{"id":357,"date":"2021-07-12T11:27:40","date_gmt":"2021-07-12T09:27:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=357"},"modified":"2021-07-12T12:38:30","modified_gmt":"2021-07-12T10:38:30","slug":"valerie-delavigne-dardo-de-vecchi-dir-termes-en-discours-entreprises-et-organisations","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2021\/07\/12\/valerie-delavigne-dardo-de-vecchi-dir-termes-en-discours-entreprises-et-organisations\/","title":{"rendered":"Val\u00e9rie DELAVIGNE, Dardo de VECCHI (dir.). Termes en discours. Entreprises et organisations, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2021, pp. 245."},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre porte sur un sujet int\u00e9ressant et original dans la mesure o\u00f9 il existe d\u00e9sormais plusieurs ouvrages sur la terminologie et sur les diff\u00e9rentes approches en terminologie, mais qu\u2019il est plus rare de trouver des livres concernant l\u2019utilisation des termes dans les entreprises et\/ou dans les organisations plus g\u00e9n\u00e9ralement. L\u2019analyse des sources orales dans la deuxi\u00e8me partie de l\u2019ouvrage rajoute \u00e0 son originalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le soulignent les coordinateurs, il est n\u00e9cessaire \u00ab de replacer les cultures et les communaut\u00e9s au c\u0153ur des \u00e9tudes terminologiques&nbsp;\u00bb (p. 15) et c\u2019est ce qui fait, entre autres, Fran\u00e7ois GAUDIN dans son chapitre, en guise de pr\u00e9ambule de l\u2019ouvrage, <em>Il \u00e9tait une fois dans l\u2019Ouest. Les usages sociaux des termes<\/em> (pp. 21-33), o\u00f9 l\u2019auteur&nbsp;dresse un parcours diachronique allant de la rencontre entre la sociolinguistique et la terminologie au Qu\u00e9bec et en France aux travaux de l\u2019Universit\u00e9 de Rouen qui ont permis \u00e0 la socioterminologie de voir le jour.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la premi\u00e8re partie du livre, o\u00f9 il est question de la relation entre la soci\u00e9t\u00e9, les usages terminologiques et le discours, le chapitre d\u2019Anne PARIZOT (pp. 37-51) aborde la question de la d\u00e9signation des m\u00e9tiers commerciaux dans l\u2019entreprise Michelin, en privil\u00e9giant une approche ethnoterminologique. En s\u2019appuyant sur un corpus tr\u00e8s large, allant des entretiens avec les responsables de l\u2019entreprise aux discours pr\u00e9sents dans les r\u00e9seaux sociaux et dans les sites de l\u2019entreprise, l\u2019auteure montre la copr\u00e9sence ou la superposition de la langue de sp\u00e9cialit\u00e9 et de la langue commune, ce qui se justifie par le fait que l\u2019entreprise \u00ab&nbsp;emploie une terminologie \u00e9volutive en fonction des contextes socio-\u00e9conomiques&nbsp;\u00bb (p. 48) et que les pratiques interactionnelles r\u00e9elles sont complexes et li\u00e9es \u00e9galement \u00e0 l\u2019imaginaire symbolique. Genevi\u00e8ve TR\u00c9GUER-FELTEN (pp. 55-68) s\u2019int\u00e9resse \u00e0 des documents institutionnels (1990-2008) et aux courriels d\u2019entreprises multinationales chinoises, fran\u00e7aises et \u00e9tats-uniennes pour voir comment la \u00ab&nbsp;relation client (\u2026) varie en fonction du contexte culturel des acteurs&nbsp;\u00bb (p. 57). Elle analyse de pr\u00e8s l\u2019utilisation de l\u2019anglais v\u00e9hiculaire, qui d\u2019ailleurs est entendu diff\u00e9remment selon les participants aux \u00e9changes, pour constater que dans les diff\u00e9rents corpus concern\u00e9s la conception du client reste ancr\u00e9e au contexte culturel de l\u2019entreprise et n\u2019est donc pas universelle, tout comme les termes qui le d\u00e9signent.<\/p>\n\n\n\n<p>Dardo de VECCHI (pp. 69-82) observe l\u2019utilisation des verbes sous une perspective de pragmaterminologie. Cela montre, \u00e0 l\u2019aide de plusieurs exemples tir\u00e9s des recettes de cuisine ou des offres d\u2019emploi, que les verbes d\u2019action sont fondamentaux pour la mise en place des concepts et de la culture d\u2019entreprise.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me partie de l\u2019ouvrage, qui se focalise sur l\u2019oralit\u00e9, s\u2019ouvre avec le chapitre d\u2019Ang\u00e9lica Leticia CAHUANA VELASTEGU\u00cd, Javier FERNANDEZ CRUZ, Olivier MERIC et Laurent GAUTIER (pp. 85-108), qui analysent les discours participant \u00e0 la construction de la terminologie du cacao en \u00c9quateur. Les auteurs consid\u00e8rent la situation diglossique entre une terminologie spontan\u00e9e dans les langues natives orales et la prescription terminologique des vendeurs espagnols. En s\u2019appuyant sur une approche \u00e0 la fois sociolinguistique, ethnolinguistique et de s\u00e9mantique cognitive, les auteurs esquissent une triangulation discursive de l\u2019\u00e9motion de d\u00e9gustation pour analyser un corpus mixte. Les r\u00e9sultats de l\u2019analyse portent les auteurs \u00e0 critiquer la \u00ab&nbsp;f\u00e9tichisation&nbsp;\u00bb des termes (p. 104) qui est typique des sources terminographiques, et \u00e0 souligner l\u2019int\u00e9r\u00eat des corpus oraux pour tracer la v\u00e9ritable construction du sens qui oppose \u00ab&nbsp;la culture de la f\u00e8ve&nbsp;\u00bb \u00e0 sa \u00ab&nbsp;transformation en chocolat&nbsp;\u00bb (p. 105). Un deuxi\u00e8me chapitre de Dardo de VECCHI (pp. 109-124) montre l\u2019importance de revoir des notions comme celle de domaine sous une perspective pragmaterminologique. En s\u2019appuyant sur des textes r\u00e9dig\u00e9s en groupe \u00e0 la demande du terminologue, ce qui permet aux experts d\u2019utiliser un style proche de l\u2019oral, l\u2019auteur montre comment le terminologue peut aider l\u2019expert \u00e0 prendre \u00ab&nbsp;conscience de la valeur de son vocabulaire&nbsp;\u00bb et, vice-versa, comment le terminologue, gr\u00e2ce au dialogue avec l\u2019expert, peut \u00e9largir la liste des candidats termes dont il faut tenir compte lors de la transmission du savoir d\u2019entreprise. Maria Francesca BONADONNA (pp. 125-139) donne l\u2019exemple des cryptomonnaies dans des d\u00e9bats t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s (2014-2018) pour \u00e9tudier les n\u00e9gociations d\u00e9nominatives et cognitives entre participants dans une perspective socioterminologique. Sur le plan institutionnel, l\u2019analyse d\u00e9montre le d\u00e9passement d\u2019une conceptualisation de la crytptomonnaie comme d\u2019un danger, ce qui est \u00e9galement partag\u00e9 par les entreprises. Par rapport \u00e0 la n\u00e9gociation, les termes se mettent en place dans des discours oraux qui t\u00e9moignent la pr\u00e9sence d\u2019une part, de points de vue d\u00e9cal\u00e9s entre les participants et de l\u2019autre, de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un accord sur les d\u00e9nominations \u00e0 utiliser. Sous la perspective de la lexiculture, Pierre LERAT (pp. 141-159) cl\u00f4t la deuxi\u00e8me partie de l\u2019ouvrage par l\u2019exemple des termes m\u00e9dicaux concernant la COVID-19 dans des vid\u00e9os d\u2019experts, de journalistes et de politiques. L\u2019auteur remarque la pr\u00e9sence d\u2019un vocabulaire savant mais aussi de termes anglais qu\u2019on a francis\u00e9s et de bin\u00f4mes lexicaux, notamment des noms suivis d\u2019un adjectif. Les termes scientifiques pr\u00e9sents dans les corpus sont normalement unilexicaux. L\u2019auteur s\u2019attarde enfin sur les termes semi-techniques, sur les nomenclatures, sur les codes et sur les abr\u00e9viations pour esquisser le profil d\u2019une lexiculture experte.<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me et derni\u00e8re partie de l\u2019ouvrage est consacr\u00e9e \u00e0 la traduction de la terminologie. H\u00e9ba MEDHAT-LECOCQ (pp. 163-178) montre les probl\u00e9matiques et les enjeux de la traduction d\u2019entreprise, qui ne peut pas se restreindre \u00e0 la traduction des termes d\u2019entreprise. L\u2019auteure d\u00e9montre que \u00ab&nbsp;pour traduire fid\u00e8lement l\u2019entreprise, le traducteur est tenu d\u2019assurer la r\u00e9ception de son message par ses destinataires et de ne pas se contenter de leur simple compr\u00e9hension de celui-ci&nbsp;\u00bb (p. 176). De cela d\u00e9coulerait aussi l\u2019int\u00e9r\u00eat pour l\u2019entreprise d\u2019associer le traducteur \u00e0 ses projets. Anje M\u00fcller GJESDAL et Marita KRISTIANSEN (pp. 179-193) analysent la communication et la terminologie des \u00e9v\u00e9nements naturels, en donnant l\u2019exemple norv\u00e9gien, notamment du Parlement et de l\u2019entreprise Equinor. Par rapport \u00e0 la terminologie des experts et des politiques, l\u2019adaptation de l\u2019entreprise focalise la terminologie sur le concept de risque, surtout par rapport aux changements climatiques. En outre, les auteures montrent la pr\u00e9sence d\u2019un d\u00e9calage important entre les termes politiques des \u00e9v\u00e9nements naturels et les \u00e9quivalents dans la langue utilis\u00e9e dans les quotidiens norv\u00e9giens. Les auteures en concluent que l\u2019harmonisation est loin de se r\u00e9aliser dans ce domaine terminologique. Le dernier chapitre de cette partie du livre, sign\u00e9 par Marie-Jos\u00e9 DE SAINT-ROBERT (pp. 195-219) dresse un portrait du concept de d\u00e9veloppement durable d\u00e8s sa parution dans le discours des Nations Unies en 1987. Outre les adaptations du terme anglais en fran\u00e7ais (d\u00e9veloppement soutenable, viable, durable\u2026), l\u2019analyse des termes cr\u00e9\u00e9s par d\u00e9rivation et par composition, ainsi que le lien avec des notions obtenues par lexicalisation ou \u00e0 la suite de l\u2019adaptation de la durabilit\u00e9 par m\u00e9tonymie ou par m\u00e9taphore, permettent \u00e0 l\u2019auteure de d\u00e9montrer, entre autres, qu\u2019une \u00ab&nbsp;fois emprunt\u00e9s, le concept et le terme qui le d\u00e9signe dans la langue source poursuivent leur \u00e9volution dans la langue cible en fonction du potentiel d\u2019association qu\u2019ils y sugg\u00e8rent et de la recherche continue de la fa\u00e7on la plus ad\u00e9quate de l\u2019exprimer&nbsp;\u00bb (p. 217).<\/p>\n\n\n\n<p>En conclusion, le chapitre de John Humbley (pp. 223-235) permet d\u2019encadrer l\u2019ouvrage que nous r\u00e9sumons ici \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une tradition plus ancienne que la source classique de W\u00fcster, consid\u00e9r\u00e9 comme le p\u00e8re de la terminologie, et qui remonterait \u00e0 l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> de Diderot. Ce dernier, en effet, a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 pr\u00e9senter le vocabulaire des \u00ab&nbsp;arts m\u00e9caniques&nbsp;(\u2026) de mani\u00e8re syst\u00e9matique, voire exhaustive, dans leur contexte social et professionnel \u00bb (p. 226). En effet, dans l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, le vocabulaire est pr\u00e9sent\u00e9 par sa mise en situation \u00e0 l\u2019aide de planches qui accompagnent le texte. Non seulement, mais, pour sa critique de la synonymie, de l\u2019homonymie et plus g\u00e9n\u00e9ralement du manque de rigueur terminologique des arts m\u00e9caniques, \u00ab&nbsp;Diderot annonce W\u00fcster plut\u00f4t que Guespin&nbsp;\u00bb (p. 231). L\u2019auteur en conclut que \u00ab&nbsp;Diderot est sans doute \u00e0 l\u2019origine de la terminologie situ\u00e9e&nbsp;\u00bb (p. 234).<\/p>\n\n\n\n<p>[Rachele RAUS]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce livre porte sur un sujet int\u00e9ressant et original dans la mesure o\u00f9 il existe d\u00e9sormais plusieurs ouvrages sur la terminologie et sur les diff\u00e9rentes approches en terminologie, mais qu\u2019il est plus rare de trouver des livres concernant l\u2019utilisation des termes dans les entreprises et\/ou dans les organisations plus g\u00e9n\u00e9ralement. 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