{"id":766,"date":"2023-02-16T19:41:16","date_gmt":"2023-02-16T18:41:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=766"},"modified":"2023-02-27T08:38:12","modified_gmt":"2023-02-27T07:38:12","slug":"salah-mejri-luis-meneses-lerin-brigitte-buffard-moret-la-phraseologie-francaise-en-questions","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2023\/02\/16\/salah-mejri-luis-meneses-lerin-brigitte-buffard-moret-la-phraseologie-francaise-en-questions\/","title":{"rendered":"Salah MEJRI, Luis MENESES-LERIN, Brigitte BUFFARD-MORET, La phras\u00e9ologie fran\u00e7aise en questions"},"content":{"rendered":"\n<p>Salah MEJRI, Luis MENESES-LERIN, Brigitte BUFFARD-MORET, <em>La phras\u00e9ologie fran\u00e7aise en questions, <\/em>Hermann, Paris, 2020, 462 pp. <\/p>\n\n\n\n<p>Cet ouvrage rassemble des contributions en fran\u00e7ais sur la phras\u00e9ologie fran\u00e7aise et d\u2019autres langues, dont une partie est issue de la deuxi\u00e8me rencontre sur la phras\u00e9ologie fran\u00e7aise organis\u00e9e par l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Artois. 28 contributions sont rassembl\u00e9es en trois axes th\u00e9matiques, qui correspondent \u00e0 autant de parties de l\u2019ouvrage.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re partie est consacr\u00e9e aux <em>Aspects th\u00e9oriques et descriptifs<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>S. Berbinski (\u00ab&nbsp;A peu pr\u00e8s&nbsp;\u00bb\u2013 <em>Une locution \u00e0 peu pr\u00e8s comme les autres<\/em>, pp. 15-33) envisage le figement dans un sens \u00e9largi et adopte la d\u00e9nomination Items Discursifs Fig\u00e9s (IDF). Dans cette \u00e9tude, l\u2019A. s\u2019occupe de la locution <em>\u00e0 peu pr\u00e8s<\/em>&nbsp;: apr\u00e8s avoir retrac\u00e9 sa naissance dans les sources lexicographiques, un corpus de 450 extraits litt\u00e9raires et m\u00e9diatiques est utilis\u00e9 pour v\u00e9rifier que cet IDF poss\u00e8de les caract\u00e9ristiques de non compositionnalit\u00e9, restriction de s\u00e9lection, blocage transformationnel, non substitution synonymique, opacit\u00e9 s\u00e9mantique. <em>A peu pr\u00e8s<\/em> s\u2019av\u00e8re une locution bloqu\u00e9e du point de vue syntaxique, ind\u00e9composable, partiellement opaque et analysable d\u00e9notativement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude de K. Bogacki (<em>Les cliques dans les recherches sur l\u2019isomorphisme des phras\u00e9ologismes et\/ou des mots simples appartenant \u00e0 deux langues\u00a0?<\/em>, pp. 35-45) prend en compte les sp\u00e9cificit\u00e9s et les points communs des phras\u00e9ologismes et des lex\u00e8mes simples\u00a0: les unit\u00e9s phras\u00e9ologiques sont des signes dont le signifiant est divisible et le signifi\u00e9 indivisible. S\u2019appuyant sur des exemples fran\u00e7ais et polonais, il expose la vari\u00e9t\u00e9 formelle des phras\u00e9ologismes et propose d\u2019employer, pour le c\u00f4t\u00e9 s\u00e9mantique, une notion emprunt\u00e9e aux math\u00e9matiques et utilis\u00e9e par l\u2019\u00e9quipe du <em>Dictionnaire Electronique des Synonymes<\/em> (DES)\u00a0: il s\u2019agit des <em>cliques<\/em> ou ensembles maximaux de mots synonymes entre eux. L\u2019A. expose les inconv\u00e9nients rencontr\u00e9s dans la pratique lexicographique lors de l\u2019emploi de la m\u00e9thode des cliques, d\u00fbs entre autres \u00e0 la pr\u00e9sence des aspects verbaux en polonais, au passage de la 1<sup>re<\/sup> \u00e0 la 3<sup>\u00e8me<\/sup> personne ou du pr\u00e9sent de l\u2019indicatif \u00e0 un autre temps ou mode, qui peuvent engendrer des probl\u00e8mes d\u2019acceptabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>C. D\u00edaz Rodr\u00edguez (<em>R\u00e9vision taxonomique des unit\u00e9s phras\u00e9ologiques lexicales<\/em>, pp. 47-58 ) propose une r\u00e9vision de la classification des unit\u00e9s phras\u00e9ologiques fond\u00e9e sur la construction du sens phras\u00e9ologique, qu\u2019il consid\u00e8re comme le \u00ab&nbsp;seul garant suffisant et n\u00e9cessaire de la nature phras\u00e9ologique de toute combinaison&nbsp;\u00bb. En premier lieu, l\u2019idiomaticit\u00e9, la non compositionnalit\u00e9 et la conventionnalisation, l\u2019enrichissement du point de vue s\u00e9mantico-pragmatique sont pos\u00e9s comme caract\u00e9ristiques essentielles du sens phras\u00e9ologique. Ensuite, trois dichotomies sont propos\u00e9es, qui permettent de classifier les unit\u00e9s phras\u00e9ologiques&nbsp;: les UP locutionnelles, dans lesquelles les composantes sont r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9es comme un ensemble (<em>fleur bleue<\/em>), s\u2019opposent aux UP collocationnelles, dont le sens est additif&nbsp;(<em>chocolat blanc<\/em>); les UP \u00e0 fonction qualifiante, qui n\u2019identifient pas une classe d\u00e9notative stable (<em>b<\/em><em>\u00eate noire<\/em>), s\u2019opposent aux UP&nbsp; \u00e0 fonction classifiante, qui font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une classe d\u00e9notative stable (<em>or noir<\/em>)&nbsp;; enfin, les UP syntagmatiques (<em>bateau \u00e0 vapeur<\/em>) s\u2019opposent aux UP supra-syntagmatiques (<em>Quand les poules auront des dents<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>H. Ammar (<em>Les modalisateurs dans les collocations complexes<\/em>, pp. 59- 71) \u00e9tudie les manifestations de la modalisation dans les collocations complexes (CC), d\u00e9finies comme des \u00ab&nbsp;structures binaires qui combinent deux unit\u00e9s lexicales appropri\u00e9es, dont l\u2019une est monolexicale et l\u2019autre polylexicale&nbsp;\u00bb. L\u2019A. pr\u00e9sente les caract\u00e9ristiques d\u00e9finitoires des CC, c\u2019est-\u00e0-dire la binarit\u00e9 (elles se composent d\u2019une base monolexicale et d\u2019un collocatif polylexical, ex. <em>b<\/em><em>\u00ea<\/em><em>te<\/em> \/ <em>comme un panier<\/em>), l\u2019attraction mutuelle (la base s\u00e9lectionne le collocatif), la s\u00e9lection lexicale (si on parle d\u2019une quantit\u00e9 minime de liquides, on dit <em>un nuage de lait<\/em> mais <em>une<\/em> <em>gorg\u00e9e de caf\u00e9<\/em>). Ensuite, elle analyse les types de modalisateurs collocationnels&nbsp;: externes, comme <em>devoir<\/em> dans <em>nous devons d\u00e9noncer \u00e0 pleine voix&nbsp;<\/em>; internes, comme <em>\u00e0 crever<\/em> dans <em>il faisait une chaleur \u00e0 crever&nbsp;<\/em>; doubles, comme dans <em>belle <\/em>(modalit\u00e9 appr\u00e9ciative)<em> \u00e0 faire pleurer <\/em>(modalit\u00e9 intensive). Enfin, elle \u00e9tudie les configurations possibles de la hi\u00e9rarchie pr\u00e9dicative des \u00e9nonc\u00e9s qui contiennent les CC.<\/p>\n\n\n\n<p>D. Lajmi (<em>L\u2019encha\u00eenement polylexical : une nouvelle cr\u00e9ation phras\u00e9ologique<\/em>&nbsp;?, pp.73-87) s\u2019int\u00e9resse aux \u00ab&nbsp;blocs phras\u00e9ologiques&nbsp;\u00bb form\u00e9s par la combinaison de s\u00e9quences polylexicales sur l\u2019axe syntagmatique, comme [<em>\u00eatre en butte \u00e0] [une litanie de reproches]<\/em>. Apr\u00e8s la d\u00e9finition du ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019encha\u00eenement polylexical et la pr\u00e9sentation de ses typologies (e.l. de locutions, collocationnel, terminologique, proverbial) et configurations syntaxiques (ex. verbe support complexe + d\u00e9terminant complexe&nbsp;: <em>On [fait l\u2019objet de] [tas de] pressions)<\/em>, l\u2019A. explore la possibilit\u00e9 que l\u2019encha\u00eenement polylexical soit une nouvelle cr\u00e9ation phras\u00e9ologique, en v\u00e9rifiant d\u2019abord les m\u00e9canismes formels, s\u00e9mantiques et syntaxiques de phras\u00e9ologisation, puis les \u00e9tapes du parcours de phras\u00e9ologisation&nbsp;: le moulage, la stabilisation, l\u2019int\u00e9gration dans les ressources lexicales du locuteur, la lexicalisation.<\/p>\n\n\n\n<p>S. Palma (<em>St\u00e9r\u00e9otypes lexicaux, locutions et autres blablas<\/em>, pp. 89-99) se demande si on peut consid\u00e9rer les locutions comme des outils linguistiques qui v\u00e9hiculent des contenus st\u00e9r\u00e9otypiques rattach\u00e9s aux mots qui les composent. L\u2019hypoth\u00e8se de d\u00e9part a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 v\u00e9rifi\u00e9e par l\u2019auteur pour les proverbes doxaux (<em>Tel p\u00e8re, tel fils<\/em>) et paradoxaux (<em>Tout ce qui brille n\u2019est pas or<\/em>) ainsi que pour les locutions \u00e0 polarit\u00e9, telles <em>\u00eatre aux anges<\/em> (locution \u00e0 polarit\u00e9 positive) et <em>dormir de la nuit<\/em> (locution \u00e0 polarit\u00e9 n\u00e9gative, c.\u00e0.d. qu\u2019elle ne s\u2019emploie qu\u2019\u00e0 la forme n\u00e9gative). Le corpus de cette \u00e9tude est constitu\u00e9 par les locutions et proverbes contenant les mots <em>bouche, langue, parler<\/em> en fran\u00e7ais et leurs \u00e9quivalents en espagnol&nbsp;:&nbsp; les contenus st\u00e9r\u00e9otypiques valid\u00e9s par ces locutions sont r\u00e9partis selon le sens attribu\u00e9 au mot <em>bouche<\/em>&nbsp;: si\u00e8ge de la parole (<em>motus et bouche cousue<\/em>), ou si\u00e8ge du go\u00fbt (<em>mettre l\u2019eau \u00e0 la bouche<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>A. Radulescu (<em>Le verbe roumain a trage [tirer] \u2013 quels types d\u2019unit\u00e9s phras\u00e9ologiques&nbsp;?<\/em>, pp. 101-115) \u00e9tudie les unit\u00e9s phras\u00e9ologiques du roumain contenant le verbe <em>a trage<\/em> [tirer], dans un but aussi bien descriptif que didactique. Son corpus de 100 unit\u00e9s est tir\u00e9 de sources lexicographiques monolingues et bilingues fran\u00e7ais-roumain. L\u2019A. classe les unit\u00e9s phras\u00e9ologiques du corpus sur la base de crit\u00e8res formels (<em>a trage<\/em> + Nom, + Pr\u00e9p. etc.), syntactico-s\u00e9mantiques (opacit\u00e9 et degr\u00e9 de figement) et pragmatiques. Il en r\u00e9sulte trois cat\u00e9gories d\u2019unit\u00e9s&nbsp;: les locutions verbales, dans lesquelles le verbe <em>a trage<\/em> est vide de sens et se comporte comme un verbe support&nbsp;(<em>a trage un trombon<\/em>, traduction litt\u00e9rale <em>tirer un trombone<\/em>, \u00e9quivalent <em>mener par le bout du nez<\/em>); les collocations, dans lesquelles le <em>a trage<\/em> est employ\u00e9 dans son sens propre (<em>a trage m\u00e2\u021ba de coag\u0103<\/em>, traduction litt\u00e9rale <em>tirer le chat par la queue<\/em>, \u00e9quivalent <em>tirer le diable par la queue<\/em>); les par\u00e9mies, structures binaires \u00e0 valeur sentencieuse comme <em>Capul face, capul trage<\/em> (traduction litt\u00e9rale <em>La t\u00eate fait, la t\u00eate tire<\/em> &#8211; \u00e9quivalent&nbsp;: <em>Qui fait la faute la boit<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019inscrivant dans la th\u00e9orie de la troisi\u00e8me articulation du langage (Mejri 2018), I. Mizouri (<em>La discontinuit\u00e9 polylexicale&nbsp;: espace d\u2019encha<\/em><em>\u00eenement discursif&nbsp;?<\/em>, pp.117-140) pr\u00e9sente une \u00e9tude sur les encha\u00eenements polylexicaux discontinus. L\u2019unit\u00e9 de la triple articulation du langage est l\u2019unit\u00e9 lexicale, qui peut avoir diff\u00e9rentes configurations avec un ou plusieurs constituants lexicaux (du morph\u00e8me \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9 complet) et un constituant grammatical (encapsulateur). Les unit\u00e9s lexicales polylexicales peuvent \u00eatre continues ou discontinues&nbsp;: &nbsp;dans le cas de l\u2019<em>encha<\/em><em>\u00eenement<\/em> discontinu, qui int\u00e9resse l\u2019A. dans ce texte, un espace lexical et discursif se cr\u00e9e, appel\u00e9 \u00ab&nbsp;empan lexical&nbsp;\u00bb. L\u2019A. pr\u00e9sente de nombreux exemples d\u2019empans de diff\u00e9rentes tailles&nbsp;(intraphrastique, interphrastique et discursif), tir\u00e9s de textes litt\u00e9raires.<\/p>\n\n\n\n<p>Les contributions ins\u00e9r\u00e9es dans la deuxi\u00e8me section, <em>Usages pragmatiques et appliqu\u00e9s, <\/em>sont au nombre de douze et pr\u00e9sentent des points de vue aussi vari\u00e9s que ceux de la pragmatique, de la m\u00e9talexicographie, des \u00e9tudes sur la phras\u00e9ologie en diachronie et sur le d\u00e9figement.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa contribution, A. Zrigue (<em>Les proverbes\u00a0: un type particulier de pragmat\u00e8mes<\/em>, pp.143-156) avance l\u2019hypoth\u00e8se que la d\u00e9nomination <em>pragmat\u00e8me<\/em>, qui selon Mel\u2019\u010duk et Polgu\u00e8re indique des syntagmes non libres conditionn\u00e9s pragmatiquement, peut \u00eatre utilis\u00e9e pour d\u00e9signer les proverbes. En fondant ses observations sur un corpus de 5000 par\u00e9mies, l\u2019A. montre que les caract\u00e9ristiques des pragmat\u00e8mes se retrouvent dans les proverbes, comme l\u2019emploi conditionn\u00e9 par la situation d\u2019\u00e9nonciation et la structure s\u00e9mantique binaire, comportant un sens linguistique compositionnel transparent et un sens pragmatique opaque et isolable. Parmi les proverbes, l\u2019A. distingue les <em>proverbes pragmat\u00e8mes-clich\u00e9s <\/em>compositionnels comme <em>Premier venu, premier servi<\/em>, des proverbes <em>pragmat\u00e8mes-locutionnels non compositionnels<\/em>, comme <em>Il ne faut pas vendre la peau de l\u2019ours avant de l\u2019avoir tu\u00e9. <\/em>Enfin, elle pr\u00e9sente une typologie des contraintes pragmatiques qui p\u00e8sent sur les proverbes sur l\u2019axe diachronique, diastratique, diaconnotatif.<\/p>\n\n\n\n<p>X. Blanco (<em>La quantification non num\u00e9rique appliqu\u00e9e au nom en ancien fran\u00e7ais<\/em>, pp. 157-178) \u00e9tudie les collocations \u00e0 base nominale dans <em>Le Val des Amants infid\u00e8les<\/em>, un texte du d\u00e9but du 13<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Il s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la quantification non num\u00e9rique, qui permet d\u2019exprimer des oppositions telles que \u2018beaucoup\u2019-\u2018peu\u2019 (cat\u00e9gorie de l\u2019Intensit\u00e9), \u2018plus\u2019-\u2018moins\u2019, \u2018tout\u2019-\u2018non tout\u2019, \u2018\u00e9l\u00e9ment\u2019-\u2018ensemble\u2019. La cat\u00e9gorie la plus repr\u00e9sent\u00e9e dans le texte est celle de l\u2019Intensit\u00e9, avec des collocations comme <em>anemi<\/em> <em>morteil<\/em> (\u2018ennemi mortel\u2019), <em>grant plent\u00e9<\/em> (\u2018grande quantit\u00e9\u2019), <em>plourer mout durement<\/em> (\u2018fondre en larmes\u2019). Deux autres cat\u00e9gories sont pr\u00e9sentes dans le corpus, mais moins repr\u00e9sent\u00e9es&nbsp;: la Mesurativit\u00e9, qui concerne la taille d\u2019une Entit\u00e9 (ex. <em>grandismes foss\u00e9s<\/em>&nbsp; &#8211; \u2018immenses foss\u00e9s profonds\u2019) et la Collectivit\u00e9 qui sp\u00e9cifie un \u00e9l\u00e9ment d\u2019un ensemble&nbsp; ou un ensemble d\u2019\u00e9l\u00e9ments (ex. <em>grant plent\u00e9 de cols durs et pesants<\/em> \u2013 \u2018une avalanche de coups durs et pesants\u2019).<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail de G. Dotoli (<em>La phrase litt\u00e9raire dans le dictionnaire&nbsp;: une autor\u00e9f\u00e9rence signifiante<\/em>, pp.179-196) est un plaidoyer pour la pr\u00e9sence d\u2019exemples litt\u00e9raires dans le dictionnaire monolingue. S\u2019appuyant sur un vaste nombre d\u2019\u00e9tudes m\u00e9talexicographiques et sur le paratexte lexicographique des principaux dictionnaires fran\u00e7ais, et prenant source dans les \u00e9tudes fondatrices de la m\u00e9talexicographie en France (Quemada, Rey, Rey-Debove), l\u2019A. aborde de nombreuses questions li\u00e9es \u00e0 la rubrique lexicographique qu\u2019il d\u00e9nomme <em>phrase litt\u00e9raire<\/em>&nbsp;ou <em>citation-phrase<\/em> (<em>exemple cit\u00e9<\/em> dans la terminologie de Jean Pruvost)&nbsp;: sa fonction de l\u00e9gitimation du dictionnaire, son caract\u00e8re autonyme, les crit\u00e8res de choix du corpus litt\u00e9raire, les probl\u00e8mes de d\u00e9coupage de la citation, de mise en relief typographique, de renvoi bibliographique. La phrase litt\u00e9raire est pour l\u2019A. un \u00ab&nbsp;signe total&nbsp;\u00bb (ayant entre autres un r\u00f4le d\u2019<em>exemplum<\/em> et <em>argumentum<\/em>) et une \u00ab&nbsp;microstructure fondamentale du dictionnaire&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son article, (<em>Et avec \u00e7a ma petite dame&nbsp;? Les multiples usages de <\/em>petit<em> dans la phras\u00e9ologie fran\u00e7aise<\/em>, pp. 196-211) J. Goes explore d\u2019abord les emplois de l\u2019adjectif <em>petit<\/em> en fonction des classes de substantifs qu\u2019il qualifie, qui sont traditionnellement tripartites&nbsp;: minimisant&nbsp;; hypocoristique ou axiologique&nbsp;; diminutif et li\u00e9 \u00e0 l\u2019enfance d\u2019un \u00eatre anim\u00e9. L\u2019omnipr\u00e9sence de <em>petit<\/em>, au-del\u00e0 de ces analyses traditionnelles, pousse l\u2019A. \u00e0 se demander s\u2019il y a un emploi de <em>petit<\/em> relevant de la phras\u00e9ologie, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de collocations ou d\u2019autres s\u00e9quences fig\u00e9es. Il se concentre alors sur l\u2019emploi minimisant de <em>petit<\/em>, fr\u00e9quent avec <em>kilo<\/em> et dans l\u2019h\u00f4tellerie-restauration (<em>petit caf\u00e9, petit dessert<\/em>), puis sur l\u2019emploi axiologique, hypocoristique (<em>Et la petite dame, qu\u2019est-ce qu\u2019elle veut<\/em>&nbsp;?) ou p\u00e9joratif (<em>C\u2019est du petit football ce qu\u2019on a vu<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans leur \u00e9tude, L.Gonon, V. Goossens et I. Novakova (<em>Les phras\u00e9ologismes sp\u00e9cifiques \u00e0 deux sous-genres de la paralitt\u00e9rature&nbsp;: le roman policier et le roman sentimental<\/em>, pp. 213-226) cherchent \u00e0 \u00e9tablir si les ph\u00e9nom\u00e8nes phras\u00e9ologiques peuvent servir pour identifier deux sous-genres de la paralitt\u00e9rature, le roman policier (POL) et le roman sentimental (SENT). A l\u2019aide du <em>Lexicoscope<\/em>, un outil d\u2019interrogation des corpus et suivant une approche <em>corpus driven<\/em>, les A. \u00e9tudient les variations paradigmatiques et syntagmatiques et les fonctions discursives (FD) de <em>motifs textuels<\/em> r\u00e9currents&nbsp;: <em>allumer une cigarette<\/em> dans POL, <em>froncer les sourcils<\/em> dans SENT, <em>regarder<\/em> (SENT) et <em>consulter<\/em> (POL) <em>sa montre<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>L. Hosni (<em>Figement et coh\u00e9rence textuelle&nbsp;: de la coh\u00e9rence interne \u00e0 la coh\u00e9rence externe,<\/em> pp. 227-239) s\u2019int\u00e9resse au r\u00f4le de la S\u00e9quence Fig\u00e9e dans la coh\u00e9rence textuelle. Les principes de congruence et de fixit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les SF sont pris en compte au d\u00e9but du travail pour une mise au point terminologique. Ensuite, l\u2019A. propose une analyse des relations lexicales possibles entre une SF et un autre type d\u2019unit\u00e9 lexicale&nbsp;: anaphore (par exemple entre la SF et le pronom <em>\u00e7a<\/em>), r\u00e9p\u00e9tition d\u2019un des composants de la SF (<em>prudence est m\u00e8re de s<\/em><em>\u00fbret<\/em><em>\u00e9 \u2013 prudence<\/em>), \u00e9quivalence s\u00e9mantique (<em>prendre la poudre d\u2019escampette \u2013 fuir), <\/em>relation avec une unit\u00e9 lexicale morphologiquement associ\u00e9e (<em>noyer le poisson \u2013 noyade<\/em>). Les SF contribuent \u00e0 la coh\u00e9rence du texte quand elles entrent dans une relation lexicale avec un autre \u00e9l\u00e9ment du texte ou avec l\u2019un de ses \u00e9l\u00e9ments&nbsp;: les deux \u00e9l\u00e9ments de la relation sont congruents du point de vue syntaxique ou s\u00e9mantique ou morphologique. Enfin, l\u2019A. explore les diff\u00e9rents types de relations entre une SF et une forme d\u00e9fig\u00e9e correspondante.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Kauffer (<em>La pragmatique est-elle soluble dans la phras\u00e9ologie&nbsp;?<\/em>, pp. 241-257) pr\u00e9sente une s\u00e9rie d\u2019arguments en faveur de l\u2019int\u00e9gration de la dimension pragmatique dans la phras\u00e9ologie. Premi\u00e8rement, il existe des phras\u00e9ologismes pragmatiques, tels les formules conversationnelles qui ont des fonctions au niveau de l\u2019organisation du discours (ex. <em>\u00e0 mon avis<\/em>, <em>bref<\/em>), et les pragmat\u00e8mes, qui sont pragmatiquement li\u00e9s \u00e0 la situation dans laquelle ils sont \u00e9nonc\u00e9s (ex. <em>\u00e0 table&nbsp;!)&nbsp;<\/em>.En guise de deuxi\u00e8me argument, l\u2019A. pr\u00e9sente le fonctionnement d\u2019une autre cat\u00e9gorie de phras\u00e9ologismes pragmatiques, les actes de langage st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s (ALS, ex. <em>La belle affaire&nbsp;!<\/em>) qui ont un statut d\u2019\u00e9nonc\u00e9, un sens non-compositionnel et une fonction pragmatique dans la communication (approuver, refuser, menacer, banaliser, exprimer l\u2019\u00e9tonnement ou la col\u00e8re). L\u2019A. n\u2019oublie pas d\u2019\u00e9noncer les contre-arguments respectifs de chaque argument, les difficult\u00e9s de classification et de signaler les d\u00e9finitions qui m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre retravaill\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>T. Ben Amor (<em>Comment interpr\u00e9ter le sens des \u00e9nonc\u00e9s d\u00e9fig\u00e9s&nbsp;?<\/em>, pp. 260-275) pr\u00e9sente une \u00e9tude sur l\u2019interpr\u00e9tation des \u00e9nonc\u00e9s d\u00e9fig\u00e9s (ED) bas\u00e9e sur un corpus d\u2019exemples r\u00e9els tir\u00e9es des <em>Br\u00e8ves du comptoir<\/em> (J.M. Gourio 2007, 2013) et des perles du Baccalaur\u00e9at et du Brevet d\u2019Etudes du premier cycle, deux ressources qui ont en commun une double prise en charge \u00e9nonciative&nbsp;: l\u2019acte non intentionnel du locuteur initial est suivi de l\u2019acte intentionnel du locuteur rapporteur qui \u00e9tablit le statut de <em>br\u00e8ve<\/em> ou de <em>perle<\/em>. L\u2019A. montre que le d\u00e9figement appartient \u00e0 plusieurs syst\u00e8mes s\u00e9miotiques dans le domaine artistique et scientifique, et non seulement au syst\u00e8me linguistique. Au-del\u00e0 de la dimension linguistique, l\u2019interpr\u00e9tation d\u2019un ED suppose \u00e9galement des op\u00e9rations cognitives et mobilise des comp\u00e9tences mn\u00e9siques, des op\u00e9rations mentales qui \u00e9tablissent l\u2019analogie et la discrimination entre S\u00e9quence Fig\u00e9e et ED, et une op\u00e9ration de synth\u00e8se. L\u2019A. propose une typologie des ED selon leur recevabilit\u00e9 (bien form\u00e9s, agrammaticaux, as\u00e9mantiques, non v\u00e9riconditionnels transgressant la dimension r\u00e9f\u00e9rentielle, posant un probl\u00e8me d\u2019acceptabilit\u00e9, incongrus) et montre les diff\u00e9rents parcours interpr\u00e9tatifs des ED, selon que la SF de d\u00e9part se pr\u00eate \u00e0 une double interpr\u00e9tation analytique (litt\u00e9rale) et synth\u00e9tique, ou \u00e0 la seule interpr\u00e9tation synth\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p>Y. Yakubovich (<em>Collocations dans la po\u00e9sie\u00a0: de la norme linguistique \u00e0 son d\u00e9passement<\/em>, pp. 278-292) s\u2019int\u00e9resse au r\u00f4le des collocations dans le langage po\u00e9tique, qui se caract\u00e9rise par la transgression de la norme linguistique, l\u2019originalit\u00e9 et l\u2019ambigu\u00eft\u00e9. L\u2019A. s\u2019appuie sur les outils m\u00e9thodologiques d\u00e9velopp\u00e9s au sein de la th\u00e9orie Sens-Texte (fonction lexicale, phras\u00e8me) pour analyser les collocations \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un corpus multilingue romano-slave. Dans un premier temps, elle analyse les emplois conformes \u00e0 la norme, dans des textes qui, dans un but pr\u00e9cis de l\u2019auteur, n&#8217;ont pas recours aux irr\u00e9gularit\u00e9s lexicales et syntaxiques. Ensuite, elle aborde les combinaisons irr\u00e9guli\u00e8res de type collocationnel\u00a0: celles bas\u00e9es sur la rupture de la restriction s\u00e9mantique, comme l\u2019association du sujet <em>foc<\/em> au verbe <em>picorer, <\/em>normalement employ\u00e9 pour les oiseaux ; la fabrication individuelle d\u2019une nouvelle collocation, comme <em>la douleur s\u2019\u00e9vanouit\u00a0<\/em>; le d\u00e9figement d\u2019une collocation, comme <em>pleurer \u00e0 grosses planches<\/em> (de <em>pleurer \u00e0 gros sanglots<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>L. Zhu (<em>D\u00e9figement et moule locutionnel<\/em>, pp. 293-307) s\u2019interroge sur le continuum entre la combinatoire libre et les s\u00e9quences fig\u00e9es (SF) et s\u2019int\u00e9resse en particulier aux S\u00e9quences D\u00e9fig\u00e9es (SD)&nbsp;: ces s\u00e9quences sont reconnaissables par rapport \u00e0 la s\u00e9quence fig\u00e9e d\u2019origine et calculables&nbsp;: afin de les interpr\u00e9ter correctement, l\u2019interpr\u00e9tant est oblig\u00e9 de calculer la somme des s\u00e8mes des composantes en relation au contexte. Selon l\u2019A., il existe des moules lexicaux avec des degr\u00e9s de fixit\u00e9 variable&nbsp;: les s\u00e9quences adverbiales comme <em>\u00e0 tombeau ouvert<\/em> sont plus fixes que les s\u00e9quences verbales comme <em>avoir un app\u00e9tit d\u2019oiseau<\/em>, qui admet plusieurs formes du verbe <em>avoir<\/em>. Concernant les SD, l\u2019A. distingue entre le d\u00e9figement par modification formelle (<em>secousses sismiques \u2013 couscous sismiques<\/em>), qui peut avoir pour r\u00e9sultat une SD grammaticale (<em>Luc prend le bouc par les cornes<\/em>) ou agrammaticale&nbsp; (<em>Luc prend le taureau par soudainement les cornes<\/em>) et le d\u00e9figement par modification con(n)textuelle lorsqu\u2019une SF est utilis\u00e9e en dehors de son contexte habituel et avec un autre sch\u00e9ma d\u2019arguments. Enfin, il aborde les s\u00e9quences comportant une signification culturelle,<em> comme avoir une \u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s au-dessus de la t\u00eate<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette section se cl\u00f4t avec le travail de J.-P. Colson (<em>La phras\u00e9ologie, discipline linguistique autonome ou int\u00e9gr\u00e9e&nbsp;? Arguments constructivistes et fond\u00e9s sur les corpus<\/em>, pp. 310-321), qui envisage l\u2019interaction entre la linguistique cognitive, en particulier la grammaire de construction, et la phras\u00e9ologie. Si la construction est \u00ab&nbsp;une association conventionnelle et apprise de forme et de sens&nbsp;\u00bb, alors les points de convergence avec la phras\u00e9ologie sont nombreux et toutes les constructions peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme idiomatiques, car elles comportent une association impr\u00e9visible de forme et de sens. L\u2019A. expose en outre l\u2019apport de la phras\u00e9ologie computationnelle et en particulier l\u2019application web <em>IdiomSearch<\/em>, qui permet d\u2019extraire d\u2019un corpus les unit\u00e9s phras\u00e9ologiques les plus fr\u00e9quentes, en utilisant une m\u00e9thode qui prend en compte la distance moyenne entre les \u00e9l\u00e9ments qui composent une unit\u00e9 phras\u00e9ologique ou score <em>cpr<\/em> (<em>corpus proximity ratio<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me et derni\u00e8re partie, <em>Didactique et enseignement des langues<\/em>, est consacr\u00e9e \u00e0 la phras\u00e9odidactique et comprend sept contributions.<\/p>\n\n\n\n<p>A. Arroyo-Ortega (<em>Les constructions fondamentales&nbsp;: \u00e0 la limite entre le figement et la combinatoire libre<\/em>, pp.325-335) r\u00e9fl\u00e9chit sur le rapport entre le <em>mot phonologique<\/em> et l\u2019unit\u00e9 syntaxique, s\u00e9mantique et pragmatique, dans le but de parvenir \u00e0 une d\u00e9finition de \u00ab&nbsp;construction fondamentale&nbsp;\u00bb. Ce concept, dont les propri\u00e9t\u00e9s \u00e9voqu\u00e9es par l\u2019A. sont tir\u00e9es des travaux du Fran\u00e7ais Fondamental, des courants formalistes et de la grammaire des constructions, s\u2019enrichit, lorsqu\u2019il s\u2019agit de phras\u00e9ologie, de deux propri\u00e9t\u00e9s&nbsp;: le degr\u00e9 de figement et l\u2019unit\u00e9 prosodique. L\u2019A. fournit plusieurs exemples de ces <em>\u00e9nonc\u00e9s-constructions phonologiques fondamentales<\/em>, comme <em>on se croirait<\/em>\u2026, <em>ne me demandez surtout pa<\/em>s\u2026 , qu\u2019il d\u00e9finit comme des moules dit ou entendus par des \u00e9nonciateurs, qui forment une unit\u00e9 syntaxique, s\u00e9mantique et prosodique, sont caract\u00e9ris\u00e9s par un certain degr\u00e9 de figement et se situent \u00e0 la fronti\u00e8re entre le figement et la combinatoire libre.<\/p>\n\n\n\n<p>A.H. Burrows et R. Cetro (<em>Peut-on tester la composante phras\u00e9ologique dans un test de positionnement&nbsp;?<\/em>, pp.337-354) constatent que l\u2019essor des \u00e9tudes en phras\u00e9odidactique ne se r\u00e9fl\u00e8te pas dans la documentation institutionnelle, qui ne cite que des r\u00e9f\u00e9rences dat\u00e9es, adopte une terminologie impr\u00e9cise et n\u2019utilise que des ouvrages lexicographiques comme sources des inventaires. En outre, l\u2019enseignement de la phras\u00e9ologie repose encore souvent sur l\u2019intuition des enseignants et ne se r\u00e9alise que pour un public avanc\u00e9. Dans leur contribution, elles s\u2019interrogent sur la mani\u00e8re de tester la comp\u00e9tence phras\u00e9ologique d\u2019apprenants allophones dans un test de positionnement. Le test, \u00e9labor\u00e9 \u00e0 la demande de plusieurs \u00e9tablissements sup\u00e9rieurs et d\u00e9velopp\u00e9 par le P\u00f4le d\u2019Elaboration des Ressources Linguistiques (PERL), porte sur trois champs de comp\u00e9tences, \u00e0 savoir la compr\u00e9hension orale, la compr\u00e9hension \u00e9crite et les composantes de la comp\u00e9tence linguistique. La comp\u00e9tence phras\u00e9ologique, imbriqu\u00e9e dans les c. sociolinguistique, lexicale et morphosyntaxique, est test\u00e9e d\u00e8s les niveaux A1 et A2 \u00e0 travers, par exemple, des QCM portant sur les noms compos\u00e9s des \u00e9lectrom\u00e9nagers ou les locutions conjonctives et pr\u00e9positionnelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Le contexte dans lequel se situe la recherche de D. Dinca (<em>De la linguistique \u00e0 la didactique\u00a0: les cas des collocations verbales dans le discours juridique<\/em>, pp. 355-379) est celui du Master de traduction et terminologie juridiques de l\u2019Universit\u00e9 de Craiova en Roumanie. L\u2019A. constate que, malgr\u00e9 les ressemblances existant entre les syst\u00e8mes de droit fran\u00e7ais et roumain, il est difficile de traduire les collocations verbales (CV), form\u00e9es par un verbe de langue g\u00e9n\u00e9rale et un substantif de langue de sp\u00e9cialit\u00e9. Apr\u00e8s une r\u00e9flexion autour des appellations des collocations et de leurs caract\u00e9ristiques (caract\u00e8re binaire, dissym\u00e9trie des composants de la collocation, transparence, fixit\u00e9 syntaxique, arbitraire), l\u2019A. distingue entre <em>collocations lexicales<\/em> et <em>collocations conceptuelles <\/em>ou<em> terminologiques<\/em> ou <em>phras\u00e9otermes<\/em>, ces derniers \u00e9tant form\u00e9s g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019un substantif comme mot-cl\u00e9 et d\u2019un collocatif qui le d\u00e9termine et cr\u00e9e des sous-cat\u00e9gories notionnelles, ex. <em>compte bancaire, c.courant <\/em>etc. Elle propose une m\u00e9thodologie didactique pour les CV en langue juridique qui utilise les corpus parall\u00e8les de traduction (d\u00e9marche contrastive) et fournit aux apprenants les strat\u00e9gies n\u00e9cessaires pour le d\u00e9codage<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Y.I. Hern\u00e1ndez Mu\u00f1oz (<em>Les constructions fran\u00e7aises fondamentales\u00a0: quelle place dans l\u2019univers phras\u00e9ologique\u00a0?<\/em>, pp.381-391) expose les premi\u00e8res \u00e9tapes de son questionnement autour d\u2019\u00e9nonc\u00e9s oraux ou relevant de l\u2019\u00e9crit oralis\u00e9 qui pr\u00e9sentent un degr\u00e9 de fr\u00e9quence et des contraintes s\u00e9mantiques, syntaxiques et pragmatiques. La r\u00e9flexion de l\u2019A. prend comme point de d\u00e9part le <em>Fran\u00e7ais Fondamental<\/em>\u00a0et <em>Les constructions fondamentales<\/em> de Pierre le Goffic et Nicole Mac Bride, mais elle s\u2019\u00e9loigne de leur vision structuraliste et consid\u00e8re comme <em>construction fondamentale<\/em> un \u00e9nonc\u00e9 complet du point de vue intonatif, syntaxique, s\u00e9mantique, pragmatique, rattach\u00e9 \u00e0 une situation d\u2019\u00e9nonciation et pr\u00e9sentant un degr\u00e9 de fr\u00e9quence important dans les corpus m\u00e9diatiques (publicit\u00e9s, r\u00e9seaux sociaux), comme <em>on a chang\u00e9 de<\/em> et <em>ce serait dommage de<\/em>. Ces constructions peuvent \u00eatre ferm\u00e9es, si elles sont immuables comme <em>quel \u00e2ge as-tu\u00a0?,<\/em> ou bien ouvertes, si elles pr\u00e9sentent une certaine flexibilit\u00e9 sur l\u2019axe paradigmatique et la possibilit\u00e9 d\u2019ajouts sur l\u2019axe syntagmatique, comme les constructions qui suivent le mot di\u00e8se #\u00a0: par exemple, <em>#toutsaufMacron<\/em> a pu devenir <em>tout sauf \u00e7a<\/em>, <em>tout sauf ce film<\/em> etc.<\/p>\n\n\n\n<p>N. Khodabocus et A. Masset-Martin (<em>Les unit\u00e9s phras\u00e9ologiques en classe de FLE \/ FOU<\/em>, pp. 393-404) s\u2019interrogent sur les raisons de l\u2019enseignement des collocations en classe de FLE (Fran\u00e7ais Langue Etrang\u00e8re) \/ FOU (Fran\u00e7ais sur Objectif Universitaire) et sur l\u2019existence de collocations sp\u00e9cifiques au domaine litt\u00e9raire. Les A. situent d\u2019abord les collocations dans le domaine phras\u00e9ologique, parmi les Unit\u00e9s Phras\u00e9ologiques avec lesquelles les collocations partagent les traits de la contrainte et du figement syntaxique, s\u00e9mantique, lexical et pragmatique&nbsp;: les collocations sont d\u00e9finies comme des combinaisons de mots qui apparaissent souvent ensemble, qui rel\u00e8vent de la comp\u00e9tence des locuteurs natifs et qui sont semi-fig\u00e9es et compositionnelles. Ensuite, les A. abordent les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la traduction des collocations&nbsp;: premi\u00e8rement la traduction litt\u00e9rale est impossible et les \u00e9quivalents impr\u00e9dictibles&nbsp;; deuxi\u00e8mement, les apprenants ne savent pas o\u00f9 chercher dans le dictionnaire (\u00e0 la base ou au collocatif). Dans la derni\u00e8re partie de leur contribution, les A. constatent que les outils p\u00e9dagogiques n\u00e9gligent l\u2019enseignement des collocations, puis proposent des pistes p\u00e9dagogiques vari\u00e9es (allant du rep\u00e9rage, au r\u00e9emploi, \u00e0 la recherche lexicographique) qui prennent appui sur la notion plus g\u00e9n\u00e9rale de blocs de mots.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Krylyschin (<em>L\u2019\u00e9tude des locutions phras\u00e9ologiques en classe de langue&nbsp;: de la grammaire \u00e0 l\u2019\u00e9criture<\/em>, pp. 405-418) remarque l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019apprentissage des locutions et expressions phras\u00e9ologiques non seulement du point de vue communicationnel et interculturel, mais aussi du point de vue de leur organisation syntaxique. Elle pr\u00e9conise l\u2019acquisition d\u2019un savoir linguistique et non plus m\u00e9talinguistique sur la langue fran\u00e7aise et la mise en \u0153uvre d\u2019activit\u00e9s de manipulation des locutions phras\u00e9ologiques sur l\u2019axe syntagmatique et paradigmatique, de mani\u00e8re \u00e0 tester leur degr\u00e9 de figement. Il existe en effet deux types d\u2019\u00e9criture, tous les deux n\u00e9cessaires&nbsp;: \u00e9. syntactique ou syntagmatique&nbsp;; \u00e9. paradigmatique, d\u00e9-cotextualis\u00e9e et consistant en listes et tableaux. L\u2019A. propose enfin une d\u00e9marche didactique de conscientisation \u00e0 partir d\u2019exemples tir\u00e9s d\u2019un livre d\u2019or.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa contribution, A. Lectez (<em>Application de la d\u00e9marche interculturelle \u00e0 la phras\u00e9ologie<\/em>, pp. 419-432) adopte une position clairement phras\u00e9ophile et favorable \u00e0 l\u2019enseignement de la phras\u00e9ologie en langue \u00e9trang\u00e8re. L\u2019A. s\u2019appuie sur les travaux de Munoz concernant la recherche d\u2019\u00e9quivalents par\u00e9miologiques, qui doit \u00eatre fond\u00e9e avant tout sur le crit\u00e8re conceptuel et puis sur le crit\u00e8re formel, et les applique \u00e0 la phras\u00e9ologie chinoise. Apr\u00e8s une pr\u00e9sentation des diff\u00e9rentes typologies de par\u00e9mies chinoises ou <em>shuyu<\/em> (<em>chengyu<\/em> \u2013 locutions proverbiales, <em>yanyu<\/em> -proverbes, <em>suyu<\/em>&nbsp; &#8211; dictons, <em>xiehoyu<\/em> \u2013 expressions en suspens), l\u2019A. pr\u00e9sente une s\u00e9quence p\u00e9dagogique sur le proverbe <em>A quelque chose malheur est bon<\/em>, dans laquelle il applique la d\u00e9marche interculturelle de Mangiante en quatre \u00e9tapes&nbsp;: phase contrastive, phase d\u2019intercompr\u00e9hension culturelle, phase d\u2019empathie, phase de reconstruction des repr\u00e9sentations.<\/p>\n\n\n\n<p>Le volume se termine avec trois <em>Comptes rendus <\/em>d\u2019ouvrages r\u00e9cents sur la phras\u00e9ologie (pp. 443-454) par Imen Mizouri.<\/p>\n\n\n\n<p>[Michela Murano]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Salah MEJRI, Luis MENESES-LERIN, Brigitte BUFFARD-MORET, La phras\u00e9ologie fran\u00e7aise en questions, Hermann, Paris, 2020, 462 pp. Cet ouvrage rassemble des contributions en fran\u00e7ais sur la phras\u00e9ologie fran\u00e7aise et d\u2019autres langues, dont une partie est issue de la deuxi\u00e8me rencontre sur la phras\u00e9ologie fran\u00e7aise organis\u00e9e par l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Artois. 28 contributions sont rassembl\u00e9es en trois axes th\u00e9matiques,\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2023\/02\/16\/salah-mejri-luis-meneses-lerin-brigitte-buffard-moret-la-phraseologie-francaise-en-questions\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[],"class_list":["post-766","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n-48"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/766"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=766"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/766\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":795,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/766\/revisions\/795"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=766"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=766"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=766"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}