{"id":504,"date":"2022-02-25T18:53:52","date_gmt":"2022-02-25T17:53:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=504"},"modified":"2022-02-28T17:13:38","modified_gmt":"2022-02-28T16:13:38","slug":"galia-yanoshevsky-dir-les-discours-du-tourisme","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2022\/02\/25\/galia-yanoshevsky-dir-les-discours-du-tourisme\/","title":{"rendered":"Galia YANOSHEVSKY (dir.), Les discours du tourisme"},"content":{"rendered":"\n<p>Galia YANOSHEVSKY (dir.), <em>Les discours du tourisme<\/em>, Argumentation &amp; Analyse du Discours, N\u00b0 27, 2021.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dernier num\u00e9ro de la revue du groupe ADARR, coordonn\u00e9 par Galia YANOSHEVSKY, est consacr\u00e9 aux discours du tourisme. Issue d\u2019un atelier de recherche de 2019 portant sur les \u00ab&nbsp;Discourses and Materialities of Tourism&nbsp;\u00bb, cette livraison se propose de cerner plusieurs probl\u00e9matiques li\u00e9es \u00e0 ce domaine, en s\u2019inscrivant dans une perspective qui tend \u00e0 consid\u00e9rer le tourisme en tant que \u00ab&nbsp;formation discursive&nbsp;\u00bb, au sens foucauldien (1969).<em> <\/em>Comme l\u2019explique<em> <\/em>Yanoshevsky dans son introduction, le tourisme est un objet aux multiples facettes qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre appr\u00e9hend\u00e9 dans sa pluralit\u00e9. Les contributions rassembl\u00e9es dans ce recueil de fait n\u2019abordent pas <em>le <\/em>discours du tourisme, mais <em>les <\/em>discours du tourisme : \u00ab&nbsp;il s\u2019agit en effet d\u2019un domaine \u00e0 multiples acteurs, les touristes, les voyagistes, les minist\u00e8res de tourisme et de patrimoine, les industries d\u00e9riv\u00e9es du tourisme \u2013 qui proviennent de diff\u00e9rents horizons&nbsp;: l\u2019\u00e9conomie, la culture, la valorisation du patrimoine, la publicit\u00e9, la communication, la g\u00e9ographie, qui rel\u00e8vent donc de r\u00e9gimes discursifs diff\u00e9rents&nbsp;\u00bb. L\u2019objectif est d\u2019\u00e9tudier syst\u00e9matiquement la \u00ab&nbsp;chose touristique&nbsp;\u00bb dans ses r\u00e9alisations discursives aussi bien de mani\u00e8re directe, \u00e0 travers les discours scientifiques qui s\u2019y consacrent r\u00e9guli\u00e8rement, qu\u2019en donnant droit de cit\u00e9 aux productions litt\u00e9raires qui repr\u00e9sentent indirectement l\u2019univers touristique et ses manifestations \u00e0 travers l\u2019\u00e9criture. Toutes les contributions ici r\u00e9unies suivent un fil rouge mettant au c\u0153ur de la r\u00e9flexion le destinataire du tourisme, \u00e0 savoir le voyageur-touriste. Yanoshevsky n\u2019oublie pas de remarquer le statut de cette figure qui est \u00e0 la fois \u00ab&nbsp;un produit et un producteur des discours, le consommateur et le consomm\u00e9&nbsp;\u00bb. Son exp\u00e9rience peut \u00eatre manifestement repr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 travers le genre du r\u00e9cit de voyage, mais aussi demeurer implicite, souvent transf\u00e9r\u00e9e en filigrane dans les guides de voyage, dans une dialectique constante entre la pratique individuelle et l\u2019activit\u00e9 de groupe, \u00e0 la d\u00e9couverte de soi et de l\u2019Autre. Apr\u00e8s avoir fourni un survol non exhaustif mais tout aussi riche des approches discursives sur le tourisme dans ces deux derni\u00e8res d\u00e9cennies en et hors France, Yanoshevsky illustre la perspective adopt\u00e9e dans le recueil. Elle explique qu\u2019\u00e9tudier le tourisme ne signifie pas seulement s\u2019attarder sur la mise en mots des \u00e9nonc\u00e9s, qui structure le discours verbal autour du voyage et de ses acteurs, mais aussi travailler sur l\u2019image et les objets qui, \u00e0 l\u2019instar du texte, expriment symboliquement l\u2019univers touristique. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une perspective qui vise \u00e0 faire dialoguer le discursif et le s\u00e9miotique, en ouvrant par ailleurs l\u2019horizon aux approches cibl\u00e9es sur les m\u00e9tadiscours touristiques et leurs supports mat\u00e9riels de transmission (les guides, bien \u00e9videmment, mais aussi les catalogues, les sites, les cartes postales, les textes expographiques en accompagnement des images, etc.). Les \u00e9tudes r\u00e9unies dans ce num\u00e9ro rel\u00e8vent de perspectives aussi diff\u00e9rentes que l\u2019analyse du discours, la linguistique, l\u2019anthropologie, la sociologie, la litt\u00e9rature, les \u00e9tudes en sciences de l\u2019information et de la communication, ainsi que de m\u00e9thodes plurielles (analyses lexicales ou des repr\u00e9sentations, la rh\u00e9torique, la s\u00e9miotique, les \u00e9tudes interactionnelles). Cet ensemble h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne permet toutefois de d\u00e9gager, explique toujours la coordinatrice, trois axes dominantes&nbsp;: l\u2019imaginaire touristique qui guide l\u2019exp\u00e9rience du voyageur&nbsp;; le c\u00f4t\u00e9 pour ainsi dire \u00ab&nbsp;banal&nbsp;\u00bb de cette exp\u00e9rience qui s\u2019exprime souvent \u00e0 travers les st\u00e9r\u00e9otypes et les clich\u00e9s autour d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle ou immat\u00e9rielle&nbsp;; l\u2019exp\u00e9rience sensorielle qui transcende la mat\u00e9rialit\u00e9 discursive pour se faire corporelle, en convoquant \u00e0 travers les sens physiques et les \u00e9tats d\u2019esprit un corollaire d\u2019\u00e9motions et de sentiments qui participent \u00e0 la construction de l\u2019identit\u00e9 individuelle et collective du touriste-voyageur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le recueil s\u2019ouvre sur la contribution de Tal SELA (<em>Les p\u00e8lerinages de l\u2019Afrique francophone subsaharienne en Terre Sainte\u00a0: la formation discursive d\u2019une communaut\u00e9 de croyants<\/em>) qui se penche sur les discours du p\u00e8lerinage en Terre Sainte par des voyageurs provenant de l\u2019Afrique subsaharienne. L\u2019auteur met aussit\u00f4t l\u2019accent sur l\u2019imaginaire du p\u00e8lerinage. Cette emprise est une exp\u00e9rience personnelle voire intime, qui ne peut cependant faire abstraction de la dimension collective, bien r\u00e9sum\u00e9e par la notion de <em>communitas<\/em>. \u00c0 partir de ce postulat, Sela propose d\u2019observer, \u00e0 l\u2019aune des th\u00e9ories de l\u2019argumentation, de l\u2019analyse du discours et de la s\u00e9miotique visuelle, la relation singulier\/collectif \u00e0 travers les iconotextes qui accompagnent les voyages des p\u00e8lerins africains. Dans la premi\u00e8re partie, l\u2019auteur s\u2019attache \u00e0 \u00e9tudier du point de vue argumentatif et discursif une publicit\u00e9 sur la cha\u00eene t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e \u00ab\u00a0Lumi\u00e8res du monde\u00a0\u00bb (LMTV), dont l\u2019objectif est de promouvoir un p\u00e8lerinage en Terre Sainte destin\u00e9 aux chr\u00e9tiens africains, alors que dans la deuxi\u00e8me la m\u00eame analyse porte sur un autre support de diffusion\u00a0: les brochures que l\u2019agence de voyage b\u00e9ninoise <em>Gota<\/em> distribue \u00e0 ses clients chr\u00e9tiens potentiels. L\u2019article s\u2019ach\u00e8ve par une observation minutieuse sur la valeur des d\u00e9corations et des attestations obtenues par les p\u00e8lerins avant de prendre le chemin du retour.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article de Clint BRUCE et \u00c9milie URBAIN (<em>Discours du tourisme diasporique&nbsp;: l\u2019exemple d\u2019une visite louisianaise en Acadie<\/em>) est consacr\u00e9 aux discours du tourisme concernant les Acadiens, \u00e0 savoir la communaut\u00e9 francophone issue de la dispersion, \u00e0 la suite de la d\u00e9portation, de la population habitant les Provinces maritimes canadiennes au XVIIIe si\u00e8cle. Cette forme de tourisme, justement appel\u00e9 diasporique, est analys\u00e9e \u00e0 l\u2019aune des approches critiques du discours en sciences sociales (Fairclough 1992, 2010, Blommaert 2005), et s\u2019appuie sur des donn\u00e9es de terrain, \u00e0 savoir des entretiens et t\u00e9moignages de Louisianais et Louisianaises ayant visit\u00e9 les Provinces maritimes, recueillis lors du Congr\u00e8s mondial acadien (CMA) qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 du 10 au 24 ao\u00fbt 2019 dans les provinces du Nouveau-Brunswick et de \u00cele-du-Prince-\u00c9douard. L\u2019objectif est ici de montrer \u00ab&nbsp;que les r\u00e9unions comme celle du CMA 2019, avec leurs discours officiels, leurs activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9alogiques et patrimoniales et leurs visites de lieux historiques, constituent un terrain fertile pour l\u2019\u00e9tude des processus d\u2019identification diasporique&nbsp;\u00bb. C\u2019est \u00e0 travers les positionnements \u00e9nonciatifs des touristes louisianais et louisianaises vis-\u00e0-vis de leur h\u00e9ritage identitaire commun que la visite prend les contours d\u2019un v\u00e9ritable retour aux origines, une identification collective qui dans le corpus analys\u00e9 s\u2019exprime \u00e0 travers la m\u00e9taphore familiale et la visite des lieux de m\u00e9moire.<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet <em>Lessico dei Beni Culturali<\/em> de l\u2019Universit\u00e9 de Florence, men\u00e9 en collaboration avec d\u2019autres universit\u00e9s italiennes et \u00e9trang\u00e8res, fournit le sous-corpus de travail \u00e0 travers lequel Annick FARINA et Lorella SINI (<em>De la c\u00e9l\u00e9bration artistique au trouble \u00e9motionnel&nbsp;: les repr\u00e9sentations discursives de Florence dans les r\u00e9cits des \u00e9crivains-voyageurs) <\/em>\u00e9tudient les repr\u00e9sentations discursives de la ville de Florence dans la litt\u00e9rature de voyage, notamment du XIXe si\u00e8cle. L\u2019objectif est d\u2019observer, sur le plan discursif, l\u2019attachement dont font preuve les \u00e9crivains-voyageurs pour le <em>Rinascimento<\/em> et, corollairement, pour la ville qui en a \u00e9t\u00e9 le berceau. Cet int\u00e9r\u00eat est observ\u00e9 en suivant plusieurs pistes de r\u00e9flexions qui, s\u2019appuyant au niveau m\u00e9thodologique sur des recherches automatiques ou semi-automatiques, permettent de valoriser l\u2019exp\u00e9rience du voyage \u00e0 partir d\u2019une quantit\u00e9 de donn\u00e9es, notamment lexicales, qui pourraient passer inaper\u00e7ues dans une \u00e9criture lin\u00e9aire des textes et des r\u00e9cits de voyage. Dans un premier temps, les autrices rendent compte de l\u2019engouement des \u00e9crivains-voyageurs pour le patrimoine artistique de Florence \u00e0 l\u2019\u00e9poque m\u00e9dic\u00e9enne \u00e0 travers la description des \u00ab&nbsp;hauts-lieux&nbsp;\u00bb symboliques. Ensuite, elles passent en revue de nombreux mots-occurrences \u2013 l\u2019adjectif \u00ab&nbsp;beau&nbsp;\u00bb, par exemple, dont on propose une analyse tr\u00e8s pouss\u00e9e \u2013 qui plongent le lecteur, dans la derni\u00e8re partie, sur l\u2019investissement affectif de l\u2019\u00e9crivain-voyageur, comme dans le cas bien connu du \u00ab&nbsp;syndrome de Stendhal&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En partant du postulat que le tourisme et les pratiques qui lui sont associ\u00e9es transforment le paysage social, \u00e9conomique, naturel, politique, etc., Adam WILSON (<em>Marchandisation sans fronti\u00e8res&nbsp;: la construction discursive d\u2019espaces touristiques transnationaux en France<\/em>) s\u2019attache \u00e0 cerner dans et par le discours les changements qui d\u00e9coulent de la mise en tourisme d\u2019un endroit. Comme l\u2019\u00e9crit l\u2019auteur&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cet article a pour but de creuser les \u00e9l\u00e9ments discursifs de cette transformation d\u2019un espace au service du tourisme, de sa marchandisation en tant que destination&nbsp;\u00bb. Les destinations choisies pour la d\u00e9monstration sont les villes de Marseille et Metz, dont on compte \u00e9valuer tant la construction discursive que les cons\u00e9quences de leur mise en tourisme sur les imaginaires touristiques et g\u00e9ographiques. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, l\u2019auteur se sert des guides touristiques et des dossiers de presse r\u00e9gionale, en montrant les strat\u00e9gies discursives que ces documents mettent en \u0153uvre pour pr\u00e9senter les deux villes fran\u00e7aises comme deux espaces transnationaux \u00e9mergeants&nbsp;: m\u00e9diterran\u00e9en pour Marseille et europ\u00e9en, ou transfrontalier, pour Metz.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa contribution, H\u00e9cate VERGOPOULOS (<em>Les corps en jeu dans les guides de voyage<\/em>) aborde la repr\u00e9sentation du corps dans les guides de voyage. S\u2019inspirant d\u2019une approche s\u00e9mio-linguistique, cet article se fonde sur l\u2019id\u00e9e que le corps joue un r\u00f4le essentiel dans la construction de ce genre. Le guide en effet ne se limite pas \u00e0 proposer des itin\u00e9raires de voyage, mais a le but d\u2019orienter, de guider et de nourrir cette corpor\u00e9it\u00e9 dont plusieurs \u00e9tudes ont reconnu la centralit\u00e9 sans pour autant l\u2019aborder frontalement. Le corpus choisi est repr\u00e9sent\u00e9 par une s\u00e9lection de guides consacr\u00e9s \u00e0 la ville de New York, publi\u00e9s entre 2019 et 2020. Cette ville, beaucoup plus que d\u2019autres destinations, permet de \u00ab&nbsp;saisir ce que les guides entendent faire faire aux corps touristiques non seulement en termes d\u2019activit\u00e9s, mais aussi en termes de rythmes&nbsp;\u00bb. On part de l\u2019id\u00e9e que dans les guides touristiques le corps fonctionne comme un \u00e9l\u00e9ment de m\u00e9diation qui transfigure l\u2019environnement, en se d\u00e9couvrant lui-m\u00eame transform\u00e9 au bout du voyage, ce qui est clairement t\u00e9moign\u00e9 dans la mat\u00e9rialit\u00e9 textuelle par l\u2019alternance de discours embray\u00e9s et d\u00e9bray\u00e9s. Tous les sens sont convoqu\u00e9s pour rendre le s\u00e9jour du voyageur un exp\u00e9rience \u00e9motive, tandis que le mouvement permet d\u2019inscrire le corps dans l\u2019espace. Dans la derni\u00e8re partie, l\u2019article met l\u2019accent sur le \u00ab&nbsp;corps marchand&nbsp;\u00bb, une id\u00e9e qui repose sur le constat que dans les guides analys\u00e9s le c\u00f4t\u00e9 dysphorique du voyage \u2013 la fatigue, par exemple \u2013 n\u2019est presque jamais mentionn\u00e9e, \u00e0 moins qu\u2019elle ne fasse pas partie de l\u2019exp\u00e9rience sensorielle \u00ab&nbsp;qui se dit et se vit touristiquement&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9verine EQUOY HUTIN (<em>Tourisme radiophonique et imaginaires touristiques&nbsp;: quand les sons rendent sensibles les lieux, les pratiques et les acteurs<\/em>) se penche, quant \u00e0 elle, sur les strat\u00e9gies de mise en mots du tourisme dans le genre de l\u2019\u00e9mission radiophonique qui, m\u00eame sans reposer sur une dimension visuelle, est capable de \u00ab&nbsp;\u2018faire ressentir\u2019 des lieux, des paysages, des situations et \u00e0 capter l\u2019attention et l\u2019imagination de l\u2019auditeur&nbsp;\u00bb. L\u2019objectif de l\u2019\u00e9tude, qui s\u2019appuie sur le magazine <em>Et si on partait ?<\/em> diffus\u00e9 sur Europe 1 pendant l\u2019\u00e9t\u00e9 2020, est en effet de cerner tant sur le plan s\u00e9mio-discursif qu\u2019argumentatif les proc\u00e9d\u00e9s et les m\u00e9canismes discursifs qui \u00ab&nbsp;\u2018font tourisme\u2019 [\u2026] et rendent radiog\u00e9niques les territoires, les pratiques et les acteurs&nbsp;\u00bb. L\u2019analyse repose sur quatre strates&nbsp;: du positionnement et de la programmation&nbsp;; communicationnelle, de la s\u00e9quentialit\u00e9 et de la probl\u00e9matisation. Cette analyse fond\u00e9e sur une exp\u00e9rience de \u00ab&nbsp;tourisme sonore&nbsp;\u00bb met en lumi\u00e8re les enjeux \u00e9nonciatifs, g\u00e9n\u00e9riques et argumentatifs de l\u2019\u00e9mission radiophonique qui, justement \u00e0 cause de l\u2019absence des images, permet d\u2019\u00e9voquer chez l\u2019auditeur un riche imaginaire spatio-temporel en cr\u00e9ant l\u2019illusion d\u2019un vrai voyage, avec ses itin\u00e9raires, ses moments d\u2019\u00e9vasion et de contemplation des lieux proches ou lointains.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dossier s\u2019ach\u00e8ve par la repr\u00e9sentation du tourisme de masse dans le discours litt\u00e9raire, et notamment dans deux romans de Michel Houellebecq&nbsp;: <em>Lanzarote <\/em>et <em>Plateforme<\/em>. Carole DELAITRE (<em>Entre \u00e9loge et bl\u00e2me&nbsp;: polyphonie et critique du tourisme dans <\/em>Lanzarote <em>et <\/em>Plateforme <em>de Michel Houellebecq<\/em>) s\u2019appuie sur le postulat que l\u2019activit\u00e9 touristique n\u2019est pas toujours une exp\u00e9rience digne d\u2019\u00eatre transform\u00e9e en ouvrage litt\u00e9raire, et que certaines des repr\u00e9sentations fictionnelles existantes \u00ab&nbsp;ont contribu\u00e9 \u00e0 propager pendant un si\u00e8cle et demi une image n\u00e9gative et st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e des touristes, mais aussi du tourisme d\u00e9crit comme une forme d\u00e9grad\u00e9e du voyage&nbsp;\u00bb. Houellebecq, toutefois, ne n\u00e9glige pas les modalit\u00e9s discursives par lesquelles l\u2019exp\u00e9rience n\u00e9gative, ainsi que les d\u00e9formations de l\u2019industrie touristique, sont susceptibles d\u2019\u00eatre transpos\u00e9es en litt\u00e9rature. Dans le corpus analys\u00e9, cela se fait \u00e0 travers une double polyphonie&nbsp;: \u00e9nonciative dans \u00ab&nbsp;Plateforme&nbsp;\u00bb uniquement, et discursive dans les deux textes. Alors que pour la premi\u00e8re forme de polyphonie, l\u2019ironie qui d\u00e9coule du clivage \u00e9nonciatif entre le point de vue du narrateur et celui du personnage permet \u00e0 l\u2019auteur de porter un regard critique sur le tourisme de masse, la deuxi\u00e8me forme laisse appara\u00eetre en revanche les strat\u00e9gies de s\u00e9duction, nourries de st\u00e9r\u00e9otypes, que Houellebecq d\u00e9nonce en pointant ainsi du doigt les inconv\u00e9nients de la d\u00e9mocratisation touristique.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux articles de la section <em>Varia<\/em> compl\u00e8tent ce riche num\u00e9ro. Le texte de Laurence ARRIGHI <em>(L\u2019analphab\u00e9tisme au sein d\u2019une communaut\u00e9 linguistique minoritaire\u00a0: la construction du sujet en probl\u00e8me social (1984-1998))<\/em> s\u2019attarde sur la question de l\u2019alphab\u00e9tisation en contexte linguistique minoritaire, en lien avec la question de la d\u00e9pr\u00e9ciation voire auto-d\u00e9pr\u00e9ciation, au sein du d\u00e9bat public, des pratiques langagi\u00e8res des Acadiens du Nouveau-Brunswick. L\u2019autrice propose ici d\u2019observer \u00e0 travers l\u2019exploration du quotidien acadien <em>L\u2019Acadie Nouvelle<\/em> comment le contexte socio-discursif transforme en d\u00e9bat public la r\u00e9flexion sur l\u2019analphab\u00e9tisme qui circule au sein de la communaut\u00e9 linguistique acadienne. Arrighi se sert des outils de l\u2019argumentation rh\u00e9torique en r\u00e9fl\u00e9chissant aux jugements sur la comp\u00e9tence linguistique des acadiens parsem\u00e9s dans le discours de presse, et plus g\u00e9n\u00e9ralement sur les \u00e9tapes que suit la construction rh\u00e9torique d\u2019un tel discours au sein de r\u00e9alit\u00e9s fortement minoritaires et marginalis\u00e9es. Car, conclut l\u2019autrice, la question de l\u2019analphab\u00e9tisme au N.-B. \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente bien avant sa mont\u00e9e en tension mais \u00ab n\u2019\u00e9tait pas pens\u00e9[e] comme une situation rem\u00e9diable\u00a0\u00bb. Leslie PISON (<em>La dissonance dans le dissensus\u00a0: manifestations et cons\u00e9quences argumentatives d\u2019une attaque psychologisante<\/em>) s\u2019appuie sur un corpus de tweet afin d\u2019analyser sur le plan argumentatif l\u2019expression \u00ab\u00a0dissonance cognitive\u00a0\u00bb et comment celle-ci est utilis\u00e9e dans des propos pol\u00e9miques. L\u2019analyse en contexte de cette expression permet de relever les diff\u00e9rentes expansions et modifications qu\u2019elle subit en discours, ainsi que l\u2019ensemble des commentaires m\u00e9ta-argumentatifs cens\u00e9s d\u00e9finir les bases de la bonne argumentation. Pison montre que l\u2019accusation de \u00ab\u00a0dissonance cognitive\u00a0\u00bb ne permet pas seulement \u00e0 l\u2019accusateur de renforcer son point de vue, en disqualifiant parall\u00e8lement celui de l\u2019adversaire, mais s\u2019av\u00e8re \u00eatre un v\u00e9ritable paralogisme, un argument <em>ad hominem tu quoque <\/em>qui s\u2019en prend \u00e0 l\u2019\u00e9nonciateur plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 ses dires, et le fait apparaitre comme incapable de produire des argumentations logiques. \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>[Francesco Attruia]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Galia YANOSHEVSKY (dir.), Les discours du tourisme, Argumentation &amp; Analyse du Discours, N\u00b0 27, 2021. Le dernier num\u00e9ro de la revue du groupe ADARR, coordonn\u00e9 par Galia YANOSHEVSKY, est consacr\u00e9 aux discours du tourisme. Issue d\u2019un atelier de recherche de 2019 portant sur les \u00ab&nbsp;Discourses and Materialities of Tourism&nbsp;\u00bb, cette livraison se propose de cerner\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2022\/02\/25\/galia-yanoshevsky-dir-les-discours-du-tourisme\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":52,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31],"tags":[],"class_list":["post-504","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n-45"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/504"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/52"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=504"}],"version-history":[{"count":6,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/504\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":549,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/504\/revisions\/549"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=504"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=504"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=504"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}