{"id":933,"date":"2023-10-21T18:00:23","date_gmt":"2023-10-21T16:00:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=933"},"modified":"2023-11-01T08:23:51","modified_gmt":"2023-11-01T07:23:51","slug":"gaudin-f-eds-charles-de-foucauld-lexicographe-et-missionnaire","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2023\/10\/21\/gaudin-f-eds-charles-de-foucauld-lexicographe-et-missionnaire\/","title":{"rendered":"GAUDIN F. (\u00e9ds.), Charles de Foucauld. Lexicographe et missionnaire"},"content":{"rendered":"\n<p>GAUDIN F. (\u00e9ds.), <em>Charles de Foucauld. Lexicographe et missionnaire<\/em>, Presses Universitaires de Rouen et du Havre, 2022, pp. 174.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet ouvrage r\u00e9unit les recherches issues du colloque \u00ab\u00a0Charles de Foucauld pluriel. Une vie, une \u0153uvre, une post\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb, tenu en 2016 pour le centenaire de sa disparition et permet de d\u00e9couvrir l\u2019apport de cet auteur \u00e0 la connaissance de la langue et de la culture touar\u00e8gues. Dans son <em>Introduction <\/em>(pp. 7-30), Jacqueline LALOUETTE brosse le parcours \u00e9clectique et singulier de la vie d\u2019un homme unique, \u00e0 travers ses contacts avec l\u2019Alg\u00e9rie et sa passion pour les Touaregs, \u00e0 travers \u00ab\u00a0les m\u00e9moires\u00a0\u00bb fran\u00e7aise et alg\u00e9rienne, l\u2019onomastique urbaine qui le c\u00e9l\u00e8bre, son int\u00e9r\u00eat pour la jeunesse (les troupes scoutes, les \u00e9tablissements scolaires, les publications pour les enfants catholiques\u2026), jusqu\u2019aux d\u00e9bats autour de sa canonisation. Le pr\u00e9sent recueil est consacr\u00e9 particuli\u00e8rement aux \u00e9tudes de la langue et de la culture touar\u00e8gues de Foucauld, qui commencent en recopiant l\u2019<em>Essai de grammaire de la langue tamachek\u2019 <\/em>de Hanoteau, continuent avec la prise de le\u00e7ons qui lui permettent enfin de maitriser la langue et de traduire les <em>\u00c9vangiles<\/em>, et culminent dans la publication de quelques livres et d\u2019un dictionnaire monumental, le <em>Dictionnaire touareg-fran\u00e7ais. Dialecte de l\u2019Ahaggar<\/em> \u2013 bien diff\u00e9rent des typiques lexiques invers\u00e9s compos\u00e9s par les missionnaires chr\u00e9tiens.<\/p>\n\n\n\n<p>Dominique CASAJUS (<em>Un linguiste improvis\u00e9, une \u0153uvre inachev\u00e9e<\/em>, pp. 31-65) reconstruit le cheminement qui a conduit Foucauld \u00ab\u00a0figure majeure des \u00e9tudes berb\u00e8res\u00a0\u00bb (p. 32), en passant par la traduction des saintes Ecritures, \u00e0 la composition de son <em>Dictionnaire touareg-fran\u00e7ais<\/em> et au recueil des <em>Po\u00e9sies touar\u00e8gues<\/em> (qu\u2019il souhaite soustraire \u00e0 l\u2019oubli), entre 1904 (lorsqu\u2019il quitta l\u2019ermitage de B\u00e9ni-Abb\u00e8s pour le pays touareg) jusqu\u2019\u00e0 son assassinat en 1916. Foucauld avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier l\u2019arabe et, pour se pr\u00e9parer \u00e0 un voyage au Maroc, il s\u2019\u00e9tait approch\u00e9 de la langue berb\u00e8re en \u00e9tudiant l\u2019<em>Essai de grammaire de la langue tamachek\u2019 <\/em>et la <em>Grammaire kabyle<\/em> de Hanoteau. Le recopiage <em>in extenso<\/em>, puis en r\u00e9sum\u00e9, de l\u2019<em>Essai de grammaire<\/em> ouvre la voie \u00e0 ses r\u00e9flexions sur le traitement des \u00ab\u00a0racines\u00a0\u00bb des mots, qui fondera son <em>Dictionnaire<\/em>. Pour mener \u00e0 bien son double travail, lexicographique et litt\u00e9raire, Foucauld se fixe un programme et des d\u00e9lais qu\u2019il ne parvient pas \u00e0 respecter, mais qui montrent les soucis non pas d\u2019un missionnaire r\u00e9ligieux, mais d\u2019un homme de sciences, rigoureux et culturellement ambitieux. Il envisage aussi la r\u00e9daction d\u2019une grammaire touar\u00e8gue, \u00e0 propos de laquelle il \u00e9labore une s\u00e9rie de r\u00e9flexions d\u2019abord sur le syst\u00e8me nominal et pronominal, puis sur le verbe et sa conjugaison, plus exactes que celles de Hanoteau. Ce travail le conduit \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9tude du syst\u00e8me des d\u00e9rivations verbales en touareg (qui servira de base pour les \u00e9tudes futures d\u2019autres grammairiens), et accompagne l\u2019entreprise du <em>Dictionnaire<\/em>, lequel, tout en restant inachev\u00e9 \u00e0 cause de son assassinat, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 consid\u00e9r\u00e9 par son auteur \u00ab\u00a0comme tr\u00e8s complet\u00a0\u00bb (p. 33).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>La lexicographie de Charles de Foucauld\u00a0: entre tradition et innovation<\/em> (pp. 67-88), Foudil CHERIGUEN met l\u2019accent sur les innovations apport\u00e9es par Foucauld dans son dictionnaire ainsi que sur quelques proc\u00e9dures d\u2019am\u00e9lioration encore envisageables. Selon l\u2019auteur, le <em>Dictionnaire touareg-fran\u00e7ais <\/em>est un exemple de pr\u00e9cision quant \u00e0 l\u2019analyse lexicale, syntaxique et s\u00e9mantique, malgr\u00e9 le fait que la langue source n\u2019avait aucune tradition lexicographique ant\u00e9rieure, ni de stabilit\u00e9 graphique, ce qui a provoqu\u00e9 quelques carences sur les plans orthographique, morpho-lexical et dictionnairique. Cheriguen passe donc en revue les principaux probl\u00e8mes rencontr\u00e9s par Foucauld et les solutions tent\u00e9es. Il s\u2019occupe des rapports entre sons, phon\u00e8mes et graph\u00e8mes, compliqu\u00e9s par les tifinagh (alphabets touar\u00e8gues)\u00a0; de l\u2019ordre des entr\u00e9es, qui sont class\u00e9es par ordre alphab\u00e9tique des racines, afin de regrouper les d\u00e9riv\u00e9s sous une m\u00eame base (ce qui ne va pas sans cr\u00e9er des difficult\u00e9s)\u00a0; des abr\u00e9viations qui pr\u00eatent parfois \u00e0 confusion puisque certains sigles correspondent \u00e0 plusieurs mots\u00a0; de la nomenclature, qui pr\u00e9sente des insuffisances du point de vue des lexiques sp\u00e9cialis\u00e9s (dont Foucault \u00e9tait bien conscient)\u00a0; des d\u00e9finitions tant\u00f4t minimales et d\u00e9pourvues de d\u00e9tails, tant\u00f4t maximales et tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9es, compos\u00e9es \u00e0 la fois de s\u00e8mes \u00e0 valeur encyclop\u00e9dique et linguistique, tellement riches qu\u2019elles rapprochent le <em>Dictionnaire<\/em> \u00e0 la fois d\u2019un manuel de grammaire et d\u2019un dictionnaire culturel.<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution de Mahfoud MAHTOUT (<em>Le<\/em> Dictionnaire touareg-fran\u00e7ais <em>de Charles de Foucauld&nbsp;: outil d\u2019une langue et d\u2019une culture<\/em>, pp. 89-103) se concentre sur la vision du <em>Dictionnaire touareg-fran\u00e7ais<\/em> comme instrument incontournable de connaissance non seulement de la langue mais aussi de la culture berb\u00e8re. Avant Foucauld, des missionnaires j\u00e9suites, p\u00e8res blancs, ermites et officiers de Kabylie s\u2019\u00e9taient attach\u00e9s \u00e0 la r\u00e9alisation des premiers bilingues fran\u00e7ais-arabe et fran\u00e7ais-tamazight, destin\u00e9s \u00e0 leur communication avec les indig\u00e8nes de diff\u00e9rentes r\u00e9gions. C\u2019est de ces ouvrages que Foucauld se sert pour ses recherches linguistiques, qui se font plus amples et rigoureuses gr\u00e2ce \u00e0 la rencontre avec Adolphe Classanti-Motylinski. Malgr\u00e9 sa mort pr\u00e9matur\u00e9e, ce dernier lui transmet ses m\u00e9thodes de travail et l\u2019incite \u00e0 poursuivre son entreprise, qui le conduit \u00e0 produire des instruments linguistiques et lexicographiques tr\u00e8s fins, contribuant \u00e0 la grammatisation et scripturalisation de la langue touar\u00e8gue. Dans ce cadre, et \u00e0 l\u2019aide de l\u2019article consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019entr\u00e9e \u0424<a href=\"#_ftn1\"><em><strong>[1]<\/strong><\/em><\/a><em> + OUTAB<\/em>, MAHTOUT pr\u00e9sente les caract\u00e9ristiques de la macrostructure du <em>Dictionnaire<\/em> et r\u00e9fl\u00e9chit notamment sur la nomenclature et sur les difficult\u00e9s dues aux proc\u00e9d\u00e9s de lemmatisation. Puis il en d\u00e9crit la microstructure, organis\u00e9e selon 3 types r\u00e9currents d\u2019article, assortis d\u2019informations grammaticales, m\u00e9talinguistiques et de correspondants de traduction.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>\u00c9diter le<\/em> Dictionnaire touareg-fran\u00e7ais <em>de Charles de Foucauld\u00a0aujourd\u2019hui\u00a0: quelques r\u00e9flexions sur les difficult\u00e9s et les modalit\u00e9s<\/em> (pp. 105-123), Christine JACQUET-PFAU illustre les probl\u00e8mes que l\u2019\u00e9dition de cette somme lexicographique comporte et s\u2019occupe du passage d\u2019un texte manuscrit pr\u00e9par\u00e9 et fig\u00e9 par l\u2019auteur interm\u00e9diaire Andr\u00e9 Basset (premier \u00e9diteur de la version int\u00e9grale du <em>Dictionnaire touareg-fran\u00e7ais<\/em>) du manuscrit de Foucauld. La modernit\u00e9 de l\u2019analyse, de la description syntaxique et s\u00e9mantique du <em>Dictionnaire<\/em> se heurtent \u00e0 plusieurs difficult\u00e9s\u00a0: l\u2019usage de nombreuses abr\u00e9viations \u2013 certaines constitu\u00e9es par un symbole \u2013 n\u00e9cessitant une normalisation de la part de l\u2019\u00e9diteur\u00a0; la coexistence de diff\u00e9rentes \u00e9critures (tifinagh \u2013 \u00e0 garder\u00a0? \u2013 et transcription en caract\u00e8res latins)\u00a0; la pr\u00e9sence d\u2019illustrations en noir et blanc, dessin\u00e9es par Foucauld comme compl\u00e9ment \u00e0 la description lexicographique et encyclop\u00e9dique et qu\u2019il est difficile de d\u00e9placer\u00a0; l\u2019emploi, aujourd\u2019hui proscrit, des soulignements et des doubles soulignements, qui doivent donc \u00eatre transform\u00e9s en d\u2019autres marquages\u00a0; les erreurs typographiques et les \u00e9volutions orthographiques \u2013 \u00e0 corriger\u00a0ou \u00e0 garder\u00a0? Tous les choix qui se pr\u00e9sentent \u00e0 l\u2019\u00e9diteur se situent, en effet, entre le respect du manuscrit et une adaptation aux normes de l\u2019\u00e9dition contemporaine, qui permettrait d\u2019en am\u00e9liorer la lisibilit\u00e9 pour un lectorat auquel il n\u2019\u00e9tait pas destin\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7ois GAUDIN d\u00e9finit Foucauld comme <em>Un lexicographe singulier<\/em> (pp. 125-133) ayant produit un ouvrage \u00e9galement singulier sur plusieurs plans. Son <em>Dictionnaire touareg-fran\u00e7ais <\/em>int\u00e9resse l\u2019histoire du livre et celle des dictionnaires, mais les chercheurs sont d\u00e9munis face \u00e0 son caract\u00e8re atypique&nbsp;: des questions sur ses vis\u00e9es et sur ses pr\u00e9alables restent sans r\u00e9ponse, tout comme l\u2019auteur prend soin (en vain, d\u2019ailleurs) de rester dans l\u2019ombre. Le <em>Dictionnaire<\/em> int\u00e9resse aussi l\u2019histoire des rapports culturels entre Alg\u00e9riens et Fran\u00e7ais, entre catholiques et musulmans, entre colonis\u00e9s et colonisateurs&nbsp;: Foucauld travaille cette \u0153uvre comme un chercheur passionn\u00e9, install\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et consid\u00e9r\u00e9 comme un pa\u00efen, mais accueilli, sans besoin de s\u2019assimiler. Lorsque l\u2019Europe est en guerre, lui, il pers\u00e9v\u00e8re dans ses travaux d\u2019\u00e9rudition pour servir la langue dans une entreprise \u2013 que GAUDIN d\u00e9finit \u00ab&nbsp;glottopolitique&nbsp;\u00bb \u2013 de grammatisation et de mod\u00e9lisation du kabyle et, par-l\u00e0, de description d\u2019une culture et de traditions mal connues. L\u2019auteur conclut en reconnaissant que cet ouvrage jette un pont de r\u00e9conciliation entre les deux rives de la M\u00e9diterran\u00e9e, de construction d\u2019un rapport que Foucauld a pu observer, noter et d\u00e9crire dans ses \u00e9crits.<\/p>\n\n\n\n<p>Maria Letizia CRAVETTO explique, dans <em>Les manuscrits du<\/em> Dictionnaire touareg-fran\u00e7ais <em>de Charles de Foucauld<\/em> (pp. 135-140), qu\u2019apr\u00e8s ses \u00e9tudes sur la cruaut\u00e9 de la Shoah, elle s\u2019est tourn\u00e9e vers les mystiques et a d\u00e9couvert, en lisant <em>Charles Foucauld et la fraternit\u00e9<\/em> de Denis et Robert Barrat, l\u2019existence de \u00ab\u00a0plus de dix mille pages de manuscrits\u00a0\u00bb (p. 135) qu\u2019elle a pu consulter \u00e0 Rome o\u00f9 des copies avaient \u00e9t\u00e9 recueillies pour le proc\u00e8s de canonisation de leur auteur. CREVETTO constitue ainsi un catalogue, qui compte 493 autographes de Foucauld, et commence un travail de classement pour contr\u00f4ler le respect avec lequel on l\u2019avait \u00e9dit\u00e9\u00a0: le r\u00e9sultat montre des coupes, des modifications, des amalgames, etc., et par cons\u00e9quent la n\u00e9cessit\u00e9 de se pencher sur les manuscrits. L\u2019auteure se consacre en particulier aux brouillons des \u00e9crits linguistiques, notamment ceux du <em>Dictionnaire touareg-fran\u00e7ais<\/em>, et d\u00e9couvre que la dispersion des papiers ne permet pas de \u00ab\u00a0savoir \u00e0 quel stade de correction correspond l\u2019\u00e9dition photostatique de Ren\u00e9 Basset\u00a0\u00bb (p. 138). Il est cependant possible de tirer la conclusion que le travail copieux et acharn\u00e9 de Foucauld est d\u00fb \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019amour d\u2019autrui\u00a0: ne pas pouvoir renoncer \u00e0 aller plus loin pour acc\u00e9der \u00e0 ce type de communication qui d\u00e9passe la dissemblance et la distance\u00a0\u00bb (p. 139) et essayer de \u00ab\u00a0renverser tout ce qui fonde le mal\u00a0\u00bb (p. 140).<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l\u2019expliquent Rachid ADJAOUT et Soufiane LANSEUR (<em>Charles de Foucauld et le mythe de l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation des Touaregs<\/em>, pp. 141-155), l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9prouv\u00e9 pour le pays touareg conduit Foucauld \u00e0 \u00ab\u00a0profiter\u00a0\u00bb de sa profession de moine pour demander l\u2019autorisation \u00e0 s\u2019y installer \u00e0 des fins d\u2019\u00e9vang\u00e9lisation et \u00e0 devenir ensuite un sp\u00e9cialiste de la culture touar\u00e8gue. Pendant que l\u2019administration fran\u00e7aise essayait de pr\u00e9parer des instituteurs autochtones afin de diffuser ses principes, ces derniers se sont mis \u00e0 travailler le kabyle, et Foucauld lui-m\u00eame a commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019impr\u00e9gner de cette culture mill\u00e9naire. Ainsi, ADJAOUT et LANSEUR s\u2019attachent \u00e0 mettre en lumi\u00e8re, d\u2019une part, le <em>mythe kabyle<\/em> \u2013 ressuscitation d\u2019un pass\u00e9 o\u00f9 l\u2019Afrique du Nord \u00e9tait sous domination des forces romanes et, par cons\u00e9quent, catholiques \u2013 qui a su fasciner Foucauld et lui permettre ensuite de connaitre ce peuple en profondeur\u00a0; et de l\u2019autre part, le <em>mythe foucauldien<\/em>, en brossant l\u2019image d\u2019un homme \u00e9clectique et \u00e9rudit qui, partant d\u2019une vie de religieux vou\u00e9 \u00e0 la cause de l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation des populations, a fini pour suivre sa vocation pour les \u00e9tudes linguistiques et se convertir en linguiste berb\u00e9risant, donnant \u00ab\u00a0naissance \u00e0 pas moins de cinq ouvrages princeps sur la langue touar\u00e8gue\u00a0\u00bb (p. 155).<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution d\u2019Abdelhak ZERRAD (<em>L\u2019alt\u00e9rit\u00e9 \u00e0 travers le miroir de<\/em> <em>Charles de Foucauld<\/em>, pp. 157-169) se penche sur la relation de voyage de Foucauld \u2013 <em>Reconnaissance au Maroc<\/em> \u2013 afin de v\u00e9rifier le degr\u00e9 de subjectivit\u00e9 qu\u2019il montre \u00e0 l\u2019\u00e9gard de \u00ab&nbsp;cette alt\u00e9rit\u00e9 radicale que fut le Marocain pour les voyageurs fran\u00e7ais&nbsp;\u00bb (p. 158). Il en r\u00e9sulte un r\u00e9cit st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9 qui r\u00e9duit le Marocain \u00e0 la n\u00e9gativit\u00e9, d\u00e9crit par pr\u00e9jug\u00e9s, de mani\u00e8re caricaturale et d\u00e9pr\u00e9ciative, en essayant de cr\u00e9er des diff\u00e9rences entre les Berb\u00e8res et les Arabes. Foucauld semble donc rester enferm\u00e9 dans la perception collective europ\u00e9ocentriste, qui consid\u00e8re l\u2019Orient au prisme de l\u2019imagination et de l\u2019approximation. Selon ZERRAD, Foucauld ne reconnait pas la profondeur historique et culturelle de l\u2019identit\u00e9 marocaine, car le r\u00e9f\u00e9rentiel occidental en d\u00e9forme la vision dans une perspective europ\u00e9ocentrique et colonialiste, qui tend vers l\u2019inf\u00e9riorisation et la domination de l\u2019autre. Cependant, l\u2019auteur constate que l\u2019exploration de Foucauld a mis en lumi\u00e8re le territoire marocain et a permis par la suite d\u2019\u00e9clairer l\u2019image de ce Pays, gr\u00e2ce aux donn\u00e9es g\u00e9ographiques, ethnographiques, historiques, politiques, etc. rapport\u00e9es de son investigation.<\/p>\n\n\n\n<p>[Chiara PREITE]<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Pour le symbole de la racine touar\u00e8gue (un rond coup\u00e9 au milieu par une barre verticale), en l\u2019absence du caract\u00e8re correspondant, j\u2019en utilise un qui semble proche.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>GAUDIN F. (\u00e9ds.), Charles de Foucauld. Lexicographe et missionnaire, Presses Universitaires de Rouen et du Havre, 2022, pp. 174. Cet ouvrage r\u00e9unit les recherches issues du colloque \u00ab\u00a0Charles de Foucauld pluriel. 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