a plusieurs sens, notamment \u00ab&nbsp;doute&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;fournir&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;satisfaction&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;\u00eatre \u00e0 l\u2019heure&nbsp;\u00bb. D\u2019une part, selon l\u2019hypoth\u00e8se de la polys\u00e9mie de la racine, ces sens peuvent \u00eatre connect\u00e9s entre eux&nbsp;; d\u2019autre part, selon l\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019homonymie de la racine, ces sens ne sont pas connect\u00e9s car ils montrent deux \u00e9tymologies diff\u00e9rentes. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Gerda Hassler, \u00ab L\u2019expression adverbiale de l\u2019aspectualit\u00e9 et son interaction avec les formes verbales \u00bb, p. 279-292.<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution de Hassler, fond\u00e9e sur l\u2019analyse s\u00e9mantique pluridimensionnelle (synchronique et diachronique) de Hava Bat-Zeev Shyldkrot, ouvre la voie \u00e0 une r\u00e9flexion sur les marqueurs adverbiaux de l\u2019aspectualit\u00e9 au sein des langues romanes. Apr\u00e8s avoir montr\u00e9 que les langues \u00e0 aspect grammatical pr\u00e9sentent une liaison entre une forme verbale imperfective et un verbe d\u00e9limitant, l\u2019auteur affirme que, dans les langues romanes, la liaison concerne la forme verbale perfective et un adverbe exprimant une vision int\u00e9rieure de la situation (p.ex. <em>se lever soudainement<\/em>, <em>s\u2019arr\u00eater soudainement<\/em>, <em>dispara\u00eetre soudainement<\/em>,<em> d\u00e9bloquer soudainement<\/em>). L\u2019auteur a \u00e9galement constat\u00e9, \u00e0 l\u2019aide de <em>Sketch Engine<\/em>, que les formes verbales perfectives sont aspectuellement plus marqu\u00e9es que les formes imperfectives et qu\u2019elles se lient \u00e0 des adverbes qui s\u2019opposent \u00e0 leur qualit\u00e9 aspectuelle. De surcro\u00eet, cette concordance entre les formes perfectives et imperfectives des verbes et les constructions adverbiales peut d\u00e9pendre du choix du locuteur pouvant employer des marqueurs adverbiaux (perspective aspectuelle) ou des marqueurs lexicaux (perspective de la localisation temporelle).<\/p>\n\n\n\n<p>Danielle Leeman et Max Silberztein, \u00ab&nbsp;Pourquoi peut-on <em>\u00eatre au salon<\/em> et non <em>\u00eatre \u00e0 la chambre<\/em>&nbsp;? Le curieux comportement des pi\u00e8ces du logis&nbsp;\u00bb, p. 293-314.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article vise \u00e0 examiner la r\u00e9partition des pr\u00e9positions devant les noms concernant les pi\u00e8ces de la maison en fran\u00e7ais. De mani\u00e8re sp\u00e9cifique, les auteurs s\u2019interrogent sur l\u2019acceptabilit\u00e9 de certaines constructions grammaticales, \u00e0 partir de l\u2019examen des \u00e9tudes de Dubois (1979), Vandeloise (1986, 1987), Le Pesant (2000) et de G. Gross (1990) et du corpus de M. Gross (1975). Ce qui \u00e9merge, de cette \u00e9tude, c\u2019est le fait que la construction <em>\u00eatre \u00e0 D\u00e9f [N] pi\u00e8ce<\/em> (p.ex. <em>\u00eatre au salon<\/em>, <em>\u00eatre \u00e0 la cuisine<\/em>) est acceptable quand le pr\u00e9dicat d\u2019une activit\u00e9 ou d\u2019une action entre dans la d\u00e9finition de <em>N. <\/em>Les auteurs montrent aussi que la construction <em>aller \u00e0 D\u00e9f [N] pi\u00e8ce <\/em>(p.ex.<em> aller au salon, aller \u00e0 la cuisine<\/em>) est grammaticalement correcte car <em>N<\/em> d\u00e9signe le but du d\u00e9placement. En revanche, la construction <em>aller\/\u00eatre \u00e0 la chambre<\/em>\/<em>au couloir<\/em> est incorrecte car le nom n\u2019est pas li\u00e9 au pr\u00e9dicat d\u2019action\/d\u2019activit\u00e9 et le verbe ne pr\u00e9voit pas un sujet actif.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Christiane Marque-Pucheu, \u00ab&nbsp;Dire <em>apr\u00e8s<\/em> et implications pour le dit ant\u00e9rieur&nbsp;: suspension provisoire ou d\u00e9finitive&nbsp;\u00bb, p. 315-327.<\/p>\n\n\n\n<p>Marque-Pucheu, en abordant la m\u00e9thodologie du <em>Lexique-Grammaire<\/em>, prend en examen la valeur pragmatique de l\u2019adverbe temporel <em>apr\u00e8s<\/em> en fran\u00e7ais, notamment au sein de la configuration du type <em>X. Apr\u00e8s, Y<\/em> ou <em>X, apr\u00e8s, Y<\/em>. L\u2019analyse, en faisant appel aux exemples tir\u00e9s du <em>Corpus WaCky du Web fran\u00e7ais <\/em>(FrWaC), aborde, en premier lieu, l\u2019examen des propri\u00e9t\u00e9s distributionnelles et syntaxiques du marqueur discursif <em>apr\u00e8s <\/em>et, en deuxi\u00e8me lieu, l\u2019\u00e9tude de son fonctionnement s\u00e9mantique et pragmatique \u00e0 l\u2019aide de l\u2019approche de Anscombre (2013). Il ressort que, par l\u2019emploi de <em>apr\u00e8s<\/em> pragmatique, le locuteur se d\u00e9tache dans <em>Y<\/em>, s\u00e9quence successive, de <em>X<\/em>, l\u2019assertion ant\u00e9rieure, en att\u00e9nuant les implications de l\u2019acte de langage v\u00e9hicul\u00e9es par <em>X<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Hisae Akihiro, \u00ab&nbsp;Le connecteur <em>du coup<\/em> dans le parler interactif et informel \u2013 productivit\u00e9 et multifonctionnalit\u00e9&nbsp;\u00bb, p. 329-342.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article, \u00e0 l\u2019aide d\u2019une approche bas\u00e9e sur l\u2019usage, vise \u00e0 analyser les emplois diversifi\u00e9s et les fonctions discursives de <em>du coup<\/em> au sein du corpus <em>TUFS<\/em>, constitu\u00e9 de donn\u00e9es orales, notamment des conversations interactives de style informel, collect\u00e9es entre 2005 et 2015 en France. D\u2019abord, l\u2019auteur propose un inventaire de trois emplois de <em>du coup<\/em>&nbsp;: 1) connecteur logico-s\u00e9mantique&nbsp;; 2) modalisateur&nbsp;; 3) organisateur discursif. Ensuite, il d\u00e9crit l\u2019\u00e9volution de l\u2019emploi de <em>du coup<\/em> sur une dizaine d\u2019ann\u00e9es en montrant une majeure productivit\u00e9 de la locution adverbiale.<\/p>\n\n\n\n<p>Silvia Adler, \u00ab&nbsp;L\u2019impr\u00e9cis construit par les slogans publicitaires en <em>plus<\/em>&nbsp;: proc\u00e9d\u00e9 d\u00e9valorisant ou valorisant&nbsp;?&nbsp;\u00bb, p. 343-354.<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution, fond\u00e9e sur des publications pr\u00e9c\u00e9dentes de l\u2019auteur (p. 343), ouvre la voie \u00e0 une r\u00e9flexion sur l\u2019impr\u00e9cis au sein des slogans publicitaires fran\u00e7ais employant <em>plus<\/em>. Pour ce faire, l\u2019auteur fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 <em>Slogansdepub<\/em>, une base de donn\u00e9es ayant un r\u00e9pertoire de 3800 slogans publicitaires, en tra\u00e7ant une s\u00e9rie de cat\u00e9gories&nbsp;(p. 345) : 1) <em>plus <\/em>comme intensifieur verbal (p.ex. <em>Offrez plus, offrez Carte d\u2019Or<\/em>)&nbsp;; 2) <em>plus <\/em>comme adjectif (p.ex. <em>Toujours plus haut, toujours plus fort&nbsp;!<\/em>)&nbsp;; 3) <em>plus que + nom \/ infinitif<\/em> (p.ex. <em>Bien plus qu\u2019une banque<\/em>&nbsp;; <em>Bien plus que traverser la Manche<\/em>)&nbsp;; 4) <em>plus <\/em>comme adverbe (p.ex. <em>Allons plus loin<\/em>)&nbsp;et 5) d\u2019autres emplois (p.ex. <em>Plus c\u2019est Fanta, moins c\u2019est s\u00e9rieux<\/em>). L\u2019analyse montre que l\u2019impr\u00e9cis constitue une tr\u00e8s bonne strat\u00e9gie de persuasion car le destinataire devient un partenaire actif dans le d\u00e9codage du message publicitaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Bernard Combettes, \u00ab&nbsp;La formation des locutions conjonctives&nbsp;: le cas de <em>sans (ce) que<\/em> et de <em>avec ce que<\/em>&nbsp;\u00bb, p. 355-366.<\/p>\n\n\n\n<p>Combettes dresse l\u2019\u00e9tat des lieux des connaissances sur les locutions conjonctives <em>sans (ce) que <\/em>et <em>avec ce que<\/em> en proposant un parcours diachronique du latin au fran\u00e7ais contemporain duquel il ressort que la locution <em>sans que<\/em> est pr\u00e9sente en fran\u00e7ais contemporain tandis que la locution <em>avec ce que<\/em> se maintient jusqu\u2019au moyen fran\u00e7ais. Les raisons de cette diff\u00e9rence d\u2019\u00e9volution sont multiples&nbsp;: la locution <em>avec ce que<\/em> a une valeur discursive d\u2019addition fr\u00e9quente ne pouvant pas s\u2019int\u00e9grer aux formes en <em>que<\/em>&nbsp;; cette locution pr\u00e9sente un s\u00e9mantisme restreint&nbsp;; cette locution a un r\u00f4le parataxique qui ne rentre pas dans des rapports de subordination ou d\u00e9pendance, comme c\u2019est le cas pour la locution <em>sans (ce) que<\/em> et pour les conjonctions temporelles comme <em>lorsque<\/em> ou <em>d\u2019alors que<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Claire Badiou-Monferran, \u00ab&nbsp;Nouvelle histoire de <em>cependant<\/em> et <em>cependant que<\/em> \u00e0 l\u2019aune du concept de &#8220;r\u00e9manence&#8221;&nbsp;\u00bb, p. 367-381.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette contribution porte sur l\u2019histoire du couple <em>cependant <\/em>\/ <em>cependant que<\/em> en abordant l\u2019\u00e9tude sur l\u2019\u00e9volution des conjonctions temporelles (Bat-Zeev Shyldkrot, 1987, 1989), l\u2019approche s\u00e9mantique des conjonctions en diachronie (Bat-Zeev Shyldkrot et Bertin, 2008) et la th\u00e9orie sur l\u2019expression de la concession (Soutet, 1990, 1992). L\u2019auteur tente d\u2019int\u00e9grer ces approches au concept de \u00ab&nbsp;r\u00e9manence&nbsp;\u00bb (Badiou-Monferran, 2020), c\u2019est-\u00e0-dire le \u00ab&nbsp;ph\u00e9nom\u00e8ne persistant apr\u00e8s la disparition de sa cause&nbsp;\u00bb (p. 372-373) permettant de mettre en \u00e9vidence la dimension contextuelle dans le changement linguistique. Ce qui \u00e9merge est la contamination du s\u00e9mantisme de <em>cependant<\/em>&nbsp;et son \u00e9volution d\u2019un emploi temporel \u00e0 un emploi concessif : d\u2019une part, l\u2019emploi en concurrence avec <em>mais<\/em> a permis de lui donner un sens concessif&nbsp;; d\u2019autre part, l\u2019emploi adversatif s\u2019explique par des traits s\u00e9mantiques li\u00e9s aux contextes temporels d\u2019origine.<\/p>\n\n\n\n<p>La notion de \u00ab&nbsp;r\u00e9manence&nbsp;\u00bb peut aussi \u00eatre utile pour comprendre l\u2019\u00e9volution de <em>cependant que<\/em>, forme priv\u00e9e de son sens comparatif, reprise \u00ab&nbsp;dans la foul\u00e9e de la polyg\u00e9n\u00e8se d\u2019<em>alors que&nbsp;<\/em>\u00bb (p. 376) et remplac\u00e9e par <em>tandis que <\/em>en fran\u00e7ais moderne.<\/p>\n\n\n\n<p>Ruth Burstein,&nbsp;\u00ab&nbsp;The uses of <em>Ken (Yes)<\/em> in Hebrew from biblical to modern Hebrew&nbsp;\u00bb, p. 383-397.<\/p>\n\n\n\n<p>Se situant au sein des recherches sur la grammaticalisation (Hopper et Traugott, 2003; Bat-Zeev Shyldkrot, 2017-2018), la recherche pr\u00e9sent\u00e9e ici explore les fonctions de <em>ken <\/em>(<em>oui<\/em>) de l\u2019h\u00e9breu biblique \u00e0 l\u2019h\u00e9breu moderne. La grammaticalisation est un proc\u00e9d\u00e9 qui pr\u00e9sente quatre \u00e9tapes interm\u00e9diaires&nbsp;: d\u00e9s\u00e9mantisation, extension, d\u00e9cat\u00e9gorisation, \u00e9rosion. <em>Ken <\/em>est donc le r\u00e9sultat d\u2019un proc\u00e9d\u00e9 de grammaticalisation&nbsp;: en h\u00e9breu biblique, <em>ken<\/em> est un nom ayant le sens de <em>v\u00e9rit\u00e9&nbsp;<\/em>; en h\u00e9breu mishnique, talmudique et m\u00e9di\u00e9val <em>ken<\/em> signifie <em>ainsi<\/em>&nbsp;(comme d\u00e9ictique intertextuel) et en h\u00e9breu moderne, <em>ken<\/em> devient un marqueur discursif ayant plusieurs sens (p.ex. r\u00e9ponse affirmative, accord, ouverture de conversation, \u00e9tonnement et ainsi de suite).<\/p>\n\n\n\n<p>Tania Gluzman, \u00ab Les adjectifs <em>unique<\/em>, <em>seul<\/em> et <em>simple<\/em>, inclassables ou grammaticalis\u00e9s&nbsp;?&nbsp;\u00bb, p. 399-422.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article examine le fonctionnement s\u00e9mantique et syntaxique des adjectifs de restriction <em>seul<\/em>, <em>simple<\/em> et <em>unique<\/em> en montrant le proc\u00e9d\u00e9 de grammaticalisation. Pour ce faire, l\u2019auteur fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 plusieurs outils, notamment le corpus <em>Frantext<\/em> et des dictionnaires en ligne (p.ex. <em>Le Grand Robert de la langue fran\u00e7aise<\/em>, <em>TLFi<\/em> et <em>context.reverso.net<\/em>). Il ressort que ces adjectifs ont parfois des sens diff\u00e9rents en postposition et en ant\u00e9position&nbsp;; d\u2019autres fois, ils subissent la g\u00e9n\u00e9ralisation jusqu\u2019\u00e0 arriver au blanchiment s\u00e9mantique. De surcro\u00eet, les donn\u00e9es montrent que ces adjectifs sont pass\u00e9s par plusieurs stades de la grammaticalisation&nbsp;: comme unit\u00e9s grammaticalis\u00e9es, ils ont rempli la fonction adverbiale restrictive&nbsp;; comme marqueurs discursifs de restriction, ils se sont assimil\u00e9s aux locutions causales \u00e0 valeur pr\u00e9positionnelle (p.ex. <em>par seul\/simple\/unique fait de<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Thomas Verjans et Julie Glikman, \u00ab&nbsp;Un ou une esp\u00e8ce de changement&nbsp;?&nbsp;\u00bb, p. 423-434.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette contribution vise \u00e0 examiner le changement linguistique en cours concernant la s\u00e9quence \u00ab&nbsp;un esp\u00e8ce de&nbsp;\u00bb, consid\u00e9r\u00e9e par les auteurs comme un signe du renouvellement de la grammaire et comme \u00ab&nbsp;un d\u00e9terminant ind\u00e9fini complexe visant \u00e0 exprimer l\u2019approximation&nbsp;\u00bb (p. 423). Gr\u00e2ce \u00e0 plusieurs exemples tir\u00e9s de dictionnaires et de corpus (p.ex. <em>TLFi<\/em>, <em>Frantext, Eslo, CFPP2000, GGHF<\/em>), les auteurs se concentrent ici sur l\u2019histoire de la constitution de la locution d\u00e9terminative \u00ab&nbsp;une esp\u00e8ce de&nbsp;\u00bb en s\u2019interrogeant sur les premi\u00e8res attestations de l\u2019accord du d\u00e9terminant initial avec le nom <em>esp\u00e8ce<\/em> et avec le N2. Sur la base des \u00e9tudes de Schapira (2014), les auteurs montrent que <em>esp\u00e8ce de<\/em> pr\u00e9sente une double interpr\u00e9tation&nbsp;: sous-cat\u00e9gorisatrice (le nom associ\u00e9 \u00e0 un compl\u00e9ment du nom \u2013 forme non fig\u00e9e) et approximative (le d\u00e9terminant ind\u00e9fini complexe \u2013 forme grammaticalis\u00e9e). \u00c0 cet \u00e9gard, la s\u00e9quence semble \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un d\u00e9terminant \u00e0 partir de l\u2019\u00e9poque classique m\u00eame si les premi\u00e8res attestations de l\u2019accord du d\u00e9terminant initial avec le N2 apparaissent, de mani\u00e8re non syst\u00e9matique, \u00e0 partir du XVIIe si\u00e8cle. Aujourd\u2019hui, l\u2019accord avec le N2 est tr\u00e8s r\u00e9current \u00e0 l\u2019oral et, selon les auteurs, cela repr\u00e9sente l\u2019aboutissement de la grammaticalisation. Leur conclusion porte sur le fait que la grammaticalisation de la s\u00e9quence montrera un degr\u00e9 suppl\u00e9mentaire \u00e0 partir du moment o\u00f9 l\u2019accord du d\u00e9terminant initial avec le N2 deviendra la norme.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00e9line Vaguer, \u00ab&nbsp;&#8220;Qui veut voyager loin m\u00e9nage sa monture.&#8221; <em>Hippique<\/em> et <em>\u00e9questre<\/em>&nbsp;: des synonymes exactes&nbsp;?&nbsp;\u00bb, p. 435-457.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article porte sur l\u2019analyse pluridimensionnelle, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e9tymologique, morphologique, distributionnelle et s\u00e9mantique, de deux adjectifs, <em>\u00e9questre<\/em> et <em>hippique<\/em>, en fran\u00e7ais. L\u2019auteur, \u00e0 l\u2019aide de plusieurs dictionnaires et corpus (p.ex. <em>Robert m\u00e9thodique<\/em>, <em>TLFi<\/em>, <em>Frantext<\/em>, <em>Wortschatz<\/em>), trace un parcours diachronique sur l\u2019\u00e9volution des emplois de deux adjectifs et sur leur signification. M\u00eame si les deux adjectifs montrent une identit\u00e9 de sens (Conenna et Kleiber, 2012) car ils se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 \u00ab&nbsp;ce qui est relatif au cheval&nbsp;\u00bb (p. 456), il faut souligner que chaque adjectif, par des emplois diff\u00e9rents, montre une variation d\u2019ordre lexical. En fait, <em>\u00e9questre<\/em> repr\u00e9sente la relation monteur-monture, l\u2019art \u00e9questre, l\u2019art graphique, les activit\u00e9s r\u00e9cr\u00e9ative ou militaire, le plaisir et la nature. En revanche, l\u2019adjectif <em>hippique <\/em>est li\u00e9 \u00e0 des emplois concernant la monture, le sport, l\u2019industrie du jeu, le concours, les sensations fortes et l\u2019hippodrome.<\/p>\n\n\n\n<p>Yuji Kawaguchi, \u00abQuelques probl\u00e8mes dans l\u2019utilisation des atlas linguistiques pour analyser l\u2019\u00e9volution du fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, p. 459-476. L\u2019ouvrage se termine par l\u2019article r\u00e9dig\u00e9 par Yuji Kawaguchi qui fait le point sur l\u2019\u00e9volution du fran\u00e7ais pendant les enqu\u00eates dialectologiques. Plus sp\u00e9cifiquement, l\u2019auteur prend en compte la carte du mot <em>jument<\/em>, le suffixe <em>\u2013ette<\/em> et la carte du mot <em>noisette<\/em>, au sein de deux atlas linguistiques, l\u2019<em>Atlas linguistique de la France <\/em>(<em>ALF<\/em>) et l\u2019<em>Atlas linguistique et ethnographique de la Champagne et de la Brie <\/em>(<em>ALCB<\/em>). Sa r\u00e9flexion a le m\u00e9rite de mettre en \u00e9vidence les discordances entre les deux atlas. En premier lieu, la difficult\u00e9 de l\u2019<em>ALF<\/em> \u00e0 d\u00e9crire les variantes locales de <em>jument<\/em> et de <em>noisette<\/em>. En deuxi\u00e8me lieu, le manque de pr\u00e9cision de l\u2019<em>ALF<\/em> sur les variations phonologiques ou morphologiques (p.ex. <em>\u2013atte<\/em>, <em>-ette<\/em>, <em>-ettes<\/em>). En troisi\u00e8me lieu, la diff\u00e9rence des principes d\u2019investigation adopt\u00e9s par les atlas\u00a0: <em>ALF<\/em> respecte les donn\u00e9es des informateurs\u00a0; <em>ALCB<\/em>, diff\u00e9remment, influence les informateurs. Pour conclure, l\u2019auteur nous pr\u00e9vient sur la fiabilit\u00e9 des donn\u00e9es concernant l\u2019\u00e9volution linguistique de la p\u00e9riode prise en consid\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p>[Mariangela ALBANO]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Annie BERTIN, Thierry PONCHON, Olivier SOUTET (\u00e9ds.), Synchronie et diachronie&nbsp;: l\u2019enjeu du sens. M\u00e9langes offerts pour Pr. Hava Bat-Zeev Shyldkrot, Paris, \u00c9ditions Honor\u00e9 Champion, 2022, pp. 490. Le volume intitul\u00e9 Synchronie et diachronie&nbsp;: l\u2019enjeu du sens. M\u00e9langes offerts pour Pr. Hava Bat-Zeev Shyldkrot a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sous la direction de Annie Bertin, Thierry Ponchon et\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2023\/10\/20\/annie-bertin-thierry-ponchon-olivier-soutet-eds-synchronie-et-diachronie-lenjeu-du-sens-melanges-offerts-pour-pr-hava-bat-zeev-shyldkrot\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[43],"tags":[],"class_list":["post-941","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n-50"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/941"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=941"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/941\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":978,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/941\/revisions\/978"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=941"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=941"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=941"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}