{"id":425,"date":"2021-11-03T18:07:43","date_gmt":"2021-11-03T17:07:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=425"},"modified":"2021-11-07T11:07:28","modified_gmt":"2021-11-07T10:07:28","slug":"paissa-p-conoscenti-m-druetta-r-solly-m-dir-metaphor-and-conflict-metaphore-et-conflit","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2021\/11\/03\/paissa-p-conoscenti-m-druetta-r-solly-m-dir-metaphor-and-conflict-metaphore-et-conflit\/","title":{"rendered":"PAISSA P., CONOSCENTI M., DRUETTA R., SOLLY M. (dir.), Metaphor and conflict \/ M\u00e9taphore et conflit"},"content":{"rendered":"\n<p>Paissa P., Conoscenti M., Druetta R., Solly M. (dir.), <em>Metaphor and conflict\/ M\u00e9taphore et conflit<\/em>, Bern, Peter Lang (Collection <em>Linguistic Insights<\/em>, 272), 2020, 386 p.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage <em>Metaphor and conflict\/ M\u00e9taphore et conflit<\/em>, publi\u00e9 sous la direction de Paola Paissa, Michelangelo Conoscenti, Ruggero Druetta et Martin Solly, regroupe des essais qui proposent une approche de la m\u00e9taphore envisag\u00e9e sous l\u2019angle du conflit. La notion de conflit est approfondie d\u2019un point de vue \u00e9pist\u00e9mologique, puisque la m\u00e9taphore peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme le r\u00e9sultat d\u2019un \u00ab&nbsp;conflit conceptuel&nbsp;\u00bb, selon la perspective qu\u2019a d\u00e9velopp\u00e9e Michele Prandi tout au long de ses \u00e9tudes, et d\u2019un point de vue fonctionnaliste, puisque la m\u00e9taphore constitue aussi un puissant outil d\u2019argumentation. Le conflit d\u00e9coule \u2013 dans ce cas \u2013 de l\u2019utilisation de la figure \u00ab&nbsp;dans un effet de persuasion, pour surmonter la r\u00e9sistance de la partie adverse, pour valider (ou, \u00e0 l\u2019inverse, pour discr\u00e9diter) un point de vue&nbsp;\u00bb (27), en particulier dans le discours politique et m\u00e9diatique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les chapitres qui composent le volume proviennent des communications pr\u00e9sent\u00e9es lors d\u2019un colloque organis\u00e9 \u00e0 Turin en 2016 ainsi que des recherches men\u00e9es dans le cadre du projet national (PRIN 2015) <em>Nuove prospettive nella ricerca sulle metafore (Nouvelles perspectives de recherche sur les m\u00e9taphores)<\/em>. Dans l\u2019introduction, <em>Metaphor and Conflict&nbsp;: A Challenging Pair\/ M\u00e9taphore et conflit&nbsp;: un bin\u00f4me r\u00e9v\u00e9lateur<\/em>, les auteurs \u00e9clairent les pr\u00e9suppos\u00e9s th\u00e9oriques qui fondent l\u2019optique choisie pour analyser la m\u00e9taphore, en s\u2019arr\u00eatant en particulier sur les fonctions argumentatives et sur le statut ontologique et d\u00e9finitionnel de la figure. Au niveau argumentatif, la notion de conflit est centrale surtout dans le contexte du discours politique, un espace privil\u00e9gi\u00e9 d\u2019affrontement entre des points de vue, des id\u00e9ologies, des visions de l\u2019homme et de la soci\u00e9t\u00e9 diff\u00e9rents. En d\u2019autres termes, la m\u00e9taphore, qui peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un \u00ab&nbsp;argument abr\u00e9g\u00e9&nbsp;\u00bb, participe pleinement au d\u00e9roulement de certaines situations communicatives intrins\u00e8quement agonales, en devenant un moyen de mitigation ou d\u2019intensification du conflit. Mais le lien entre conflit et m\u00e9taphore peut concerner la nature m\u00eame de la figure, cette derni\u00e8re \u00e9tant engendr\u00e9e \u2013 dans certains cas \u2013 par un conflit entre concepts ou entre sph\u00e8res conceptuelles (Prandi 1992, 2017). Comme le remarquent les auteurs, les \u00ab&nbsp;m\u00e9taphores conflictuelles&nbsp;\u00bb sont des \u00ab&nbsp;m\u00e9taphores vives&nbsp;\u00bb (Ric\u0153ur 1975)&nbsp;; elles ne co\u00efncident pas avec les concepts m\u00e9taphoriques structurant la pens\u00e9e coh\u00e9rente qui ont \u00e9t\u00e9 illustr\u00e9s principalement dans le cadre des approches cognitives. Gr\u00e2ce \u00e0 une tension marquant la relation entre les deux p\u00f4les impliqu\u00e9s dans le m\u00e9canisme figural \u2013 \u00ab&nbsp;teneur&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;v\u00e9hicule&nbsp;\u00bb (Richards 1936), \u00ab&nbsp;th\u00e8me&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;phore&nbsp;\u00bb (Perelman, Olbrechts-Tyteca 1958), \u00ab&nbsp;cadre&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;foyer&nbsp;\u00bb\/ \u00ab&nbsp;sujet de discours principal&nbsp;\u00bb (ou \u00ab&nbsp;primaire&nbsp;\u00bb) et \u00ab&nbsp;sujet de discours subsidiaire&nbsp;\u00bb (ou \u00ab&nbsp;secondaire&nbsp;\u00bb) (Black 1954, 1979), domaine \u00ab&nbsp;cible&nbsp;\u00bb et domaine \u00ab&nbsp;source&nbsp;\u00bb (Lakoff, Johnson 1980) \u2013, elles deviennent les centres d\u2019irradiation de relations in\u00e9dites, qui \u00e9branlent les cat\u00e9gories sur lesquelles repose une vision du monde et des choses reconnue et partag\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re partie du volume, <em>Of Metaphors and Theory\/ M\u00e9taphore et th\u00e9orie, <\/em>s\u2019ouvre sur un essai de Michele Prandi, <em>Syntaxe formelle et coh\u00e9rence textuelle&nbsp;: deux sources pour le conflit conceptuel<\/em>, o\u00f9 l\u2019auteur montre que le conflit conceptuel, d\u2019o\u00f9 d\u00e9coulent les \u00ab&nbsp;m\u00e9taphores vives&nbsp;\u00bb, ne constitue pas un ph\u00e9nom\u00e8ne univoque. Prandi consid\u00e8re le cas du noyau de la phrase, o\u00f9 l\u2019expression linguistique, soumise \u00e0 un moule grammatical rigide, code un signifi\u00e9 complexe autonome par rapport aux contenus conceptuels organis\u00e9s, et le cas de la structure <em>nom de nom<\/em>, o\u00f9 l\u2019expression linguistique, soumise \u00e0 un moule grammatical large, n\u2019arrive pas \u00e0 offrir une charpente formelle ind\u00e9pendante des contenus conceptuels. Dans le noyau de la phrase, les syntagmes nominaux qui saturent le verbe re\u00e7oivent leur r\u00f4le en se fondant sur les relations grammaticales et &nbsp;actualisent ainsi un \u00ab&nbsp;codage relationnel&nbsp;\u00bb (59). Le syntagme nominal, au contraire, se caract\u00e9rise par un \u00ab&nbsp;codage&nbsp;ponctuel&nbsp;\u00bb (59), qui peut \u00eatre envisag\u00e9 comme une grandeur graduelle, oscillant entre des formes de \u00ab&nbsp;sous-codage&nbsp;\u00bb (50), comme dans la structure <em>nom de nom<\/em>, et des formes de \u00ab&nbsp;surcodage&nbsp;\u00bb (59). Dans l\u2019occurrence <em>Tu lui verses l\u2019espoir <\/em>(Baudelaire), \u00ab&nbsp;le conflit est une propri\u00e9t\u00e9 structurale du signifi\u00e9 complexe de l\u2019expression&nbsp;\u00bb (55) et il constitue une condition pr\u00e9alable au d\u00e9clenchement de l\u2019interpr\u00e9tation figurale, m\u00e9taphorique ou m\u00e9tonymique, au niveau du texte. En pr\u00e9sence d\u2019un moule large et donc d\u2019un r\u00e9gime de \u00ab&nbsp;codage ponctuel \u00bb, le conflit est inscrit non pas dans l\u2019expression, mais dans le texte dont elle fait partie. Une occurrence comme <em>the winter of our discontent <\/em>(\u00ab&nbsp;l\u2019hiver de notre m\u00e9contentement&nbsp;\u00bb, Shakespeare) admet hors contexte une interpr\u00e9tation coh\u00e9rente mais, lorsqu\u2019elle est replac\u00e9e dans le cadre plus large du texte shakespearien, cette m\u00eame occurrence d\u00e9voile sa port\u00e9e m\u00e9taphorique&nbsp;: la tension conceptuelle constitue une option interpr\u00e9tative motiv\u00e9e par la progression textuelle. Comme l\u2019observe l\u2019auteur, \u00ab&nbsp;la charpente conceptuelle de la coh\u00e9rence d\u2019un texte est aussi contraignante que la charpente syntaxique formelle d\u2019une phrase&nbsp;\u00bb (69). Dans ce cas de \u00ab&nbsp;sous-codage&nbsp;\u00bb, la m\u00e9taphore n\u2019est pas en comp\u00e9tition avec la m\u00e9tonymie, mais avec une relation coh\u00e9rente&nbsp;: \u00ab&nbsp;l\u2019activation d\u2019une m\u00e9tonymie&nbsp;\u00bb, en fait, \u00ab&nbsp;pr\u00e9suppose qu\u2019un conflit est donn\u00e9 au pr\u00e9alable comme propri\u00e9t\u00e9 structurale du signifi\u00e9 d\u2019une expression dans un r\u00e9gime de codage rigide&nbsp;\u00bb (71).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019essai de Christian Plantin, <em>On the Argumentative Vulnerabilities of Metaphors<\/em>, propose une \u00e9tude li\u00e9e \u00e0 l\u2019autre versant de la recherche qu\u2019expose le volume. En effet, l\u2019auteur examine le processus m\u00e9taphorique dans un environnement argumentatif-interactionnel, en inscrivant son analyse dans le sillage de la pragmatique des figures du discours qu\u2019a d\u00e9velopp\u00e9e Marc Bonhomme. Dans la premi\u00e8re partie de l\u2019article, Plantin r\u00e9sume l\u2019approche de la m\u00e9taphore qu\u2019illustre la <em>Rh\u00e9torique <\/em>d\u2019Aristote, o\u00f9 la figure&nbsp;est consid\u00e9r\u00e9e comme le principal instrument de persuasion. Selon ce point de vue, elle ne peut \u00eatre neutralis\u00e9e que par une autre m\u00e9taphore. Dans la deuxi\u00e8me partie, l\u2019auteur montre que certaines configurations m\u00e9taphoriques et les analogies qui les sous-tendent peuvent \u00eatre l\u2019objet d\u2019une r\u00e9futation. En particulier, d\u2019apr\u00e8s lui, ce sont les m\u00e9taphores remplissant une fonction de mod\u00e8les id\u00e9ologiques implicites qui risquent d\u2019\u00eatre remplac\u00e9es par d\u2019autres m\u00e9taphores ou d\u2019\u00eatre rejet\u00e9es quand elles sont retenues inad\u00e9quates \u2013 sur le plan descriptif ou sur le plan th\u00e9orique \u2013 \u00e0 canaliser la recherche scientifique. Autrement dit, la recat\u00e9gorisation que r\u00e9alise la m\u00e9taphore peut entrer en concurrence avec des formes de recat\u00e9gorisation ax\u00e9es sur des crit\u00e8res scientifiques, selon une optique qui reprend l\u2019opposition entre le m\u00e9taphorique et le litt\u00e9ral, la figure \u00e9tant envisag\u00e9e comme une sorte d\u2019\u00ab&nbsp;obstacle \u00e9pist\u00e9mologique&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son essai <em>Les conflits entre s\u00e9duction et rationalit\u00e9 dans la m\u00e9taphore argumentative<\/em>, Marc Bonhomme vise \u00e0 r\u00e9\u00e9valuer positivement l\u2019argumentation m\u00e9taphorique et \u00e0 montrer son fonctionnement par rapport \u00e0 une double perspective. En adoptant une approche rh\u00e9torico-pragmatique et en s\u2019appuyant sur un corpus constitu\u00e9 principalement de textes politiques, publicitaires et didactiques, il relie la m\u00e9taphore \u00e0 une dimension argumentative conflictuelle, o\u00f9 s\u2019alternent ou m\u00eame coexistent une argumentation par s\u00e9duction et une argumentation par explication. L\u2019auteur s\u2019int\u00e9resse d\u2019abord \u00e0 \u00ab&nbsp;la facette s\u00e9ductrice de l\u2019argumentation m\u00e9taphorique&nbsp;\u00bb (101). \u00c0 partir de l\u2019analyse d\u2019un titre de presse et d\u2019un slogan publicitaire, il observe que la m\u00e9taphore permet de d\u00e9velopper une \u00ab&nbsp;argumentation synth\u00e9tique, court-circuit\u00e9e, plus ph\u00e9nom\u00e9nologique que logique, qui op\u00e8re davantage selon une participation empathique \u00e0 des valeurs que sur des calculs et des cheminements inf\u00e9rentiels&nbsp;\u00bb (103). Bonhomme se &nbsp;tourne ensuite vers \u00ab la facette rationnelle de l\u2019argumentation&nbsp;m\u00e9taphorique&nbsp;\u00bb (104), qu\u2019il approfondit en examinant des configurations m\u00e9taphoriques conventionnelles rep\u00e9rables dans des contextes vari\u00e9s. D\u2019apr\u00e8s lui, l\u2019utilisation de m\u00e9taphores stabilis\u00e9es dans nos repr\u00e9sentations communes, qu\u2019elles soient ponctuelles ou fil\u00e9es, favorise \u00ab&nbsp;les encha\u00eenements logico-d\u00e9ductif&nbsp;\u00bb (104), en engendrant une argumentation rationnelle, \u00ab non plus centr\u00e9e sur l\u2019axiologie et le pathos, m\u00eame s\u2019ils peuvent rester \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan, mais sur le logos&nbsp;\u00bb (104). L\u2019auteur r\u00e9v\u00e8le ainsi que les deux facettes, s\u00e9ductrice et rationnelle, de la m\u00e9taphore argumentative comportent \u00ab&nbsp;une gestion discursive diversifi\u00e9e&nbsp;\u00bb (109), en fonction des genres, des th\u00e9matiques et des objectifs. L\u2019argumentation m\u00e9taphorique par s\u00e9duction, rapide et suggestive, est privil\u00e9gi\u00e9e dans les situations qui r\u00e9clament la sollicitation d\u2019une imagerie \u00e0 port\u00e9e symbolique, tandis que l\u2019argumentation m\u00e9taphorique par explication se plie surtout aux exigences de contextes qui r\u00e9clament une d\u00e9marche plus rigoureuse. De toute fa\u00e7on, dans certains types de textes, les deux modalit\u00e9s peuvent coexister, en d\u00e9ployant pleinement le potentiel argumentatif de la m\u00e9taphore.<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution de Martin Solly, <em>\u00ab&nbsp;It\u2019s Like Herding Cats&nbsp;<\/em><em>\u00bb&nbsp;<\/em><em>: Metalanguage and Metaphor Use in Disclosure and Nondisclosure Discourse<\/em>, est centr\u00e9e sur des aspects sp\u00e9cifiques du langage caract\u00e9risant le discours de divulgation et de non-divulgation d\u2019informations et de connaissances. L\u2019analyse, qui consid\u00e8re aussi des questions \u00e9thiques et juridiques concernant le rapport complexe entre le droit \u00e0 la confidentialit\u00e9 et le droit \u00e0 la transparence, porte en particulier sur les conceptualisations m\u00e9taphoriques qui traversent ce type de discours, comme celles de transparence ou de fuite d\u2019informations. L\u2019examen de la m\u00e9taphore du \u00ab&nbsp;dog whistle&nbsp;\u00bb (138), litt\u00e9ralement \u00ab&nbsp;sifflet pour chien&nbsp;\u00bb, permet \u00e0 l\u2019auteur de se pencher sur le discours politique et de mettre en \u00e9vidence les retomb\u00e9es n\u00e9gatives de l\u2019emploi d\u2019un langage cod\u00e9 v\u00e9hiculant le plus souvent des notions sexistes ou racistes. L\u2019\u00e9tude aborde des questions qui int\u00e9ressent de plus en plus l\u2019opinion publique et qui sont au centre de nombreux d\u00e9bats et discussions, en envisageant l\u2019examen de l\u2019\u00e9volution de certaines conceptualisations m\u00e9taphoriques comme instruments essentiels de d\u00e9sambigu\u00efsation.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me partie de l\u2019ouvrage, <em>Political and Media Discourse&nbsp;: Case Studies\/ Discours politique et m\u00e9diatique&nbsp;: \u00e9tudes de cas<\/em>, est introduite par l\u2019essai de Paola Paissa, <em>Le mot m\u00e9taphore marqueur m\u00e9tadiscursif (MMM)&nbsp;: formes et fonctions discursives<\/em>, qui propose une \u00e9tude innovatrice d\u2019un aspect peu explor\u00e9 dans le cadre des recherches sur la m\u00e9taphore. En adoptant une approche pragmatique et fonctionnaliste, l\u2019auteure analyse le potentiel argumentatif et pol\u00e9mique de la m\u00e9taphore \u00ab&nbsp;d\u00e9clar\u00e9e&nbsp;\u00bb, du type \u00ab&nbsp;X est une m\u00e9taphore de Y&nbsp;\u00bb et, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, de l\u2019utilisation du terme \u00ab m\u00e9taphore \u00bb comme marqueur m\u00e9tadiscursif (MMM). Apr\u00e8s avoir trac\u00e9 un panorama des \u00e9tudes encore fragment\u00e9es concernant la pr\u00e9sence de la terminologie rh\u00e9torique dans le langage ordinaire, elle explore le versant m\u00e9tadiscursif de la m\u00e9taphore en prenant en consid\u00e9ration le discours de la presse. \u00c0 partir de la taxinomie mise au point par Kleiber (2015, 2016), qui distingue trois emplois du mot \u00ab m\u00e9taphore \u00bb \u2013 m\u00e9taphore de mot, m\u00e9taphore de concept et m\u00e9taphore d\u2019objet \u2013, Paissa examine un corpus constitu\u00e9 \u00e0 partir de la consultation de la base de donn\u00e9es <em>Europresse<\/em> dans la p\u00e9riode comprise entre janvier 2017 et f\u00e9vrier 2019. L\u2019auteure centre &nbsp;d\u2019abord son attention sur les configurations morphosyntaxiques qui accueillent le MMM (pr\u00e9dication nominale, apposition et construction endophorique), pour consid\u00e9rer ensuite sa fonction en tant que modalisateur d\u2019\u00e9nonciation ainsi que son r\u00f4le dans l\u2019att\u00e9nuation du conflit conceptuel inh\u00e9rent \u00e0 certaines m\u00e9taphores. Dans la derni\u00e8re partie de son \u00e9tude, l\u2019auteure observe que \u00ab les finalit\u00e9s argumentatives du MMM [\u2026] sont essentiellement li\u00e9es \u00e0 son r\u00f4le de balise du travail d\u2019interpr\u00e9tation du destinataire&nbsp;\u00bb (166-167) et que ces finalit\u00e9s \u00ab&nbsp;se laissent ramener \u00e0 deux enjeux argumentatifs majeurs&nbsp;\u00bb (167)&nbsp;: un enjeu descriptif et un enjeu axiologique. Paissa montre, en outre, que le MMM peut v\u00e9hiculer une conception ordinaire et spontan\u00e9e de la m\u00e9taphore, t\u00e9moignant de l\u2019appartenance de la figure \u00ab&nbsp;\u00e0 la dimension symbolique, voire mythique de notre imaginaire langagier&nbsp;\u00bb (169) et, en conclusion, elle prend \u00e9galement en consid\u00e9ration son emploi comme proc\u00e9d\u00e9 apte \u00e0 \u00ab&nbsp;r\u00e9gler l\u2019\u00e9cart entre le plan du discours et celui de la r\u00e9alit\u00e9 factuelle&nbsp;\u00bb (171).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019essai d\u2019Elisabetta Zurru, <em>Multimodal and Visual Metaphors in Social Media&nbsp;: a Case Study in Political Discourse<\/em>, pr\u00e9sente une \u00e9tude des m\u00e9taphores visuelles et multimodales utilis\u00e9es dans les m\u00e9dias sociaux et dans le contexte du discours politique. En reprenant l\u2019approche tridimensionnelle de Steen (2015) et les principes de l\u2019analyse de genre (Swales 1990, Lomborg 2013), l\u2019auteure \u00e9tudie un corpus comprenant les r\u00e9actions \u00e0 un tweet de Donald Trump \u00e9voquant la pr\u00e9paration du discours prononc\u00e9 apr\u00e8s l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2016. Zurru consid\u00e8re notamment des tweets qui actualisent des m\u00e9taphores du type&nbsp;<em>Donald Trump is a child<\/em> (\u00ab&nbsp;Donald Trump est un enfant&nbsp;\u00bb) ou <em>Donald Trump is an incompetent writer <\/em>(\u00ab Donald Trump est un \u00e9crivain incomp\u00e9tent \u00bb), en montrant que les m\u00e9dias sociaux peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des genres par rapport auxquels les m\u00e9taphores de nature visuelle ou multimodale constituent \u00e0 la fois des traits stylistiques sp\u00e9cifiques et des strat\u00e9gies communicatives efficaces, contribuant \u00e0 transmettre le caract\u00e8re conflictuel du d\u00e9bat politique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>Le conflit argumentatif au prisme de la m\u00e9taphore&nbsp;: l\u2019interview d\u2019Emmanuel Macron du 15 octobre 2017<\/em>, Ruggero Druetta examine lui aussi la fonction de la m\u00e9taphore dans le contexte du discours politique, en prenant en consid\u00e9ration en particulier les effets de la figure sur l\u2019ethos du locuteur. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, son \u00e9tude est centr\u00e9e sur le m\u00e9canisme du conflit nominatif, un ph\u00e9nom\u00e8ne qui consiste \u00e0 rejeter une d\u00e9signation choisie par l\u2019adversaire pour en proposer une autre capable de favoriser la poursuite d\u2019objectifs argumentatifs sp\u00e9cifiques. Druetta interroge les cas o\u00f9 cette d\u00e9signation alternative pr\u00e9sente une port\u00e9e m\u00e9taphorique, en d\u00e9veloppant une analyse tr\u00e8s int\u00e9ressante de la m\u00e9taphore des <em>premiers de cord\u00e9e <\/em>\u00e0 laquelle a eu recours Macron pendant une interview t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e de 2017, lors d\u2019un conflit nominatif d\u00fb au rejet de l\u2019une des expressions utilis\u00e9es par le journaliste. Apr\u00e8s avoir examin\u00e9 le statut rh\u00e9torique et argumentatif de la m\u00e9taphore macronienne, l\u2019auteur se penche sur les composantes co-verbales qui accompagnent son utilisation ainsi que sur les d\u00e9formations dont elle fait l\u2019objet dans le discours des adversaires ou des humoristes. En plus d\u2019accro\u00eetre l\u2019efficacit\u00e9 du discours, vu sa capacit\u00e9 de se plier \u00e0 des exigences argumentatives sp\u00e9cifiques, la m\u00e9taphore appara\u00eet bien comme un puissant moyen de \u00ab&nbsp;sublimation&nbsp;\u00bb du conflit.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019appuyant sur les r\u00e9sultats d\u2019une recherche pr\u00e9c\u00e9dente (Cafferena, Conoscenti 2017), l\u2019essai de Michelangelo Conoscenti, <em>Visual Metaphor vs. Verbal Metaphor. Trump and the International Relations Conceptual Metaphors in the Fincancial Times Editorial Cartoons<\/em>, porte sur l\u2019analyse des m\u00e9taphores visuelles dans les dessins de presse. \u00c0 partir d\u2019un corpus constitu\u00e9 de 42 articles du <em>Financial Times<\/em>, l\u2019auteur \u00e9tudie les repr\u00e9sentations des figures de Trump et de Xi Jinping et notamment les configurations m\u00e9taphoriques li\u00e9es aux relations internationales. Conoscenti observe que les m\u00e9taphores visuelles, que r\u00e9alisent les dessins, condensent des narrations coh\u00e9rentes et qu\u2019elles interagissent avec d\u2019autres sections de l\u2019article, comme le titre ou le texte dans son ensemble. L\u2019analyse r\u00e9v\u00e8le que les dessins de presse trahissent souvent une position critique \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la personne ou de la situation \u00e9voqu\u00e9es, en agissant comme des activateurs d\u2019isotopies. Ils finissent par imposer au lecteur un cadre interpr\u00e9tatif sp\u00e9cifique, qui aboutit \u00e0 la limitation de sa libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019essai de Jonathan Charteris-Black, <em>Happy Families and Special Relationships<\/em>, pr\u00e9sente une \u00e9tude des m\u00e9taphores utilis\u00e9es par les politiciens, dans le cadre des m\u00e9dias sociaux et de la presse, pour canaliser les enjeux \u00e9thiques et politiques d\u00e9coulant du Brexit. La typologie des figures impliqu\u00e9es dans les d\u00e9bats qu\u2019a provoqu\u00e9s le referendum de 2016 est examin\u00e9e en fonction des points de vue divergents des partisans de la sortie de la Grande-Bretagne de l\u2019Union Europ\u00e9enne et de ceux qui, au contraire, ont contest\u00e9 ce processus. L\u2019auteur analyse en particulier les m\u00e9taphores li\u00e9es aux analogies nation-famille et nation-personne, en mettant en \u00e9vidence que les modalit\u00e9s de projection sur le domaine politique des mod\u00e8les que fournissent les relations sociales v\u00e9hiculent des mani\u00e8res diverses et souvent oppos\u00e9es d\u2019envisager les rapports avec l\u2019Europe. L\u2019emploi fr\u00e9quent de la m\u00e9taphore de \u00ab&nbsp;famille europ\u00e9enne&nbsp;\u00bb a comport\u00e9 l\u2019abandon de la m\u00e9taphore familiale de la part des politiciens en faveur du Brexit, qui ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 se servir de termes exprimant un certain degr\u00e9 de d\u00e9tachement affectif&nbsp;: \u00ab&nbsp;amiti\u00e9&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;partenariat&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;voisinage&nbsp;\u00bb. En effet, la tendance de la Commission Europ\u00e9enne \u00e0 utiliser la m\u00e9taphore de la famille est l\u2019indice de la tentative de promouvoir un sentiment d\u2019identit\u00e9 commune d\u00e9passant les nationalismes et elle exprime, par cons\u00e9quent, un point de vue diff\u00e9rent de celui des partisans du Brexit, qui \u2013 dans certains cas \u2013 ont pr\u00e9sent\u00e9 le Commonwealth comme la seule famille \u00e0 laquelle revenir.<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution d\u2019Andreas Musolff, <em>How (Not&nbsp;?) to Use Metaphor in a Conflict&nbsp;? <\/em><em>Brexit as a Test Case for Conflict Escalation via Metaphor and Hyperbole<\/em>, concerne les enjeux s\u00e9mantiques et pragmatiques li\u00e9s \u00e0 l\u2019utilisation du proverbe <em>You cannot have your cake and eat it<\/em> (\u00ab&nbsp;On ne peut pas avoir le beurre et l\u2019argent du beurre&nbsp;\u00bb) dans le cadre des d\u00e9bats et des discussions sur le Brexit. S\u2019appuyant sur un corpus constitu\u00e9 de textes de presse publi\u00e9s de f\u00e9vrier 2016 \u00e0 f\u00e9vrier 2019, l\u2019auteur montre que les manipulations auxquelles ce proverbe a \u00e9t\u00e9 soumis, en particulier l\u2019emploi invers\u00e9 qu\u2019en a fait le conservateur Boris Johnson, <em>We can have our cake and eat it<\/em> (\u00ab Nous pouvons avoir le beurre et l\u2019argent du beurre&nbsp;\u00bb), ont conditionn\u00e9 la perception des rapports entre le Royaume-Uni et l\u2019Union Europ\u00e9enne. L\u2019analyse r\u00e9v\u00e8le que la combinaison de la m\u00e9taphore et de l\u2019hyperbole \u2013 qui caract\u00e9rise le proverbe concern\u00e9 \u2013 cr\u00e9e un dispositif rh\u00e9torique et conceptuel capable d\u2019intensifier les tensions provoqu\u00e9es par le Brexit.<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me partie du volume, <em>\u2026 and Beyond\/ Et au-del\u00e0<\/em>, d\u00e9bute par la contribution de Silvia Modena, <em>\u00ab Facil\u00e9co \u2013 Mieux comprendre l\u2019\u00e9conomie&nbsp;\u00bb&nbsp;: la sc\u00e9nographie m\u00e9taphorique de la s\u00e9rie p\u00e9dagogique \u00ab Dr CAC&nbsp;\u00bb<\/em>. En adoptant une double approche, \u00e9nonciative et argumentative, l\u2019auteure analyse les configurations m\u00e9taphoriques pr\u00e9sentes dans la s\u00e9rie p\u00e9dagogique <em>Dr CAC \u2013 C\u2019est Assez Clair&nbsp;! <\/em>disponible sur le site <em>Facil\u00e9co \u2013 Mieux comprendre l\u2019\u00e9conomie<\/em>. Apr\u00e8s avoir d\u00e9fini le cadre th\u00e9orique sur lequel se fonde son \u00e9tude <em>\u2013<\/em> qui, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, reprend la tripartition de la \u00ab&nbsp;sc\u00e8ne d\u2019\u00e9nonciation&nbsp;\u00bb propos\u00e9e par Maingueneau (2004) et, de l\u2019autre, les concepts d\u2019essaim m\u00e9taphorique (Prandi 2016) et d\u2019analogie proportionnelle (Perelman, Olbrechts-Tyteca 2008, Plantin 2016) <em>\u2013<\/em> Modena propose l\u2019analyse d\u2019une vaste gamme d\u2019exemples. Ils r\u00e9v\u00e8lent que le m\u00e9canisme projectif de la m\u00e9taphore constitue un outil argumentatif efficace pour faciliter la compr\u00e9hension des processus inh\u00e9rents au monde \u00e9conomique et financier et que \u2013 par le rapprochement de domaines \u00e9loign\u00e9s l\u2019un de l\u2019autre \u2013 ce m\u00eame m\u00e9canisme permet \u00e9galement de construire un effet humoristique fonctionnel \u00e0 la finalit\u00e9 p\u00e9dagogique de la s\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le volume se cl\u00f4t sur l\u2019essai d\u2019Ilaria Rizzato, <em>Shakespeare\u2019s Metaphorical Swarms&nbsp;: Text Functions in <\/em>The Two Gentlemen of Verona <em>and Implications for its Translation into Italian<\/em>, qui propose une analyse des m\u00e9taphores pr\u00e9sentes dans la premi\u00e8re com\u00e9die de Shakespeare ainsi que des modalit\u00e9s de leur restitution dans deux traductions italiennes (Mondadori 1990, Bompiani 2015). En s\u2019appuyant principalement sur les \u00e9tudes de Michele Prandi, notamment sur les notions de m\u00e9taphore conflictuelle et d\u2019essaim m\u00e9taphorique (Prandi 2012, 2017), l\u2019auteure montre que la figure contribue \u00e0 la mise en place de fonctions textuelles sp\u00e9cifiques ainsi qu\u2019\u00e0 la construction de certains effets comiques. L\u2019examen du texte de d\u00e9part est suivi de l\u2019\u00e9tude compar\u00e9e des deux textes d\u2019arriv\u00e9e choisis. Rizzato, qui est aussi l\u2019auteure de la deuxi\u00e8me traduction (Bompiani 2015), d\u00e9veloppe une r\u00e9flexion approfondie sur le degr\u00e9 de r\u00e9-\u00e9nonciation, en italien, des m\u00e9taphores conflictuelles diss\u00e9min\u00e9es dans l\u2019orignal ainsi que des fonctions qu\u2019elles remplissent, en montrant que l\u2019analyse critique des traductions trace une voie privil\u00e9gi\u00e9e pour la compr\u00e9hension de l\u2019original et des traits qui le caract\u00e9risent, au niveau formel comme au niveau conceptuel.<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9finitive, les contributions qui composent le volume offrent un apport d\u00e9cisif pour les \u00e9tudes sur la m\u00e9taphore, par l\u2019ampleur du cadre th\u00e9orique sous-tendant les analyses qu\u2019elles proposent, par la vari\u00e9t\u00e9 des contextes qu\u2019elles consid\u00e8rent et par les conclusions souvent innovatrices auxquelles elles parviennent. Envisag\u00e9e comme une propri\u00e9t\u00e9 constitutive des conditions structurales qui permettent l\u2019actualisation de la projection m\u00e9taphorique, comme un trait d\u00e9finissant le rapport entre les diverses fonctions argumentatives que la m\u00e9taphore peut remplir ou encore comme une caract\u00e9ristique de certaines situations communicatives o\u00f9 la figure joue un r\u00f4le de premier plan, la notion de conflit permet de conjuguer des approches herm\u00e9neutiques et m\u00e9thodologiques diff\u00e9rentes. Elle permet aussi d\u2019aborder l\u2019examen de typologies vari\u00e9es, m\u00e9taphores vives et m\u00e9taphores conventionnelles, m\u00e9taphores verbales et m\u00e9taphores visuelles, et de fournir ainsi une vision exhaustive d\u2019un \u00ab&nbsp;dispositif&nbsp;\u00bb rh\u00e9torique et argumentatif qui aide \u00e0 penser, \u00e0 structurer et \u00e0 exprimer le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>[Annafrancesca NACCARATO]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paissa P., Conoscenti M., Druetta R., Solly M. (dir.), Metaphor and conflict\/ M\u00e9taphore et conflit, Bern, Peter Lang (Collection Linguistic Insights, 272), 2020, 386 p. L\u2019ouvrage Metaphor and conflict\/ M\u00e9taphore et conflit, publi\u00e9 sous la direction de Paola Paissa, Michelangelo Conoscenti, Ruggero Druetta et Martin Solly, regroupe des essais qui proposent une approche de la\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2021\/11\/03\/paissa-p-conoscenti-m-druetta-r-solly-m-dir-metaphor-and-conflict-metaphore-et-conflit\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[30],"tags":[],"class_list":["post-425","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n-44"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/425"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=425"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/425\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":426,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/425\/revisions\/426"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=425"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=425"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=425"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}