{"id":755,"date":"2023-02-15T19:00:12","date_gmt":"2023-02-15T18:00:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=755"},"modified":"2023-02-27T08:38:38","modified_gmt":"2023-02-27T07:38:38","slug":"dominique-serre-floersheim-le-discours-antisemite-sur-internet-la-circulation-de-la-haine-en-france-aujourdhui","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2023\/02\/15\/dominique-serre-floersheim-le-discours-antisemite-sur-internet-la-circulation-de-la-haine-en-france-aujourdhui\/","title":{"rendered":"Dominique Serre-Floersheim, Le discours antis\u00e9mite sur Internet. La circulation de la haine en France aujourd\u2019hui"},"content":{"rendered":"\n<p>Dominique Serre-Floersheim, <em>Le discours antis\u00e9mite sur Internet. La circulation de la haine en France aujourd\u2019hui<\/em>, Paris, \u00c9ditions Honor\u00e9 Champion, 2022, pp. 232.<\/p>\n\n\n\n<p>Agr\u00e9g\u00e9e de Lettres et Docteure d\u2019\u00c9tat, Dominique Serre-Floersheim a mis ses comp\u00e9tences acad\u00e9miques au service de l\u2019analyse des discours de la haine antijuive. Cette \u00e9tude est la seconde r\u00e9dig\u00e9e par cette autrice, qui d\u00e9finit son travail, s&#8217;inscrivant dans le fil des nombreuses recherches sur l\u2019antis\u00e9mitisme, comme \u00ab\u00a0une petite pierre\u00a0\u00bb ajout\u00e9e \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9difice de la tol\u00e9rance\u00a0\u00bb (p. 214) . En effet, on retrouve sous sa plume un autre ouvrage du m\u00eame sillage, dat\u00e9e de 2019\u00a0: <em>La Rh\u00e9torique de la haine. La fabrique de l\u2019antis\u00e9mitisme par les mots et les images, <\/em>\u00e9galement \u00e9dit\u00e9e chez Honor\u00e9 Champion.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son premier essai, D. Serre-Floersheim d\u00e9voile d\u00e9j\u00e0 les racines de l\u2019antis\u00e9mitisme en ajoutant aux \u00e9tudes des historiens une analyse des discours de la haine antis\u00e9mite. L\u2019autrice nous met face \u00e0 un double questionnement\u00a0: comment un cr\u00e9ateur pouvait-il produire des contenus aussi violents et haineux et comment les peuples avaient-ils pu adh\u00e9rer \u00e0 des tels propos (D. Serre-Floersheim, <em>La Rh\u00e9torique de la haine. La fabrique de l\u2019antis\u00e9mitisme par les mots et les images<\/em>, 2019, p. 9)? Elle cherche des r\u00e9ponses \u00e0 ces interrogations en creusant dans un panel de textes et images antis\u00e9mites issus d\u2019auteurs et \u0153uvres plus ou moins c\u00e9l\u00e8bres, comme Drumont, Brasillach ou C\u00e9line. D. Serre-Floersheim travaille, comme l\u2019anticipe le titre, sur la rh\u00e9torique des \u00e9crivains antis\u00e9mites et sur la repr\u00e9sentation \u2013 \u00e9crite et illustr\u00e9e \u2013 du Juif au fil des si\u00e8cles, en analysant les pr\u00e9jug\u00e9s et les id\u00e9es re\u00e7ues qui entourent la haine antijuive \u00e0 l\u2019aide d\u2019exemples concrets. Cette recherche jette les bases de l\u2019ouvrage suivant, <em>Le discours antis\u00e9mite sur Internet<\/em>, mais les deux se distinguent par l\u2019approche utilis\u00e9e. Par rapport au premier, qui se pr\u00e9sente comme une analyse diachronique des principaux discours antis\u00e9mites du XVIII<sup>e<\/sup> jusqu\u2019au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, ce dernier essai est une analyse synchronique des discours contemporains qui ont trouv\u00e9 un certain \u00e9cho sur la Toile et qui sont l\u00e9gitimement comparables aux \u00e9crits ant\u00e9rieurs.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le discours antis\u00e9mite sur Internet <\/em>commence avec une r\u00e9flexion sur une vid\u00e9o de l\u2019essayiste n\u00e9gationniste Herv\u00e9 Ryssen o\u00f9 il affirme que, puisque les Juifs consid\u00e8rent la sodomie comme une pratique normale et que les Chr\u00e9tiens ne la con\u00e7oivent pas du tout, il y a un\u00a0foss\u00e9 entre les deux cultures (YouTube, avril 2016 \u00ab\u00a0Les m\u0153urs bizarres des Juifs\u00a0\u00bb\u00a0; p. 10), le tout accompagn\u00e9 par des d\u00e9tails vulgaires et des propos insultants. Ce discours a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 pour amener le lecteur \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur le fait que les Juifs continuent \u00e0 \u00eatre stigmatis\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque contemporaine, malgr\u00e9 les horreurs du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Apr\u00e8s cette introduction incisive, D. Serre-Floersheim explique l\u2019origine de son projet avec un renvoi \u00e0 l\u2019\u0153uvre pr\u00e9c\u00e9dente. En effet, \u00e0 la base de ces livres il y a deux questions\u00a0qui constituent \u00ab\u00a0l\u2019enjeu de <em>La Rh\u00e9torique de la haine <\/em>\u00bb (p. 12) : comment les propos antis\u00e9mites ont-ils pu \u00e9maner de personnes aussi instruites et cultiv\u00e9es\u00a0? Et comment ont-ils pu avoir une r\u00e9ception si enthousiaste\u00a0? L\u2019enqu\u00eate est devenue tellement cruciale que les questions que l\u2019\u00e9crivaine s\u2019est pos\u00e9e servent de titres aux chapitres de son essai. Le lecteur pourra donc jongler parmi les sections <em>Qui parle\u00a0?<\/em>, <em>\u00c0 qui\u00a0?<\/em>, <em>De quoi\u00a0?<\/em>, <em>O\u00f9\u00a0?<\/em>, <em>Quand\u00a0?<\/em>, <em>Comment\u00a0?<\/em>, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019interrogation la plus attendue\u00a0: <em>Pourquoi\u00a0?<\/em>. \u00c0 la fin de ce voyage au bout de l\u2019antis\u00e9mitisme, D. Serre-Floersheim nous propose des solutions pour contrer ou r\u00e9agir \u00e0 cette vague de haine, dans le chapitre <em>Que faire, alors\u00a0?<\/em>. Cette strat\u00e9gie m\u00e9thodologique a une fonction didactique et performative et se pr\u00e9sente comme un appel \u00e0 l\u2019action, qui invite le lecteur \u00e0 se poser des questions pertinentes et \u00e0 chercher des r\u00e9ponses. Par ailleurs, le livre poss\u00e8de aussi un but vulgarisateur, comme le d\u00e9clare ouvertement l\u2019autrice m\u00eame, pour inciter le grand public \u00e0 faire une d\u00e9marche concr\u00e8te de d\u00e9construction de ces discours racistes.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet essai est plus actuel que le pr\u00e9c\u00e9dent car il se base sur un vaste corpus qui va de l\u2019humoriste Dieudonn\u00e9 \u00e0 des sites d\u2019extr\u00eame droite comme <em>\u00c9galit\u00e9 et R\u00e9conciliation<\/em>. D. Serre-Floersheim passe ici du statut d\u2019\u00e9crivaine \u00e0 celui d\u2019avocate de la d\u00e9fense, qui prend le parti des victimes de la haine. Les sources principales des informations analys\u00e9es sont au nombre de deux, <em>Youtube<\/em> et <em>Twitter<\/em>, pour prendre en compte aussi bien l\u2019oralit\u00e9 que l\u2019\u00e9criture. Les discours rapport\u00e9s dans cet essai t\u00e9moignent aussi de l\u2019exigence de d\u00e9signer un ennemi commun pour justifier les diff\u00e9rentes crises qui traversent notre soci\u00e9t\u00e9. La vis\u00e9e de cette analyse textuelle est de reconna\u00eetre les <em>leitmotivs<\/em> discursifs et rh\u00e9toriques de l\u2019antis\u00e9mitisme&nbsp;qui sont rest\u00e9s constants au fil du temps : animalisation, perversion, mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart, accusation de complot et rejet sans appel \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Juifs. Un utilisateur de <em>Twitter<\/em> les appelle \u00ab&nbsp;hypocrite serpent [<em>sic<\/em>], sale race de vip\u00e8res&nbsp;\u00bb (\u00ab Arretetonchar \u00bb, 25 mai 2018&nbsp;; p. 18), un autre les d\u00e9finit des \u00ab&nbsp;colons nazionistes&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;Long life in Palestine&nbsp;\u00bb, 12 ao\u00fbt 2018&nbsp;; p. 21) et Roger Garaudy, homme politique et philosophe, d\u00e9signe leur g\u00e9nocide comme un \u00ab&nbsp;Shoah business&nbsp;\u00bb (p. 34). Ces arguments et propos insultants tournent autour de deux grands motifs qui abritent les principaux discours de la haine circulant sur les r\u00e9seaux sociaux : la (non-)v\u00e9ridicit\u00e9 de la Shoah et la question isra\u00e9lo-palestinienne. N\u00e9gationnistes et antisionistes <em>vont<\/em> de pair&nbsp;: ils ne croient pas en la v\u00e9rit\u00e9 de la Shoah pour absence de preuves, jusqu\u2019\u00e0 parler de \u00ab&nbsp;pr\u00e9tendues chambres \u00e0 gaz hitl\u00e9riennes&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;pr\u00e9tendu g\u00e9nocide des Juifs&nbsp;\u00bb (p. 26), tout en arguant qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une invention visant \u00e0 justifier \u00ab&nbsp;toutes les exactions de l\u2019\u00c9tat d\u2019Isra\u00ebl en Palestine&nbsp;\u00bb (p. 19).<\/p>\n\n\n\n<p>En m\u00eame temps, D. Serre-Floersheim compare les techniques rh\u00e9toriques des antis\u00e9mites d\u2019hier, de Voltaire \u00e0 C\u00e9line, aux m\u00e9thodes des contemporains. Nombreux sont les points communs, comme les mots-valises et les n\u00e9ologismes tendancieux sous couvert d\u2019humour. La cr\u00e9ativit\u00e9 est mise au service de la haine afin de produire des expressions tels que \u00ab&nbsp;nazionistes&nbsp;\u00bb (p. 21), \u00ab&nbsp;anthyssemytho&nbsp;\u00bb (p. 31), \u00ab&nbsp;shoarnaque&nbsp;\u00bb (p. 114) ou l\u2019homophone \u00ab&nbsp;AntiCesMythes&nbsp;\u00bb (p. 33). Parfois l\u2019insulte croise le cultur\u00e8me, en cr\u00e9ant des jeux de mots puisant dans la culture populaire tels que \u00ab&nbsp;Shoah must go on&nbsp;\u00bb (p. 118), expression paronyme qui a aussi le privil\u00e8ge d\u2019\u00eatre internationale. Un paragraphe est d\u2019ailleurs consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019humour et aux \u00ab&nbsp;blagues \u00bb, sur lesquels l\u2019\u00e9crivaine ne transige pas&nbsp;: \u00ab&nbsp;le propos n\u2019est pas tant offensif que blessant&nbsp;; il constitue un outrage \u00e0 la m\u00e9moire des d\u00e9port\u00e9s&nbsp;\u00bb (p. 62).<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame s\u2019il s\u2019agit de discours sur Internet, les r\u00e9f\u00e9rences litt\u00e9raires ne manquent gu\u00e8re\u00a0et les grands antis\u00e9mites du pass\u00e9 sont utilis\u00e9s comme terme de comparaison. \u00c0 ce propos, l\u2019autrice remarque que les internautes ne font aucun effort pour maintenir une \u00e9l\u00e9gance du style, qu\u2019il y a plus d\u2019agressivit\u00e9, v\u00e9hicul\u00e9e par les lettres capitales et les gros mots. Elle souligne aussi le manque d\u2019attention envers l\u2019orthographe et envers la syntaxe, souvent erron\u00e9es\u00a0; ce trait est, du reste, caract\u00e9ristique des discours num\u00e9riques issus de l&#8217;extr\u00eame droite . L\u2019autrice en profite pour lancer une provocation \u00e2prement ironique\u00a0dont la cible sont les nationalistes qui veulent \u00ab\u00a0pr\u00e9server la France \u2013 mais cela ne semble pas inclure sa langue\u00a0\u00bb (p. 164).<\/p>\n\n\n\n<p>Les discours natifs d\u2019Internet ont le privil\u00e8ge d\u2019\u00eatre imm\u00e9diats, contrairement aux discours antis\u00e9mites avant l\u2019av\u00e8nement des r\u00e9seaux sociaux et de pouvoir \u00eatre anonymes. En revanche, les antis\u00e9mites fran\u00e7ais des si\u00e8cles pass\u00e9s ont presque toujours sign\u00e9 leurs \u0153uvres, aussi scabreuses soient-elles, comme les pamphlets de C\u00e9line, auxquels D. Serre-Floersheim accorde une attention particuli\u00e8re dans l\u2019essai pr\u00e9c\u00e9dent. L\u2019\u00e9crivaine observe avec un regard distanci\u00e9 les propos grossiers qu\u2019elle rapporte, en conservant un style simple mais solennel et \u00e9l\u00e9gant et en nous rappelant que la libert\u00e9 d\u2019expression ne doit pas \u00eatre un laissez-passer pour r\u00e9pandre autant de haine. Malgr\u00e9 un style accessible \u00e0 un grand public et l\u2019engagement de l\u2019autrice pour prendre son lecteur par la main, on reste souvent stup\u00e9faits par la quantit\u00e9 de formes que peut prendre la haine et par la violence des contenus rapport\u00e9s, dont l\u2019accumulation est parfois difficile \u00e0 int\u00e9grer. En outre, la densit\u00e9 des informations et des diff\u00e9rents corpus par page est importante et m\u00eame un lecteur attentif a besoin de prendre son temps pour les \u00e9laborer.<\/p>\n\n\n\n<p>En conclusion, ce travail constitue une base d\u2019analyse pour tous les discours de haine et repr\u00e9sente une \u00e9tape importante sur le long chemin de la lutte contre l\u2019antis\u00e9mitisme qui continue de cro\u00eetre . Comme l\u2019explique D. Serre-Floersheim dans son ouvrage, \u00ab&nbsp;la r\u00e9surgence du discours antis\u00e9mite co\u00efncide quasiment toujours avec une p\u00e9riode de crise&nbsp;\u00bb (p. 136) o\u00f9 on cherche un bouc-\u00e9missaire \u00e0 bl\u00e2mer. Le choix de la victime se base, selon l\u2019autrice, sur trois crit\u00e8res&nbsp;: visibilit\u00e9, vuln\u00e9rabilit\u00e9 et cr\u00e9dibilit\u00e9 (pp. 199-200). Le Juif r\u00e9pond aux trois caract\u00e9ristiques pour des raisons physiognomoniques (pr\u00e9tendues), de minorit\u00e9 et de <em>doxa<\/em> sur les pr\u00e9jug\u00e9s et les mythes conspirationnistes. Ajoutons que, par ailleurs, les th\u00e9ories de D. Serre-Floersheim sont confirm\u00e9es par Delphine Horvilleur, \u00e9crivaine et rabbine fran\u00e7aise, qui a d\u00e9clar\u00e9 dans un interview que l\u2019antis\u00e9mitisme est le sympt\u00f4me d\u2019une crise plus profonde et d\u2019une haine qui va bient\u00f4t frapper tout le monde. Nous devons donc nous attendre de plus en plus \u00e0 des \u00e9tudes de ce type, car on est en train de traverser une p\u00e9riode de crise o\u00f9 le nombre d\u2019incidents de violence physique ou verbale \u00e0 l\u2019encontre des Juifs et d\u2019autres communaut\u00e9s, ethniques ou de genre, est malheureusement destin\u00e9e \u00e0 augmenter. Gardons donc pr\u00e9cieusement l\u2019enseignement que D. Serre-Floersheim inscrit dans la d\u00e9dicace de son essai pr\u00e9c\u00e9dent : \u00ab&nbsp;trois mots \u00e0 retenir pour contrer la haine&nbsp;: amour, humanisme et TOL\u00c9RANCE&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[Rachele SCHIERA]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dominique Serre-Floersheim, Le discours antis\u00e9mite sur Internet. La circulation de la haine en France aujourd\u2019hui, Paris, \u00c9ditions Honor\u00e9 Champion, 2022, pp. 232. Agr\u00e9g\u00e9e de Lettres et Docteure d\u2019\u00c9tat, Dominique Serre-Floersheim a mis ses comp\u00e9tences acad\u00e9miques au service de l\u2019analyse des discours de la haine antijuive. Cette \u00e9tude est la seconde r\u00e9dig\u00e9e par cette autrice, qui\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2023\/02\/15\/dominique-serre-floersheim-le-discours-antisemite-sur-internet-la-circulation-de-la-haine-en-france-aujourdhui\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[],"class_list":["post-755","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n-48"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/755"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=755"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/755\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":790,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/755\/revisions\/790"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=755"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=755"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=755"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}