{"id":587,"date":"2022-07-07T11:25:34","date_gmt":"2022-07-07T09:25:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=587"},"modified":"2022-07-12T15:08:02","modified_gmt":"2022-07-12T13:08:02","slug":"jean-paul-dufiet-dir-laurent-mauvignier-theatre-teatro-tout-mon-amour-tutto-il-mio-amore-une-legere-blessure-una-ferita-leggera","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2022\/07\/07\/jean-paul-dufiet-dir-laurent-mauvignier-theatre-teatro-tout-mon-amour-tutto-il-mio-amore-une-legere-blessure-una-ferita-leggera\/","title":{"rendered":"Jean-Paul DUFIET (dir.), Laurent Mauvignier. Th\u00e9\u00e2tre \u2013 Teatro. Tout mon amour \u2013 Tutto il mio amore, Une l\u00e9g\u00e8re blessure \u2013 Una ferita leggera"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Jean-Paul DUFIET (dir.), <em>Laurent Mauvignier. Th\u00e9\u00e2tre \u2013 Teatro. Tout mon amour \u2013 Tutto il mio amore, Une l\u00e9g\u00e8re blessure \u2013 Una ferita leggera, <\/em>Trento, Universit\u00e0 degli Studi di Trento<\/strong><em> <\/em>(<em>\u00ab <\/em><strong>Labirinti <\/strong><em>\u00bb<\/em><strong>, 188), pp. 348.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Proposant une structure jamais rencontr\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, le volume comporte une premi\u00e8re partie constitu\u00e9e de la traduction de deux pi\u00e8ces de Laurent Mauvignier, enrichie d\u2019\u00e9tudes scientifiques sur l\u2019\u0153uvre de l\u2019auteur. L\u2019ouvrage de Jean-Paul Dufiet se donne pour finalit\u00e9 premi\u00e8re de faire conna\u00eetre, dans une \u00e9dition bilingue, l\u2019\u0153uvre dramatique de Laurent Mauvignier, en Italie. De plus, par la qualit\u00e9 des articles propos\u00e9s, le volume apporte un remarquable enrichissement \u00e0 la r\u00e9flexion sur le th\u00e9\u00e2tre contemporain.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le souligne Jean-Paul Dufiet dans l\u2019introduction \u201csi les romans de Laurent Mauvignier sont d\u00e9j\u00e0 connus en Italie, son th\u00e9\u00e2tre [\u2026] pourtant essentiel \u00e0 la compr\u00e9hension de son \u0153uvre, semble bien jusqu\u2019\u00e0 maintenant ignor\u00e9\u201d (p. 7). Ce qui ajoute encore au caract\u00e8re innovant de ce travail.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e0 Alberto Bramati que revient le m\u00e9rite d\u2019avoir fourni la traduction de <em>Tout mon amour <\/em>(<em>Tutto il mio amore) <\/em>et d\u2019<em>Une l\u00e9g\u00e8re blessure <\/em>(<em>Una ferita leggera<\/em>). Dans une note, le traducteur pr\u00e9cise en outre que ses choix traductifs ont privil\u00e9gi\u00e9 une traduction <em>\u00e0 la lettre<\/em>, au sens bermanien, tout en tenant compte des exigences pragmatiques qu\u2019impose la langue italienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Les six \u00e9tudes universitaires r\u00e9unies dans la seconde partie de l\u2019ouvrage sont le fruit des r\u00e9flexions de chercheurs de renomm\u00e9e internationale. Leurs contributions permettent d\u2019approfondir une \u0153uvre hybride, \u00e0 la fois polygraphique et transg\u00e9n\u00e9rique, remettant souvent en cause les genres dont elle s\u2019empare.<\/p>\n\n\n\n<p>La perm\u00e9abilit\u00e9 entre les genres litt\u00e9raires et les relations qui se tissent entre pi\u00e8ces et r\u00e9cits dans la production litt\u00e9raire de Laurent Mauvignier sont au c\u0153ur des deux premiers articles. En s\u2019appuyant sur les caract\u00e9ristiques formelles et th\u00e9matiques de son \u0153uvre narrative, Florence Bernard montre que le passage \u00e0 la sc\u00e8ne de Laurent Mauvignier \u00ab&nbsp;s\u2019est nourri de l\u2019hybridation g\u00e9n\u00e9rique initiale de ses romans&nbsp;\u00bb (p. 9). Elle fait ainsi remarquer que les conditions d\u2019une \u00e9nonciation th\u00e9\u00e2trale se dessinent d\u00e9j\u00e0 dans le r\u00e9cit. Si cet article insiste sur le d\u00e9passement de la fronti\u00e8re g\u00e9n\u00e9rique entre roman et th\u00e9\u00e2tre, Florence Bernard remarque \u00e9galement la capacit\u00e9 de l\u2019auteur \u00e0 faire \u00e9voluer son \u00e9criture.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article de Michel Bertrand donne \u00e0 voir l\u2019unit\u00e9 formelle et th\u00e9matique de l\u2019\u0153uvre de Laurent Mauvignier. Sa r\u00e9flexion porte sur deux quasi-monologues, l\u2019un provenant d\u2019un texte de th\u00e9\u00e2tre&nbsp;: <em>Une l\u00e9g\u00e8re blessure, <\/em>l\u2019autre d\u2019un r\u00e9cit&nbsp;: <em>Ce que j\u2019appelle oubli<\/em>. Dans son analyse, Michel Bertrand souligne que l\u2019auteur a fr\u00e9quemment recours \u00e0 des dispositifs \u00e9nonciatifs qui sortent du cadre habituel de l\u2019\u00e9change communicationnel. Ces dispositifs sont structurellement incomplets car ils s\u2019appuient soit sur une \u00e9nonciation solitaire soit sur un hors sc\u00e8ne ou hors texte auquel est adress\u00e9 le discours. La fracture structurelle semble ainsi refl\u00e9ter l\u2019impossibilit\u00e9 de l\u2019\u00e9change des paroles qui constitue l\u2019unit\u00e9 th\u00e9matique de l\u2019\u0153uvre dramatique et romanesque de Laurent Mauvignier.<\/p>\n\n\n\n<p>La comparaison que Sylvie Vignes propose entre <em>Tout mon amour<\/em>, <em>Juste la fin du monde <\/em>de Jean-Luc Lagarce et <em>Incendies <\/em>de Wajdi Mouawad s\u2019int\u00e9resse aux convergences th\u00e9matiques, structurelles et stylistiques des \u00e9critures dramatiques contemporaines. Les trois pi\u00e8ces mettent en sc\u00e8ne la famille, les secrets qu\u2019elle rec\u00e8le et le retour d\u2019un <em>revenant <\/em>qui pourra les d\u00e9voiler. C\u2019est une v\u00e9ritable dramaturgie de la parole et de la violence du verbe que montre Sylvie Vignes qui, dans la conclusion de sa recherche, s\u2019interroge sur le possible effet cathartique du dire.<\/p>\n\n\n\n<p>Les trois derniers articles de l\u2019ouvrage portent exclusivement sur l\u2019\u0153uvre de Laurent Mauvignier. L\u2019\u00e9tude de Bruno Blanckeman met en avant les caract\u00e9ristiques dune \u00e9criture dramatique o\u00f9 domine l\u2019omnipr\u00e9sence de la mort mais aussi la d\u00e9litescence du lien familial. En particulier dans <em>Tout mon amour <\/em>et <em>Une l\u00e9g\u00e8re blessure<\/em>, le secret de famille constitue le n\u0153ud d\u2019une fable qui se d\u00e9cline sur le rapport \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 des personnages. Ainsi, qu\u2019il s\u2019agisse de la famille ou de la <em>Cit\u00e9, <\/em>comme dans <em>Retour \u00e0 Berratham<\/em>, Bruno Blanckeman rel\u00e8ve dans l\u2019\u00e9criture du dramaturge une fascination par l\u2019interaction des violences familiales ou politiques et le point de bascule possible d\u2019un monde civil et polic\u00e9 vers des violences aux origines archa\u00efques.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant d\u2019entamer une \u00e9tude fine et d\u00e9taill\u00e9e d\u2019<em>Une l\u00e9g\u00e8re blessure <\/em>Andr\u00e9 Petitjean met en \u00e9vidence l\u2019int\u00e9r\u00eat que constitue la transgression permanente des fronti\u00e8res g\u00e9n\u00e9riques dans l\u2019\u00e9criture de Laurent Mauvignier. Si seuls trois \u00e9crits sont <em>\u00e9tiquet\u00e9s <\/em>sous l\u2019appellatif de \u00ab&nbsp;th\u00e9\u00e2tre&nbsp;\u00bb, des \u0153uvres comme <em>Ce que j\u2019appelle oubli<\/em>, un long monologue et <em>Le lien<\/em>, dont la forme est uniquement dialogale laissent entrevoir une hybridation des genres. Ainsi, Andr\u00e9 Petitjean s\u2019int\u00e9resse-t-il au narratif et au dialogisme d\u2019<em>Une l\u00e9g\u00e8re blessure<\/em> pour monter le r\u00e9cit, proche de la fiction romanesque, qui habite cette pi\u00e8ce. Il souligne \u00e9galement que \u00ab&nbsp;la solitude du personnage n\u2019est pas forc\u00e9ment anti-dramatique&nbsp;\u00bb (p. 308) car son monologue est \u00e0 la fois dialogique et dialogal. De plus, les \u00e9l\u00e9ments typographiques tels que la ponctuation et les blancs de page tout comme certaines didascalies renvoyant \u00e0 la souffrance du personnage conf\u00e8rent un rythme interne particulier \u00e0 la pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<p>Le monologue du personnage d\u2019<em>Une l\u00e9g\u00e8re blessure <\/em>est \u00e9galement au c\u0153ur du dernier l\u2019article de ce volume. Dans une approche subtile et originale, abord\u00e9e cette fois du point de vue de la dramaturgie et de la m\u00e9tath\u00e9\u00e2tralit\u00e9, Jean-Paul Dufiet envisage ce texte comme une mise en abyme entre l\u2019essence-m\u00eame du th\u00e9\u00e2tre et la situation d\u2019un personnage \u00e0 la parole d\u00e9sincarn\u00e9e et d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 de lui-m\u00eame. On voit ainsi \u00e9merger une po\u00e9tique sp\u00e9culaire o\u00f9 le verbe expose l\u2019impossibilit\u00e9 du sujet \u00e0 entrer en lui-m\u00eame mais aussi \u00ab&nbsp;le vide du th\u00e9\u00e2tre de la vie qu\u2019il faut combler&nbsp;\u00bb (p. 13).<\/p>\n\n\n\n<p>[Fran\u00e7oise Favart]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Paul DUFIET (dir.), Laurent Mauvignier. Th\u00e9\u00e2tre \u2013 Teatro. Tout mon amour \u2013 Tutto il mio amore, Une l\u00e9g\u00e8re blessure \u2013 Una ferita leggera, Trento, Universit\u00e0 degli Studi di Trento (\u00ab Labirinti \u00bb, 188), pp. 348. 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