{"id":687,"date":"2022-10-28T19:22:16","date_gmt":"2022-10-28T17:22:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=687"},"modified":"2022-10-31T13:38:12","modified_gmt":"2022-10-31T12:38:12","slug":"beatrice-turpin-gabriela-cristina-patino-lakatos-et-laurence-aubry-dir-les-discours-meurtriers-aujourdhui","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2022\/10\/28\/beatrice-turpin-gabriela-cristina-patino-lakatos-et-laurence-aubry-dir-les-discours-meurtriers-aujourdhui\/","title":{"rendered":"B\u00e9atrice TURPIN, Gabriela Cristina PATI\u00d1O-LAKATOS et Laurence AUBRY (dir.), Les discours meurtriers aujourd\u2019hui"},"content":{"rendered":"\n<p>B\u00e9atrice TURPIN, Gabriela Cristina PATI\u00d1O-LAKATOS et Laurence AUBRY (dir.),<em> Les discours meurtriers aujourd\u2019hui<\/em>, Colloque de Cerisy, S\u00e9rie \u00ab&nbsp;Comparatisme et Soci\u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb, Volume 44, Bruxelles, Peter Lang, 2022, pp. 380.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019introduction \u00ab&nbsp;La fabrique des langages meurtriers&nbsp;\u00bb (pp. 13-25), Laurence AUBRY, Gabriela PATI\u00d1O-LAKATOS, B\u00e9atrice TURPIN focalisent l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019ouvrage sur la \u00ab&nbsp;question de la force de ces discours&nbsp;\u00bb, \u00e0 partir d\u2019une r\u00e9flexion sur des \u00ab&nbsp;aspects mis en lumi\u00e8re par l\u2019essai de Victor Klemperer sur la LTI&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;13). Dans l\u2019ouvrage, les contributions r\u00e9dig\u00e9es par des chercheurs et des chercheuses de diverses disciplines proposent \u00ab&nbsp;d\u2019analyser et de comprendre comment peut s\u2019op\u00e9rer le passage du discours \u00e0 l\u2019acte meurtrier&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;15). En particulier, dans les diff\u00e9rents chapitres, le lecteur rencontre des croisements th\u00e9matiques et interdisciplinaires qui ouvrent de nouvelles questions sur les relations des discours aux actes.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage rassemble dix-neuf contributions, articul\u00e9es en trois volets. La premi\u00e8re partie comprend six contributions qui sont consacr\u00e9es aux \u00ab&nbsp;Discours meurtriers et djihadisme contemporain&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Suleiman A. MOURAD (\u00ab&nbsp;Dieu, humanit\u00e9 et violence religieuse&nbsp;: une \u00e9pist\u00e9mologie du djihadisme moderne&nbsp;\u00bb, pp. 29-42) se penche sur la dimension religieuse qui influence et repr\u00e9sente une source d\u2019inspiration pour le djihad militant moderne. L\u2019auteur se focalise sur des aspects qui aident \u00e0 cr\u00e9er une nouvelle compr\u00e9hension \u00e9pist\u00e9mologique du djihad, en consid\u00e9rant \u00ab&nbsp;l\u2019interd\u00e9pendance entre le culte de Dieu et la fa\u00e7on dont ce culte doit se traduire dans ce monde&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;30), selon certains islamistes tels que Abul-A\u02bbla Maududi, Sayyid Qutb et Yusuf al-Qaradawi. Dans son <em>Livre sur le Djihad<\/em>, Abul-A\u02bbla Maududi explique que \u00ab&nbsp;le \u201cdjihad\u201d de l\u2019Islam n\u2019est pas seulement une \u201clutte\u201d&nbsp;; c\u2019est une \u201clutte pour la Cause de Dieu\u201d&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;31). Sayyid Qutb, dans son livre <em>La justice sociale en islam<\/em>, montre le vrai message du Coran et la mission du proph\u00e8te Muhammad pour \u00e9tablir la justice sociale dans ce monde. Le pr\u00e9dicateur Yusuf al-Qaradawi affirme que la souverainet\u00e9 de Dieu sur toute la cr\u00e9ation est quelque chose d\u2019indiscutable et que la d\u00e9mocratie est \u00ab&nbsp;un syst\u00e8me qui lui permet de pr\u00eacher librement sans repr\u00e9sailles&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;38).<\/p>\n\n\n\n<p>Mathieu TERRIER (\u00ab&nbsp;M\u00e9moire meurtrie et discours meurtrier&nbsp;: remarques sur le jih\u00e2d et l\u2019apocalypse dans la tradition chiite&nbsp;\u00bb, pp. 43-58), se penche sur l\u2019interrogation collective \u00e0 propos de l\u2019efficacit\u00e9 des discours meurtriers aujourd\u2019hui en consid\u00e9rant un triple pas de c\u00f4t\u00e9 historique, objectif et s\u00e9mantique. L\u2019auteur propose une premi\u00e8re partie de la contribution consacr\u00e9e au cadre historique de l\u2019islam et \u00e0 la m\u00e9moire chiite. Dans le Coran et l\u2019histoire de la \u00ab&nbsp;m\u00e9moire culturelle&nbsp;\u00bb chiite, le langage de la violence est pr\u00e9sent dans le martyre des im\u00e2ms chiites et la pers\u00e9cution de ces hommes de pure foi. Les im\u00e2ms chiites insistent sur le caract\u00e8re tragique de l\u2019histoire sainte, remarquant la souffrance et le martyre des hommes de Dieu afin de nourrir le th\u00e8me eschatologique. En outre, un discours apocalyptique tardivement apparu et emprunt\u00e9 au r\u00e9cit chiite a pr\u00e9cipit\u00e9 l\u2019action meurtri\u00e8re des combattants de Daesh. Enfin, une derni\u00e8re consid\u00e9ration de l\u2019auteur concerne la dimension qu\u2019un discours apocalyptique peut assumer&nbsp;: il peut \u00ab&nbsp;favoriser ou au contraire emp\u00eacher l\u2019action meurtri\u00e8re selon la tradition spirituelle et la m\u00e9moire culturelle dans lesquelles il s\u2019inscrit&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;56).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour sa part, Alain RABATEL (\u00ab&nbsp;Tuer \u201cles m\u00e9cr\u00e9ants ennemis d\u2019All\u00e2h\u201d&nbsp;\u00bb, pp. 59-76) examine la texture des discours meurtriers contemporains de Dar al-Islam (DA-I), une revue \u00e9lectronique de l\u2019\u00c9tat islamique en Irak et au Levant, en constituant un corpus avec les dix premiers num\u00e9ros publi\u00e9s entre&nbsp;2014 et&nbsp;2016. En particulier, l\u2019exposition suit une logique s\u00e9mantique et actancielle afin de transmettre la mise en discours de la justification de l\u2019\u00e9limination physique des ennemis. L\u2019auteur propose l\u2019analyse de diff\u00e9rentes typologies d\u2019arguments d\u2019autorit\u00e9 et orient\u00e9s contre les opposants ou en direction des sujets qui incitent \u00e0 l\u2019action. Enfin, l\u2019auteur remarque que les effets des discours hyperint\u00e9grateurs et proph\u00e9tiques ne rel\u00e8vent pas directement de la performativit\u00e9 du langage, mais l\u2019autorit\u00e9 du prof\u00e9rateur performe un effet de croyance qui joue un r\u00f4le cl\u00e9, puisque non seulement il d\u00e9crit ce qui existe d\u00e9j\u00e0, mais il le fait exister \u00e0 travers l\u2019\u00e9nonciation.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma\u00e9va CL\u00c9MENT et \u00c9ric SANGAR (\u00ab&nbsp;Les engagements violents des femmes&nbsp;: contournements discursifs sous le nazisme et sous l\u2019\u00c9tat islamique&nbsp;\u00bb, pp. 77-95) explorent l\u2019engagement violent des femmes sous l\u2019\u00c9tat islamique et le nazisme, selon une perspective discursive et comparative. Le focus de l\u2019analyse fournit des d\u00e9tails sur la mani\u00e8re dont l\u2019engagement des femmes s\u2019articule dans les discours id\u00e9ologiques officiels, pratiques et les discours \u00ab&nbsp;en creux&nbsp;\u00bb. Les auteurs consid\u00e8rent la mise en valeur discursive de l\u2019hyper-masculinit\u00e9 pour l\u00e9gitimer le recours \u00e0 la violence. En particulier, l\u2019analyse des discours meurtriers \u00ab&nbsp;en creux&nbsp;\u00bb se fonde sur trois p\u00f4les&nbsp;: le discours officiel sur l\u2019engagement des femmes dans la violence politique&nbsp;; la r\u00e9alit\u00e9 empirique de leur engagement en fonction des besoins et contraintes mat\u00e9rielles&nbsp;; les diverses strat\u00e9gies discursives des femmes engag\u00e9es dans la violence politique au sein des univers id\u00e9ologiques du peuple allemand et du califat.<\/p>\n\n\n\n<p>Laure WESTPHAL (\u00ab&nbsp;Le discours jihadiste et sa dialectique de vengeance, de sacrifice et d\u2019id\u00e9al&nbsp;\u00bb, pp. 97-110) s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019adh\u00e9sion de jeunes gens \u00e0 l\u2019islam radical \u00e0 partir de sa pratique clinique exerc\u00e9e au Centre de Pr\u00e9vention, Insertion et Citoyennet\u00e9 \u00e0 Pontourny, dans le cadre de la recherche-action sur la radicalisation qui a \u00e9t\u00e9 commandit\u00e9e par le gouvernement en 2016-2017. Le th\u00e8me de la dialectique de vengeance et de sacrifice dans le discours jihadiste est d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 partir de quatre points fondamentaux&nbsp;: la dissolution de la subjectivit\u00e9 au sein d\u2019une id\u00e9ologie politico-religieuse, le rejet du sexuel par la radicalisation islamiste, l\u2019actualisation d\u2019un enjeu caract\u00e9ris\u00e9 par la vengeance et le sacrifice, l\u2019attrait corr\u00e9latif pour l\u2019id\u00e9al. En particulier, l\u2019auteure propose des situations cliniques des jeunes et les commente. Dans la conclusion, l\u2019auteure remarque \u00ab&nbsp;l\u2019influence du discours religieux sur celui qui a besoin de croire et le pouvoir qu\u2019il donne de tuer, y compris la subjectivit\u00e9 de celui qu\u2019elle pr\u00e9tend soulager&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;109).<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution de Gilbert DIATKINE (\u00ab&nbsp;Discours religieux et enthousiasme meurtrier&nbsp;\u00bb, pp. 111-126) cl\u00f4t le premier volet de l\u2019ouvrage, en prenant en consid\u00e9ration le lien entre la violence de masse et le discours religieux. \u00c0 partir de l\u2019affirmation du philosophe Austin qui appelle le discours meurtrier comme un \u00ab&nbsp;performatif&nbsp;\u00bb, l\u2019auteur propose un panorama de discours meurtriers religieux. Le premier exemple propos\u00e9 est le r\u00e9cit de l\u2019Exode, dans lequel Mo\u00efse tient le premier discours religieux meurtrier aux Juifs rest\u00e9s fid\u00e8les&nbsp;; le deuxi\u00e8me exemple est le r\u00e9cit de Heisterbach sur le sac de B\u00e9ziers pendant la croisade des Albigeois&nbsp;; les derniers exemples consid\u00e9r\u00e9s sont des discours meurtriers islamistes comme la condamnation \u00e0 mort de Salman Rushdie pour son roman <em>Les Versets sataniques<\/em>. L\u2019auteur se focalise aussi sur l\u2019enthousiasme meurtrier soulev\u00e9 par celui qui parle au nom de Dieu \u00e0 la foule de fid\u00e8les qui suscite l\u2019amour pour le leader charismatique et d\u00e9clenche la destructivit\u00e9 des adversaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me volet de l\u2019ouvrage est intitul\u00e9 \u00ab\u00a0R\u00e9ponses institutionnelles et contre-discours\u00a0\u00bb et inclut six contributions.<\/p>\n\n\n\n<p>Paola PAISSA (\u00ab\u00a0Le \u00ab\u00a0visage de la France\u00a0\u00bb. Le discours des institutions apr\u00e8s les attentats de\u00a02015 et\u00a02016\u00a0\u00bb, pp. 129-148) analyse les discours qui \u00e9manent de l\u2019ex\u00e9cutif \u00e0 la suite des attentats qui ont eu lieu en France en\u00a02015 et\u00a02016. Les aspects examin\u00e9s sont li\u00e9s au caract\u00e8re r\u00e9actif et unitaire de la riposte institutionnelle, vue comme un \u00ab\u00a0contre-discours meurtrier\u00a0\u00bb. En particulier, les discours \u00e9tatiques post-attentats se construisent en miroir par rapport \u00e0 ceux de Daech. Du point de vue rh\u00e9torique, l\u2019auteure constate que la matrice du langage totalitaire est pr\u00e9sente non seulement dans les discours terroristes, mais aussi dans les discours institutionnels. L\u2019emploi des figures rh\u00e9toriques de type binaire, comme l\u2019antith\u00e8se, se montre dans la polarisation des acteurs. Sont examin\u00e9s, en outre, l\u2019effacement de la diff\u00e9rence entre singulier et collectif, les superlatifs et les abstractions. Enfin, le \u00ab\u00a0sacr\u00e9 partag\u00e9\u00a0\u00bb de la civilisation occidentale  se traduit par des proc\u00e9d\u00e9s de simplification et d\u2019amplification, gr\u00e2ce \u00e0 la vis\u00e9e consolatoire des discours institutionnels.<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution d\u2019Ugo RUIZ (\u00ab&nbsp;\u00ab&nbsp;Nous devons nous d\u00e9fendre\u2009&nbsp;\u00bb. Une \u00e9tude du discours du 16&nbsp;novembre 2015 du pr\u00e9sident Fran\u00e7ois Hollande&nbsp;\u00bb, pp. 149-163) propose l\u2019analyse du discours de Fran\u00e7ois Hollande prononc\u00e9 \u00e0 Versailles le 16&nbsp;novembre 2015 devant les s\u00e9nateurs et les d\u00e9put\u00e9s r\u00e9unis en Congr\u00e8s, apr\u00e8s les attentats du 13&nbsp;novembre qui ont caus\u00e9 plusieurs morts et bless\u00e9s. Selon l\u2019auteur, ce discours partage deux aspects des discours meurtriers djihadistes&nbsp;: la dimension propagandiste et le droit de tuer pos\u00e9 comme un acte l\u00e9gitime et n\u00e9cessaire. En outre, le sentiment de rejet de l\u2019ennemi est \u00e9veill\u00e9 par l\u2019empathie avec les victimes, puisque les paroles du pr\u00e9sident posent tous les Fran\u00e7ais comme cible du terrorisme. En particulier, les syntagmes nominaux singuliers \u00e0 valeur collective tels que \u00ab&nbsp;la Nation&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;la R\u00e9publique&nbsp;\u00bb construisent une relation d\u2019appartenance inclusive. Enfin, les derni\u00e8res remarques de l\u2019auteur portent sur le dessin \u00e0 la base du discours de Hollande qui montre le terrorisme comme un individu non souverain <em>versus<\/em> un individu souverain, \u00e0 savoir le \u00ab&nbsp;nous&nbsp;\u00bb et la France pays souverain.<\/p>\n\n\n\n<p>No\u00eblle DIEBOLD (\u00ab\u00a0\u00ab\u00a0On n\u2019a rien vu\u00a0\u00bb\u00a0: voir, pr\u00e9voir, pr\u00e9venir, prot\u00e9ger\u00a0\u00bb, pp. 165-180) pr\u00e9sente des observations men\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 son int\u00e9gration dans un groupe de travail pluridisciplinaire sur la \u00ab\u00a0d\u00e9radicalisation\u00a0\u00bb, afin de proposer un mod\u00e8le alternatif \u00e0 la m\u00e9thode propos\u00e9e par le Plan de lutte antiterroriste du gouvernement fran\u00e7ais depuis 2014. Sur la premi\u00e8re page de la contribution, le lecteur rencontre l\u2019image du tableau de Francesco del Cossa <em>L\u2019Annonciation<\/em>, o\u00f9 il peut voir un escargot sur le bord inf\u00e9rieur\u00a0: cette anomalie pousse le spectateur \u00e0 s\u2019interroger. L\u2019escargot du tableau devient un fil rouge qui m\u00e8ne le lecteur \u00e0 consid\u00e9rer la position du psychologue de terrain dans les situations de radicalisation des jeunes li\u00e9s au terrorisme islamiste. Le but de la contribution est celui de montrer les failles du dispositif gouvernemental et de proposer un mod\u00e8le construit \u00e0 partir de l\u2019observation du sujet et des cons\u00e9quences de son accompagnement, consid\u00e9rant aussi les impacts \u00e9motionnels et comportementaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Heinz-Gerhard HAUPT (\u00ab\u00a0Un \u00e9clairage historique pour aujourd\u2019hui sur le pouvoir politique des discours\u00a0: les anarchistes et l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle\u00a0\u00bb, pp. 181-195) se penche sur une perspective historique afin de porter un regard sur les r\u00e9actions de l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais aux attentats depuis la fin du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui. \u00c0 la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, la s\u00e9mantique a connu des changements, en fait des notions telles que \u00ab\u00a0terreur\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0anarchie\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0attentat\u00a0\u00bb \u00e9taient utilis\u00e9es pour critiquer les actions excessives de l\u2019\u00c9tat, mais apr\u00e8s la r\u00e9volution de 1848, elles ont chang\u00e9 de sens, passant \u00e0 d\u00e9crire les mouvements sociaux. En outre, les r\u00e9actions \u00e9tatiques r\u00e9pressives et pr\u00e9ventives contre les mouvements anarchistes ne r\u00e9ussissaient pas \u00e0 les an\u00e9antir. L\u2019auteur remarque que l\u2019emploi de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence et des l\u00e9gislations d\u2019exception est fr\u00e9quent aujourd\u2019hui comme au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle et les cons\u00e9quences de la lutte contre le terrorisme sont compt\u00e9es parmi les menaces \u00e0 la culture d\u00e9mocratique et juridique de l\u2019Europe.<\/p>\n\n\n\n<p>Luis Miguel CAMARGO (\u00ab\u00a0Prendre en charge les effets des \u00ab\u00a0violences en ville\u2009\u00a0\u00bb\u00a0: \u00e0 la recherche d\u2019un intime des institutions 1980 \u2013 d\u00e9but des ann\u00e9es 2000\u00a0\u00bb, pp. 197-211) pose la question de la prise en charge des victimes des violences arm\u00e9es par les institutions, en analysant un corpus oral d\u2019une s\u00e9rie d\u2019entretiens qui ont eu lieu \u00e0 Medell\u00edn, Bogot\u00e1 et Cali, en Colombie. Ces entretiens ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s comme des actes langagiers qui d\u00e9voilent les ajustements des acteurs institutionnels, \u00e0 savoir des secouristes, des m\u00e9decins urgentistes et des m\u00e9decins l\u00e9gistes. L\u2019auteur s\u2019int\u00e9resse \u00e0 leurs enjeux \u00e9motionnels et moraux, \u00e0 l\u2019\u00ab\u00a0intime des institutions\u00a0\u00bb pour consid\u00e9rer l\u2019articulation entre le v\u00e9cu professionnel des individus et les processus socio-institutionnels cr\u00e9\u00e9s pour faire face aux violences arm\u00e9es. Enfin, \u00e0 travers la m\u00e9taphore \u00ab\u00a0une fen\u00eatre qui permettait de voir ce qui se passait dans la ville\u00a0\u00bb (pp. 200-201), l\u2019auteur d\u00e9crit le service d\u2019urgences comme un espace dans lequel la soci\u00e9t\u00e9 soigne ses blessures.<\/p>\n\n\n\n<p>Augustin EMANE (\u00ab&nbsp;Les <em>struggle songs<\/em> sud-africains, entre libert\u00e9 d\u2019expression et incitation au meurtre&nbsp;: un pass\u00e9 qui ne passe pas&nbsp;\u00bb, pp. 213-229) s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la valeur politique des <em>struggle songs<\/em> sud-africains et \u00e0 leur manifestation consid\u00e9r\u00e9e comme un discours de haine. Les <em>struggle songs <\/em>sont au centre de conflits interraciaux et selon des organisations afrikaners telles que AFRIFORUM et TAU-SA, elles heurtent les droits des minorit\u00e9s et, \u00e0 travers l\u2019incitation \u00e0 la haine raciale, ces chants peuvent conduire \u00e0 l\u2019acte. Dans l\u2019Afrique du Sud postapartheid et chez les jeunes g\u00e9n\u00e9rations, les <em>struggle songs <\/em>deviennent un moyen pour transmettre les messages de contestation ou de revendication. L\u2019auteur cite deux hommes politiques tels que Julius Malema et Jacob Zuma qui utilisent les <em>struggle songs <\/em>comme instrument au c\u0153ur de l\u2019ambition politique et comme continuation du combat politique. Enfin, Julius Malema a propos\u00e9 de changer les paroles des <em>struggle songs<\/em> pour les transformer en <em>love songs<\/em>, par exemple <em>Kill the Boer<\/em> a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 en <em>Kiss the Boer<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me volet de l\u2019ouvrage, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Discours meurtriers, violences et constructions identitaires\u00a0\u00bb comprend sept contributions.<\/p>\n\n\n\n<p>B\u00e9atrice TURPIN (\u00ab\u00a0Une s\u00e9miotique des discours meurtriers\u00a0\u00bb, pp. 233-257) s\u2019interroge sur le r\u00f4le du discours meurtrier qui incite le destinataire \u00e0 la haine et au meurtre avec une possible r\u00e9ussite. L\u2019auteure \u00e9tudie le discours de proclamation de l\u2019\u00c9tat islamique et le manifeste publi\u00e9 en ligne au moment du massacre de Christchurch. Le 4\u00a0juillet 2014 Abu Bakr al-Baghdadi a prononc\u00e9 un \u00ab\u00a0pr\u00eache dans la mosqu\u00e9e\u00a0\u00bb de Mossoul en s\u2019affirmant comme calife du monde musulman et quelques jours apr\u00e8s, Muhammad al-Adnani, porte-parole de l\u2019EIIL, a prononc\u00e9 la proclamation du califat intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Ceci est la promesse d\u2019Allah\u00a0\u00bb, r\u00e9actualisant le pass\u00e9 glorieux des musulmans sous les califes. Selon l\u2019auteure, diverses s\u00e9quences verbales et non verbales jouent un r\u00f4le cl\u00e9 dans le programme d\u2019incitation, \u00e0 savoir le titre de Calife, le nom Abu Bakr al-Baghdadi al Qurayshi, l\u2019apparition, les gestes, le drapeau, le \u00ab\u00a0cadre du discours\u00a0\u00bb. La force des r\u00e9cits meurtriers est bas\u00e9e aussi sur des fragments d\u2019histoire et des mythes qui visent \u00e0 construire une identit\u00e9 raciale et religieuse qui est r\u00e9ifi\u00e9e et excluante.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour sa part, Dominique BOURDIN (\u00ab\u00a0Id\u00e9alisation et diabolisation dans les discours meurtriers\u00a0\u00bb, pp. 259-278) se penche sur les ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019id\u00e9alisation et de diabolisation qui sont \u00e0 la base du clivage entre \u00ab\u00a0eux\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb dans les discours meurtriers du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent. Les foules exalt\u00e9es par les discours de persuasion et l\u2019enthousiasme deviennent une communaut\u00e9 qui partage un id\u00e9al. En particulier, le discours meurtrier vise \u00e0 \u00e9liminer l\u2019adversaire, d\u00e9niant son appartenance \u00e0 l\u2019humanit\u00e9. L\u2019auteur propose une sorte de parcours parmi les discours meurtriers, \u00e0 partir de la mise en accusation de Louis XVI et du discours de Saint-Just qui affirme \u00ab\u00a0Tout roi est un rebelle et un usurpateur\u00a0\u00bb (p.\u00a0261). Ensuite, la contribution se penche sur les discours meurtriers nazis qui incitent \u00e0 la lutte et \u00e0 la mort des ennemis, sur le t\u00e9moignage de Rithy Panh \u00e0 propos de la cruaut\u00e9 des Khmers rouges en Cambodge, sur le g\u00e9nocide du Rwanda et enfin sur les actes meurtriers de Daech.<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution de Fred HAILON (\u00ab\u00a0La pens\u00e9e fig\u00e9e ou la \u00ab\u00a0com\u00e9die macabre\u00a0\u00bb du discours\u00a0\u00bb, pp. 279-298) porte sur l\u2019\u00e9tude du discours meurtrier li\u00e9 \u00e0 la pens\u00e9e fig\u00e9e du mal et \u00e0 la \u00ab\u00a0com\u00e9die macabre\u00a0\u00bb. \u00c0 partir du corpus \u00ab\u00a0migration\u00a0\u00bb constitu\u00e9 d\u2019articles de journaux fran\u00e7ais publi\u00e9s de mi-2015 \u00e0 fin 2016, l\u2019auteur observe les discours mortif\u00e8res, des commentaires internautes haineux et des r\u00e9actions m\u00e9diatiques. En particulier, les commentaires caract\u00e9ris\u00e9s par la participation-r\u00e9action spontan\u00e9e \u00e0 propos des migrants et des repr\u00e9sentations de la migration sont peu \u00e9labor\u00e9s et brefs. L\u2019auteur propose une cat\u00e9gorisation des discours meurtriers et \u00e9tudie dans le d\u00e9tail des exemples sur l\u2019appel aux meurtres, l\u2019appel aux armes, l\u2019appel \u00e0 disparition, la r\u00e9duction et l\u2019effacement, l\u2019appel \u00e0 la providence. Enfin, l\u2019auteur remarque que dans le discours meurtrier la survalorisation du \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb provoque l\u2019effacement du \u00ab\u00a0eux\u00a0\u00bb afin d\u2019affirmer sa toute-puissance.<\/p>\n\n\n\n<p>Sophie JEHEL (\u00ab\u00a0Adh\u00e9sions aux discours meurtriers face aux images violentes, sexuelles et haineuses qui circulent sur les plateformes num\u00e9riques\u00a0\u00bb, pp. 299-317) propose une recherche sur les strat\u00e9gies construites par les adolescents, quand ils ont acc\u00e8s aux contenus, aux images et aux sons violents, sexuels et haineux qui circulent sur les plateformes num\u00e9riques. L\u2019attention est port\u00e9e sur les modalit\u00e9s de r\u00e9ception mises en place par les adolescents, selon leurs milieux sociaux et culturels, pour se prot\u00e9ger, se distancier ou se plonger dans les formes de radicalisation violente. L\u2019approche concernant la r\u00e9ception de ces vid\u00e9os s\u2019ins\u00e8re dans une th\u00e9orie de la socialisation qui consid\u00e8re les m\u00e9dias comme \u00ab\u00a0un acteur qui transmet des valeurs et des normes et joue un r\u00f4le consid\u00e9rable aupr\u00e8s des jeunes du fait de leur place \u00e9minente dans leur environnement culturel et communicationnel\u00a0\u00bb (p.\u00a0303). En particulier, l\u2019auteure propose une distinction de quatre formes d\u2019adh\u00e9sion aux images violentes\u00a0: par dissociation, par sid\u00e9ration, par jouissance et par rationalisation.<\/p>\n\n\n\n<p>Gabriela PATI\u00d1O-LAKATOS (\u00ab\u00a0Fonctions de l\u2019image et du discours dans les montages des mythologies meurtri\u00e8res\u00a0: la figure du h\u00e9ros criminel\u00a0\u00bb, pp. 319-334) analyse les fonctions psychiques et culturelles qui concernent la repr\u00e9sentation, la mise en sc\u00e8ne et l\u2019esth\u00e9tisation de la violence meurtri\u00e8re impliqu\u00e9es dans le processus de sa justification morale. En fait, les images violentes m\u00e9diatiques examin\u00e9es provoquent des effets qui renvoient aux discours des mythologies meurtri\u00e8res. Le spectateur peut s\u2019identifier \u00e0 des <em>imagos<\/em> id\u00e9alis\u00e9s pr\u00e9sents dans certains montages contemporains d\u2019images et de discours qui renouvellent l\u2019imaginaire violent. L\u2019auteure analyse certains \u00e9l\u00e9ments de la s\u00e9rie am\u00e9ricaine <em>Dexter<\/em>, consid\u00e9rant le proc\u00e9d\u00e9 discursif et visuel de l\u00e9gitimation du meurtre. Cet exemple de mythologie contemporaine voit l\u2019\u00e9volution du personnage principal Dexter Morgan, cach\u00e9 derri\u00e8re le masque du m\u00e9decin l\u00e9giste qui est en r\u00e9alit\u00e9 un serial killer qui tue les criminels \u00e9chapp\u00e9s \u00e0 la justice. Dexter devient un justicier et le produit audiovisuel v\u00e9hicule un discours de l\u00e9gitimation du \u00ab\u00a0bon meurtre\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Laurence AUBRY (\u00ab\u00a0R\u00e9sistances aux discours meurtriers\u00a0: l\u2019adresse et le transfert au cin\u00e9ma\u00a0\u00bb, pp. 335-349) r\u00e9fl\u00e9chit sur l\u2019\u00e9criture, l\u2019art, la repr\u00e9sentation, la symbolisation et l\u2019interpr\u00e9tation, vues comme r\u00e9sistances au mortif\u00e8re dans la culture et dans la langue. L\u2019auteure consid\u00e8re deux films <em>Le Jeune Ahmed<\/em> (2019) et <em>L\u2019Atelier<\/em> (2017) centr\u00e9s sur les th\u00e9matiques li\u00e9es \u00e0 la radicalisation et \u00e0 l\u2019islamisation, o\u00f9 le spectateur est renvoy\u00e9 \u00e0 la st\u00e9rilit\u00e9 de ces controverses. Ces deux films insistent sur l\u2019importance de la relation avec l\u2019autre, comme moyen n\u00e9cessaire aux transformations de l\u2019adolescence. Les r\u00e9alisateurs des deux films partagent le \u00ab\u00a0besoin de cette porte ouverte\u00a0\u00bb et l\u2019espoir dans \u00ab\u00a0de tr\u00e8s jeunes gens, d\u2019exp\u00e9riences de vie diff\u00e9rentes\u00a0\u00bb (p.\u00a0348).<em> Le Jeune Ahmed<\/em> et <em>L\u2019Atelier<\/em> soul\u00e8vent la question li\u00e9e \u00e0 la valeur d\u2019une <em>r\u00e9sistance<\/em> dans le langage et la culture et \u00e0 l\u2019<em>\u00e9laboration<\/em> de la haine, selon le sens que la psychanalyse donne \u00e0 ces termes.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage s\u2019ach\u00e8ve sur la contribution de Sabine OLEWKOWIEZ CANN intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Aller\/Retour, voyages dans le temps\u2026 Les discours meurtriers et les prolongements de leurs effets sur les survivants\u00a0\u00bb, (pp. 351-361). L\u2019auteure a adress\u00e9 le livre <em>Aller\/Retour, voyages dans le temps<\/em> (Olewkowiez Cann, 2014) \u00e0 son p\u00e8re juif \u00ab\u00a0disparu\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0d\u00e9port\u00e9 politique\u00a0\u00bb, et \u00e0 sa m\u00e8re juive qui fut recherch\u00e9e pendant les chasses contre la r\u00e9sistance Carmagnole. Dans ce roman-r\u00e9cit, l\u2019auteure s\u2019adresse \u00e0 son p\u00e8re comme si elle avait pu \u00e9tablir un dialogue avec lui et reconstruire la vie que les nazis lui ont vol\u00e9e. En outre, l\u2019auteure renvoie \u00e0 deux livres <em>Ce que le nazisme a fait \u00e0 la psychanalyse<\/em> (2018) de Laurence Kahn et <em>Le suicide de l\u2019Allemagne<\/em> (2018) de Jean-Michel Rey qui ont \u00e9t\u00e9 des r\u00e9f\u00e9rences importantes pour l\u2019analyse des sources et des cons\u00e9quences des discours meurtriers. Enfin, l\u2019auteure affirme que ce livre t\u00e9moigne sa m\u00e9moire individuelle et la m\u00e9moire g\u00e9n\u00e9rale de la <em>banalit\u00e9 du Mal<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[Gloria ZANELLA]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>B\u00e9atrice TURPIN, Gabriela Cristina PATI\u00d1O-LAKATOS et Laurence AUBRY (dir.), Les discours meurtriers aujourd\u2019hui, Colloque de Cerisy, S\u00e9rie \u00ab&nbsp;Comparatisme et Soci\u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb, Volume 44, Bruxelles, Peter Lang, 2022, pp. 380. Dans l\u2019introduction \u00ab&nbsp;La fabrique des langages meurtriers&nbsp;\u00bb (pp. 13-25), Laurence AUBRY, Gabriela PATI\u00d1O-LAKATOS, B\u00e9atrice TURPIN focalisent l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019ouvrage sur la \u00ab&nbsp;question de la force de ces\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2022\/10\/28\/beatrice-turpin-gabriela-cristina-patino-lakatos-et-laurence-aubry-dir-les-discours-meurtriers-aujourdhui\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[33],"tags":[],"class_list":["post-687","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n-47"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/687"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=687"}],"version-history":[{"count":4,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/687\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":724,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/687\/revisions\/724"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=687"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=687"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=687"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}