{"id":867,"date":"2023-06-14T12:25:05","date_gmt":"2023-06-14T10:25:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=867"},"modified":"2023-06-26T09:44:44","modified_gmt":"2023-06-26T07:44:44","slug":"pascal-hohaus-eds-science-communication-in-times-of-crisis","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2023\/06\/14\/pascal-hohaus-eds-science-communication-in-times-of-crisis\/","title":{"rendered":"Pascal HOHAUS (\u00e9ds.), Science Communication in Times of Crisis"},"content":{"rendered":"\n<p>Pascal HOHAUS (\u00e9ds.), <em>Science Communication in Times of Crisis<\/em>, Benjamins (Discourse Approaches to Politics, Society and Culture, 96), 2022, 222 pp.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le dit Pascal Hohaus dans son introduction intitul\u00e9e <em>Communicating science in crisis societies. Challenges across discipines, contexts and nations <\/em>(pp. 1-14), il est possible de se demander si la communication scientifique peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une discipline faisant partie des sciences de la communication et comment les mod\u00e8les \u00e9tablis depuis des ann\u00e9es pourraient en rendre compte. L\u2019une des distinctions accept\u00e9es concerne la communication scientifique interne au domaine, entre sp\u00e9cialistes ou professionnels de la m\u00eame discipline, et externe, lorsque la communaut\u00e9 s\u2019ouvre vers la sph\u00e8re politique ou \u00e9conomique. Ce qui ne va pas sans probl\u00e8mes, puisqu\u2019une fois les connaissances d\u00e9livr\u00e9es par les sp\u00e9cialistes, elle continuent \u00e0 \u00eatre discut\u00e9es et diffus\u00e9es aussi par les non sp\u00e9cialistes, avec des interactions entre le grand public et les professionnels. Partant aussi de la supposition que nous vivons dans une soci\u00e9t\u00e9 en crise, Hohaus s\u2019interroge sur la mani\u00e8re dont la communication scientifique se comporte face aux diff\u00e9rentes crises sociales qui se produisent. Le pr\u00e9sent volume essaie donc d\u2019explorer la \u00ab\u00a0communication de crise\u00a0\u00bb dans des situations \u00ab\u00a0post-normales\u00a0\u00bb (p. 3), d\u2019un point de vue multidisciplinaire, dans des corpus et des langues diff\u00e9rents \u2013 ce qui rend ces \u00e9tudes d\u2019un int\u00e9r\u00eat certain \u00e9galement pour les \u00e9tudes de linguistique fran\u00e7aise, vu l\u2019objectif de montrer l\u2019importance des construire des ponts parmi les diff\u00e9rentes cultures.<\/p>\n\n\n\n<p>Le recueil est ouvert par deux articles qui s\u2019int\u00e9ressent au <strong>changement climatique<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cadre de la philosophie des sciences, en combinaison avec l\u2019analyse du discours, Martin B\u00d6HNERT et Paula RESZKE (<em>Which facts to trust in the debate on climate change ?\u00a0On knowledge and plausibility in times of crisis<\/em>, pp. 15-40) s\u2019occupent des syst\u00e8mes \u00e9pist\u00e9miques et du \u00ab\u00a0fact-checking\u00a0\u00bb \u00e0 propos de la crise climatique actuelle, en comparaison avec la crise g\u00e9ocentrique du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, et soutiennent que, m\u00eame si les faits sont n\u00e9cessaires dans la communication scientifique, ils ne sont pas suffisants afin de rendre plausibles des assertions ou des jugements qui, pour certains, assument des significations diff\u00e9rentes, selon l\u2019ensemble des croyances et des pr\u00e9suppositions de chacun, notamment pendant des crises qui mettent en cause les valeurs partag\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Collin SYFERT (<em>Letters to power : Authority appeals in the communication of scientific consensus<\/em>, pp. 41-64) se place par contre dans le cadre de la rh\u00e9torique pour analyser le r\u00f4le des scientifiques dans la communication des savoirs scientifiques, contenue dans des lettres ouvertes dans lesquelles ils font appel au grand public et aux acteurs politiques. La dimension rh\u00e9torique de leur communication collective essaie d\u2019engager le public et de d\u00e9fendre, par la construction d\u2019un \u00e9thos de connaissance et de savoir, leur int\u00e9grit\u00e9 et cr\u00e9dibilit\u00e9 en temps de crise et de changement climatique, surtout face aux sceptiques qui accusent la \u00ab\u00a0science mainstream\u00a0\u00bb de s\u2019aligner sur le pouvoir politique en charge.<\/p>\n\n\n\n<p>La crise provoqu\u00e9e par la <strong>pand\u00e9mie de COVID-19<\/strong> retient l\u2019attention des autres contributions, bien que sous des angles diff\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux articles prennent en consid\u00e9ration le r\u00f4le des institutions nationales dans la communication scientifique externe et leurs exigences de forger des <strong>n\u00e9ologismes<\/strong> pour parler de la crise. Dans son \u00e9tude terminologique, Lynne BOWKER (<em>Pivoting to support science communication in time of crises : A case study of the Government of Canada\u2019s <\/em>Glossary on the COVID-19 pandemic, pp. 65-90) examine des exemples tires du glossaire bilingue du Bureau de la traduction du gouvernement canadien, publi\u00e9 avec l\u2019objectif de faciliter non seulement la communication entre experts (interne), mais aussi celle (externe) des experts vers les non experts. Des choix non conformes aux r\u00e8gles conventionnelles de la pratique terminologique ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s afin d\u2019obtenir une \u00ab&nbsp;soci\u00e9t\u00e9 scientifiquement \u00e9duqu\u00e9e&nbsp;\u00bb, comme par exemple celui d\u2019inclure dans le glossaire plusieurs sous-domaines et, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des \u00ab&nbsp;d\u00e9signations pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es&nbsp;\u00bb, aussi des termes d\u00e9terminologis\u00e9s et d\u2019\u00e9tablir un certain degr\u00e9 de transparence terminologique, pr\u00e9sentant des termes r\u00e9pandus dans l\u2019usage g\u00e9n\u00e9ral comme, par exemple, <em>distanciation physique<\/em> et <em>d\u00e9confiner<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>La n\u00e9ologie pand\u00e9mique fait aussi l\u2019objet de l\u2019\u00e9tude de Amal HADDAD HADDAD, <em>COVID-19 neologisms between metaphor and culture : A multilingual corpus-based study <\/em>(pp. 91-117), qui propose une \u00e9tude syst\u00e9matique de termes \u00e0 base m\u00e9taphorique et culturelle dans les discours en ligne autour la pand\u00e9mie (en trois langues&nbsp;: anglais, espagnol, arabe). L\u2019auteure s\u2019int\u00e9resse aux facteurs qui rendent plus rapide la terminogen\u00e8se en temps de crise, notamment la cr\u00e9ation de termes m\u00e9taphoriques (comme par exemple, <em>zoom-bombing<\/em> ou <em>coronapocalypse<\/em>) qui semblent faciliter la compr\u00e9hension rapide de termes complexes et assumer donc un r\u00f4le didactique et cognitif. S\u2019il est vrai que bon nombre de n\u00e9ologismes primaires et secondaires subissent l\u2019influence tr\u00e8s forte de l\u2019anglais, il apparait aussi un certain lot de termes issus directement des autres langues-cultures consid\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La terminogen\u00e8se et le traitement des termes li\u00e9es \u00e0 la pand\u00e9mie de COVID-19 n\u2019est pas le seul sujet qui retient l\u2019attention&nbsp;: les strat\u00e9gies persuasives \u00e0 soutien de la <strong>campagne de vaccination<\/strong> \u2013 qui a d\u00fb faire face \u00e0 une opposition acharn\u00e9es \u2013 fait l\u2019objet des deux contributions qui suivent.<\/p>\n\n\n\n<p>Dina ABDEL SALAM EL-DAKHS (<em>Persuasion in health communication : The case of Saudi and Australian tweets on COVID-19 vaccination<\/em>, pp. 119-141) compare 200 tweets institutionnels dans le but de comprendre par quelles strat\u00e9gies les gouvernements concern\u00e9s essaient de persuader les citoyens \u00e0 se vacciner contre la COVID-19. Il en r\u00e9sulte un recours g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 \u00e0 la construction de l\u2019\u00e9thos, bien que par le biais de strat\u00e9gies diff\u00e9rentes, mais alors que le gouvernement australien privil\u00e9gie la persuasion logique et l\u2019emploi de questions, celui saoudien ajoute \u00e9galement des \u00e9l\u00e9ments path\u00e9miques et religieux\u00a0: ce qui montre l\u2019importance d\u2019une approche cross-culturelle \u00e0 la communication sanitaire et m\u00e9dicale.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour leur part, Katarzyna MOLEK-KOZAKOWSKA et Sofiia STRUCHKOVA (<em>Communicating risks of an Anti-COVID-19 vaccine in Poland : A comparative case study of content, style and advocacy of three media outlets<\/em>, pp. 143-167) analysent la controverse \u00e9clat\u00e9e autour du vaccine AstraZeneca en 2021, afin de mesurer combien de contenu scientifique on lit effectivement dans les articles publi\u00e9s par plusieurs m\u00e9dias et comment on communique \u00e0 la fois le risque li\u00e9 \u00e0 la vaccination et sa d\u00e9fense. Il en r\u00e9sulte une tendance au sensationnalisme (\u00ab&nbsp;media panics&nbsp;\u00bb, p. 147), \u00e0 l\u2019exag\u00e9ration des risques et de l\u2019incertitude g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les vaccins, exploit\u00e9s afin d\u2019attirer le grand public et donc le profit \u00e9conomique. Cependant une lecture attentive montre que m\u00eame si les articles s\u2019appuient \u00e0 des sources fiables, telles les voix institutionnelles et m\u00e9dicales, c\u2019est le d\u00e9bat continu et sans solution autour di dilemme \u2013 se vacciner ou pas \u2013 qui maintient l\u2019attention du public.<\/p>\n\n\n\n<p>Le <strong>r\u00f4le des m\u00e9dias<\/strong> en temps de crise fait \u00e9galement l\u2019objet de l\u2019\u00e9tude de Zeynep Cihan KOCA-HELVAC1, (<em>\u201cCoronavirus as a political weapon\u201d. The COVID pandemic through the lens of the US Alt-Right Media<\/em>, pp. 169-195), qui analyse le discours autour de la COVID-19 de la droite alternative am\u00e9ricaine. Une repr\u00e9sentation discursive de la crise non seulement comme sanitaire, mais surtout comme un conflit politique, comme une conspiration d\u00e9clench\u00e9e contre les \u00ab&nbsp;blancs&nbsp;\u00bb, transforme les restrictions sanitaires en mesures de protection des groupes autochtones contre l\u2019immigration. Ce qui montre que la pr\u00e9sence de polarisations fortes dans une soci\u00e9t\u00e9 interf\u00e8re de mani\u00e8re n\u00e9gative dans la communication scientifique et finit par politiser aussi une pand\u00e9mie.<\/p>\n\n\n\n<p>La <strong>communication politique<\/strong> revient enfin dans la contribution conclusive par John M. CALLAHAN et Robert JENSEN (<em>Science Versus ? \u2013 The US response to the COVID-19 pandemic<\/em>, pp. 197-219) qui soutiennent qu\u2019en temps de crise la communication scientifique devrait r\u00e9pondre \u00e0 certains crit\u00e8res \u00e9tablis. La communication sur la pand\u00e9mie aux \u00c9tats-Unis de l\u2019\u00e9poque Trump, fortement politis\u00e9e, s\u2019est par contre r\u00e9v\u00e9l\u00e9e trop centr\u00e9e sur les \u00e9lections et l\u2019\u00e9conomie et, selon les auteurs, a ignor\u00e9 les \u00ab\u00a0plans de communication\u00a0\u00bb pr\u00e9existants qui pr\u00e9voyaient des proc\u00e9dures \u00e0 suivre dans les 72 heures apr\u00e8s la survenance d\u2019une crise. Ce qui a provoqu\u00e9 un retard dans l\u2019information m\u00e9dicale qui n\u2019a pas pu atteindre le grand public en temps utile.<\/p>\n\n\n\n<p>[Chiara PREITE]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pascal HOHAUS (\u00e9ds.), Science Communication in Times of Crisis, Benjamins (Discourse Approaches to Politics, Society and Culture, 96), 2022, 222 pp. Comme le dit Pascal Hohaus dans son introduction intitul\u00e9e Communicating science in crisis societies. 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