{"id":199,"date":"2021-02-18T15:30:42","date_gmt":"2021-02-18T14:30:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=199"},"modified":"2021-03-05T08:45:20","modified_gmt":"2021-03-05T07:45:20","slug":"michela-tonti-le-nom-de-marque-dans-le-discours-au-quotidien-prisme-lexiculturel-et-linguistique-paris-lharmattan-coll-laboratoriofrancesisti-2020-207-p","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2021\/02\/18\/michela-tonti-le-nom-de-marque-dans-le-discours-au-quotidien-prisme-lexiculturel-et-linguistique-paris-lharmattan-coll-laboratoriofrancesisti-2020-207-p\/","title":{"rendered":"Michela Tonti, Le nom de marque dans le discours au quotidien. Prisme lexiculturel et linguistique, Paris, L\u2019Harmattan, coll. laboratorio@francesisti, 2020, 207 p."},"content":{"rendered":"\n<p>Comme Robert Galisson le reconnaissait en pionnier, \u00ab&nbsp;la prolif\u00e9ration des noms de marque n\u2019est pas un \u00e9piph\u00e9nom\u00e8ne quelconque, mais un fait culturel de premi\u00e8re importance, r\u00e9v\u00e9lateur du fonctionnement de notre soci\u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb. L\u2019\u00e9tude de Michela Tonti, <em>Le nom de marque dans le discours au quotidien. Prisme lexiculturel et linguistique,<\/em> publi\u00e9 aux \u00e9ditions L\u2019Harmattan en 2020 et pr\u00e9fac\u00e9 par John Humbley, s\u2019inscrit dans cette lign\u00e9e d\u2019\u00e9tude d\u2019inspiration explicitement galissonienne. L\u2019analyse conduite pas l\u2019auteure vise \u00e0 \u00e9largir le champ d\u2019observation des noms de marque (dor\u00e9navant NdM) gr\u00e2ce \u00e0 la fouille d\u2019un large corpus lui permettant de les observer en discours. L\u2019objectif de l\u2019ouvrage est pr\u00e9cis\u00e9ment de proposer une \u00e9tude empirique du ph\u00e9nom\u00e8ne qui a \u00e9t\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 il y a quelques ann\u00e9es, confi\u00e9e presque exclusivement aux r\u00e9flexions th\u00e9oriques \u00ab&nbsp;in vitro&nbsp;\u00bb. Se d\u00e9tachant du contexte publicitaire et du marketing pour enqu\u00eater sur la culture ordinaire v\u00e9hicul\u00e9e par les NdM, l\u2019auteure s\u2019int\u00e9resse plus particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019int\u00e9gration des NdM dans le \u00ab&nbsp;stock lexiculturel&nbsp;\u00bb des locuteurs \u00e0 travers l\u2019analyse des comportements linguistiques de ces derniers. Elle porte l\u2019attention en particulier sur les occurrences des NdM recueillis sur des blogs ou des forums relevant du \u00ab&nbsp;discours au quotidien&nbsp;\u00bb&nbsp;et se focalise sur la cr\u00e9ativit\u00e9 lexicale des sujets parlants \u00e0 travers l\u2019\u00e9tude des d\u00e9rivations morphologiques et s\u00e9mantiques des NdM en discours.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier chapitre est consacr\u00e9 \u00e0 la d\u00e9finition du NdM d\u2019un point de vue th\u00e9orique en retra\u00e7ant la litt\u00e9rature scientifique disponible \u00e0 ce sujet, apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 la d\u00e9finition de la marque en marketing et en droit. Pour ce qui est des analyses plus proprement linguistiques, Michela Tonti passe en revue les crit\u00e8res formels, morpho-syntaxiques, s\u00e9mantiques et pragmatiques utilis\u00e9s dans l\u2019analyse du nom propre et du NdM. Elle s\u2019attache \u00e0 relever les propri\u00e9t\u00e9s sp\u00e9cifiques des NdM par rapport aux noms propres et conclue sur la nature polys\u00e9miotique des NdM qui est susceptible de se charger \u00ab&nbsp;d\u2019une constellation de s\u00e8mes en discours&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce constat justifie la d\u00e9marche adopt\u00e9e se basant sur l\u2019exploitation d\u2019un large corpus \u00e9lectronique qui constitue le sujet du deuxi\u00e8me chapitre. Comme l\u2019auteure l\u2019explique, l\u2019\u00e9tude <em>corpus-based<\/em> a \u00e9t\u00e9 conduite en 2016 sur le corpus <em>Aranea<\/em>, corpus multilingue de textes extraits du Web mis au point par l\u2019Universit\u00e9 Comenius de Bratislava, \u00e0 partir d\u2019une liste de 1987 NdM qui a \u00e9t\u00e9 construite apr\u00e8s le d\u00e9pouillement de catalogues commerciaux et le recoupement avec les classements th\u00e9matiques des NdM disponibles sur le site de l\u2019I.N.P.I (Institut National de la Propri\u00e9t\u00e9 Industrielle). Une des parties les plus int\u00e9ressantes concerne l\u2019analyse des contextes d\u2019utilisation des NdM \u00e0 travers l\u2019exploitation du corpus qui pose les bases de la r\u00e9flexion qui suit.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me chapitre adopte un point de vue plus strictement lexicologique puisqu\u2019il se concentre sur l\u2019analyse des ph\u00e9nom\u00e8nes de polys\u00e9mie et d\u2019homonymie des NdM en concurrence avec des unit\u00e9s de la langue commune (<em>Printemps<\/em>, <em>Innocent<\/em>, <em>Le Petit Marseillais<\/em>). L\u2019auteure soutient l\u2019id\u00e9e que \u00ab&nbsp;les NdM qui partagent avec la langue commune ses lexies sont en mesure de d\u00e9passer le stade de l\u2019homonymie pour d\u00e9clencher une polys\u00e9mie enrichissante&nbsp;\u00bb et d\u2019occasionner des m\u00e9taphores vives, malgr\u00e9 la possibilit\u00e9 d\u2019incertitude r\u00e9f\u00e9rentielle (exemple de <em>BHV<\/em> ou <em>Saint Maclou<\/em>). En dehors des cas d\u2019ambigu\u00eft\u00e9, l\u2019analyse de NdM empruntant \u00e0 la langue commune sert de point de d\u00e9part \u00e0 Michela Tonti pour souligner la valeur culturelle des NdM et s\u00e9lectionner une liste de \u00ab&nbsp;nouveaux candidats lexiculturels&nbsp;\u00bb en les regroupant selon l\u2019implicite culturel qu\u2019ils v\u00e9hiculent (identit\u00e9s r\u00e9gionales, terroirs, tradition, exotisme, cultures g\u00e9n\u00e9rationnelles, religieuse, mythologique, litt\u00e9raire, etc.), c\u2019est-\u00e0-dire en appliquant \u00e0 son corpus les cat\u00e9gories de la culture ordinaire d\u00e9finies par Galisson.<\/p>\n\n\n\n<p>Le quatri\u00e8me chapitre combine l\u2019approche quantitative des donn\u00e9es et l\u2019analyse de marqueurs discursifs de \u00ab&nbsp;notori\u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb afin de d\u00e9finir les NdM les plus courants au moment de l\u2019\u00e9tude. Ce sont en particulier les marqueurs d\u2019\u00e9valuation subjective qui ont retenu l\u2019attention de l\u2019auteure comme les adjectifs d\u2019intensit\u00e9, verbes, adverbes mais aussi les structures syntaxiques contemporaines de jugement comme <em>(du)&nbsp;style<\/em>, <em>(du) genre<\/em>, <em>(du) type<\/em>&nbsp;+ <em>NdM<\/em>, etc. pour d\u00e9passer les simples donn\u00e9es quantitatives et acc\u00e9der aux NdM entr\u00e9s dans le stock lexiculturel des locuteurs francophones contemporains. D\u2019apr\u00e8s les r\u00e9sultats de cette analyse, le nombre de ces NdM courants s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 148 unit\u00e9s. L\u2019auteure parvient \u00e0 d\u00e9montrer, une fois de plus, dans quelle mesure l\u2019effet discursif du NdM se base sur des valeurs et des informations extralinguistiques partag\u00e9es par les locuteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dernier chapitre, consacr\u00e9 \u00e0 la dimension variationnelle des NdM ainsi qu\u2019aux figures de rh\u00e9torique, se concentre sur la cr\u00e9ativit\u00e9 lexicale \u00e0 partir des NdM. Les premiers paragraphes analysent les indices de lexicalisation des NdM, bien que ce ne soit pas la perspective ici adopt\u00e9e, comme la variation orthographique, qui se manifeste surtout sur les signes diacritiques comme les accents ou le tr\u00e9ma, la variation flexionnelle ou encore l\u2019int\u00e9gration syntaxique (comme la structure <em>c\u2019est du<\/em> + NdM). L\u2019auteure passe en revue les n\u00e9ologismes cr\u00e9\u00e9s \u00e0 partir des NdM suivant les matrices lexicog\u00e9niques \u00e9tablies par J.-F. Sablayrolles, et s\u2019attarde sur la productivit\u00e9 du NdM <em>Ripolin <\/em>et ses d\u00e9riv\u00e9s <em>ripoliner, ripolinage <\/em>etc., utilis\u00e9s surtout dans des contextes politiques et sociaux, pour terminer sur les figures de style cr\u00e9\u00e9es en discours au moyen des NdM.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage de Michela Tonti, s\u2019inscrivant dans un mouvement d\u2019\u00e9tudes linguistiques contemporaines sur l\u2019onomastique commerciale, a le m\u00e9rite de proposer une analyse s\u00e9mantico-syntaxique rigoureuse se basant sur l\u2019exploitation des discours quotidiens issus du Web. Ce n\u2019est en effet qu\u2019en contextualisant ces unit\u00e9s du lexique qu\u2019il est possible de saisir tous les effets de significations d\u00e9rivant aussi bien du contexte que des implicites culturels dont ils sont porteurs. En outre, le corpus des donn\u00e9es recueillies pourra se r\u00e9v\u00e9ler une ressource pr\u00e9cieuse pour les recherches futures autour du fonctionnement des NdM en discours impliquant de multiples approches et variables.<\/p>\n\n\n\n<p>JANA ALTMANOVA<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme Robert Galisson le reconnaissait en pionnier, \u00ab&nbsp;la prolif\u00e9ration des noms de marque n\u2019est pas un \u00e9piph\u00e9nom\u00e8ne quelconque, mais un fait culturel de premi\u00e8re importance, r\u00e9v\u00e9lateur du fonctionnement de notre soci\u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb. L\u2019\u00e9tude de Michela Tonti, Le nom de marque dans le discours au quotidien. 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