{"id":896,"date":"2023-06-14T12:15:04","date_gmt":"2023-06-14T10:15:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=896"},"modified":"2023-06-26T09:44:36","modified_gmt":"2023-06-26T07:44:36","slug":"nolwenn-lorenzi-bailly-et-claudine-moise-dir-discours-de-haine-et-de-radicalisation-les-notions-cles","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2023\/06\/14\/nolwenn-lorenzi-bailly-et-claudine-moise-dir-discours-de-haine-et-de-radicalisation-les-notions-cles\/","title":{"rendered":"Nolwenn Lorenzi Bailly et Claudine Mo\u00efse (dir.), Discours de haine et de radicalisation. Les notions cl\u00e9s,"},"content":{"rendered":"\n<p>Nolwenn Lorenzi Bailly et Claudine Mo\u00efse (dir.), <em>Discours de haine et de radicalisation. Les notions cl\u00e9s<\/em>, Lyon, ENS \u00c9ditions, 2023, p.&nbsp;560.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9dig\u00e9e et publi\u00e9e sous la direction de Nolwenn Lorenzi Bailly et Claudine Mo\u00efse, <em>Discours de haine et de radicalisation. Les notions cl\u00e9s<\/em> est un ouvrage sous forme de glossaire (de \u00ab&nbsp;Alt\u00e9rit\u00e9&nbsp;\u00bb \u00e0 \u00ab&nbsp;Violence verbale&nbsp;\u00bb, en passant par \u00ab&nbsp;Homophobie&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Id\u00e9ologie&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Manipulation&nbsp;\u00bb) proposant une d\u00e9finition des termes li\u00e9s aux id\u00e9ologies et aux fondements \u00e0 la base des discours de haine. Ce \u00ab&nbsp;dictionnaire de la haine&nbsp;\u00bb publi\u00e9 en 2023 rel\u00e8ve \u00ab&nbsp;des r\u00e9flexions men\u00e9es dans le cadre du projet europ\u00e9en <em>Practicies<\/em>&nbsp;\u00bb (p. 7) et s\u2019appuie sur la contribution des experts dans les domaines de comp\u00e9tence pertinents, dont les contenus, pr\u00e9sent\u00e9s sous forme de fiches, sont indiqu\u00e9s dans l\u2019<em>Index<\/em>. Approximativement, chaque fiche donne d\u2019abord une d\u00e9finition du terme analys\u00e9 \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une entr\u00e9e de dictionnaire, suivie d\u2019une analyse discursive appliqu\u00e9e \u00e0 un exemple qui illustre le concept et, enfin, d\u2019une synth\u00e8se de ce qui a \u00e9t\u00e9 relat\u00e9 dans les deux paragraphes pr\u00e9c\u00e9dents. La tonalit\u00e9 et le sujet des analyses d\u00e9pendent beaucoup du chercheur qui la m\u00e8ne, mais les fiches ont toutes le m\u00e9rite d\u2019\u00eatre facilement accessibles \u00e0 un public acad\u00e9mique, m\u00eame d\u00e9butant. Les analyses convoquent tous les principes de l\u2019analyse du discours \u00e0 la fran\u00e7aise et ceux de la rh\u00e9torique argumentative. Par ailleurs, l\u2019ouvrage offre aussi un aper\u00e7u sur les contributeur.ices et un index des notions pr\u00e9sent\u00e9es, ce qui guide le lecteur dans la consultation. Nous ne pr\u00e9senterons ici que quelques exemples pour chaque section de cet imposant volume, dans le but de fournir une id\u00e9e plus claire de sa teneur.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la premi\u00e8re partie, \u00ab&nbsp;Concepts linguistiques&nbsp;\u00bb, nous retrouvons une contribution de Samuel Vernet, qui d\u00e9finit la notion de \u00ab&nbsp;doxa&nbsp;\u00bb (p. 31). \u00c0 partir des d\u00e9finitions classiques, notamment celle de J.-Y. Tr\u00e9pos, de R. Barthes et d\u2019autres (pp. 31-32) il en construit une plus h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne : \u00ab&nbsp;un sens commun, des opinions communes, des croyances partag\u00e9es dans un champ bien pr\u00e9cis&nbsp;\u00bb (p. 33). Ensuite, S. Vernet nous rapporte une s\u00e9quence tir\u00e9e d\u2019une \u00e9mission rep\u00e9rable sur <em>YouTube<\/em> pour montrer deux extr\u00eames&nbsp;qui s\u2019affrontent, le radicalisme et l\u2019orthodoxie&nbsp;: les positions radicales d\u00e9finissent par contrecoup les postures de la biens\u00e9ance. L\u2019un des commentateurs affirme pouvoir comprendre la violence des gilets jaunes et les autres l\u2019accusent d\u2019inhumanit\u00e9 et de bestialit\u00e9&nbsp;(p. 35) ; l\u2019auteur rapporte ce discours pour d\u00e9montrer que la violence verbale peut \u00eatre induite \u00e0 partir du \u00ab&nbsp;bien penser&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le concept de&nbsp;\u00ab&nbsp;st\u00e9r\u00e9otype&nbsp;\u00bb est \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9 dans la premi\u00e8re section de cet ouvrage, par le biais d\u2019une fiche r\u00e9dig\u00e9e par Lorella Sini (p. 105). L. Sini dresse d\u2019abord une d\u00e9finition du mot (\u00e0 partir de celle de Ruth Amossy), issu du domaine de l\u2019imprimerie mais qui a d\u00e9sormais acquis un sens m\u00e9taphorique et, depuis le d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, une connotation n\u00e9gative (p. 105). Ensuite, elle nous donne un aper\u00e7u du st\u00e9r\u00e9otype dans plusieurs contextes&nbsp;: dans la langue, en discours et, en particulier, dans les discours de la droite radicale. Ce dernier paragraphe s\u2019appuie sur l\u2019exemple des \u00e9pisodes racistes qui ont eu comme cible Christiane Taubira, premi\u00e8re ministre noire de France, victime du st\u00e9r\u00e9otype qui lie les noirs aux sauvages, et de l\u2019animalisation qui en d\u00e9rive.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 suivre, l\u2019entr\u00e9e \u00ab&nbsp;haine (discours de)&nbsp;\u00bb ouvre la deuxi\u00e8me partie du livre (\u00ab&nbsp;Notions connexes&nbsp;\u00bb) : illustr\u00e9e par B\u00e9atrice Turpin, c\u2019est une \u00ab&nbsp;fiche-pivot&nbsp;\u00bb autour de laquelle se compose tout le volume. Apr\u00e8s avoir clarifi\u00e9 la d\u00e9finition de \u00ab&nbsp;haine&nbsp;\u00bb et de&nbsp;\u00ab&nbsp;discours de haine&nbsp;\u00bb, B. Turpin nous explique que la Justice a commenc\u00e9 \u00e0 accorder une importance notable \u00e0 cette probl\u00e9matique apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale et l\u2019Holocauste. En effet, on retrouve la d\u00e9finition de \u00ab&nbsp;discours de haine<em>&nbsp;\u00bb<\/em> dans une recommandation du Conseil de l\u2019Europe dat\u00e9e d\u2019octobre 1997 (p. 157). L\u2019autrice continue son analyse en enqu\u00eatant sur la rh\u00e9torique des discours de haine, et en nous fournissant l\u2019exemple d\u2019une vid\u00e9o o\u00f9 elle montre, \u00e0 travers un \u00ab&nbsp;discours d\u2019alerte&nbsp;\u00bbd\u2019enl\u00e8vement d\u2019enfants (pp. 159-160) comment ce discours v\u00e9hicule des st\u00e9r\u00e9otypes sur les Roms et r\u00e9it\u00e8re, en les renfor\u00e7ant, les sentiments de haine envers cette population.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la troisi\u00e8me partie du livre (\u00ab&nbsp;Strat\u00e9gies discursives&nbsp;\u00bb) B\u00e9atrice Fracchiolla nous donne une premi\u00e8re d\u00e9finition de \u00ab&nbsp;politiquement correct&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;une expression relativement r\u00e9cente \u00e0 mettre \u00e9pist\u00e9mologiquement en rapport avec l\u2019id\u00e9e de discrimination positive&nbsp;\u00bb d\u00e9crivant \u00ab&nbsp;un processus qui remplace une d\u00e9nomination consid\u00e9r\u00e9e comme discriminatoire ou brutale par une d\u00e9nomination qui serait plus diplomatique et pr\u00e9cautionneuse&nbsp;\u00bb (p. 283). Elle s\u2019appuie sur l\u2019\u00e9tymologie du mot, et elle explique l\u2019historique de la notion, issue de l\u2019anglais <em>political correctness<\/em>. Ensuite, elle donne l\u2019exemple de la biens\u00e9ance qui coupe les ailes \u00e0 l\u2019effet d\u2019humour, se basant sur un discours de l\u2019humoriste Blanche Gardin&nbsp;; selon l\u2019autrice, l\u2019humour est un \u00ab&nbsp;lieu possible de lib\u00e9ration \u00e9thique de la parole&nbsp;\u00bb (p. 287), ce qui a souvent pour effet de l\u00e9gitimer la propagation de la haine. Or, dans ce cas, l\u2019humour est admis, car le contexte, la situation et la posture de l\u2019\u00e9nonciatrice \u2013 une humoriste&nbsp;\u2013 ne sont pas ambigus. Dans la m\u00eame section, B. Fracchiolla, N. Lorenzi Bailly, Cl. Mo\u00efse et C. Romain illustrent la notion de \u00ab&nbsp;violence verbale&nbsp;\u00bb, en construisant une d\u00e9finition \u00e0 partir des deux mots qui constituent cette expression. La fiche, tr\u00e8s articul\u00e9e, d\u00e9crit les mille visages de la violence verbale, conditionn\u00e9e par plusieurs facteurs dont la prosodie de la parole \u00e0 l\u2019oral \u2013 hauteur de la voix, rythme, d\u00e9bit \u2013 et la situation communicative. La notion de <em>violence verbale<\/em> avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 introduite dans l\u2019\u0153uvre de ces m\u00eames autrices, N. Lorenzi Bailly et Cl. Mo\u00efse, <em>La haine en discours<\/em>. Ici, les chercheuses soulignent que la violence verbale s\u2019impose \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9gard des discours politiques ou des argumentations d\u2019actualit\u00e9, dont l\u2019\u00e9cologie. En effet, le corpus analys\u00e9 concerne les discours de haine adress\u00e9s contre Greta Thumberg, la jeune activiste c\u00e9l\u00e8bre pour ses batailles sur l\u2019\u00e9cologie. Attaqu\u00e9e pour sa personnalit\u00e9, son apparence physique et son mode de vie, elle est d\u00e9finie comme un \u00ab&nbsp;cyborg&nbsp;\u00bb (pp. 304-305), voire comme&nbsp;\u00ab&nbsp;une jeune fille au corps neutre et \u00e0 la parole belliqueuse&nbsp;\u00bb (p. 306). La violence verbale genr\u00e9e et deshumanisante qu\u2019on retrouve ici est \u00e0 la fois fulgurante, pol\u00e9mique et d\u00e9tourn\u00e9e. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La quatri\u00e8me section du volume (\u00ab&nbsp;Types de discours de haine&nbsp;\u00bb) compte quatorze fiches ; le lecteur y retrouvera des th\u00e8mes plus ou moins actuels, dont \u00ab&nbsp;antis\u00e9mitisme&nbsp;\u00bb, une forme de racisme qui a pris beaucoup d\u2019ampleur dans la France contemporaine. La fiche commence avec l\u2019entr\u00e9e \u00ab&nbsp;antis\u00e9mitisme&nbsp;\u00bb, mais les autrices, Claudine Mo\u00efse et Laura Ascone, soulignent que m\u00eame si le mot existe depuis le XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les manifestations physiques et rh\u00e9toriques du ph\u00e9nom\u00e8ne sont ant\u00e9rieures. Le corpus se concentre dans ce cas sur le conflit Hamas-Isra\u00ebl de 2021, contextualis\u00e9 par les autrices qui en analysent les strat\u00e9gies discursives : le st\u00e9r\u00e9otype, l\u2019analogie, le \u00ab&nbsp;discours de v\u00e9rit\u00e9&nbsp;\u00bb et les jeux de mots, int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 l\u2019emploi des emoji. L\u2019objectif est de d\u00e9montrer que l\u2019antis\u00e9mitisme peut prendre des formes tr\u00e8s diverses et que les discours antis\u00e9mites r\u00e9activent souvent des st\u00e9r\u00e9otypes ancestraux (p. 319) par le biais des proc\u00e9d\u00e9s d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9s. La notion de \u00ab&nbsp;complot&nbsp;\u00bb qui renvoie ind\u00e9niablement \u00e0 \u00ab&nbsp;antis\u00e9mitisme&nbsp;\u00bb, fait suite \u00e0 cette derni\u00e8re ; par ailleurs, les deux notions sont reli\u00e9es entre elles, les discours antis\u00e9mites se nourrissant notoirement de th\u00e9ories conspirationnistes. Le complot est d\u00e9fini comme \u00ab&nbsp;un projet quelconque concert\u00e9 secr\u00e8tement entre deux ou plusieurs personnes&nbsp;\u00bb et comme une \u00ab&nbsp;conjuration&nbsp;\u00bb (<em>TLFi<\/em>, p. 321). Associ\u00e9 \u00e0 la parano\u00efa, le complot est un fait social et politique r\u00e9pandu depuis l\u2019antiquit\u00e9, comme le sugg\u00e8re l\u2019exemple de l\u2019assassinat de Jules C\u00e9sar fourni par l\u2019autrice de la fiche, Fabienne Baider (p. 323). Elle reprend \u00e9galement la rh\u00e9torique du complot d\u00e9finie par Lo\u00efc Nicolas comme une \u00ab&nbsp;rh\u00e9torique de la facilit\u00e9&nbsp;\u00bb (L. Nicolas<em>, L\u2019\u00e9vidence du complot&nbsp;: un d\u00e9fi \u00e0 l\u2019argumentation<\/em>, 2014, p. 2), fond\u00e9e sur le soup\u00e7on, l\u2019anonymat et la rapidit\u00e9 de diffusion en ligne. L\u2019autrice nous parle enfin du lien entre les discours extr\u00e9mistes et les th\u00e9ories du complot, en mobilisant la Th\u00e9orie du Nouvel Ordre Mondial, \u00e9troitement li\u00e9 aux th\u00e9ories antis\u00e9mites \u2013 allusion au \u00ab&nbsp;lobby juif&nbsp;\u00bb et \u00e0 \u00ab&nbsp;Rothschild&nbsp;\u00bb \u2013, et la Th\u00e9orie du Grand Remplacement. La premi\u00e8re insinue qu\u2019il y aurait des acteurs myst\u00e9rieux et une \u00ab&nbsp;puissance occulte&nbsp;\u00bb man\u0153uvrant pour imposer un nouvel ordre du monde, la deuxi\u00e8me que les conflits au Moyen Orient ont \u00e9t\u00e9 consciemment planifi\u00e9s. Apr\u00e8s une analyse attentive du corpus, l\u2019autrice constate la pr\u00e9sence de questions rh\u00e9toriques fond\u00e9es sur le <em>pathos<\/em> plut\u00f4t que sur le <em>logos<\/em>, soulignant le r\u00f4le fondamental que jouent les argumentations complotistes dans l\u2019incitation \u00e0 la haine (p. 328).<\/p>\n\n\n\n<p>La section num\u00e9ro cinq (\u00ab&nbsp;Contextes discursifs&nbsp;\u00bb) illustre, au moyen de quatre fiches, des contextes discursifs dont le plus connu est celui d\u2019Internet et des r\u00e9seaux sociaux, un espace virtuel o\u00f9 les discours de haine circulent sans frein. Apr\u00e8s avoir expliqu\u00e9 ce que sont les r\u00e9seaux sociaux \u00e0 l\u2019aide des contributions des sp\u00e9cialistes de ce champ de recherche, l\u2019autrice de ce fichier, Angeliki Monnier, souligne la dimension affective du web 2.0, \u00ab&nbsp;amplifi\u00e9e par la port\u00e9e du num\u00e9rique, \u00e9paissie par l\u2019anonymat, et \u00e9rig\u00e9e en ressource principale pour nourrir le web participatif et assurer son fonctionnement&nbsp;\u00bb (p. 460). En d\u2019autres mots, l\u2019expression de ses \u00e9motions sur les r\u00e9seaux sociaux est souvent \u00e0 l\u2019origine de discours de haine, notamment insultes, menaces, injures, etc. (p. 461). Le corpus analys\u00e9 dans cette fiche traite du racisme en ligne, principalement des discours contre les migrants&nbsp;; l\u2019autrice souligne la pr\u00e9sence d\u2019une dimension <em>scalaire<\/em> du discours haineux (p. 462), et distingue entre messages offensants et agressifs, en concluant que la prolif\u00e9ration des discours haineux sur Internet constitue un probl\u00e8me public qui n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 r\u00e9solu, car ceux-ci sont difficiles \u00e0 d\u00e9tecter et donc \u00e0 \u00e9radiquer (p. 464).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la derni\u00e8re partie du volume nous entrons en contact avec la notion de \u00ab&nbsp;discours alternatifs \u00bb, des contre-discours qui s\u2019opposent \u00ab&nbsp;aux th\u00e8ses d\u00e9velopp\u00e9es dans un discours source&nbsp;\u00bb (p. 477). Cela a \u00e9videmment un lien avec la notion de pr\u00e9vention et celle de t\u00e9moignage, deux strat\u00e9gies qui visent \u00e0 limiter, voire \u00e0 contrer les discours de haine. La question pos\u00e9e dans cette fiche par N. Lorenzi Bailly et Cl. Mo\u00efse m\u00e9rite d\u2019\u00eatre rapport\u00e9e&nbsp;: est-ce qu\u2019un contre-discours peut devenir h\u00e9g\u00e9monique&nbsp;? La r\u00e9ponse, donn\u00e9e au fil de l\u2019analyse, est n\u00e9gative&nbsp;: comme le d\u00e9montrent les documents analys\u00e9s, les discours alternatifs sont souvent des t\u00e9moignages qui d\u00e9gagent des r\u00e9flexions et non des oppositions conflictuelles. Les contre-discours, quant \u00e0 eux, sont toujours \u00e9nonc\u00e9s par un groupe social minoritaire, et ne peuvent donc pas devenir h\u00e9g\u00e9moniques.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour conclure, ce volume est un outil fondamental pour quiconque souhaite aborder les discours de haine dans une perspective critique et analytique. L\u2019exhaustivit\u00e9 des entr\u00e9es, syst\u00e9matiquement accompagn\u00e9es d\u2019une analyse de corpus, donne une vue d\u2019ensemble de la dynamique et du fonctionnement actuels du discours de haine et de la violence verbale, en particulier sur les r\u00e9seaux sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p>[Rachele SCHIERA]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nolwenn Lorenzi Bailly et Claudine Mo\u00efse (dir.), Discours de haine et de radicalisation. Les notions cl\u00e9s, Lyon, ENS \u00c9ditions, 2023, p.&nbsp;560.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; R\u00e9dig\u00e9e et publi\u00e9e sous la direction de Nolwenn Lorenzi Bailly et Claudine Mo\u00efse, Discours de haine et de radicalisation. Les notions cl\u00e9s est un ouvrage sous forme de glossaire (de \u00ab&nbsp;Alt\u00e9rit\u00e9&nbsp;\u00bb \u00e0 \u00ab&nbsp;Violence verbale&nbsp;\u00bb,\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2023\/06\/14\/nolwenn-lorenzi-bailly-et-claudine-moise-dir-discours-de-haine-et-de-radicalisation-les-notions-cles\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[42],"tags":[],"class_list":["post-896","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n-49"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/896"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=896"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/896\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":897,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/896\/revisions\/897"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=896"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=896"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=896"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}