{"id":57,"date":"2020-11-05T17:38:12","date_gmt":"2020-11-05T16:38:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/carnets2\/?p=57"},"modified":"2021-10-31T19:13:30","modified_gmt":"2021-10-31T18:13:30","slug":"marie-jose-beguelin-gilles-corminboeuf-florence-lefeuvre-eds-types-dunites-et-procedures-de-segmentation","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2020\/11\/05\/marie-jose-beguelin-gilles-corminboeuf-florence-lefeuvre-eds-types-dunites-et-procedures-de-segmentation\/","title":{"rendered":"Marie-Jos\u00e9 B\u00c9GUELIN, Gilles CORMINBOEUF, Florence LEFEUVRE (\u00e9ds.), Types d\u2019unit\u00e9s et proc\u00e9dures de segmentation,Limoges, Lambert-Lucas, 2019, pp. 270."},"content":{"rendered":"\n<p>Comme Marie-Jos\u00e9 B\u00c9GUELIN, Gilles CORMINBOEUF et Florence LEFEUVRE le remarquent dans l\u2019<em>Avant-propos<\/em>\u00a0(pp. 9-12),\u00a0<em>Types d\u2019unit\u00e9s et proc\u00e9dures de segmentation<\/em>\u00a0se veut un aper\u00e7u des unit\u00e9s linguistiques en usage par rapport \u00e0 leur histoire, aux analyses, aux pratiques de segmentation et d\u2019annotation dont elles sont \u00e0 l\u2019origine, \u00e0 leur application dans des domaines vari\u00e9s, \u00e0 savoir la syntaxe, la s\u00e9mantique, la phras\u00e9ologie, la structuration textuelle, la didactique du texte, l\u2019analyse du discours et des conversations, le traitement et l\u2019\u00e9tiquetage de corpus oraux et la psycholinguistique de corpus \u00e9crits. Si, en effet, diff\u00e9rents courants ont abord\u00e9 le ph\u00e9nom\u00e8ne de la segmentation des unit\u00e9s linguistiques en l\u2019adaptant aux fins des analyses conduites \u2013 tel est le cas du Groupe aixois de recherches en syntaxe, du mod\u00e8le genevois, du Groupe de Fribourg, mais aussi de recherches sur les phrases averbales, sur les constructions, sur le jet textuel \u2013, la question des unit\u00e9s a retenu l\u2019attention de chercheurs suivant des mod\u00e8les et adoptant des positions diff\u00e9rents, comme il ressort des sections et des chapitres qui composent ce travail, dont l\u2019objectif est entre autres de mettre en lumi\u00e8re la diversit\u00e9 des approches pr\u00e9sent\u00e9es en vue de faire avancer la r\u00e9flexion collective sur le sujet abord\u00e9. Ainsi cet ouvrage est-il structur\u00e9 autour de trois volets principaux \u00e0 la fois r\u00e9partis en chapitres, suivis par la\u00a0<em>Bibliographie g\u00e9n\u00e9rale<\/em>\u00a0(pp. 221-238), l\u2019<em>Index nominum<\/em>\u00a0(pp. 239-244), l\u2019<em>Index rerum<\/em>\u00a0(pp. 245-256) et les r\u00e9sum\u00e9s de chaque chapitre en fran\u00e7ais et en anglais (pp. 257-268).<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re partie du volume,\u00a0<em>Enjeux \u00e9pist\u00e9mologiques<\/em>\u00a0(pp. 13-82), se compose de quatre chapitres.<br>Dans le premier chapitre,\u00a0<em>De la langue au texte : \u00e0 la recherche des unit\u00e9s perdues<\/em>\u00a0(pp. 15-32), Pierre LE GOFFIC s\u2019interroge sur le statut th\u00e9orique des unit\u00e9s linguistiques relativement \u00e0 la tripartition langue\/ discours\/ texte, en analysant la mani\u00e8re dont la grammaire a trait\u00e9 ces unit\u00e9s dans le temps et dans le rapport au texte pour ensuite souligner leur r\u00f4le dans le cadre de la linguistique de corpus. Le grammairien part de l\u2019opposition, rapport\u00e9e au langage, entre la puissance et l\u2019acte \u2013 le langage en acte se pr\u00e9sentant \u00e0 la fois sous l\u2019aspect du discours ou sous l\u2019aspect du texte \u2013 pour souligner que, au-del\u00e0 de leur h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9, ces termes sont ins\u00e9parables, mais \u00e9galement que c\u2019est le texte qui est l&#8217;\u00e9l\u00e9ment le plus variable et le plus sujet \u00e0 variations. A partir d\u2019un exemple d\u2019\u00e9chantillon d\u2019expos\u00e9 r\u00e9ellement produit, il montre qu\u2019il est possible d\u2019y reconstituer le d\u00e9roulement du discours dans le temps, de constater que le locuteur a une comp\u00e9tence linguistique solide, de mettre en \u00e9vidence le statut incertain du texte en raison de l\u2019effort du locuteur de transformer en mots son intention de signification et de la transmettre \u00e0 son interlocuteur afin que celui-ci l\u2019interpr\u00e8te, et, au fond, de s\u2019interroger sur le statut des unit\u00e9s. Pour aborder ce dernier aspect, LE GOFFIC compare le paradigme classique qui va de la langue au discours et qui voit donc dans la proposition la seule unit\u00e9 linguistique possible, le texte n&#8217;ayant pas d\u2019existence propre mais \u00e9tant ramen\u00e9 au discours et s\u2019identifiant avec celui-ci, avec le paradigme moderne, d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 partir du XIXe si\u00e8cle, qui voit d\u2019abord l\u2019\u00e9mergence du texte \u00e9crit, par l\u2019appui sur la phrase en tant qu\u2019unit\u00e9 appartenant \u00e0 la fois \u00e0 la langue et au texte, ensuite du texte oral, depuis la fin du XXe si\u00e8cle. Dans ce contexte, c\u2019est l\u2019irruption de la technologie qui fait perdre \u00e0 l\u2019oral sa volatilit\u00e9 et qui permet \u00e0 la phrase de devenir une unit\u00e9 de la langue et du texte, \u00e9crit ou oral. Par ce survol, l\u2019auteur pose donc la question de la segmentation des textes \u00e0 la lumi\u00e8re de la distinction \u00e9crit\/ oral et, dans ses remarques conclusives, il souligne le contenu vide de la phrase, en tant qu\u2019unit\u00e9 de la langue et du texte, tout comme, pour autant, son r\u00f4le comme mod\u00e8le de langue. Quant au discours, il rel\u00e8ve les d\u00e9fis pos\u00e9s par l\u2019\u00e9laboration d\u2019un v\u00e9ritable mod\u00e8le de discours ou de performance pouvant rassembler les travaux existants et il laisse enfin ouverte la question de la segmentation des textes en raison du manque d\u2019une proc\u00e9dure ad\u00e9quate sur le sujet, en d\u00e9pit des avanc\u00e9es de la technologie.<br>Le deuxi\u00e8me chapitre, r\u00e9dig\u00e9 par Dominique LEGALLOIS, aborde les \u00ab comportements \u00bb discursifs des constructions grammaticales et la relation grammaire-discours qui leur est sous-jacente (<em>Les constructions grammaticales comme sch\u00e9mas pr\u00e9-discursifs<\/em>, pp. 33-44). L\u2019\u00e9tude de la m\u00e9tafonction textuelle des constructions, dont la fonction est la structuration du discours, permet \u00e0 l\u2019auteur de montrer que la comp\u00e9tence grammaticale et discursive des locuteurs se compose entre autres \u00e9galement d\u2019unit\u00e9s non discr\u00e8tes n\u2019appartenant ni aux unit\u00e9s phras\u00e9ologiques ni aux unit\u00e9s lexicalis\u00e9es. Pour ce faire, il se sert de trois exemples qui indiquent l\u2019imbrication entre grammaire, discours et comp\u00e9tence des locuteurs : l\u2019organisation narrative relevant du sch\u00e9ma narratif pr\u00e9paratoire \u2013 d\u00e9sormais disparu \u2013, liant \u00e0 la fois un motif et l\u2019expression du trin\u00f4me datation-circonstance-\u00e9v\u00e9nement ; le sch\u00e9ma, inh\u00e9rent \u00e0 la pratique sociale, de cl\u00f4ture\/ rupture, dont est pr\u00e9sent\u00e9 le fonctionnement discursif inh\u00e9rent issu de la comp\u00e9tence des locuteurs et la compl\u00e9mentarit\u00e9 de plusieurs constructions de niveaux diff\u00e9rents ; le\u00a0<em>first verb<\/em>\u00a0(emprunt\u00e9 \u00e0 Sacks (1992)), consistant en un indicateur verbal d\u2019une structure organisationnelle li\u00e9e \u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019attente et de projection par lequel \u00e9merge une connaissance pr\u00e9\u00e9tablie et m\u00e9moris\u00e9e, donc pr\u00e9alable dans la comp\u00e9tence des locuteurs. LEGALLOIS rel\u00e8ve ainsi que ces formes conventionnelles, illustr\u00e9es par les trois cas de figure ci-dessus, ont en r\u00e9alit\u00e9 une dimension\u00a0<em>a priori<\/em>\u00a0et sont des pr\u00e9figurations du discours, souvent sch\u00e9matiques, qui sont appel\u00e9es \u00e0 contribuer \u00e0 l\u2019organisation des discours.<br>Dans le ch. 3,\u00a0<em>De la textualit\u00e9 narrative aux faits syntaxiques dans un \u00e9crit scolaire. Peut-on articuler micro- et macro-syntaxe dans une perspective didactique ?<\/em>, pp. 45-63), Caroline MASSERON pr\u00e9sente une analyse ponctuelle d\u2019\u00e9crits scolaires r\u00e9ellement produits dans une perspective de formation des ma\u00eetres de fran\u00e7ais et des enjeux didactiques pos\u00e9s par ce type d\u2019\u00e9crits. En distinguant la dimension de la langue de celle du discours, dans l\u2019\u00e9chantillon choisi, comprenant quatre productions narratives \u00e9crites r\u00e9alis\u00e9es par des \u00e9l\u00e8ves dans les m\u00eames conditions \u2013 en fin de cycle primaire ; m\u00eame \u00e2ge ; m\u00eame consigne autour d\u2019un \u00e9pisode pass\u00e9 \u2013 \u00e0 Libreville et \u00e0 Metz, l\u2019auteur examine les unit\u00e9s de segmentation, les rangs de structuration de celles-ci, ainsi que les r\u00e8gles et les indicateurs permettant d\u2019effectuer une segmentation d\u2019un texte complet. Elle souligne ainsi la \u00ab fragilit\u00e9 syntaxique \u00bb du mod\u00e8le, tr\u00e8s r\u00e9pandu, de la phrase graphique \u00e9crite, dominant l\u2019analyse des \u00e9crits scolaires, tout comme les \u00ab fragilit\u00e9s \u00bb relev\u00e9es au sein des quatre \u00e9crits d\u2019enfants. L\u2019auteur fait alors appel \u00e0 l\u2019influence des unit\u00e9s de rang sup\u00e9rieur et de la r\u00e9daction elle-m\u00eame ; aux ph\u00e9nom\u00e8nes de red\u00e9nomination ; au faible apport de la m\u00e9moire discursive, tout comme au type de p\u00e9riodes et aux unit\u00e9s \u00ab pivots \u00bb, pour prouver que la segmentation des productions est essentielle pour identifier les m\u00e9canismes d\u2019encodage textuel et les erreurs qui en d\u00e9coulent, mais aussi que le recours \u00e0 une d\u00e9marche alliant micro- et macro-syntaxe ainsi que l\u2019enseignement des ph\u00e9nom\u00e8nes de coh\u00e9sion et de l\u2019encha\u00eenement transphrastique devraient \u00eatre questionn\u00e9s dans le cadre d\u2019une perspective didactique renouvel\u00e9e.<br>Le dernier chapitre de cette section,\u00a0<em>R\u00e9cursivit\u00e9 des unit\u00e9s dans les discours : enjeux \u00e9pist\u00e9mologiques et s\u00e9mantico-pragmatiques<\/em>\u00a0(pp. 65-82), r\u00e9dig\u00e9 par Annie KUYUMCUYAN, aborde, \u00e0 partir de l\u2019approche de Benveniste (1966), la constitution de l\u2019unit\u00e9 de discours et les reconfigurations \u00e9ventuelles que celle-ci re\u00e7oit par le biais de ce traitement. C\u2019est au sein du cadre dialogal, \u00e0 l\u2019appui d\u2019exemples tir\u00e9s de dialogues apparaissant au sein de textes litt\u00e9raires et d\u2019une approche comparant le mod\u00e8le hi\u00e9rarchique de Roulet (2001) avec celui du Groupe de Fribourg (2012), que l\u2019attention de l\u2019auteur est dans un premier temps focalis\u00e9e sur l\u2019intervention en tant qu\u2019unit\u00e9 de dialogue minimale appliqu\u00e9e \u00e0 des encha\u00eenements dialogaux inf\u00e9rieurs au format propositionnel \u2013 tir\u00e9s de Diderot et de Simenon et au sein desquels l\u2019encha\u00eenement dialogal est oppos\u00e9 \u00e0 l\u2019encha\u00eenement monologal \u2013, compos\u00e9s de propositions incompl\u00e8tes, pour souligner que l\u2019analyse syntaxique de ces r\u00e9pliques partielles est soumise aux tours de parole des interlocuteurs. Il s\u2019ensuit une comparaison avec un dialogue narratif complet, tir\u00e9 d\u2019une nouvelle de M\u00e9rim\u00e9e, dont l\u2019analyse peut donner lieu, selon KUYUMCUYAN, \u00e0 deux lectures distinctes selon le processus dynamique d\u2019interpr\u00e9tation du segment discursif examin\u00e9 de la part du lecteur, qui rel\u00e8vera soit d\u2019une requ\u00eate soit d\u2019une question. Celui-ci, en effet, en segmentant le fragment discursif, hi\u00e9rarchisera les unit\u00e9s obtenues \u2013 \u00e0 ce propos, l\u2019auteur propose des repr\u00e9sentations arborescentes \u2013 en vue de placer certaines unit\u00e9s sous la d\u00e9pendance d\u2019autres unit\u00e9s, cr\u00e9ant ainsi une recomposition potentiellement ind\u00e9finie des unit\u00e9s et de leur combinaison.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me partie du volume,&nbsp;<em>Mod\u00e8les d\u2019analyse et choix de segmentation<\/em>&nbsp;(pp. 83-162), compte \u00e9galement quatre chapitres.<br>Dans le chapitre 5,&nbsp;<em>Clauses nominales : pr\u00e9dication ou monstration ?<\/em>&nbsp;(pp. 84-98), pour \u00e9tudier les clauses nominales \u00ab monor\u00e8mes \u00bb et leurs retomb\u00e9es sur la th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale des unit\u00e9s linguistiques, Alain BERRENDONNER ne s\u2019appuie pas sur la conception v\u00e9rifonctionnelle du langage, h\u00e9rit\u00e9e d\u2019Aristote, mais sur une s\u00e9mantique nominale g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Ainsi montre-t-il que ni l\u2019interpr\u00e9tation pr\u00e9dicative ni la modalit\u00e9 \u00e9nonciative ne sont des invariants ou des propri\u00e9t\u00e9s constantes des syntagmes nominaux. C\u2019est pourquoi il est n\u00e9cessaire, d\u2019apr\u00e8s l\u2019auteur, de changer de perspective pour examiner les interpr\u00e9tations contextuelles des clauses nominales, en adoptant une conception du langage comme activit\u00e9 ostentive-inf\u00e9rentielle dont les fondements reposent sur l\u2019id\u00e9e que la communication verbale se construit autour d\u2019un dialogue&nbsp;<em>in praesentia<\/em>&nbsp;et concerne donc une activit\u00e9 gestuelle de monstration, et que le langage n\u2019est pas une activit\u00e9 verifonctionnelle mais fictionnelle. Dans ce cadre, l\u2019auteur rel\u00e8ve que le syntagme nominal \u2013 le mod\u00e8le nominal est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 \u00e0 tous les \u00e9nonc\u00e9s \u2013 est l\u2019acte ostensif d\u2019un nom, dont l\u2019acte de langage est la d\u00e9signation d\u2019un objet-de-discours, et que divers effets peuvent \u00eatre inf\u00e9r\u00e9s sur la m\u00e9moire discursive en termes de localisation, d\u2019apport ult\u00e9rieur d\u2019informations, de contenu.<br>Pour sa part, le ch. 6, r\u00e9dig\u00e9 par Marie-Jos\u00e9 B\u00c9GUELIN et Gilles CORMINBOEUF, porte sur les greffes et les segments flottants, \u00e0 savoir deux types de s\u00e9quences posant des probl\u00e8mes de segmentation \u2013 leur place syntaxique et leur contenu s\u00e9mantique \u2013 et de d\u00e9limitation, et d\u2019unit\u00e9s syntaxiques et discursives pertinentes, respectivement (<em>Segmentation en unit\u00e9s : le cas des \u00ab greffes \u00bb et des \u00ab segments flottants \u00bb<\/em>, pp. 99-129). A partir d\u2019extraits tir\u00e9s de la base de fran\u00e7ais oral Ofrom et d\u2019exemples de fran\u00e7ais \u00e9crit (Frantext), les auteurs distinguent ces segments d\u2019autres structurations apparent\u00e9es mais distinctes de ceux-ci. Si les greffes d\u2019une construction verbale sont examin\u00e9es quant \u00e0 leur position syntaxique \u2013 \u00e0 la suite du verbe ; sous une rection pr\u00e9positionnelle ; en position adnominale ; en position nominale, apr\u00e8s un d\u00e9terminant ; en coordination \u2013, au plan s\u00e9mantique, les constructions verbales greff\u00e9es peuvent soit signaler des circonstances spatio-temporelles du proc\u00e8s, la mani\u00e8re, ou un dire un cours d\u2019\u00e9laboration, soit v\u00e9hiculer un contenu argumentatif ou \u00e9pist\u00e9mique, soit concourir \u00e0 identifier des r\u00e9f\u00e9rents et\/ou enrichir leurs propri\u00e9t\u00e9s. Pour ce qui est de la segmentation et du traitement de ces constructions, les auteurs comparent les deux mod\u00e8les aixois et fribourgeois en vue de proposer une typologie des greffes \u00e0 partir d\u2019une mod\u00e9lisation dynamique de ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Relativement aux segments flottants, organis\u00e9s autour d\u2019une structure ternaire (ABC), \u00e0 l\u2019appui d\u2019exemples et des cas de figure qui y apparaissent, les auteurs confirment la parent\u00e9 de ces segments avec la notion grecque d\u2019<em>apo ko\u00efnu<\/em>&nbsp;en identifiant quatre configurations pragma-syntaxiques caract\u00e9ris\u00e9es par une rupture et une reprogrammation ; un couplage de deux structures attributives ; des \u00ab \u00eeles flottantes \u00bb ; des syllepses syntagmatiques, respectivement. Il \u00e9merge non seulement que le terme B n\u2019a pas de statut syntaxique homog\u00e8ne, mais \u00e9galement que les quatre cas de figure mettent en \u00e9vidence une adaptation du locuteur aux besoins imm\u00e9diats et entra\u00eenent une r\u00e9analyse fonctionnelle instantan\u00e9e. Il \u00e9merge par ailleurs que les greffes et les segments flottants, loin d\u2019\u00eatre des ph\u00e9nom\u00e8nes typiques du fran\u00e7ais parl\u00e9, sont \u00e0 bien diff\u00e9rencier d\u2019autres ph\u00e9nom\u00e8nes ; que le contexte m\u00e9tanalytique joue un r\u00f4le central dans le cas des greffes ; que les notions de \u00ab m\u00e9moire discursive \u00bb, de routines p\u00e9riodiques et de \u00ab m\u00e9tanalyse \u00bb en usage, emprunt\u00e9es au mod\u00e8le fribourgeois, contribuent \u00e0 l\u2019analyse de ces segments.<br>Dans le ch. 7,&nbsp;<em>La configuration discursive unit\u00e9 r\u00e9somptive \/ unit\u00e9 pr\u00e9dicative&nbsp;<\/em>c\u2019est vrai, P&nbsp;<em>du type<\/em>&nbsp;c\u2019est vrai, je t\u2019ai un peu oubli\u00e9 (pp. 131-147), Florence LEFEUVRE examine le sch\u00e9ma&nbsp;<em>c\u2019est vrai, P<\/em>&nbsp;et ses deux variantes&nbsp;<em>P, c\u2019est vrai<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>c\u2019est vrai<\/em>&nbsp;au sein de P \u00e0 partir des deux unit\u00e9s pr\u00e9dicatives qui le composent, dont l\u2019une, exemplifi\u00e9e par&nbsp;<em>je t\u2019ai un peu oubli\u00e9 pendant ce bienheureux printemps<\/em>&nbsp;(Frantext), est autonome et l\u2019autre,&nbsp;<em>c\u2019est vrai<\/em>, joue le r\u00f4le d\u2019unit\u00e9 r\u00e9somptive caract\u00e9risant ou modalisant la premi\u00e8re unit\u00e9. L\u2019approche th\u00e9orique suive par l\u2019auteur repose sur Le Goffic (1993 ; 2011), \u00e0 savoir sur une conception de la phrase ou des unit\u00e9s discursives \u00e0 l\u2019interface de la syntaxe et du discours. L\u2019attention est d\u2019abord focalis\u00e9e sur le lien s\u00e9mantique entre l\u2019unit\u00e9 r\u00e9somptive et l\u2019unit\u00e9 pr\u00e9dicative, ce qui montre que ces deux unit\u00e9s repr\u00e9sentent un tout sur le plan s\u00e9mantique. L\u2019analyse se poursuit ensuite par l\u2019\u00e9tude des contraintes syntaxiques de&nbsp;<em>c\u2019est vrai<\/em>&nbsp;: cette unit\u00e9 est syntaxiquement d\u00e9pendante de l\u2019unit\u00e9 pr\u00e9dicative, mais l\u2019ensemble de ces unit\u00e9s constitue, selon LEFEUVRE, une \u00ab p\u00e9riode discursive \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire une unit\u00e9 sup\u00e9rieure constitutive du discours pourvue de valeurs discursives au niveau argumentatif. Celles-ci donnent lieu \u00e0 trois moments argumentatifs principaux : le renforcement ; la justification ou l\u2019exemplification ; la restriction.<br>Le dernier chapitre de la deuxi\u00e8me section, r\u00e9dig\u00e9 par Georgeta CISLARU et Thierry OLIVE, porte sur des ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019\u00ab amor\u00e7age \u00bb dans le cadre du processus de textualisation, notamment dans un processus de r\u00e9daction enregistr\u00e9 en temps r\u00e9el (<em>Dynamiques d\u2019amor\u00e7age au cours du processus de textualisation dans l\u2019\u00e9criture enregistr\u00e9e<\/em>, pp. 149-162). En tant que processus d\u2019actualisation d\u2019une unit\u00e9 linguistique activant une attente, l\u2019amor\u00e7age est \u00e9tudi\u00e9 par les auteurs en termes linguistiques et psycholinguistiques, relativement aux types de cat\u00e9gories grammaticales et de relations s\u00e9mantiques, en particulier par rapport aux jets textuels \u2013 en examinant leurs fronti\u00e8res et plus en particulier leur borne droite \u2013, pour cat\u00e9goriser les ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019amor\u00e7age figurant dans le corpus examin\u00e9, trait\u00e9 dans la deuxi\u00e8me partie de l\u2019\u00e9tude. Celui-ci, compos\u00e9 de rapports \u00e9ducatifs et de dossiers acad\u00e9miques dont le processus de r\u00e9daction a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 en temps r\u00e9el par le biais des logiciels Inputlog et Scriptlog, vise \u00e0 examiner une s\u00e9lection de groupes de jets textuels en fonction de leur borne droite et des suites projet\u00e9es. Trois niveaux de saillance d\u2019amor\u00e7age y sont identifi\u00e9s : si les attentes de nature syntaxique sont soumises \u00e0 des relations de d\u00e9pendance et \u00e0 la combinatoire syntagmatique, les attentes lexico-s\u00e9mantiques rel\u00e8vent d\u2019un cadre collocationnel, tandis que les attentes s\u00e9mantico-fonctionnelles sont \u00e0 relier \u00e0 des macrostructures discursives. Il s\u2019ensuit, en termes morpho-syntaxiques, que les cat\u00e9gories des noms, des adjectifs et des verbes sont plus utilis\u00e9es comme bornes droites projetant une suite dans le processus de textualisation que celles des d\u00e9terminants et des pr\u00e9positions : cela est d\u00fb, selon les auteurs, aux relations informationnelles et discursives par lesquelles le th\u00e8me est en attente de sp\u00e9cification et une nouvelle prospection temporelle s\u2019ouvre pour chaque nouveau jet textuel, dont les pauses marquent la fronti\u00e8re entre des s\u00e9quences \u00e0 port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale structurante amor\u00e7ant une caract\u00e9risation ou une sp\u00e9cification.<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me et derni\u00e8re partie du volume,&nbsp;<em>Analyse sur corpus et\/ou segmentation outill\u00e9e<\/em>&nbsp;(pp. 163-220), est compos\u00e9e de trois chapitres portant sur la langue orale.<br>Dans le ch. 9, consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019espagnol, Oscar Garcia MARCHENA analyse des corpus oraux \u00e0 partir du corpus CORLEC repr\u00e9sentatif de l\u2019espagnol oral contemporain et les d\u00e9fis qu\u2019ils posent par rapport au concept syntaxique de la phrase comme structure construite autour d\u2019un pr\u00e9dicat verbal et de son sujet (<em>Les fragments comme unit\u00e9s linguistiques : une analyse de corpus de l\u2019espagnol oral<\/em>, pp. 165-180). L\u2019attention de l\u2019auteur est en particulier focalis\u00e9e sur deux types d\u2019\u00e9nonc\u00e9s sans verbe, c\u2019est-\u00e0-dire les phrases averbales et les fragments, dont il met en \u00e9vidence les difficult\u00e9s de classement, les sous-types, les propri\u00e9t\u00e9s syntaxiques, s\u00e9mantiques et illocutoires, et la distribution au sein du corpus en vue d\u2019envisager leurs r\u00e9alisations sous forme d\u2019\u00e9nonc\u00e9s diff\u00e9rant de la phrase \u00e0 t\u00eate verbale.<br>Le fran\u00e7ais parl\u00e9 fait en revanche l\u2019objet de l\u2019\u00e9tude de Mathilde CARNOL et Anne Catherine SIMON (<em>Forme et fr\u00e9quence des constructions verbales en fran\u00e7ais parl\u00e9<\/em>, pp. 181-201) qui, s\u2019inspirant des travaux de Blanche-Benveniste autour de la syntaxe du fran\u00e7ais parl\u00e9 dans la cadre de la grammaire de d\u00e9pendance, examine le verbe dans la syntaxe de d\u00e9pendance en tant qu\u2019unit\u00e9 de rection en vue de v\u00e9rifier la fr\u00e9quence des unit\u00e9s de rection construites autour d\u2019un verbe et de ses compl\u00e9ments au sein du corpus de fran\u00e7ais parl\u00e9 multigenre Locas-F. L\u2019analyse conduite par les auteurs, dans laquelle elles pr\u00e9sentent un inventaire des variantes de dispositifs de rection identifi\u00e9s \u2013 dispositif direct ; cliv\u00e9 ; pseudo-cliv\u00e9 ; binaris\u00e9 ; construction pr\u00e9sentative \u2013 et la difficult\u00e9 de classer le dispositif concern\u00e9 \u2013 en t\u00e9moignent les constructions segment\u00e9es r\u00e9parties en double marquage \u00e0 gauche et \u00e0 droite ; en constructions en&nbsp;<em>A c\u2019est B<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>c\u2019est B A<\/em>&nbsp;; en associ\u00e9 lexical \u2013, vise ainsi \u00e0 \u00e9tablir non seulement la fr\u00e9quence de ces dispositifs, mais \u00e9galement les types de compl\u00e9ments qui y apparaissent davantage. Il \u00e9merge une vision g\u00e9n\u00e9rale du fonctionnement de ces dispositifs en fran\u00e7ais parl\u00e9 contemporain, tout comme des remarques qualitatives sur des structures dont l\u2019annotation et l\u2019analyse posent probl\u00e8me.<br>Enfin, le ch. 11,&nbsp;<em>La syntaxe en empirie et en th\u00e9orie. La proposition de segmentation multiniveau du projet SegCor pour le fran\u00e7ais parl\u00e9<\/em>&nbsp;(pp. 203-220), rel\u00e8ve de l\u2019analyse de l\u2019oral en interaction dans le cadre du projet SegCor \u2013 visant \u00e0 r\u00e9aliser une segmentation multiniveau de corpus oraux du fran\u00e7ais en termes syntaxiques \u2013 dans le but d\u2019examiner les choix de r\u00e9daction de protocoles d\u2019annotation \u00e0 diff\u00e9rents niveaux syntaxiques. Nathalie ROSSI-GENSANE, Biagio URSI, Iris ESHKOL-TARAVELLA et Maria SKROVEC examinent les types de segmentations propos\u00e9s dans les protocoles de r\u00e9daction en comparant le cadre th\u00e9orique relevant des \u00e9tudes de Blanche-Benveniste et du Groupe de Fribourg en micro- et macro-syntaxe, d\u2019une part, et les projets Rhapsodie et Orf\u00e9o, d\u2019autre part, pour souligner que l\u2019appui sur une rection \u00e9tendue permet d\u2019\u00e9largir le domaine de la (micro-)syntaxe au d\u00e9triment de celui de la macro-syntaxe. Ainsi, \u00e9tant donn\u00e9 les probl\u00e8mes de d\u00e9limitation entre les niveaux d\u2019analyse micro-et macro-syntaxique, les auteurs proposent une segmentation syntaxique en&nbsp;<em>chunks<\/em>&nbsp;\u2013 des unit\u00e9s d\u2019analyse minimale syntaxique d\u00e9finies en termes de constituance \u2013 dont ils soulignent les d\u00e9cisions op\u00e9r\u00e9es par rapport aux \u00e9tiquettes choisies pour indiquer les locutions fig\u00e9es, les mots compos\u00e9s par plusieurs tokens, les contextes d\u2019occurrence d\u2019une m\u00eame forme, les disfluences de la parole \u2013 et pr\u00e9sentent l\u2019unit\u00e9 maximale (micro-)syntaxique et l\u2019unit\u00e9 maximale macro-syntaxique au sein du projet SegCor. Dans leurs remarques conclusives, ils pr\u00e9sentent une r\u00e9flexion sur les unit\u00e9s maximales complexes, aux niveaux micro- et macro-syntaxique, qui comportent des segments apparemment non-d\u00e9pendants d\u2019un point de vue syntaxique et qui peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme juxtapos\u00e9s ou coordonn\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>[Alida M. SILLETTI]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme Marie-Jos\u00e9 B\u00c9GUELIN, Gilles CORMINBOEUF et Florence LEFEUVRE le remarquent dans l\u2019Avant-propos\u00a0(pp. 9-12),\u00a0Types d\u2019unit\u00e9s et proc\u00e9dures de segmentation\u00a0se veut un aper\u00e7u des unit\u00e9s linguistiques en usage par rapport \u00e0 leur histoire, aux analyses, aux pratiques de segmentation et d\u2019annotation dont elles sont \u00e0 l\u2019origine, \u00e0 leur application dans des domaines vari\u00e9s, \u00e0 savoir la syntaxe,\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2020\/11\/05\/marie-jose-beguelin-gilles-corminboeuf-florence-lefeuvre-eds-types-dunites-et-procedures-de-segmentation\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,1],"tags":[],"class_list":["post-57","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n-41","category-senza-categoria"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=57"}],"version-history":[{"count":5,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":441,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57\/revisions\/441"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=57"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=57"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=57"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}