{"id":823,"date":"2023-03-01T18:35:45","date_gmt":"2023-03-01T17:35:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=823"},"modified":"2023-03-02T08:53:25","modified_gmt":"2023-03-02T07:53:25","slug":"gilles-col-charlotte-danino-stephane-bikialo-eds-polysemie-usages-et-fonctions-de-voila","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2023\/03\/01\/gilles-col-charlotte-danino-stephane-bikialo-eds-polysemie-usages-et-fonctions-de-voila\/","title":{"rendered":"Gilles COL, Charlotte DANINO, St\u00e9phane BIKIALO (\u00e9ds), Polys\u00e9mie, usages et fonctions de \u00ab voil\u00e0 \u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p>Gilles COL, Charlotte DANINO, St\u00e9phane BIKIALO (\u00e9ds), <em>Polys\u00e9mie, usages et fonctions de \u00ab voil\u00e0 \u00bb<\/em>, Berlin-Boston, De Gruyter, 2020.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage ne se pr\u00e9sente pas comme un simple recueil mais comme le r\u00e9sultat d\u2019une r\u00e9flexion commune men\u00e9e, essentiellement dans une vis\u00e9e s\u00e9mantique, autour du mot <em>voil\u00e0<\/em>, autour du projet \u00ab&nbsp;Discours et Cognition&nbsp;\u00bb du laboratoire FoReLLIS de l\u2019Universit\u00e9 de Poitiers, en utilisant diff\u00e9rents angles d\u2019attaque, depuis la perspective diachronique et comparative jusqu\u2019aux aspects co-verbaux et multimodaux, en passant par l\u2019analyse des occurrences litt\u00e9raires ou de certains emplois grammaticalis\u00e9s (<em>voil\u00e0<\/em> temporel). Dans l\u2019introduction g\u00e9n\u00e9rale (\u00ab&nbsp;En veux-tu, en voil\u00e0&nbsp;\u00bb. Polys\u00e9mie, usages et fonctions de <em>voil\u00e0<\/em>), Gilles Col et Charlotte Danino dressent tout d\u2019abord l\u2019\u00e9tat des lieux des connaissances sur <em>voil\u00e0<\/em>, en proposant une revue de la bibliographie&nbsp;: les multiples propositions concernant le statut cat\u00e9goriel de l\u2019unit\u00e9, entre \u00e9tiquetage unique et traitement polyfonctionnel, avec l\u2019\u00e9mergence d\u2019un trait s\u00e9mantique commun aux diff\u00e9rentes analyses, d\u00e9sign\u00e9 par la notion de \u00ab&nbsp;pointage&nbsp;\u00bb, commune aux emplois rectionnels et holophrastiques de l\u2019unit\u00e9 analys\u00e9e. La deuxi\u00e8me partie de l\u2019introduction est consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tude exploratoire, men\u00e9e sur un corpus restreint, oral et \u00e9crit, visant \u00e0 cartographier les usages de <em>voil\u00e0<\/em> (dont des tableaux de synth\u00e8se sont donn\u00e9s \u00e0 la fin du chapitre) \u00e0 l\u2019aide du logiciel Analec, et permettant de pr\u00e9senter la m\u00e9thodologie d\u2019analyse et d\u2019\u00e9tiquetage, ainsi que de mettre en \u00e9vidence quelques diff\u00e9rences entre \u00e9crit et oral (notamment l\u2019usage holophrastique, essentiellement r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l\u2019oral). Les auteurs aboutissent ainsi \u00e0 une premi\u00e8re d\u00e9finition s\u00e9mantique, qui assigne \u00e0 <em>voil\u00e0 <\/em>la fonction de convoquer sur la sc\u00e8ne verbale des \u00e9l\u00e9ments dispers\u00e9s (entit\u00e9s ou proc\u00e8s) tout en \u00e9voquant leur regroupement dans un ensemble perceptible. \u00c0 l\u2019issue de cette analyse d\u2019ensemble, dans la derni\u00e8re partie de cette introduction, les auteurs pr\u00e9sentent les diff\u00e9rents chapitres de l\u2019ouvrage.<\/p>\n\n\n\n<p>Voici comment s\u2019articulent les diff\u00e9rents chapitres du livre&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Charlotte Danino, Anne C. Wolfsgruber et Marie-Dominique Joffre, \u00ab&nbsp;Voil\u00e0 en diachronie : perception, \u00e9nonciation et courbe en S&nbsp;\u00bb, p. 33-80.<\/p>\n\n\n\n<p>Les auteurs brossent ici le parcours diachronique qui a men\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation de <em>voil\u00e0<\/em> en fran\u00e7ais, expression aussi bien isol\u00e9e dans le panorama des langues romanes que par rapport \u00e0 ses ant\u00e9c\u00e9dents fonctionnels en latin. Tout d\u2019abord, l\u2019\u00e9tymon du latin <em>ecce<\/em>, \u00e9quivalent s\u00e9mantique de <em>voil\u00e0<\/em>, permet de retrouver un verbe de perception, physique et intellectuelle. Il en va de m\u00eame du passif <em>videor<\/em>, dont la racine se retrouve dans le lex\u00e8me fran\u00e7ais et dont le s\u00e9mantisme indique l\u2019impression qui s\u2019impose \u00e0 l\u2019esprit (\u00ab\u00a0sembler\u00a0\u00bb) et \u00e9volue, chez Cic\u00e9ron notamment, vers la modalisation argumentative de non contestabilit\u00e9 des \u00e9nonc\u00e9s o\u00f9 le verbe appara\u00eet.<\/p>\n\n\n\n<p>En ancien fran\u00e7ais, la forme h\u00e9r\u00e9ditaire <em>ez vos<\/em> est assez vite concurrenc\u00e9e par <em>veez ci\/la<\/em>, qui supplante le premier \u00e0 la fin du XIVe si\u00e8cle, tandis que la soudure sera compl\u00e9t\u00e9e au XVIe. Les auteurs montrent, \u00e0 l\u2019aide de nombreux exemples, les \u00e9tapes de la grammaticalisation (blocage du clitique en position interm\u00e9diaire, passage d\u2019anim\u00e9 \u00e0 inanim\u00e9 pour les r\u00e9f\u00e9rents du constituant r\u00e9gi), ainsi que l\u2019\u00e9volution du contexte d\u2019emploi (contexte discursif ou \u00e9pistolaire, avant la g\u00e9n\u00e9ralisation&nbsp;; de pr\u00e9sentatif d\u2019\u00e9l\u00e9ments contextuels \u00e0 un usage plus abstrait, de type continuatif ou contrastif, jusqu\u2019aux premi\u00e8res occurrences holophrastiques). Si, au d\u00e9part, <em>voici<\/em> semble \u00eatre plus fr\u00e9quent que <em>voil\u00e0<\/em>, par la suite c\u2019est ce dernier qui sera le plus souvent attest\u00e9, comme le montre l\u2019exploration diachronique de Frantext. Celle-ci permet par ailleurs de constater une augmentation des attestations entre la fin du XVIIe et le d\u00e9but du XVIIIe si\u00e8cle, o\u00f9 l\u2019on constate une fr\u00e9quence plus \u00e9lev\u00e9e dans les textes se rapprochant de genres oraux et une plus forte pr\u00e9sence de constituants r\u00e9gis humains, abstraits ou de type propositionnel, ce qui correspond \u00e0 une baisse de la perception en faveur de la saisie cognitive et de l\u2019extension de la pragmaticalisation, favoris\u00e9es par la javellisation s\u00e9mantique du verbe. Dans la derni\u00e8re partie de ce chapitre, le recours \u00e0 la notion de construction (Goldberg 1995) permet de focaliser l\u2019analyse sur le contexte r\u00e9gi par <em>voil\u00e0<\/em>, qui permettrait, d\u2019une part, d\u2019isoler des patterns r\u00e9currents et, d\u2019autre part, de faire \u00e9voluer le sens et la fonction du terme pivot.<\/p>\n\n\n\n<p>St\u00e9phane Bikialo, Catherine Rannoux et Julien Rault, \u00ab&nbsp;<em>Voil\u00e0<\/em> dans le discours litt\u00e9raire : un signe bavard&nbsp;\u00bb, p.81-122.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir du constat de la surrepr\u00e9sentation de <em>voil\u00e0<\/em> dans l\u2019oral spontan\u00e9, les auteurs se penchent sur ses occurrences dans le discours litt\u00e9raire, pour d\u00e9celer les \u00e9ventuelles fonctions sp\u00e9cifiques li\u00e9es \u00e0 son emploi dans ce genre textuel, et notamment \u00e0 son usage en tant que marqueur d\u2019oralit\u00e9. Dans une premi\u00e8re partie, c\u2019est un parcours diachronique qui est propos\u00e9, \u00e0 partir notamment des travaux d\u2019Opperman-Marsaux, montrant l\u2019introduction progressive de ce marqueur dans le texte litt\u00e9raire, avec une tr\u00e8s grande diffusion dans le texte th\u00e9\u00e2tral au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Le ph\u00e9nom\u00e8ne le plus significatif correspond \u00e0 une pragmaticalisation de cette unit\u00e9 faisant suite \u00e0 sa grammaticalisation, c\u2019est-\u00e0-dire le passage d\u2019un <em>voil\u00e0<\/em> verbal \u00e0 un <em>voil\u00e0<\/em> d\u00e9ictique jusqu\u2019\u00e0 un <em>voil\u00e0<\/em> modal, dont la valeur de base est celle de validation, aboutissant \u00e0 des effets de sens vari\u00e9s (valeur affective d\u2019intensification, valeur \u00e9pist\u00e9mique de certitude forte, commentaire m\u00e9ta-\u00e9nonciatif portant sur le dire). Cet excursus diachronique se termine par l\u2019emploi de <em>voil\u00e0<\/em> comme \u00e9l\u00e9ment permettant la repr\u00e9sentation du discours autre (cf. Authier-Revuz 2012), que l\u2019on retrouve tr\u00e8s fr\u00e9quemment chez Proust \u00e0 la fois dans cette fonction de d\u00e9limitation des paroles d\u2019autrui (d\u00e9crochage modal) et comme \u00e9l\u00e9ment appartenant au discours autre reproduit \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du roman. La partie suivante du chapitre est consacr\u00e9e \u00e0 des textes contemporains o\u00f9 l\u2019emploi de <em>voil\u00e0<\/em> est l\u2019un des indices de l\u2019attraction que la litt\u00e9rature ressent vis-\u00e0-vis du mod\u00e8le oral de la parole, tout au long du XXe si\u00e8cle. En effet, on passe en revue les occurrences de <em>voil\u00e0 <\/em>dans une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre de J.-L. Lagarce, un roman de J. Echenoz et un monologue de L. Mauvignier, afin de mettre en exergue le potentiel \u00e9vocateur de vocalit\u00e9, ou effet de voix, port\u00e9 par <em>voil\u00e0<\/em> dans ces textes. Le parcours se termine par l\u2019analyse de l\u2019usage conclusif et cl\u00f4turant de <em>voil\u00e0<\/em> et de <em>voil\u00e0 tout<\/em> en diachronie et tout particuli\u00e8rement dans les textes de C\u00e9line, o\u00f9 ce mot semble avoir une fonction po\u00e9tique et esth\u00e9tique majeure, que les auteurs font \u00e9merger en comparant son emploi avec son usage des points de suspension.<\/p>\n\n\n\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Lambert et Gilles Col, \u00ab&nbsp;Les fonctions discursives de <em>voil\u00e0<\/em> : retour sur les valeurs aspectuelles et d\u00e9ictiques de <em>voil\u00e0<\/em> en emploi absolu&nbsp;\u00bb, p.123-151.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019interrogeant sur la valeur s\u00e9mantique de base de <em>voil\u00e0<\/em>, tant\u00f4t identifi\u00e9e comme d\u00e9ictique, tant\u00f4t comme pr\u00e9sentative, les auteurs proposent une anayse fond\u00e9e sur la valeur aspectuelle de ce mot, compatible avec l\u2019accompli mais pas avec le r\u00e9volu, \u00e0 partir de l\u2019exploration de quatre corpus oraux (Rhapsodie, CFPP2000, ESLO et CLAPI), utilis\u00e9s pour \u00e9tablir une typologie des emplois absolus de <em>voil\u00e0<\/em>, \u00e0 partir de leur caract\u00e9ristique commune de permettre l\u2019organisation du discours. Les trois types identifi\u00e9s sont 1) l\u2019emploi en co-occurrence avec un autre connecteur sp\u00e9cifiant le lien avec le co-texte (<em>enfin, donc, et, mais, ben<\/em>)\u00a0; 2) <em>voil\u00e0<\/em> seul en fin de s\u00e9quence comme forme de ponctuation orale forte ou comme relais de l\u2019\u00e9laboration de l\u2019\u00e9nonc\u00e9\u00a0; 3) <em>voil\u00e0<\/em> renvoyant non pas \u00e0 la gestion du discours mais \u00e0 la situation d\u2019\u00e9nonciation (emploi d\u00e9ictique). \u00c0 la suite de cette typologie, les auteurs proposent une analyse fine de la valeur aspectuelle de ces emplois absolus. S\u2019appuyant sur les cat\u00e9gories de Vendler, l\u2019hypoth\u00e8se avanc\u00e9e est que <em>voil\u00e0<\/em> fonctionne comme un pr\u00e9dicat de r\u00e9sultat pr\u00e9supposant une phase pr\u00e9paratoire, dont les rapports avec le r\u00e9sultat expliquent les diff\u00e9rents effets de sens constat\u00e9s (validation d\u2019une formulation, introduction, \u00e9tape, conclusion), que les auteurs ram\u00e8nent globalement \u00e0 une fonction de d\u00e9focalisation, suite \u00e0 l\u2019\u00e9puisement de ce que le locuteur peut dire au sujet du th\u00e8me en cours ou au terme du processus en cours, y compris pour les emplois d\u00e9ictiques de <em>voil\u00e0<\/em>. Cette d\u00e9focalisation, qui constitue une borne de passage \u00e0 un nouveau focus, est \u00e9galement susceptible d\u2019un emploi argumentatif de co-orientation au niveau dialogique. En ce qui concerne la deixis, enfin, apr\u00e8s avoir distingu\u00e9 entre une deixis forte, comportant une op\u00e9ration de pointage extralinguistique (correspondant plut\u00f4t \u00e0 <em>voici<\/em>), et une deixis faible, op\u00e9ration d\u2019actualisation d\u00e9clenchant un rep\u00e9rage par rapport aux conditions d\u2019\u00e9nonciation (rep\u00e9rage temporel, locatif ou interlocutif\u00a0; ce type de deixis faible \u00e9tant r\u00e9alis\u00e9 par <em>voil\u00e0<\/em>). Dans les trois cas, la valeur aspectuelle de r\u00e9sultat contribue \u00e0 l\u2019op\u00e9ration de rep\u00e9rage et trouve un reflet ponctuel dans les morph\u00e8mes composant <em>voil\u00e0<\/em>\u00a0: le verbe <em>voir<\/em> (\u00e9videntiel), l\u2019adverbe <em>l\u00e0<\/em> (actualisateur), l\u2019imp\u00e9ratif (propri\u00e9t\u00e9s aspectuelles).<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e9lanie Petit, \u00ab&nbsp;La prosodie de <em>voil\u00e0<\/em> en fran\u00e7ais dans le discours m\u00e9diatique&nbsp;\u00bb, p. 153-178.<\/p>\n\n\n\n<p>Se situant dans le droit-fil des recherches pr\u00e9c\u00e9dentes de l\u2019auteur sur <em>enfin<\/em> et sur <em>oui<\/em>, la recherche pr\u00e9sent\u00e9e ici explore la prosodie de <em>voil\u00e0<\/em> \u00e0 travers un corpus de textes m\u00e9diatiques (des \u00e9missions journalistiques comportant un d\u00e9bat entre journaliste(s) et invit\u00e9(s), caract\u00e9ris\u00e9s par la nature argumentative des interventions, ainsi que la nature dialogique des \u00e9changes, ce qui permet de faire ressortir le r\u00f4le de ponctuant endoss\u00e9 par <em>voil\u00e0<\/em>. Apr\u00e8s la pr\u00e9sentation du corpus et des fonctions de <em>voil\u00e0<\/em> dans celui-ci (accompagn\u00e9es des pourcentages respectifs), l\u2019auteur pr\u00e9cise le r\u00f4le auxiliaire de \u00ab\u00a0coloration\u00a0\u00bb interpr\u00e9tative qu\u2019elle attribue \u00e0 la prosodie, ainsi que les outils d\u2019analyse (Praat) et les param\u00e8tres pris en compte (forme de la m\u00e9lodie, continuit\u00e9 ou rupture prosodique avec le contexte, longueur de la r\u00e9alisation, qualit\u00e9 de la voix, r\u00e9alisations particuli\u00e8res des locuteurs, influence de la prosodie contextuelle en cas d\u2019int\u00e9gration). Dans la suite de l\u2019analyse, ce sera essentiellement le premier param\u00e8tre qui s\u2019av\u00e8rera pertinent, puisqu\u2019il n\u2019y a pas de configuration prosodique stable associ\u00e9e \u00e0 <em>voil\u00e0<\/em>, tandis que celui de la dur\u00e9e appara\u00eetra comme non pertinent. Par ailleurs, c\u2019est sur les emplois holophrastiques que se concentrera l\u2019analyse. Ce choix est essentiellement motiv\u00e9 par leur fr\u00e9quence plus importante. Au-del\u00e0 des trois fonctions analys\u00e9es (<em>voil\u00e0<\/em> conclusif des propos du locuteur, <em>voil\u00e0<\/em> de validation des propos de l\u2019interlocuteur, <em>voil\u00e0<\/em> servant \u00e0 combler le discours, notamment en cas de panne lexicale), la prosodie permet d\u2019apporter des nuances interpr\u00e9tatives assez stables\u00a0: la m\u00e9lodie descendante correspond en effet \u00e0 une simple cl\u00f4ture, \u00e0 un accord, ou au rep\u00e9rage de l\u2019expression qui faisait d\u00e9faut, sans autre implication, tandis que la m\u00e9lodie en cloche signale toujours la volont\u00e9 d\u2019appuyer un \u00e9l\u00e9ment sur lequel l\u2019accord ne va pas de soi entre les interlocuteurs (soit afin d\u2019obtenir l\u2019accord de l\u2019interlocuteur, soit de lui manifester son propre accord, soit d\u2019obtenir sa connivence sur l\u2019\u00e9l\u00e9ment implicite ayant d\u00e9clench\u00e9 une panne lexicale et qu\u2019on pr\u00e9f\u00e8re finalement ne pas verbaliser). Le cas de la m\u00e9lodie montante, rep\u00e9r\u00e9 uniquement sur la premi\u00e8re typologie de <em>voil\u00e0<\/em>, est associ\u00e9 au besoin r\u00e9siduel de convaincre, lorsque le consensus ne semble pas encore tout \u00e0 fait acquis.<\/p>\n\n\n\n<p>Juliette Delahaie et Inmaculada Sol\u00ecs Garcia, \u00ab&nbsp;Marquer l\u2019accord en fran\u00e7ais et en espagnol. <em>Voil\u00e0<\/em> et <em>claro<\/em>, convergences et divergences&nbsp;\u00bb, p. 179-205.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la suite des analyses des chapitres pr\u00e9c\u00e9dents, les auteures se proposent d\u2019approfondir la valeur interactive de marqueur d\u2019accord en adoptant une approche contrastive avec une langue proche, l\u2019espagnol, dont on prend en compte le marqueur <em>claro<\/em>. L\u2019analyse est men\u00e9e sur des corpus comparables&nbsp;: d\u2019une part, des enregistrements de la relation client-voyagiste dans une agence de voyage et, d\u2019autre part un jeu collaboratif bas\u00e9 sur la confrontation d\u2019images contenant des diff\u00e9rences dans le but de les d\u00e9nicher. Si le noyau s\u00e9mantique des deux marqueurs est commun, notamment en ce qui concerne l\u2019indication d\u2019un \u00e9l\u00e9ment comme appartenant au savoir partag\u00e9 par les locuteurs en pr\u00e9sence, ils pr\u00e9sentent n\u00e9anmoins une diff\u00e9rence majeure concernant la source du savoir. En effet, avec <em>voil\u00e0<\/em>, le locuteur B indique que le locuteur A a dit ou pens\u00e9 la m\u00eame chose que lui, tandis qu\u2019avec <em>claro<\/em>, le locuteur B dit qu\u2019il aurait pu dire la m\u00eame chose que A. L\u2019orientation locuteur-interlocuteur se trouve donc invers\u00e9e dans un cas par rapport \u00e0 l\u2019autre. L\u2019analyse du premier corpus confirme cette hypoth\u00e8se. En effet, les deux marqueurs apparaissent dans un certain nombre de contextes similaires, telle la confirmation, mais <em>voil\u00e0<\/em> n\u2019appara\u00eet que pour valider \u00e0 posteriori un \u00e9l\u00e9ment qui faisait d\u00e9j\u00e0 partie du savoir commun, alors que <em>claro<\/em> peut porter sur des opinions personnelles de l\u2019interlocuteur, que le locuteur ignore forc\u00e9ment avant que l\u2019autre ne les ait formul\u00e9es. Les contextes o\u00f9 les deux langues divergent montrent bien les sp\u00e9cificit\u00e9s des marqueurs&nbsp;: seul <em>claro<\/em> \u2013 et non <em>voil\u00e0<\/em> \u2013 peut \u00eatre utilis\u00e9 comme r\u00e9ponse \u00e0 une vraie demande d\u2019information&nbsp;; il en va de m\u00eame de la requ\u00eate et de la cl\u00f4ture de s\u00e9quence, <em>voil\u00e0<\/em> pouvant \u00eatre glos\u00e9 par \u00ab&nbsp;vous voyez ce que je veux dire&nbsp;\u00bb, <em>claro<\/em>, en revanche, par \u00ab&nbsp;je vois ce que vous voulez dire&nbsp;\u00bb. L\u2019absence de ces marqueurs dans le deuxi\u00e8me sous-corpus, o\u00f9 les locuteurs n\u2019ont pas de savoir partag\u00e9, semble confirmer l\u2019hypoth\u00e8se avanc\u00e9e au d\u00e9but du chapitre.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre-Don Giancarli, \u00ab&nbsp;<em>Voil\u00e0<\/em> (+\/- <em>que<\/em>)\/<em>il y a<\/em> (+\/- <em>que<\/em>)\/<em>\u00e7a fait<\/em> (+\/- <em>que<\/em>) aspectuels et temporels en fran\u00e7ais, et leurs \u00e9quivalents en anglais et en corse&nbsp;\u00bb, p. 207-258.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur se penche sur les constructions du fran\u00e7ais o\u00f9 les trois \u00e9l\u00e9ments consid\u00e9r\u00e9s introduisent une compl\u00e9mentation temporelle, qui peut \u00eatre de nature nominale (ce qui leur conf\u00e8re un fonctionnement pr\u00e9positionnel) ou phrastique (ce qui aboutit \u00e0 un statut de pivot verbal). Dans un premier temps, on fait contraster, du point de vue s\u00e9mantique, les emplois nominaux (localisateurs temporels d\u2019\u00e9v\u00e9nement) et phrastiques (mesureurs aspectuels d\u2019intervalle), \u00e0 l\u2019exception de <em>\u00e7a fait<\/em>, dont l\u2019absence de grammaticalisation comporte \u00e9galement le fonctionnement unique comme mesureur aspectuel. L\u2019auteur souligne aussi les points communs aux trois marqueurs (possibilit\u00e9 d\u2019ellipse\u00a0; invariabilit\u00e9 en nombre\u00a0; instanciation d\u2019un sujet expl\u00e9tif, apparaissant \u00e0 la suite de l\u2019extraposition du constituant postverbal, m\u00eame dans le cas de <em>voil\u00e0<\/em>, qui ne le lin\u00e9arise pas\u00a0; mise en relief de l\u2019intervalle plut\u00f4t que du proc\u00e8s indiqu\u00e9). Dans la suite de ce chapitre, on trouvera une comparaison interlingue (fran\u00e7ais, anglais, corse) \u00e0 partir d\u2019un corpus de textes fran\u00e7ais et de leurs traductions, ainsi que des analyses consacr\u00e9es \u00e0 chacune des langues et \u00e0 leurs microsyst\u00e8mes, ce qui permettra \u00e0 la fois de mettre au jour les sp\u00e9cificit\u00e9s syntaxiques et surtout s\u00e9mantico-pragmatiques des diff\u00e9rents proc\u00e9d\u00e9s de marquage. L\u2019opposition propos\u00e9e entre un fonctionnement <em>de re<\/em> et <em>de dicto<\/em> permettant de contraster les deux types de structures dans lesquelles appara\u00eet l\u2019un des marqueurs du corse appara\u00eet, de ce point de vue, comme particuli\u00e8rement int\u00e9ressante. Cette analyse permet notamment de montrer un caract\u00e8re exclusif d\u2019embrayeur pour <em>voil\u00e0<\/em>, alors qu\u2019<em>il y a<\/em> et <em>\u00e7a fait<\/em> peuvent avoir un rep\u00e8re autre que le moment d\u2019\u00e9nonciation, via la mention d\u2019un \u00ab\u00a0dateur\u00a0\u00bb absolu ou d\u00e9ictique et \u00e0 l\u2019utilisation des morph\u00e8mes verbaux du pass\u00e9 et du futur qu\u2019ils peuvent porter. <em>Voil\u00e0<\/em> manifeste un fonctionnement diff\u00e9rent, du fait de son invariabilit\u00e9\u00a0; son caract\u00e8re verbal est pourtant revendiqu\u00e9 par l\u2019auteur du fait de la possibilit\u00e9 d\u2019y adjoindre un sujet postverbal <em>il<\/em> ainsi qu\u2019une modalit\u00e9 n\u00e9gative (<em>voil\u00e0-t-il<\/em>, <em>ne voil\u00e0-t-il pas<\/em>). Un point important est mis au jour \u00e0 la fin du chapitre, concernant la pr\u00e9sence d\u2019une n\u00e9gation en fran\u00e7ais et en corse, mais pas en anglais, dans certains cas (d\u2019une part\u00a0: <em>ce po\u00e8me\u2026voil\u00e0 pr\u00e8s de six mois qu\u2019il a \u00e9crit le dernier vers<\/em> vs <em>This poem\u2026 it is now six months since he wrote the last line of it<\/em> et, d\u2019autre part\u00a0: <em>\u00e0 en juger par sa taille, \u00e7a fait un moment qu\u2019il n\u2019a pas vu de gibier<\/em> vs <em>Judging by his size, it\u2019s a long time since he was fed up<\/em>), qui est mise en relation avec l\u2019aspect t\u00e9lique (pas de n\u00e9gation) ou non t\u00e9lique (n\u00e9gation en fr. et en corse) du proc\u00e8s. Au terme de l\u2019analyse, le fran\u00e7ais manifeste donc un fonctionnement assez homog\u00e8ne des trois marqueurs, dont la valeur de base \u2013 localisation temporelle ou mesure aspectuelle \u2013 est s\u00e9lectionn\u00e9e \u00e0 travers des crit\u00e8res syntaxiques (la nature du constituant r\u00e9gi), ind\u00e9pendamment du marqueur utilis\u00e9, tandis que l\u2019anglais et le corse ont recours \u00e0 des marqueurs sp\u00e9cialis\u00e9s pour les deux valeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Dominique Knutsen, Gilles Col et Jean-Fran\u00e7ois Rouet, \u00ab&nbsp;L\u2019apport de la m\u00e9thode exp\u00e9rimentale \u00e0 l\u2019\u00e9tude de certains aspects de <em>voil\u00e0<\/em>&nbsp;\u00bb, p. 259-297.<\/p>\n\n\n\n<p>Les auteurs se proposent, dans ce chapitre, d\u2019analyser les conditions d\u2019\u00e9mergence de <em>voil\u00e0<\/em> dans le discours, notamment dialogal, en s\u2019appuyant sur les acquis de la psychologie cognitive exp\u00e9rimentale. L\u2019hypoth\u00e8se avanc\u00e9e et soumise \u00e0 validation \u00e0 travers le protocole exp\u00e9rimental relie l\u2019\u00e9mergence de <em>voil\u00e0<\/em> \u00e0 une situation de complexit\u00e9, d\u2019ambigu\u00eft\u00e9, bref de surcharge cognitive, dont <em>voil\u00e0<\/em> ponctue l\u2019issue positive. Le protocole exp\u00e9rimental comprend une premi\u00e8re phase d\u2019\u00e9tude exploratoire, demandant aux locuteurs test\u00e9s la reformulation verbale d\u2019extraits de films, g\u00e9n\u00e9ralement sans parole. <em>Voil\u00e0<\/em>, en position toujours conclusive, est plus fr\u00e9quent en correspondance des extraits les plus surprenants, donc difficiles \u00e0 traiter, ce qui semble confirmer l\u2019hypoth\u00e8se de d\u00e9part. La deuxi\u00e8me phase du protocole est dialogale et consiste en une t\u00e2che d\u2019appariement \u00e0 partir d\u2019images tangram qu\u2019un locuteur-directeur doit faire reproduire \u00e0 un interlocuteur-ex\u00e9cutant situ\u00e9 dans une autre salle, le dialogue se d\u00e9roulant par t\u00e9l\u00e9phone. Le test a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 avec et sans pression temporelle sur les participants, de mani\u00e8re \u00e0 varier la charge cognitive de la t\u00e2che. Si les r\u00e9sultats confirment bien la corr\u00e9lation entre la charge cognitive et la production de <em>voil\u00e0<\/em>, le locuteur qui produit ces occurrences est souvent celui dont la charge cognitive est moindre. Les auteurs relient cette donn\u00e9e au caract\u00e8re collectif et collaboratif de l\u2019interaction dialogale, avec r\u00e9partition des t\u00e2ches entre les interactants, ce qui expliquerait pourquoi le directeur intervient, avec <em>voil\u00e0<\/em>, pour pallier la difficult\u00e9 de l\u2019ex\u00e9cutant. Par ailleurs, la nature de la t\u00e2che, o\u00f9 le directeur d\u00e9tient une connaissance que l\u2019ex\u00e9cutant ne poss\u00e8de pas, ajoute \u00e0 cette validation une nuance de jugement de valeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Charlotte Danino et Gilles Col, \u00ab&nbsp;La perspective multimodale : quelques pistes \u00e0 partir du cas de la multimodalit\u00e9 t\u00e9l\u00e9visuelle&nbsp;\u00bb, p. 299-320.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce dernier chapitre, les auteurs proposent de prendre en compte la gestualit\u00e9 multimodale qui accompagne la production de <em>voil\u00e0<\/em>. Dans la perspective du <em>grouping<\/em> qui sous-tend tout l\u2019ouvrage, il s\u2019agit en effet de consid\u00e9rer ensemble perception, cognition et langage. Au lieu de consid\u00e9rer un invariant gestuel pour en analyser ensuite les emplois en interaction, la d\u00e9marche propos\u00e9e ici part d\u2019un invariant linguistique \u2013 le mot <em>voil\u00e0<\/em> en l\u2019occurrence \u2013 pour mettre au jour non pas le catalogue des gestes potentiellement co-occurrents mais, plus largement, les constructions multimodales, au sens de Goldberg (1995). Le corpus d\u2019\u00e9tude est constitu\u00e9 d\u2019\u00e9missions t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es peu ou pas script\u00e9es, contexte jug\u00e9 favorable \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un oral plus spontan\u00e9. L\u2019analyse qualitative de deux \u00e9missions de <em>T\u00e9l\u00e9matin<\/em> (France 2), enregistr\u00e9es \u00e0 deux ans de distance l\u2019une de l\u2019autre, de mani\u00e8re \u00e0 v\u00e9rifier de mani\u00e8re empirique le sentiment d\u2019une augmentation de ce marqueur \u00e0 l\u2019oral, permet de d\u00e9gager quelques cas de figure\u00a0: 1) le pointage d\u00e9ictique (seul cas comportant un r\u00e9gime), avec geste redondant par rapport \u00e0 l\u2019expression verbale\u00a0; 2) la monstration sans pointage (regard sur la personne qui doit se mettre en conformit\u00e9 avec une instruction et d\u00e9tour du regard avec \u00e9mission de <em>voil\u00e0<\/em> validant l\u2019atteinte du but)\u00a0; 3) emploi interactionnel cl\u00f4turant une digression et appel aux interlocuteurs, qui r\u00e9pondent par le rire \u00e0 cette sollicitation\u00a0; 4) la validation d\u2019un nouvel \u00e9l\u00e9ment d\u2019une liste produite interactivement, accompagn\u00e9e d\u2019un hochement de t\u00eate\u00a0; 5) la d\u00e9limitation de la transition entre discours du locuteur et discours rapport\u00e9, accompagn\u00e9 d\u2019un mouvement du buste sugg\u00e9rant le changement de locuteur\u00a0; 6) <em>Voil\u00e0<\/em> comme signal d\u2019alignement, produit en \u00e9cho \u00e0 celui prononc\u00e9 par l\u2019interlocuteur, bien que la gestualit\u00e9 puisse indiquer, au contraire, un d\u00e9salignement\u00a0; 7) la cl\u00f4ture de s\u00e9quence, lorsque celle-ci est destin\u00e9e \u00e0 r\u00e9tablir le <em>common ground<\/em> interlocutif lorsqu\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019ambigu\u00eft\u00e9 se produit. <em>Voil\u00e0<\/em> est dans ce cas accompagn\u00e9 d\u2019un hochement de t\u00eate. L\u2019exploration propos\u00e9e, qui semble confirmer l\u2019hypoth\u00e8se de d\u00e9part, n\u00e9cessite cependant, de l\u2019avis des auteurs, d\u2019un compl\u00e9ment de recherche en termes quantitatifs et m\u00e9thodologiques (partir d\u2019un mot pour explorer les gestes), sans n\u00e9gliger l\u2019\u00e9tude des occurrences de <em>voil\u00e0<\/em> sans gestualit\u00e9 co-occurrente.<\/p>\n\n\n\n<p>[Ruggero DRUETTA]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gilles COL, Charlotte DANINO, St\u00e9phane BIKIALO (\u00e9ds), Polys\u00e9mie, usages et fonctions de \u00ab voil\u00e0 \u00bb, Berlin-Boston, De Gruyter, 2020. L\u2019ouvrage ne se pr\u00e9sente pas comme un simple recueil mais comme le r\u00e9sultat d\u2019une r\u00e9flexion commune men\u00e9e, essentiellement dans une vis\u00e9e s\u00e9mantique, autour du mot voil\u00e0, autour du projet \u00ab&nbsp;Discours et Cognition&nbsp;\u00bb du laboratoire FoReLLIS de\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2023\/03\/01\/gilles-col-charlotte-danino-stephane-bikialo-eds-polysemie-usages-et-fonctions-de-voila\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[],"class_list":["post-823","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n-48"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/823"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=823"}],"version-history":[{"count":4,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/823\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":829,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/823\/revisions\/829"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=823"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=823"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=823"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}