{"id":816,"date":"2023-02-27T19:49:07","date_gmt":"2023-02-27T18:49:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=816"},"modified":"2023-02-28T08:34:59","modified_gmt":"2023-02-28T07:34:59","slug":"danh-thanh-do-hurinville-patrick-haillet-christophe-rey-eds-cinquante-ans-de-metalexicographie-bilan-et-perspectives","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2023\/02\/27\/danh-thanh-do-hurinville-patrick-haillet-christophe-rey-eds-cinquante-ans-de-metalexicographie-bilan-et-perspectives\/","title":{"rendered":"Danh-Th\u00e0nh DO-HURINVILLE, Patrick HAILLET, Christophe REY (\u00e9ds), Cinquante ans de m\u00e9talexicographie : bilan et perspectives"},"content":{"rendered":"\n<p>Danh-Th\u00e0nh DO-HURINVILLE, Patrick HAILLET, Christophe REY (\u00e9ds),<em> Cinquante ans de m\u00e9talexicographie&nbsp;: bilan et perspectives. Hommage \u00e0 Jean Pruvost<\/em>,&nbsp;Champion (\u00ab&nbsp;Lexica, 41&nbsp;\u00bb), Paris, 2022, 335 p.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans leur \u00ab&nbsp;<em>Introduction<\/em>&nbsp;\u00bb (pp. 7-14), Danh-Th\u00e0nh Do-Hurinville, Patrick Haillet et Christophe Rey parcourent les conditions historiques qui ont conduit au pr\u00e9sent volume, \u00e0 partir de l\u2019ann\u00e9e 1968, date de naissance officielle de la m\u00e9talexicographie, discipline fa\u00e7onn\u00e9e par Bernard Quemada et promue, entre autres, par Josette Rey-Debove, Jean Pruvost et Henri Meschonnic ainsi que par la cr\u00e9ation des <em>Cahiers de Lexicologie<\/em> et des <em>\u00c9tudes de Linguistique Appliqu\u00e9es<\/em>. Cet ouvrage, qui veut rendre hommage \u00e0 la vie professionnelle de Jean Pruvost, dresse \u00e9galement un bilan de l\u2019existence relativement r\u00e9cente de la m\u00e9talexicographie ainsi qu\u2019en propose plusieurs perspectives de d\u00e9veloppement. Et c\u2019est Jean Pruvost lui-m\u00eame qui ouvre les contributions pour c\u00e9l\u00e9brer les \u00ab&nbsp;<em>Cinquante ans\u2026<\/em>&nbsp;\u00bb (pp. 15-16) de la m\u00e9talexicographie, mais aussi de sa propre carri\u00e8re de (m\u00e9ta)lexicographe.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re section, au titre \u00e9vocateur de deux figures tut\u00e9laires, \u00ab<strong>&nbsp;De Bernard Quemada \u00e0 Jean Pruvost&nbsp;: une filiation pour l\u2019\u00e9tude des dictionnaires<\/strong>&nbsp;\u00bb, se donne l\u2019objectif de montrer comment la m\u00e9talexicographie s\u2019est construite en tant que discipline et comment ses assises th\u00e9oriques offrent un apport \u00e0 la description des langues.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une pr\u00e9sentation du DEB, de son auteur principal et de sa structure, Christine JACQUET-PFAU (\u00ab&nbsp;Le<em> Dictionnaire Encyclop\u00e9dique et Biographique de l\u2019industrie et des arts industriels<\/em> (1881-1888) par E.O. Lami, un genre lexicographique particulier&nbsp;\u00bb, pp. 19-39) s\u2019interroge sur les \u00e9l\u00e9ments faisant de cet ouvrage un \u00ab&nbsp;dictionnaire encyclop\u00e9dique et biographique&nbsp;\u00bb (p. 24)&nbsp;qui ne retient que des termes et des noms propres li\u00e9s aux domaines concern\u00e9s. Tout en offrant des informations linguistiques (lorsque Lami le consid\u00e8re n\u00e9cessaire&nbsp;: par exemple, \u00e9tymologie, prononciation, certains \u00e9l\u00e9ments morphologiques, etc.), le DEB n\u2019associe pas \u00e0 ses entr\u00e9es les cat\u00e9gories traditionnelles d\u2019un dictionnaire de langue, sauf les marques domaniales, et ses d\u00e9finitions proposent des d\u00e9veloppements notionnels approfondis. L\u2019auteure observe aussi que, en plus de r\u00e9server une attention particuli\u00e8re \u00e0 la terminologisation du vocabulaire en diachronie, cet ouvrage pr\u00e9sente de \u00ab&nbsp;v\u00e9ritables monographies&nbsp;\u00bb (p. 35) pour certains termes et pr\u00e8s de 8 mille figures qui l\u2019enrichissent.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, entre 1884 et 1885, paraissent les premi\u00e8res livraisons des ouvrages qui font l\u2019objet de la contribution successive\u00a0: dans \u00ab\u00a0Paul, Auguste, Jules et les autres. Quand les dictionnaires s\u2019imposent ou s\u2019opposent\u00a0\u00bb (pp. 41-60), Fran\u00e7ois GAUDIN et Camille NO\u00dbS pr\u00e9sentent trois lexicographes contemporains peu \u00e9tudi\u00e9s, voire oubli\u00e9s, et leurs \u0153uvres lexicographiques. Il s\u2019agit de Paul Gu\u00e9rin avec son <em>Dictionnaire des dictionnaires. Encyclop\u00e9die universelle des lettres, des sciences et des arts<\/em>\u00a0; d\u2019Auguste Merlette avec son <em>Dictionnaire des mots et des choses<\/em>\u00a0; et de Jules Trousset avec son <em>Nouveau Dictionnaire encyclop\u00e9dique universel illustr\u00e9<\/em>. Par l\u2019image des trois lexicographes qui les ont con\u00e7ues, les auteurs illustrent le contenu de ces ressources, se penchant notamment sur l\u2019\u00ab\u00a0analyse linguistique\u00a0\u00bb qu\u2019ils proposaient pour leurs entr\u00e9es, laquelle refl\u00e8te leurs positions tour \u00e0 tour militantes, p\u00e9dagogiques et id\u00e9ologiques et brosse aussi un panorama culturel et humain de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Herv\u00e9 BOHBOT et Agn\u00e8s STEUCKARDT (\u00ab\u00a0Le <em>Petit Larousse illustr\u00e9<\/em> de 1906 \u00e0 1948\u00a0: \u00e9volution des marques d\u2019usage\u00a0\u00bb, pp. 61-79) on change de si\u00e8cle. Les auteurs s\u2019int\u00e9ressent en effet \u00e0 l\u2019\u00e9volution des marques d\u2019usage dans les \u00e9ditions allant de 1906 \u00e0 1948 du <em>Petit Larousse Illustr\u00e9<\/em>, \u00e0 travers la plateforme du projet N\u00e9nufar (<a href=\"http:\/\/nenufar.huma-num.fr\">http:\/\/nenufar.huma-num.fr<\/a>). Suivant le fil des mises \u00e0 jour et des refontes de cet ouvrage, ils ont pu \u00e9tudier l\u2019\u00e9volution du sentiment linguistique et du jugement m\u00e9talinguistique des lexicographes du PLI. Apr\u00e8s un panorama g\u00e9n\u00e9ral des marques diastratiques (dominantes), diachroniques, diatopiques (presque absentes), de norme et de fr\u00e9quence (en d\u00e9clin), les auteurs se concentrent sur <em>abusivement<\/em> et sur d\u2019autres marquages dianormatifs, pour montrer la construction contemporaine de la norme dans une \u00e9poque qui privil\u00e9giait la description diastratique afin de mettre en garde les usagers contre les usages familiers et populaires, \u00e0 savoir avec une intention normative.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re partie se termine par un regard sur \u00ab&nbsp;Les dictionnaires bilingues, voie d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la lexiculture contrastive&nbsp;\u00bb (pp. 81-94). Giovanni TALLARICO propose une revisitation de la notion de lexiculture du point de vue de la lexicographie bilingue, partant de la collocation \u00ab&nbsp;lexiculture contrastive&nbsp;\u00bb, tr\u00e8s rare en fran\u00e7ais. L\u2019auteur montre, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, que dans les dictionnaires bilingues la dimension culturelle du lexique (surtout des \u00ab&nbsp;mots \u00e0 charge culturelle partag\u00e9e&nbsp;\u00bb de Galisson) se manifeste surtout dans le cas d\u2019\u00e9carts qu\u2019il classifie de <em>s\u00e9mantiques<\/em> (vs. <em>dictionnairiques<\/em>, <em>terminologiques<\/em>, <em>morphologiques<\/em>, <em>r\u00e9f\u00e9rentiels<\/em>) \u2013 \u00e0 savoir qui concernent des concepts d\u2019une langue source non lexicalis\u00e9s en langue cible&nbsp;; et de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, que la culture filtre \u00e0 plusieurs niveaux&nbsp;: dans la (non) \u00e9quivalence lexicale, dans les exemples et locutions offerts, dans les encadr\u00e9s paratextuels (pourtant plus pench\u00e9s sur la culture savante que sur la culture existentielle).<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me section, \u00ab&nbsp;<strong>La mise en place d\u2019un terreau fertile pour la m\u00e9talexicographie&nbsp;: les journ\u00e9es des dictionnaires<\/strong>&nbsp;\u00bb, se propose de dresser un bilan de l\u2019existence et de la productivit\u00e9 de la discipline par un aper\u00e7u de l\u2019histoire des \u00ab&nbsp;Journ\u00e9es des dictionnaires&nbsp;\u00bb et de ses ach\u00e8vements. Cette section donne donc la parole aux organisateurs de ces \u00e9v\u00e9nements qui profitent pour brosser un panorama de d\u00e9cennies de recherche consacr\u00e9e au lexique et aux dictionnaires et pour parcourir les contenus et les r\u00e9ussites de chaque \u00e9dition. En particulier, Michaela HEINZ d\u00e9crit \u00ab&nbsp;Les journ\u00e9es allemandes des dictionnaires&nbsp;\u00bb (pp. 97-109)&nbsp;; Giovanni DOTOLI pr\u00e9sente \u00ab&nbsp;Mes journ\u00e9es italiennes des dictionnaires et mon nouveau dictionnaire g\u00e9n\u00e9ral bilingue fran\u00e7ais-italien \/ italien-fran\u00e7ais&nbsp;\u00bb (pp. 111-124)&nbsp;; et Leila MESSAOUDI illustre les \u00ab&nbsp;Journ\u00e9es marocaines des dictionnaires (JDD Maroc). Bilan et perspectives&nbsp;\u00bb (pp. 125-133).<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me section, \u00ab&nbsp;<strong>Quel avenir pour la m\u00e9talexicographie&nbsp;? Quelles voies de d\u00e9veloppement possibles&nbsp;?<\/strong>&nbsp;\u00bb, se concentre sur les perspectives collectives d\u2019\u00e9volution de la discipline en langue fran\u00e7aise, exception faite pour les contributions de Philippe REYN\u00c9S (\u00ab&nbsp;Le d\u00e9fi des dictionnaires officiels de r\u00e9f\u00e9rences de l\u2019espagnol&nbsp;: le traitement des am\u00e9ricanismes et l\u2019exemplification au tournant des XX<sup>e<\/sup> et XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cles&nbsp;\u00bb, pp. 229-244), qui s\u2019occupe de retracer l\u2019\u00e9volution de la lexicographie hispanique durant les cinq derni\u00e8res d\u00e9cennies&nbsp;; de Pierluigi LIGAS (\u00ab&nbsp;Le dialecte v\u00e9ronais entre tradition et modernit\u00e9. Approche sociolinguistique et m\u00e9talexicographique&nbsp;\u00bb, pp. 257-271), qui jette un regard \u00e0 la fois diachronique et synchronique sur la lexicographie du dialecte v\u00e9ronais&nbsp;; et de Christophe REY, qui pr\u00e9sente le projet METALPIC \u2013 M\u00e9talexicographie de la Langue PICarde (\u00ab&nbsp;Le mod\u00e8le lexicographique picard&nbsp;\u00bb, pp. 273-291) concernant une langue minoritaire au sein de l\u2019Hexagone. Selon REY, qui \u00e9voque la situation sociolinguistique ainsi que l\u2019ancienne tradition lexicographique du picard afin de mettre \u00e0 jour les pratiques propres \u00e0 la description des langues r\u00e9gionales et\/ou minoritaires, une comparaison avec la m\u00e9talexicographie des langues nationales pourrait faire avancer les deux. L\u2019auteur sugg\u00e8re enfin la prise en compte de la variation polarisante relev\u00e9e par des projets tels PICARTEXT et RESTAURE pour la r\u00e9alisation d\u2019un dictionnaire qui permettrait la visualisation des ph\u00e9nom\u00e8nes de variation de la ko\u00efn\u00e8 linguistique picarde qui peuvent \u00eatre neutralis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Les autres articles de cette partie concernent la langue fran\u00e7aise, parfois de mani\u00e8re contrastive ou diachronique. Dans \u00ab\u00a0Lexicographies du fran\u00e7ais m\u00e9di\u00e9val\u00a0: nouveaux outils, nouvelle m\u00e9thodes\u00a0\u00bb (pp. 137-154), Olivier BERTRAND s\u2019occupe d\u2019une p\u00e9riode qui couvre sept si\u00e8cles, la diachronie interne \u00e9tant donc tr\u00e8s \u00e9tendue. En l\u2019absence de dictionnaires de l\u2019\u00e9poque, l\u2019auteur appuie ses recherches sur des listes et des glossaires rep\u00e9r\u00e9s dans les manuscrits du Moyen Age, ainsi que sur des outils num\u00e9riques performants pour l\u2019\u00e9tude qualitative et quantitative du lexique m\u00e9di\u00e9val, \u00e0 partir de textes num\u00e9ris\u00e9s (<em>Base de Fran\u00e7ais M\u00e9di\u00e9val<\/em>) ou de lexiques d\u00e9j\u00e0 rassembl\u00e9s (<em>Dictionnaire du Moyen Fran\u00e7ais<\/em>). Ces aboutissements montrent, d\u2019une part, l\u2019existence d\u2019une (m\u00e9ta)lexicographie qui analyse et propose des principes et des m\u00e9thodes visant la confection de dictionnaires modernes de la langue m\u00e9di\u00e9vale et, d&#8217;autre part, le b\u00e9n\u00e9fice incontournable que les outils num\u00e9riques portent aux \u00e9tudes des m\u00e9di\u00e9vistes.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article de John HUMBLEY porte sur \u00ab&nbsp;Le dictionnaire de sp\u00e9cialit\u00e9 en ligne&nbsp;: une lexicographie sans lexicographe ?&nbsp;\u00bb (pp. 155-171), \u00e0 savoir un genre le plus souvent r\u00e9dig\u00e9 par un sp\u00e9cialiste du domaine concern\u00e9, non lexicographe. L\u2019auteur analyse le <em>Dictionnaire d\u00e9finitions-marketing<\/em> (gratuit et r\u00e9cent, il pr\u00e9sente l\u2019atout de dater ses entr\u00e9es) dans le but de d\u00e9terminer si l\u2019ouvrage r\u00e9pond aux besoins des utilisateurs. D\u2019abord, Humbley passe en revue le p\u00e9ritexte, la macro- et microstructure, en particulier la d\u00e9finition et le traitement de la polys\u00e9mie, des \u00e9l\u00e9ments \u00e9pilinguistiques et de l\u2019anglicisation du lexique&nbsp;; puis, il compare cet ouvrage avec les dictionnaires sp\u00e9cialis\u00e9s con\u00e7us par des terminologues afin d\u2019en d\u00e9gager les diff\u00e9rences&nbsp;et de mettre en exergue les avantages et les fonctionnalit\u00e9s web les mieux exploit\u00e9s, qui font penser que ce dictionnaire est en mesure de satisfaire son public cible (\u00e9tudiants et travailleurs du domaine). Enfin, il termine sa r\u00e9flexion en s\u2019interrogeant sur le r\u00f4le que les lexicographes\/terminographes peuvent jouer dans la confection de ce nouveau type de ressources num\u00e9riques.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude et la description de l\u2019<em>Entit\u00e9 Romane <\/em>depuis le XIX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle font l\u2019objet de l\u2019article d\u2019Anne-Marie CHABROLLE-CERRETINI et Narc\u00eds IGLESIAS, \u00ab&nbsp;De la m\u00e9talexicographie \u00e0 l\u2019historiographie linguistique&nbsp;: le D.HI.CO.D.E.R. comme exemple de cette dynamique salutaire&nbsp;\u00bb (pp. 173-194), dans lequel ils croisent la m\u00e9talexicographie et l\u2019historiographie de la linguistique romane (qui peut arriver jusqu\u2019\u00e0 14 langues). Apr\u00e8s avoir illustr\u00e9 les crit\u00e8res de d\u00e9limitation des langues romanes et les r\u00e9f\u00e9rences th\u00e9oriques adopt\u00e9es, les auteurs pr\u00e9sentent les objectifs du <em>Dictionnaire Historique des Concepts Descriptifs de l\u2019Entit\u00e9 Romane<\/em>, les crit\u00e8res de s\u00e9lection des entr\u00e9es, la structuration du dictionnaire et le format des articles qui le composent.<\/p>\n\n\n\n<p>Margareta KASTBERG SJ\u00d6BLOM propose quant \u00e0 elle une \u00e9tude de dictionnaires fran\u00e7ais-su\u00e9dois, portant l\u2019attention en particulier sur de diff\u00e9rents types de collocation, \u00e0 l\u2019aide de la textom\u00e9trie (\u00ab\u00a0\u00c9tude contrastive d\u2019un corpus lexicographique bilingue\u00a0: l\u2019apport de la textom\u00e9trie\u00a0\u00bb, pp. 195-211). Par le biais d\u2019une \u00e9tude statistique cooccurrentielle d\u2019\u00e9l\u00e9ments lexicaux et phras\u00e9ologiques, men\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 des logiciels comme Lexico, Iramuteq, TXM, etc., l\u2019auteure se concentre sur le probl\u00e8me de la transposition de ces expressions tir\u00e9es de la nomenclature des ouvrages consid\u00e9r\u00e9s, qui d\u00e9passe le simple transcodage en ce qu\u2019il s\u2019agit le plus souvent d\u2019expressions conditionn\u00e9es par la culture d\u2019origine.<\/p>\n\n\n\n<p>Mariadomenica LO NOSTRO (\u00ab&nbsp;La place de la lexiculture dans les nouveaux dictionnaires&nbsp;: perspectives lexicographiques et dictionnairiques&nbsp;\u00bb, pp. 213-227) revient sur la notion de lexiculture, d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9e dans la premi\u00e8re partie du recueil. Par un survol sur les mutations profondes subies par la lexicographie pendant les cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es, elle souligne les principes qui ont favoris\u00e9, mais aussi frein\u00e9, l\u2019introduction d\u2019\u00e9l\u00e9ments lexiculturels dans les dictionnaires, dont par exemple les impositions de la dictionnairique. Ce sont cependant les apports prometteurs du num\u00e9rique qui laissent entrevoir le potentiel de la lexicographie de demain, entre autres, en termes d\u2019une meilleure diffusion de la dimension lexiculturelle des mots. Toutefois, l\u2019auteure remarque que, \u00e0 l\u2019\u00e9tat actuel, ce potentiel n\u2019est pas exploit\u00e9 par les dictionnaires en ligne, car la lexiculture n\u2019y est presque pas repr\u00e9sent\u00e9e, ou elle est rel\u00e9gu\u00e9e dans des liens hypertexte.<\/p>\n\n\n\n<p>Le num\u00e9rique fait encore l\u2019objet de la contribution d\u2019H\u00e9l\u00e8ne MANU\u00c9LIAN, \u00ab&nbsp;Les dictionnaires \u00e0 l\u2019heure du \u2018do it yourself\u2019&nbsp;: quelle place pour la lexicographie&nbsp;?&nbsp;\u00bb (pp. 245-256) qui s\u2019interroge sur les nouvelles mani\u00e8re de rechercher le sens d\u2019un mot dans l\u2019Internet, activit\u00e9 d\u00e9sormais imm\u00e9diate, souvent m\u00e9di\u00e9e par un smartphone, et qui supporte mal des r\u00e9ponses trop complexes. La consultation des ressources en ligne via un moteur de recherche provoque pourtant le risque de r\u00e9cup\u00e9rer des r\u00e9ponses non pertinentes, car l\u2019algorithme tend \u00e0 adresser l\u2019usager vers des sites consult\u00e9s fr\u00e9quemment, sans qu\u2019ils ne soient identifi\u00e9s en tant que dictionnaires. Un autre ph\u00e9nom\u00e8ne contemporain qui pr\u00e9occupe les lexicographes et les linguistes est la multiplication des logiciels de cr\u00e9ation de dictionnaires personnalis\u00e9s (voire priv\u00e9s), dont la qualit\u00e9 scientifique n\u2019est pas toujours assur\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Une description fine de quatre marqueurs d\u2019approximation, qui illustrent une double op\u00e9ration subjective d\u2019\u00e9valuation et de cat\u00e9gorisation, est propos\u00e9e par Huy-Linh DAO, Danh-Th\u00e0nh Do-Hurinville (\u00ab\u00a0L\u2019approximation au prisme de <em>quasi<\/em>, <em>quasiment<\/em>, <em>presque<\/em>, <em>limite<\/em>\u00a0: des descriptions lexicographiques \u00e0 l\u2019hybridit\u00e9 cat\u00e9gorielle\u00a0\u00bb, pp. 293-314). Les auteurs appuient leur \u00e9tude s\u00e9mantico-pragmatique et fonctionnelle-morphosyntaxique sur une grande vari\u00e9t\u00e9 d\u2019emplois attest\u00e9s de ces marqueurs dans les descriptions lexicographiques. Ils arrivent ainsi \u00e0 en monter les diff\u00e9rents degr\u00e9s d\u2019hybridit\u00e9 cat\u00e9gorielle et la transcategorialit\u00e9 qui, en effet, permettraient selon eux d\u2019en appr\u00e9hender \u00e0 la fois le fonctionnement discursif et proc\u00e9dural, donnant lieu \u00e0 des pragmat\u00e8mes, et le sens descriptif offert par les d\u00e9finitions lexicographiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Il revient encore \u00e0 Jean PRUVOST de clore le volume, avec un texte intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Quelques credo en lexicologie, en lexicographie, en dictionnairique, en m\u00e9talexicographie engrang\u00e9s au fil d\u2019une vie professionnelle heureuse\u00a0\u00bb (pp. 315-329) qui parcourt la formation de ses convictions scientifiques et l\u2019\u00e9mergence de concepts op\u00e9ratoires devenus d\u00e9sormais incontournables. \u00c0 chacune des disciplines mentionn\u00e9es dans le titre est consacr\u00e9e une section de l\u2019article, qui s\u2019enrichit d\u2019un regard sur l\u2019histoire des dictionnaires, sur la charge culturelle partag\u00e9e port\u00e9e par les mots, sur les atouts de la triple investigation dictionnairique et de la relation lexicographique quaternaire, pour finir avec les plus personnelles \u00ab\u00a0chroniques de langue \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[Chiara PREITE]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Danh-Th\u00e0nh DO-HURINVILLE, Patrick HAILLET, Christophe REY (\u00e9ds), Cinquante ans de m\u00e9talexicographie&nbsp;: bilan et perspectives. Hommage \u00e0 Jean Pruvost,&nbsp;Champion (\u00ab&nbsp;Lexica, 41&nbsp;\u00bb), Paris, 2022, 335 p. Dans leur \u00ab&nbsp;Introduction&nbsp;\u00bb (pp. 7-14), Danh-Th\u00e0nh Do-Hurinville, Patrick Haillet et Christophe Rey parcourent les conditions historiques qui ont conduit au pr\u00e9sent volume, \u00e0 partir de l\u2019ann\u00e9e 1968, date de naissance officielle\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2023\/02\/27\/danh-thanh-do-hurinville-patrick-haillet-christophe-rey-eds-cinquante-ans-de-metalexicographie-bilan-et-perspectives\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[],"class_list":["post-816","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n-48"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/816"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=816"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/816\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":819,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/816\/revisions\/819"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=816"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=816"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=816"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}