{"id":590,"date":"2022-07-07T11:13:47","date_gmt":"2022-07-07T09:13:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=590"},"modified":"2022-07-12T15:08:10","modified_gmt":"2022-07-12T13:08:10","slug":"natasa-raschi-la-langue-des-mathematiques-chez-diderot","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2022\/07\/07\/natasa-raschi-la-langue-des-mathematiques-chez-diderot\/","title":{"rendered":"Nata\u0161a RASCHI, La langue des math\u00e9matiques chez Diderot"},"content":{"rendered":"\n<p>Nata\u0161a RASCHI, <em>La langue des math\u00e9matiques chez Diderot<\/em>, Carocci, Roma 2020, 120 pp.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>La langue des math\u00e9matiques chez Diderot<\/em> Nata\u0161a Raschi s\u2019\u00e9carte de son autre domaine de recherche principal, la variation diatopique, pour explorer, comme son titre l\u2019indique, la langue des math\u00e9matiques chez l\u2019un des deux cr\u00e9ateurs de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>. L\u2019auteure y montre \u00e0 quel point les enjeux de cette langue de sp\u00e9cialit\u00e9 s\u2019av\u00e8rent \u00e9tonnamment proches des soucis des linguistes, notamment de ceux et celles qui se penchent sur la co-construction, la traduction et la vulgarisation des discours scientifiques. Cet ouvrage de 2020 fait suite \u00e0 deux autres publications de Raschi, \u00e0 savoir <em>Il francese della matematica<\/em>, de 2012, et <em>La relation entre Diderot et d\u2019Alembert&nbsp;: regards crois\u00e9s sur leurs \u00e9crits de math\u00e9matiques<\/em>, de 2017. Cette derni\u00e8re, co-sign\u00e9e avec un expert en la mati\u00e8re, Giuseppe Saccomandi, et publi\u00e9e dans la revue <em>Recherches sur Diderot et l\u2019Encyclop\u00e9die<\/em>, t\u00e9moigne de l\u2019int\u00e9r\u00eat que la linguistique et la math\u00e9matique, \u00ab&nbsp;souvent et injustement oppos\u00e9es&nbsp;\u00bb (p. 19), partagent pour la production de Diderot et de D\u2019Alembert.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage s\u2019ouvre sur une introduction qui annonce l\u2019objectif de \u00ab&nbsp;sonder le rapport existant entre la linguistique et les math\u00e9matiques dans un corpus de textes choisis&nbsp;\u00bb (p. 15) et pr\u00e9cise deux points que Raschi d\u00e9veloppera en d\u00e9tail par la suite&nbsp;: d\u2019une part le rapport entre les deux cr\u00e9ateurs de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> et leur approche diff\u00e9rente face aux math\u00e9matiques et \u00e0 l\u2019\u00e9criture&nbsp;; de l\u2019autre la dualit\u00e9 qui caract\u00e9rise toute production dans le domaine des math\u00e9matiques, o\u00f9 la langue se compose tant de textes que de signes, de connecteurs et de formules.<\/p>\n\n\n\n<p>Les quatre chapitres de l\u2019ouvrage sont r\u00e9partis selon autant d\u2019axes, qui m\u00e8nent progressivement \u00e0 la d\u00e9couverte de la langue et des positions de Diderot.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier chapitre, intitul\u00e9 <em>L\u2019analyse linguistique des textes math\u00e9matiques<\/em> (pp. 19-28), est une mise en route qui examine les sp\u00e9cificit\u00e9s des textes et de la langue des math\u00e9matiques, en la comparant \u00e0 d\u2019autres langues de sp\u00e9cialit\u00e9 et en pr\u00e9parant ainsi le terrain pour l\u2019analyse \u00e0 la fois descriptive et comparative qui suit. L\u2019attention de Raschi se concentre ici avant tout sur le lexique, selon trois principes qu\u2019elle consid\u00e8re comme prioritaires&nbsp;: \u00ab&nbsp;la nominalisation en tant que facteur syntaxique&nbsp;\u00bb (p. 21), \u00ab&nbsp;les mots compos\u00e9s comme ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019int\u00e9r\u00eat morphologique&nbsp;\u00bb (p. 21) et le rapport \u00ab&nbsp;entre signifi\u00e9 et signifiant dans les particularit\u00e9s s\u00e9mantiques&nbsp;\u00bb (p. 21). L\u2019auteure probl\u00e9matise ensuite le transfert de certaines unit\u00e9s linguistiques de la langue commune \u00e0 la langue des math\u00e9matiques et vice-versa. De plus, elle ne manque pas de mentionner les emprunts et les calques d\u2019autres langues, les formes contract\u00e9es accompagnant les symboles graphiques, ou les d\u00e9finitions \u00e9ponymes telles que \u2018le th\u00e9or\u00e8me de Pythagore\u2019, autant de ph\u00e9nom\u00e8nes linguistiques qui caract\u00e9risent \u2013 par exc\u00e8s ou par d\u00e9faut \u2013 la presque totalit\u00e9 des langues de sp\u00e9cialit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s un bref aper\u00e7u sur Diderot, le deuxi\u00e8me chapitre, intitul\u00e9 <em>Les math\u00e9matiques chez Diderot <\/em>(pp. 29-45),propose des analyses d\u00e9taill\u00e9es des quatre \u0153uvres qui constituent le corpus analys\u00e9 et qui donnent leur titre \u00e0 autant de sous-sections. Il est premi\u00e8rement question des <em>M\u00e9moires sur diff\u00e9rents sujets de math\u00e9matiques<\/em> (pp. 32-37),dans lesquels on entre en partant du frontispice, pour arriver enfin aux consignes visant \u00e0 v\u00e9rifier l\u2019acquisition des th\u00e9ories par les destinataires des m\u00e9moires. Puisque ces consignes \u00e9taient absentes des ouvrages de l\u2019\u00e9poque, leur pr\u00e9sence constitue, selon Raschi, un premier \u00e9l\u00e9ment de modernit\u00e9 linguistique chez le math\u00e9maticien. La deuxi\u00e8me \u0153uvre analys\u00e9e par Raschi est<em> Sur deux m\u00e9moires de D\u2019Alembert <\/em>(pp. 37-38), l\u2019un concernant le calcul des probabilit\u00e9s et l\u2019autre l\u2019inoculation<em>. <\/em>L\u2019auteure y anticipe tr\u00e8s bri\u00e8vement des sujets qu\u2019elle analysera plus en d\u00e9tail dans la continuation de son ouvrage, et plus particuli\u00e8rement dans le quatri\u00e8me chapitre. Nata\u0161a Raschi passe ensuite aux <em>\u00c9crits divers de math\u00e9matiques<\/em> (pp. 38-43),o\u00f9 l\u2019on retrouve d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments de modernit\u00e9 tant dans les sujets que dans l\u2019\u00e9criture de Diderot. Elle souligne, entre autres, l\u2019attention que le philosophe porte \u00e0 l\u2019\u00e9ducation math\u00e9matique des enfants et des femmes, ainsi que l\u2019utilisation des pronoms personnels \u00e0 la premi\u00e8re personne du singulier et du pluriel pour impliquer son destinataire. Comme elle l\u2019\u00e9crit, \u00ab\u00a0Ces pronoms, totalement absents des m\u00e9moires de D\u2019Alembert, ont ici la fonction d\u2019accompagner le destinataire et d\u2019en partager la t\u00e2che en gardant une forme de dialogue avec ce dernier et en soulignant les bienfaits des acquis\u00a0\u00bb (p. 40). La quatri\u00e8me et derni\u00e8re analyse porte sur<em> Notice sur Clairaut <\/em>(pp. 43-44), c\u2019est-\u00e0-dire sur le n\u00e9crologe d\u2019un math\u00e9maticien contemporain, o\u00f9 Diderot parvient \u00e0 cr\u00e9er un parall\u00e8le entre le d\u00e9funt et D\u2019Alembert, en mettant en \u00e9vidence tant leurs g\u00e9nies que leurs rivalit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>De la totalit\u00e9 des quatre \u00e9crits pr\u00e9sent\u00e9s dans le deuxi\u00e8me chapitre se d\u00e9gage une premi\u00e8re distinction entre les deux acad\u00e9miciens de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>\u00a0: d\u2019un c\u00f4t\u00e9 un Diderot empiriste, visant \u00e0 utiliser les math\u00e9matiques pour r\u00e9soudre des probl\u00e8mes concrets de son \u00e9poque\u00a0; de l\u2019autre un D\u2019Alembert math\u00e9maticien pur, qui mise sur les math\u00e9matiques pour faire abstraction de la r\u00e9alit\u00e9. Pour le dire avec les mots de Raschi\u00a0: \u00ab\u00a0Diderot reste un empiriste, alors que D\u2019Alembert est un math\u00e9maticien pur pour qui l\u2019objectif ultime est l\u2019abstraction, une divergence qui concerne non seulement l\u2019expression math\u00e9matique, mais surtout le r\u00f4le du savant et l\u2019objectif que ce dernier envisage par son parcours de recherche\u00a0\u00bb (p. 45).<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me chapitre, intitul\u00e9 <em>Les math\u00e9matiques et l\u2019acoustique<\/em> (pp. 47-73), s\u2019interroge davantage sur la distinction entre Diderot et D\u2019Alembert, en comparant les m\u00e9moires que les deux acad\u00e9miciens ont \u00e9crits \u2013 int\u00e9gralement en fran\u00e7ais \u2013 sur l\u2019acoustique et en \u00e9voquant aussi les autres sujets qu\u2019ils ont abord\u00e9s. \u00ab\u00a0Si la relation existant entre Diderot et D\u2019Alembert se concentre essentiellement sur l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> qu\u2019ils co-dirigent, ils se penchent, chacun de son c\u00f4t\u00e9, sur des probl\u00e8mes math\u00e9matiques cruciaux pour leur \u00e9poque, tout comme pour le progr\u00e8s de l\u2019expression scientifique, allant de l\u2019acoustique \u00e0 la musique, de la th\u00e9orie des probabilit\u00e9s \u00e0 ses applications, des jeux de hasard \u00e0 l\u2019inoculation\u00a0\u00bb (p. 47). La comparaison de Raschi se fait sur la toile de fond des productions scientifiques de l\u2019\u00e9poque, o\u00f9 des choix linguistiques tr\u00e8s diff\u00e9rents \u2013 tant textuels que scriptovisuels \u2013 confirment la dichotomie entre les \u00ab\u00a0math\u00e9matiques pures\u00a0\u00bb de D\u2019Alembert et l\u2019\u00ab\u00a0enracinement empirique\u00a0\u00bb de Diderot (p. 53). Tel un linguiste appliqu\u00e9, ce dernier utilise les principes abstraits de la discipline pour donner un sens \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 et pour l\u2019expliquer \u00e0 des destinataires toujours pr\u00e9sents dans ses d\u00e9marches vulgarisatrices, dont l\u2019approche \u00e9nonciative, le syst\u00e8me verbal, la syntaxe et l\u2019alternance entre forme personnelle et impersonnelle ne sont que quelques-unes des manifestations que Raschi passe en revue.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le quatri\u00e8me et dernier chapitre, intitul\u00e9 <em>La forme dialogique dans les probabilit\u00e9s <\/em>(pp. 75-96) et consacr\u00e9 aux m\u00e9moires sur les probabilit\u00e9s et l\u2019inoculation que Raschi avait d\u00e9j\u00e0 esquiss\u00e9s dans le deuxi\u00e8me chapitre, l\u2019auteure approfondit davantage la forme dialogique des \u00e9crits de Diderot, en d\u00e9taillant la fa\u00e7on dont il met en sc\u00e8ne ses positions et celles de D\u2019Alembert. Dans le dialogue fictif entre ces deux acad\u00e9miciens, le p\u00e9ritexte aussi favorise la dimension visuelle et aide \u00e0 renvoyer \u00e0 l\u2019une ou \u00e0 l\u2019autre voix, comme si la diatribe se passait sous les yeux des destinataires, qui s\u2019approchent petit \u00e0 petit des sujets de ces m\u00e9moires. Par la m\u00eame d\u00e9marche p\u00e9dagogique, Raschi introduit d\u2019abord le contexte de ces \u00e9crits math\u00e9matiques, en aidant ainsi \u00e0 comprendre le sens de descriptions qui, tout comme les traductions, sont toujours des interpr\u00e9tations ciblant des destinataires. Elle offre par la suite une lecture \u00e0 deux vitesses. Les personnes les plus press\u00e9es ne saisiront que l\u2019importance de l\u2019oralit\u00e9 dans la parole de Diderot, en d\u00e9couvrant la fa\u00e7on dont ce dernier a cr\u00e9\u00e9 \u00ab\u00a0une forme dialogique fictionnelle entre lui et son rival\u00a0\u00bb (p. 86) par l\u2019alternance d\u2019exposition et de d\u00e9duction dans \u00ab\u00a0un ensemble homog\u00e8ne o\u00f9 l\u2019on distingue les tours de parole et les positions respectives\u00a0\u00bb (p. 86). Ceux et celles qui prendront le temps de lire les nombreuses notes en bas de page entreront par contre dans les d\u00e9tails et les enjeux des proc\u00e9d\u00e9s linguistiques analys\u00e9s, en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 des \u00e9tudes tant sur les textes \u00e9crits que sur l\u2019oralit\u00e9 de la parole, que Raschi a fr\u00e9quent\u00e9es pour rendre compte des mouvements de ces interactions verbales visualis\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9crit.<\/p>\n\n\n\n<p>La conclusion de l\u2019ouvrage r\u00e9sume en quoi l\u2019\u00e9criture p\u00e9dagogique de Diderot est riv\u00e9e sur une exp\u00e9rience qui vient \u00e0 l\u2019appui de ses id\u00e9es et sur la \u00ab&nbsp;fonction de m\u00e9diation-traduction garantie par la langue&nbsp;\u00bb (p. 97), qui fixe et transmet le savoir \u2013 en l\u2019occurrence math\u00e9matique \u2013 tant pour les destinataires de l\u2019\u00e9poque que pour les destinataires d\u2019aujourd\u2019hui. Elle se termine par une citation de Condillac, qui affirme que \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9tude des math\u00e9matiques n\u2019est autre chose que l\u2019\u00e9tude d\u2019une langue&nbsp;\u00bb (p. 100) et qui par ses mots justifie l\u2019objectif initial de Raschi ainsi que le chemin qu\u2019elle a parcouru pour l\u2019atteindre.<\/p>\n\n\n\n<p>La bibliographie qui cl\u00f4t l\u2019ouvrage se compose de quatre volets, permettant de mieux s\u2019orienter dans la multiplicit\u00e9 d\u2019auteurs que Raschi a consult\u00e9s. Dans <em>\u0152uvres analys\u00e9es<\/em>, l\u2019auteure fait \u00e9tat de ses fr\u00e9quentations des textes de Diderot, de D\u2019Alembert et de quelques autres math\u00e9maticiens de l\u2019\u00e9poque, tels que Bernouilli, Condillac ou Condorcet. Dans <em>\u00c9tudes sur Diderot<\/em>,elle t\u00e9moigne de l\u2019amplitude de ses recherches sur le sujet qu\u2019elle traite et fait part des r\u00e9f\u00e9rences sur lesquelles ses analyses se sont largement appuy\u00e9es. Dans <em>\u00c9tudes de linguistique<\/em>, elle dresse la longue liste des \u00e9tudes consult\u00e9es pour analyser la parole \u00e9crite, sans oublier l\u2019oralit\u00e9 des interactions verbales. Dans <em>\u00c9tudes sur les math\u00e9matiques<\/em>, elle pr\u00e9sente enfin tous les textes qui lui ont permis de s\u2019initier en profondeur \u00e0 la mati\u00e8re dans laquelle elle nous conduit.<\/p>\n\n\n\n<p>[Natacha NIEMANTS]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nata\u0161a RASCHI, La langue des math\u00e9matiques chez Diderot, Carocci, Roma 2020, 120 pp. Dans La langue des math\u00e9matiques chez Diderot Nata\u0161a Raschi s\u2019\u00e9carte de son autre domaine de recherche principal, la variation diatopique, pour explorer, comme son titre l\u2019indique, la langue des math\u00e9matiques chez l\u2019un des deux cr\u00e9ateurs de l\u2019Encyclop\u00e9die. 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