{"id":255,"date":"2021-06-29T16:03:16","date_gmt":"2021-06-29T14:03:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=255"},"modified":"2021-07-11T14:42:22","modified_gmt":"2021-07-11T12:42:22","slug":"pascale-vergely-guillaume-carbou-eds-medias-et-emotions-categories-danalyses-problematiques-concepts","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2021\/06\/29\/pascale-vergely-guillaume-carbou-eds-medias-et-emotions-categories-danalyses-problematiques-concepts\/","title":{"rendered":"Pascale VERGELY, Guillaume CARBOU (\u00e9ds.), M\u00e9dias et \u00e9motions. Cat\u00e9gories d\u2019analyses, probl\u00e9matiques, concepts"},"content":{"rendered":"\n<p>Pascale VERGELY, Guillaume CARBOU (\u00e9ds.), <em>M\u00e9dias et \u00e9motions. Cat\u00e9gories d\u2019analyses, probl\u00e9matiques, concepts<\/em>, Romatre-Press, Prismes n. 2, Roma, 2020, pp. 211.<\/p>\n\n\n\n<p>Le volume r\u00e9unit les contributions pr\u00e9sent\u00e9es lors des journ\u00e9es d\u2019\u00e9tudes internationales organis\u00e9es \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Bordeaux les 11 et 12 avril 2019 sur l\u2019<em>\u00e9motion m\u00e9diatis\u00e9e<\/em>, envisag\u00e9e du point de vue de son expression ou de ses effets sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il existe de nombreux travaux traitant des \u00e9motions, \u00e0 la fois en sciences du langage et en sciences de l\u2019information et de la communication, la sp\u00e9cificit\u00e9 de cet ouvrage est de proposer des r\u00e9flexions d\u2019ordre th\u00e9orico-m\u00e9thodologique en fonction du type d\u2019\u00e9motion, de sa modalit\u00e9 d\u2019inscription dans la mat\u00e9rialit\u00e9 s\u00e9miotique, ou encore de son usage et des effets produits sur la structuration des groupes sociaux. Les multiples regards port\u00e9s sur l\u2019<em>\u00e9motion dans les m\u00e9dias<\/em> se proposent ainsi d\u2019ouvrir \u00ab la bo\u00eete noire de la m\u00e9thode afin de permettre une r\u00e9flexion \u00e9clair\u00e9e sur la probl\u00e9matisation des \u00e9motions&nbsp;\u00bb (<em>Introduction<\/em>, p. 21).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la premi\u00e8re partie de l\u2019ouvrage, les contributeurs abordent frontalement les probl\u00e9matiques th\u00e9oriques et m\u00e9thodologiques li\u00e9es \u00e0 la m\u00e9diatisation des \u00e9motions.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi Georgeta Cislaru (\u00ab&nbsp;De quoi l\u2019\u00e9motion est-elle le sens&nbsp;? Port\u00e9es s\u00e9mantiques de l\u2019expression \u00e9motionnelle&nbsp;\u00bb, pp. 27-52) s\u2019int\u00e9resse-t-elle au r\u00f4le des \u00e9motions dans la construction du sens et \u00e0 leur expression dans les m\u00e9dias sociaux. Apr\u00e8s avoir mis en \u00e9vidence les modes d\u2019expression linguistique des \u00e9motions (en distinguant entre le discours <em>\u00e9mu <\/em>ou<em> \u00e9motionn\u00e9<\/em>, le discours <em>repr\u00e9sentant<\/em> et le discours <em>\u00e9motionnant<\/em>), elle se penche notamment sur la dimension socio-relationnelle et s\u00e9mantique de l\u2019\u00e9motion <em>partag\u00e9e<\/em>, qui contribue \u00e0 la construction collective du sens et \u00e0 l\u2019individuation du groupe d\u2019appartenance. Or, dans ce contexte, les m\u00e9dias sociaux, de par leur caract\u00e8re multimodal, communautaire et imm\u00e9diat, semblent jouer un r\u00f4le central, non seulement dans le processus de partage mais aussi dans la cr\u00e9ation des \u00e9motions, compte tenu de leur pouvoir s\u00e9lectif et hi\u00e9rarchisant. Dans la suite de son article, G. Cislaru \u00e9tudie plus sp\u00e9cifiquement l\u2019usage des techno-\u00e9motions dans l\u2019espace num\u00e9rique. Elle analyse notamment le statut performatif des boutons \u00ab&nbsp;r\u00e9action&nbsp;\u00bb dont disposent les utilisateurs des r\u00e9seaux sociaux pour signaler leur positionnement et leurs \u00e9motions. Ces ic\u00f4nes, avec leurs l\u00e9gendes, contribuent certes \u00e0 la cr\u00e9ation de \u00ab&nbsp;communaut\u00e9s fictives des pour et des contre sur des sujets des plus divers&nbsp;\u00bb (p. 42), mais dessinent en m\u00eame temps un p\u00e9rim\u00e8tre \u00e9motionnel pr\u00e9cis susceptible de pr\u00e9d\u00e9terminer les exp\u00e9riences affectives que les internautes sont cens\u00e9s vivre face \u00e0 un contenu publi\u00e9 en ligne. L\u2019auteure observe en outre l\u2019usage des lex\u00e8mes d\u2019\u00e9motion associ\u00e9s au mot-di\u00e8se (ou <em>hashtag)<\/em> auxquels elle attribue \u00e0 la fois une fonction d\u2019indexation th\u00e9matique ou d\u2019orientation interpr\u00e9tative et une fonction socio-relationnelle li\u00e9e \u00e0 la production d\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;un effet de reconnaissance et d\u2019identification aupr\u00e8s du public adh\u00e9rant au contenu&nbsp;\u00bb (p. 47). Son analyse, assortie d\u2019exemples ponctuels, souligne enfin la tendance \u00e0 une r\u00e9duction s\u00e9mio-s\u00e9mique des marqueurs d\u2019affect dans les r\u00e9seaux sociaux qui se traduirait dans une \u00ab&nbsp;a-subjectivit\u00e9 de l\u2019\u00e9motion en ligne, dans la mesure o\u00f9 la part du sujet pensant en tant que source individuelle de l\u2019exp\u00e9rience \u00e9motionnelle se r\u00e9duit de fait, ind\u00e9pendamment de la nature des expressions linguistiques ou iconiques employ\u00e9es&nbsp;\u00bb (p.52).<\/p>\n\n\n\n<p>Le constat d\u2019une r\u00e9duction de l\u2019impact \u00e9motionnel dans l\u2019espace num\u00e9rique caract\u00e9rise \u00e9galement la r\u00e9flexion de Franck Renucci et David Galli (\u00ab&nbsp;Quand l\u2019adolescent partage son embarras&nbsp;\u00bb, pp. 53-64) qui soulignent la nature fonci\u00e8rement interactive de la communication humaine, fond\u00e9e sur \u00ab&nbsp;une copr\u00e9sence physique des corps, des \u00eatres qui se regardent, se parlent&nbsp;\u00bb (p. 56). En effet, bien que les outils num\u00e9riques sollicitent les invitations au partage des \u00e9motions, souvent par l\u2019emploi des \u00e9motic\u00f4nes, ce partage \u00e9motionnel, standardis\u00e9 et st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9, reste tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience intersubjective r\u00e9elle. Les auteurs s\u2019interrogent plus pr\u00e9cis\u00e9ment sur la relation entre l\u2019expression \u00e9motionnelle des adolescents et l\u2019usage du \u00ab&nbsp;pharmaphone&nbsp;\u00bb (n\u00e9ologisme permettant de souligner l\u2019ambivalence du t\u00e9l\u00e9phone-<em>pharmakon<\/em>) dont ils soulignent la tendance \u00e0 \u00e9vacuer l\u2019autre et \u00e0 \u00ab&nbsp;aspirer les affects par l\u2019\u00e9criture num\u00e9rique&nbsp;\u00bb (p. 57). L\u2019objectif est plus pr\u00e9cis\u00e9ment de restituer \u00e0 l\u2019oralit\u00e9 son r\u00f4le central dans la co-construction des relations humaines en observant l\u2019expression d\u2019une \u00e9motion sociale telle que l\u2019embarras chez des adolescents. Loin de vouloir d\u00e9tailler des r\u00e9sultats, dans cette contribution les auteurs essaient d\u2019apporter un \u00e9clairage m\u00e9thodologique sur la d\u00e9marche utilis\u00e9e dans la collecte des donn\u00e9es, fond\u00e9e en partie sur des techniques de l\u2019entretien non directif. Les adolescents ayant particip\u00e9 \u00e0 des entretiens \u00ab&nbsp;\u00e0 vocation narrative&nbsp;\u00bb organis\u00e9s par les chercheurs ont donc \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s \u00e0 d\u00e9crire leurs exp\u00e9riences en produisant un r\u00e9cit de vie, susceptible de traduire \u00ab&nbsp;cet enchev\u00eatrement diachronique d\u2019\u00e9motions et de sentiments qui constituent la m\u00e9moire autobiographique&nbsp;\u00bb (p. 59). Cette exp\u00e9rience de partage et de d\u00e9ploiement d\u2019un corps qui se raconte a permis d\u2019observer l\u2019\u00e9mergence de l\u2019embarras, \u00e9motion qui d\u00e9note \u00ab&nbsp;la prise en compte de l\u2019autre \u00bb (p. 58) et entretient donc une relation privil\u00e9gi\u00e9e avec l\u2019empathie. Les auteurs se focalisent notamment sur le moment o\u00f9 l\u2019adolescent cherche \u00e0 \u00e9viter l\u2019embarras de la relation en choisissant le pharmaphone, rem\u00e8de technique permettant d\u2019\u00e9changer de l\u2019information tout en faisant croire \u00e0 de la communication. Enfin, si dans cette approche la parole est pr\u00e9sent\u00e9e comme \u00ab&nbsp;centrale \u00e0 la d\u00e9marche&nbsp;\u00bb (p. 64), elle doit n\u00e9anmoins \u00eatre associ\u00e9e \u00e0 la prise en compte d\u2019autres aspects multimodaux qui caract\u00e9risent l\u2019expression \u00e9motionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Angeliki Monnier, Annabelle Seoane et Matthijs Gardenier (\u00ab&nbsp;Analyser les discours haineux en ligne&nbsp;: r\u00e9flexions m\u00e9thodologiques&nbsp;\u00bb, pp. 65-79) proposent \u00e9galement une r\u00e9flexion d\u2019ordre m\u00e9thodologique \u00e0 partir d\u2019un cas d\u2019\u00e9tude sp\u00e9cifique. Leur objectif est d\u2019identifier un protocole de recherche pour l\u2019analyse du discours de haine (\u00ab&nbsp;hate speech&nbsp;\u00bb) envisag\u00e9 en tant que \u00ab&nbsp;ph\u00e9nom\u00e8ne discursif \u2013 et donc social \u2013 qui mobilise des \u00e9motions, et qui est de nos jours souvent observable au sein des plateformes participatives des m\u00e9dias socio-num\u00e9riques&nbsp;\u00bb (p. 68). Loin d\u2019\u00eatre r\u00e9duit au seul paradigme lexical ou syntaxique, le discours haineux doit \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9 dans ses multiples manifestations, verbales et non verbales, et \u00e0 travers la prise en compte des dimensions discursive, pr\u00e9- et post-discursive. Les auteurs analysent plus pr\u00e9cis\u00e9ment un corpus de messages post\u00e9s sur la page Facebook d\u2019un collectif de citoyens anti-migrants intitul\u00e9 <em>Sauvons Calais<\/em>. Si du point de vue langagier, le discours de haine laisse des traces sp\u00e9cifiques dans la mat\u00e9rialit\u00e9 textuelle (\u00e0 travers le lexique employ\u00e9, les topiques mobilis\u00e9es, les m\u00e9taphores, l\u2019humour, le sarcasme, les euph\u00e9mismes, etc.), son fonctionnement repose \u00e9galement, au niveau pr\u00e9-discursif, sur l\u2019activation de cadrages &nbsp;qui permettent d\u2019appuyer \u00ab&nbsp;l\u2019acte d\u2019\u00e9nonciation disqualifiante&nbsp;\u00bb (p. 76). Ainsi la mobilisation de &nbsp;repr\u00e9sentations pr\u00e9alables et de st\u00e9r\u00e9otypes favorise-t-elle le recours aux \u00e9motions des internautes et la mise en place d\u2019une dynamique de co-\u00e9nonciation par laquelle les scripteurs des messages r\u00e9v\u00e8lent \u00ab&nbsp;un positionnement collectif mobilisateur&nbsp;\u00bb (p. 76) \u00e0 partir de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 rejet\u00e9e. Le discours haineux, qui se fonde donc sur la d\u00e9valorisation de l\u2019autre et sur la sollicitation d\u2019une r\u00e9action \u00e9motionnelle d\u2019hostilit\u00e9 chez les internautes, manifeste enfin sa vocation performative au niveau post-discursif. Le discours polyphonique (et convergent) des contributeurs de la page Facebook du collectif <em>Sauvons Calais<\/em> manifeste en effet une orientation actionnelle qui p\u00e9n\u00e8tre les mots, comme c\u2019est le cas pour l\u2019adverbe \u00ab&nbsp;dehors&nbsp;\u00bb (dans des constructions telles que \u00ab&nbsp;Foutons-les dehors&nbsp;\u00bb), o\u00f9 l\u2019unit\u00e9 lexicale v\u00e9hicule s\u00e9mantiquement \u00ab&nbsp;un acte langagier d\u2019incitation, tant du point de vue illocutoire que perlocutoire&nbsp;\u00bb (p. 78).<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution qui cl\u00f4t la premi\u00e8re partie du volume s\u2019inscrit dans la perspective d\u2019une analyse s\u00e9mio-discursive et argumentative des \u00e9motions exprim\u00e9es dans et par le <em>slam,<\/em> pratique discursive peu connue sous sa forme po\u00e9tique. Pour l\u2019identification des marqueurs d\u2019\u00e9motion, Marion Bondinelli et Elvire Mathis (\u00ab <em>My heart feels like it is swallowing itself<\/em>. Approche argumentative et textom\u00e9trique des \u00e9motions dans le slam am\u00e9ricain&nbsp;\u00bb, pp. 81-104) adoptent l\u2019approche textom\u00e9trique, m\u00e9thode de traitement informatique des donn\u00e9es textuelles qui permet de rendre compte du caract\u00e8re multimodal et pluris\u00e9miotique de l\u2019expression \u00e9motionnelle. L\u2019analyse se fonde, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, sur un corpus de 72 performances rassembl\u00e9es par le collectif <em>Button Poetry<\/em>, r\u00e9alis\u00e9es par 49 auteurs diff\u00e9rents sur des th\u00e9matiques vari\u00e9es&nbsp;(troubles psychiques, viol, racisme, sexualit\u00e9, mort, violence, f\u00e9minisme). Apr\u00e8s avoir pr\u00e9cis\u00e9 le cadre th\u00e9orique et m\u00e9thodologique de leur \u00e9tude, les auteures soulignent la vocation argumentative des \u00e9motions dans le genre discursif envisag\u00e9 en leur attribuant, tr\u00e8s globalement, \u00ab un caract\u00e8re intentionnel sous-jacent visant \u00e0 cr\u00e9er une certaine connivence&nbsp;\u00bb (p. 87). S\u2019inspirant des cat\u00e9gories propos\u00e9es par Rapha\u00ebl Micheli (qui distingue entre l\u2019\u00e9motion dite, montr\u00e9e ou \u00e9tay\u00e9e), elles s\u2019interrogent sur les modes de s\u00e9miotisation \u00e9motionnelle privil\u00e9gi\u00e9s par les slameurs, \u00e0 travers l\u2019analyse quantitative et qualitative des termes d\u2019\u00e9motion, des figures de style et des r\u00e9seaux isotopiques construits par cette forme sp\u00e9cifique de parole. En particulier, les comparaisons et les m\u00e9taphores semblent pr\u00e9senter dans le slam \u00ab&nbsp;une originalit\u00e9 certaine&nbsp;[\u2026] par la pr\u00e9gnance, dans leurs contextes, des parties du corps humain, des mouvements et perceptions, des sources de danger ou des lieux&nbsp;\u00bb (p. 104). Les auteures soulignent enfin le r\u00f4le jou\u00e9 par les gestes qui peuvent fonctionner en tant qu\u2019indice d\u2019une \u00e9motion int\u00e9rioris\u00e9e susceptible d\u2019\u00e9tayer l\u2019\u00e9nonciation dans un \u00e9change o\u00f9 \u00ab&nbsp;il ne s\u2019agit pas de contester l\u2019autre (son identit\u00e9, sa r\u00e9alit\u00e9) mais d\u2019engager la discussion avec lui&nbsp;\u00bb (p. 87).<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me partie de l\u2019ouvrage propose des r\u00e9flexions sur la place et le r\u00f4le des \u00e9motions dans les r\u00e9seaux socio-num\u00e9riques.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son article, Laura Santone (\u00ab&nbsp;Les \u00e9motions via tweet&nbsp;: retour sur l\u2019affaire <em>Aquarius&nbsp;<\/em>\u00bb, pp. 107-120) propose une analyse s\u00e9mio-discursive du mode communicationnel \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans le r\u00e9seau social Twitter \u00e0 un moment particuli\u00e8rement marquant de la crise migratoire. Elle observe notamment les messages publi\u00e9s par le leader de la Ligue M. Salvini durant l\u2019affaire de l\u2019<em>Aquarius<\/em>, navire humanitaire contraint \u00e0 un long p\u00e9riple en mer apr\u00e8s le refus des autorit\u00e9s maltaises et italiennes de l\u2019accueillir, qui finit par accoster \u00e0 Valence. Apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 le contexte de l\u2019\u00e9v\u00e9nement et ses cons\u00e9quences sur l\u2019\u00e9tat des relations diplomatiques entre l\u2019Italie et la France, l\u2019auteure examine les propri\u00e9t\u00e9s techno-s\u00e9miotiques du r\u00e9seau social en s\u2019appuyant sur l\u2019approche de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique propos\u00e9e par M.-A. Paveau (2017). L\u2019analyse ponctuelle d\u2019un certain nombre de tweets de M. Salvini r\u00e9v\u00e8le d\u2019embl\u00e9e le r\u00f4le jou\u00e9 dans l\u2019orientation interpr\u00e9tative de l\u2019\u00e9v\u00e9nement par la ponctuation (les majuscules, &nbsp;les points d\u2019exclamation, etc.), la mise en sc\u00e8ne de la parole citoyenne et l\u2019expression de ses propres \u00e9motions. Les tweets analys\u00e9s, qui se caract\u00e9risent entre autres par l\u2019emploi constant d\u2019un lexique familier et sentimental, sont consid\u00e9r\u00e9s comme des s\u00e9quences \u00e9motionnelles cens\u00e9es construire un \u00ab&nbsp; consensus sous-jacent intentionnel&nbsp;\u00bb (p.114). L\u2019auteure s\u2019attarde tout sp\u00e9cialement sur la fonction du mot-di\u00e8se ou hashtag, qu\u2019elle d\u00e9finit comme un \u00ab&nbsp;mot-argument \u00e0 fonctionnement pragmatique&nbsp;\u00bb (p. 110) susceptible de configurer \u00ab&nbsp;des axiologies morales et id\u00e9ologiques indissolublement li\u00e9es \u00e0 des \u00e9tats \u00e9motionnels&nbsp;\u00bb (<em>Ibidem<\/em>). Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, elle attribue au tweet les trois propri\u00e9t\u00e9s qu\u2019Olivier Reboul (1975) assigne au slogan, \u00e0 savoir le pouvoir de diss\u00e9mination, la concision et une valeur illocutoire promissive. L\u2019efficacit\u00e9 du tweet serait donc li\u00e9e \u00e0 l\u2019usage d\u2019une \u00ab&nbsp;rh\u00e9torique tronqu\u00e9e&nbsp;\u00bb (p. 116), qui exploite \u00e0 la fois la force de la condensation et un principe d\u2019inf\u00e9rence ouverte dans la mobilisation d\u2019implicites partag\u00e9s et dans la construction interpr\u00e9tative du sens. Le tweet devient d\u00e8s lors un lieu path\u00e9mique constituant, voire \u00ab&nbsp;un puissant outil de manipulation&nbsp;\u00bb (119).<\/p>\n\n\n\n<p>Vincent Bilem (\u00ab\u00a0Les m\u00e8mes\u00a0: circulation des \u00e9motions-aphorisations dans les m\u00e9dias d\u2019infotainment\u00a0\u00bb, pp. 121-137) s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019usage des m\u00e8mes et se penche notamment sur la dimension \u00e9motionnelle de ces images ou vid\u00e9os virales circulant sur Internet. Caract\u00e9ris\u00e9 par \u00ab\u00a0une hybridit\u00e9 intrins\u00e8que\u00a0\u00bb (p. 123), le m\u00e8me appara\u00eet comme une parodie virale susceptible d\u2019articuler la \u00ab\u00a0pop culture\u00a0\u00bb (<em>Ibidem<\/em>) num\u00e9rique et la culture journalistique de l\u2019<em>infotainment<\/em>. S\u2019inspirant des travaux de F. Jost (2018), l\u2019auteur souligne la valeur antonomasique\u00a0du m\u00e8me qui cristallise les images virales, les rend st\u00e9r\u00e9otypiques et permet ainsi leur d\u00e9-contextualisation et recontextualisation. Les \u00ab\u00a0m\u00e8mes-antonomases\u00a0\u00bb (p. 124), destin\u00e9s \u00e0 subsister sur de longues p\u00e9riodes, s\u2019opposeraient ainsi aux m\u00e8mes \u00ab\u00a0\u00e0 courte vie\u00a0\u00bb (<em>Ibidem<\/em>), fortement li\u00e9s \u00e0 des contextes culturels pr\u00e9cis et vou\u00e9s \u00e0 une disparition certaine. Du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019interpr\u00e9tation, si l\u2019on attribue parfois aux m\u00e8mes une dimension \u00e9litiste li\u00e9e au partage \u00ab\u00a0des bases de la subculture\u00a0\u00bb (p. 130), l\u2019auteur montre, \u00e0 l\u2019aide d\u2019exemples concrets, que ces images et vid\u00e9os virales sont en r\u00e9alit\u00e9 \u00ab\u00a0normalement compr\u00e9hensibles par tous\u00a0\u00bb (p. 131) en raison du stock plus ou moins limit\u00e9 de situations et d\u2019\u00e9motions st\u00e9r\u00e9otypiques repr\u00e9sent\u00e9es. Dans la deuxi\u00e8me partie de son \u00e9tude, l\u2019auteur s\u2019interroge sur les rapports entre radio film\u00e9e, t\u00e9l\u00e9vision, r\u00e9seaux sociaux et m\u00e8misation des contenus, en observant plus sp\u00e9cifiquement la modalit\u00e9 de circulation de la s\u00e9quence humoristique du \u00ab\u00a0M\u00e9lenchon surpris\u00a0\u00bb diffus\u00e9e lors de la campagne pr\u00e9sidentielle de 2017. Le m\u00e8me, citation d\u00e9contextualis\u00e9e dou\u00e9e d\u2019un certain \u00ab\u00a0pouvoir de prescription \u00e9motionnelle\u00a0\u00bb\u00a0(p. 137), semble permettre <em>in fine<\/em> \u00ab\u00a0l\u2019hybridation entre la culture du web et l\u2019<em>infotainment<\/em> (qu\u2019il soit t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 ou radio film\u00e9)\u00a0\u00bb (p. 137) gr\u00e2ce au partage \u00ab\u00a0de pratiques culturelles, qui tendent \u00e0 s\u2019harmoniser autour de m\u00eames codes visuels\u00a0\u00bb (<em>Ibidem<\/em>).\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me et derni\u00e8re partie de l\u2019ouvrage r\u00e9unit des \u00e9tudes qui traitent des \u00e9motions convoqu\u00e9es dans des pratiques de m\u00e9diation culturelle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa contribution, Mariagrazia Margarito (\u00ab&nbsp;\u00c9motions \u00e0 tout prix, \u00e9motions \u00e0 nul prix&nbsp;? Textes expographiques au prisme des \u00e9motions&nbsp;\u00bb, pp. 141-153) s\u2019int\u00e9resse aux \u00e9motions mobilis\u00e9es dans un corpus de textes expographiques, \u00e0 savoir des \u00e9crits langagiers, plac\u00e9s sur diff\u00e9rents supports, qui accompagnent l\u2019exposition et constituent en m\u00eame temps un outil de m\u00e9diation. Con\u00e7u comme&nbsp; \u00ab&nbsp;un objet social \u00e0 part enti\u00e8re&nbsp;\u00bb (p. 143), le texte expographique laisse en effet entrevoir de nombreuses strat\u00e9gies de manifestation et sollicitation \u00e9motionnelle. L\u2019auteure analyse, du point de vue linguistique et discursif, un vaste corpus de textes expographiques, s\u00e9lectionn\u00e9s \u00ab&nbsp;pour l\u2019\u00e9mergence, dans l\u2019\u00e9criture, de donn\u00e9es affichant, ou visant les \u00e9motions&nbsp;\u00bb (p. 143). Pour d\u00e9tecter les strat\u00e9gies linguistiques \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans le genre discursif envisag\u00e9, elle se focalise notamment sur les parties \u00e9nonciatives \u00e0 vocation narrative qui constituent des \u00ab&nbsp;plages textuelles privil\u00e9gi\u00e9es&nbsp;\u00bb (p.147) pour la recherche des \u00e9motions. L\u2019analyse, assortie de nombreux exemples, montre l\u2019existence de plusieurs formes de parole \u00e9motionn\u00e9e&nbsp;allant de l\u2019\u00e9motion charg\u00e9e d\u2019une symbolique traditionnelle \u00e0 la profonde sollicitation path\u00e9mique li\u00e9e au renversement des st\u00e9r\u00e9otypes, comme c\u2019est le cas pour le texte accompagnant la <em>Cl\u00e9op\u00e2tre<\/em> d\u2019Artemisia Gentileschi. Loin d\u2019\u00eatre une pr\u00e9rogative des expositions dans les mus\u00e9es des beaux-arts, la manifestation \u00e9motionnelle laisse aussi des traces dans les expositions de sciences, o\u00f9 l\u2019\u00e9motion se donne \u00e0 voir tant\u00f4t dans des s\u00e9quences discursives riches en unit\u00e9s \u00e9valuatives, tant\u00f4t dans un \u00ab&nbsp;discours proc\u00e9dural et \u00e9thique&nbsp;\u00bb (p. 149) susceptible de capter l\u2019empathie du visiteur-lecteur. L\u2019auteure s\u2019attarde enfin sur les effets path\u00e9miques produits par les textes cit\u00e9s, affich\u00e9s aux parois des salles d\u2019exposition, qui fonctionnent comme d\u2019\u00ab&nbsp;excellents m\u00e9diateurs d\u2019\u00e9motions&nbsp;\u00bb (p. 150), car leur disposition dans&nbsp; la sc\u00e9nographie de l\u2019\u00e9v\u00e9nement mus\u00e9al \u00ab&nbsp;cr\u00e9e autour d\u2019eux un halo de myst\u00e8re, o\u00f9 l\u2019extra-linguistique prime sur le linguistique&nbsp;\u00bb (p. 151).<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019inscrivant toujours dans le cadre de la m\u00e9diation culturelle, l\u2019\u00e9tude de Boris Urbas (\u00ab\u00a0Le fil de la nostalgie dans les m\u00e9diatisations contrast\u00e9es du pass\u00e9 du jeu vid\u00e9o\u00a0: expositions mus\u00e9ales, r\u00e9tro-marketing, et vid\u00e9os amateurs\u00a0\u00bb, pp. 155-173) propose une analyse discursive et s\u00e9mio-pragmatique des strat\u00e9gies de m\u00e9diatisation de l\u2019objet culturel \u00ab\u00a0jeu vid\u00e9o ancien\u00a0\u00bb ainsi que de sa r\u00e9ception aupr\u00e8s des publics. L\u2019auteur met en lumi\u00e8re, en particulier, l\u2019\u00e9mergence d\u2019une \u00e9motion sp\u00e9cifique, la nostalgie, dans les diff\u00e9rentes formes de discours circulant autour du jeu vid\u00e9o ancien. Con\u00e7ue, \u00e0 l\u2019instar des r\u00e9cents travaux en psychologie, comme une \u00e9motion \u00ab\u00a0principalement positive et fondamentalement sociale\u00a0\u00bb (p.157), la nostalgie s\u2019av\u00e8re en effet d\u00e9terminante dans les activit\u00e9s li\u00e9es au <em>retrogaming<\/em>. Le corpus utilis\u00e9 pour cette \u00e9tude se compose plus pr\u00e9cis\u00e9ment de trois types de ressources\u00a0: des productions discursives li\u00e9es aux expositions mus\u00e9ales sur l\u2019histoire du jeu vid\u00e9o (site web du mus\u00e9e, documents destin\u00e9s \u00e0 la presse), des r\u00e9\u00e9ditions de consoles de jeu par l\u2019industrie (produits et campagne de communication officielle), et des productions audiovisuelles r\u00e9alis\u00e9es et diffus\u00e9es en ligne (principalement sur <em>You Tube<\/em> et <em>Twitch<\/em>) par des amateurs. L\u2019analyse des discours institutionnels de trois expositions temporaires r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 Paris dans les ann\u00e9es 2010 permet de montrer la mise en \u0153uvre de strat\u00e9gies d\u2019expression et sollicitation \u00e9motionnelle qui se fondent d\u2019une part sur l\u2019emploi d\u2019un lexique cr\u00e9atif et connot\u00e9 (cf. le n\u00e9ologisme \u00ab\u00a0nostalgeek\u00a0\u00bb p. 161), d\u2019autre part sur des \u00e9l\u00e9ments visuels (dans les affiches) qui sugg\u00e8rent un retour vers le pass\u00e9 du jeu vid\u00e9o et semblent miser sur l\u2019\u00e9change interg\u00e9n\u00e9rationnel. Le contexte mus\u00e9al, qui extrait l\u2019objet \u00ab\u00a0jeu vid\u00e9o\u00a0\u00bb de sa logique ordinaire pour l\u2019ins\u00e9rer dans \u00ab\u00a0une dynamique de patrimonialisation\u00a0\u00bb (p. 160) contribue, par ailleurs, \u00e0 recontextualiser l\u2019exp\u00e9rience de jeu en donnant aux visiteurs la possibilit\u00e9 de jouer sur des machines au sein de l\u2019espace mus\u00e9al, dans la tentative de leur restituer \u00ab\u00a0les sensations des jeux d\u2019antan\u00a0\u00bb (p. 164). Et si la nostalgie peut \u00eatre rep\u00e9r\u00e9e aussi dans les r\u00e9\u00e9ditions officielles des consoles, qui se fondent pour leurs vid\u00e9os sur le recyclage d\u2019anciens spots, c\u2019est surtout dans les productions audiovisuelles partag\u00e9es en ligne que semble s\u2019exprimer au mieux le sentiment nostalgique, \u00e0 travers la sc\u00e9nographie choisie par les amateurs, l\u2019expression de leur subjectivit\u00e9 et \u00ab\u00a0l\u2019extimit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience de jeu\u00a0\u00bb (p.172).<\/p>\n\n\n\n<p>Natalia Marcela Osorio Ruiz et Laurent Faur\u00e9 (\u00ab Radio de proximit\u00e9 et expression des \u00e9motions dans une matinale d\u2019information colombienne&nbsp;\u00bb, pp. 175-195) explorent, pour leur part, les strat\u00e9gies d\u2019expression \u00e9motionnelle d\u00e9ploy\u00e9es dans une matinale d\u2019information de la radio colombienne. Les auteurs s\u2019int\u00e9ressent notamment \u00e0 la construction discursive d\u2019une posture de proximit\u00e9, con\u00e7ue comme une \u00ab&nbsp;&nbsp;relation de partage socioculturel&nbsp;\u00bb (p.178) qui mobilise \u00ab&nbsp;des dimensions empathiques et path\u00e9miques&nbsp;\u00bb (<em>Ibidem<\/em>). L\u2019\u00e9tude, fond\u00e9e sur une d\u00e9marche ethnom\u00e9thodologique, se focalise sur un programme informatif de la cha\u00eene de radio priv\u00e9e (<em>Caracol Radio<\/em>) qui propose des chroniques d\u2019int\u00e9r\u00eat social en ayant recours \u00e0 des r\u00e9cits de vie \u00ab&nbsp;ordinaires mais exemplaires&nbsp;\u00bb (p. 179). L\u2019observation participante et l\u2019enregistrement des interactions produites dans le studio radiophonique, au cours de l\u2019\u00e9mission et des phases pr\u00e9paratoires au sein de l\u2019\u00e9quipe de r\u00e9daction, a permis aux chercheurs d\u2019avoir acc\u00e8s aux pratiques des acteurs et aux proc\u00e9dures mises en \u0153uvre dans la construction du discours radiophonique. L\u2019expression empathique est abord\u00e9e plus sp\u00e9cifiquement \u00e0 partir d\u2019un extrait du programme s\u00e9lectionn\u00e9 qui propose un entretien-t\u00e9moignage susceptible de renforcer la mission \u00ab&nbsp;de porte-parole des d\u00e9nonciations sociales&nbsp;\u00bb (p. 181) attribu\u00e9e au m\u00e9dia. Ainsi les auteurs analysent-ils, \u00e0 l\u2019aide d\u2019outils m\u00e9thodologiques issus de l\u2019analyse du discours et de l\u2019analyse conversationnelle, \u00ab&nbsp;la mise en \u0153uvre incr\u00e9mentale de l\u2019\u00e9motion&nbsp;\u00bb (p. 193) qui se r\u00e9alise \u00e0 la fois sur le plan discursif, \u00e0 travers la s\u00e9quentialit\u00e9 narrative, et sur le plan vocal, \u00e0 travers les modulations de la voix et d\u2019autres ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019ordre paraverbal. La cr\u00e9ation par les journalistes d\u2019une relation de proximit\u00e9 avec l\u2019auditoire, qui d\u00e9pend en amont des strat\u00e9gies d\u00e9ploy\u00e9es dans les discussions \u00e9ditoriales hors antenne, appara\u00eet finalement comme le r\u00e9sultat d\u2019un ensemble de choix lexicaux, prosodiques, narratifs et interlocutifs concr\u00e9tis\u00e9s durant l\u2019\u00e9mission.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le dernier article de l\u2019ouvrage, Camille Royon (\u00ab&nbsp;Les \u00e9motions et les publics. Enqu\u00eater sur les publics de la culture et de l\u2019\u00c9ducation Artistique et Culturelle par l\u2019analyse des \u00e9motions. Le cas du Festival des Rencontres Trans Musicales de Rennes&nbsp;\u00bb, pp. 197-211) s\u2019interroge sur la place des \u00e9motions dans les relations \u00e0 l\u2019art et \u00e0 la culture. Sa recherche, qui s\u2019ins\u00e8re dans \u00ab&nbsp;une sociologie de la r\u00e9ception&nbsp;\u00bb (p. 203), s\u2019int\u00e9resse plus particuli\u00e8rement aux rapports des publics \u00e0 la forme \u00ab&nbsp;festival de musique&nbsp;\u00bb. Les \u00e9motions sont donc ici appr\u00e9hend\u00e9es en tant que voie d\u2019acc\u00e8s aux r\u00e9ceptions individuelles et collectives, dans le cadre des actions d\u2019\u00c9ducation Artistique et Culturelle (EAC). L\u2019auteure propose, \u00e0 titre illustratif, l\u2019exemple du Festival des Rencontres Trans Musicales de Rennes (Les Trans), cr\u00e9\u00e9 en 1979 par une association b\u00e9n\u00e9vole, afin de pallier au manque d\u2019espaces et d\u2019occasions de rencontres entre artistes et publics. La recherche se fonde plus pr\u00e9cis\u00e9ment sur un travail de terrain aupr\u00e8s des jeunes publics accompagn\u00e9s par des dispositifs d\u2019action culturelle et se focalise sur l\u2019analyse des retours d\u2019exp\u00e9riences des festivaliers. Envisag\u00e9 comme \u00ab&nbsp;un terrain d\u2019\u00e9motion&nbsp;\u00bb (p. 205) et comme un lieu de construction identitaire, le festival rennais semble montrer non seulement l\u2019intensit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience esth\u00e9tique, mais aussi \u00ab&nbsp;l\u2019utilit\u00e9 sociale d\u2019un festival, dans sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9duquer<em> par<\/em> et <em>aux<\/em> \u00e9motions&nbsp;\u00bb (p. 201).<\/p>\n\n\n\n<p>[Elisa RAVAZZOLO]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pascale VERGELY, Guillaume CARBOU (\u00e9ds.), M\u00e9dias et \u00e9motions. Cat\u00e9gories d\u2019analyses, probl\u00e9matiques, concepts, Romatre-Press, Prismes n. 2, Roma, 2020, pp. 211. Le volume r\u00e9unit les contributions pr\u00e9sent\u00e9es lors des journ\u00e9es d\u2019\u00e9tudes internationales organis\u00e9es \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Bordeaux les 11 et 12 avril 2019 sur l\u2019\u00e9motion m\u00e9diatis\u00e9e, envisag\u00e9e du point de vue de son expression ou de\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2021\/06\/29\/pascale-vergely-guillaume-carbou-eds-medias-et-emotions-categories-danalyses-problematiques-concepts\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[20],"tags":[],"class_list":["post-255","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n-43"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/255"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=255"}],"version-history":[{"count":4,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/255\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":330,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/255\/revisions\/330"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=255"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=255"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=255"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}