{"id":1503,"date":"2026-02-04T13:24:12","date_gmt":"2026-02-04T12:24:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=1503"},"modified":"2026-02-17T10:04:08","modified_gmt":"2026-02-17T09:04:08","slug":"cristina-brancaglion-michel-tremblay-peintre-de-loralite-feminine-perspectives-linguistiques-sur-deux-oeuvres-contemporaines","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2026\/02\/04\/cristina-brancaglion-michel-tremblay-peintre-de-loralite-feminine-perspectives-linguistiques-sur-deux-oeuvres-contemporaines\/","title":{"rendered":"Cristina BRANCAGLION, Michel Tremblay peintre de l\u2019oralit\u00e9 f\u00e9minine. Perspectives linguistiques sur deux \u0153uvres contemporaines"},"content":{"rendered":"\n<p>Cristina BRANCAGLION, <em>Michel Tremblay peintre de l\u2019oralit\u00e9 f\u00e9minine. Perspectives linguistiques sur deux \u0153uvres contemporaines<\/em>, I libri di Emil, Citt\u00e0 di Castello, 2025, pp. 168.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage de Cristina Brancaglion,\u00a0<em>Michel Tremblay peintre de l\u2019oralit\u00e9 f\u00e9minine. Perspectives linguistiques sur deux \u0153uvres contemporaines<\/em>, propose une lecture \u00e0 la fois linguistique et litt\u00e9raire de la prose r\u00e9cente de Michel Tremblay, en prenant pour fil directeur la construction des voix f\u00e9minines et, surtout, les proc\u00e9d\u00e9s par lesquels l\u2019\u00e9crivain fait entendre la diversit\u00e9 du fran\u00e7ais parl\u00e9 au Qu\u00e9bec. D\u2019embl\u00e9e, comme le souligne l\u2019autrice, l\u2019entreprise n\u2019est pas une simple c\u00e9l\u00e9bration d\u2019un style : elle vise \u00e0 montrer comment le langage sert \u00e0 d\u00e9finir les personnages, \u00e0 les situer selon leurs appartenances sociales et \u00e0 rendre perceptibles leurs \u00e9tats \u00e9motifs. Ce point de d\u00e9part, clairement programmatique, ancre l\u2019\u00e9tude dans un horizon scientifique pr\u00e9cis : comprendre l\u2019oralit\u00e9 litt\u00e9raire comme un dispositif de variation, non comme un d\u00e9cor. L\u2019introduction installe avec efficacit\u00e9 la double \u00e9chelle du livre : ampleur du corpus tremblayen et focalisation sur un segment circonscrit. L\u2019autrice rappelle la fortune et la centralit\u00e9 de cet univers fictionnel \u2014 elle \u00e9voque notamment l\u2019hommage sc\u00e9nique montr\u00e9alais de 2022, v\u00e9ritable \u201ccolossale \u00e9pop\u00e9e de douze heures\u201d (p. 7) \u2014 afin de mieux justifier le choix d\u2019un terrain plus resserr\u00e9, mais heuristiquement rentable. Selon l\u2019autrice, la production de Tremblay se laisse lire comme une vaste m\u00e9moire sociale, travers\u00e9e par des cycles et des retours, mais c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment parce que cette \u0153uvre est d\u00e9j\u00e0 largement comment\u00e9e qu\u2019il devient pertinent d\u2019\u00e9clairer des zones moins stabilis\u00e9es : Brancaglion annonce ainsi son int\u00e9r\u00eat pour une \u00ab\u00a0production narrative plus r\u00e9cente, encore peu \u00e9tudi\u00e9e\u00a0\u00bb (p. 12). Elle retient deux textes en prose \u2014\u00a0<em>Conversations avec un enfant curieux<\/em>\u00a0(2016) et\u00a0<em>Victoire !<\/em>\u00a0(2020) \u2014 parce qu\u2019ils autorisent une observation fine des vari\u00e9t\u00e9s de fran\u00e7ais par l\u2019entremise de plusieurs figures f\u00e9minines inscrites dans des contextes g\u00e9n\u00e9rationnels et socioculturels diff\u00e9renci\u00e9s. Cette d\u00e9cision m\u00e9thodologique est d\u2019autant plus convaincante qu\u2019elle ne proc\u00e8de pas par argument d\u2019autorit\u00e9, mais par hypoth\u00e8se de travail : la pluralit\u00e9 des voix f\u00e9minines devient un observatoire de la variation. Dans cette m\u00eame entr\u00e9e en mati\u00e8re, l\u2019autrice inscrit l\u2019ouvrage dans un sillage intellectuel explicite. Elle rappelle que l\u2019\u00e9tude des repr\u00e9sentations de l\u2019oral a mobilis\u00e9 les linguistes sur divers supports, mais que la litt\u00e9rature demeure un laboratoire privil\u00e9gi\u00e9, notamment parce qu\u2019elle a historiquement pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la grammaire dans la prise en compte de la langue populaire, au sens de Gadet. Brancaglion articule ce rappel \u00e0 une bibliographie structurante (Gadet, Blanche-Benveniste et Jeanjean, L\u00e9on, Mahrer, Rouayrenc), ce qui place d\u2019embl\u00e9e sa d\u00e9marche sous le signe d\u2019une continuit\u00e9 critique : elle ne r\u00e9invente pas l\u2019objet, elle d\u00e9place des outils vers un corpus et une probl\u00e9matique sp\u00e9cifiques, tout en assumant la part d\u2019adaptation requise.\u00a0<br>Le premier chapitre suit une progression historique et culturelle : il reconstitue l\u2019\u00e9mergence de Tremblay comme \u00e9crivain de l\u2019oralit\u00e9 en rappelant les pr\u00e9c\u00e9dents de la litt\u00e9rature qu\u00e9b\u00e9coise, les d\u00e9bats sur la l\u00e9gitimit\u00e9 de la vari\u00e9t\u00e9 locale, et la longue tension entre norme exog\u00e8ne et usages endog\u00e8nes. L\u2019autrice montre, avec une pr\u00e9cision utile, comment les proc\u00e9d\u00e9s de repr\u00e9sentation (graphies non standard, \u00e9lisions, \u00ab\u00a0trucages\u00a0\u00bb orthographiques, mise \u00e0 distance typographique) ont \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9s bien avant l\u2019\u00e8re tremblayenne, mais souvent confin\u00e9s \u00e0 des effets pittoresques ou comiques. Cette contextualisation rend d\u2019autant plus lisible le basculement associ\u00e9 au <em>joual<\/em>. L\u2019autrice rappelle que la repr\u00e9sentation des\u00a0<em>Belles-s\u0153urs<\/em>\u00a0en 1968 \u00ab\u00a0fait scandale\u00a0\u00bb et produit une \u00ab\u00a0onde de choc\u00a0\u00bb (p. 27), parce que l\u2019enjeu d\u00e9passe le simple registre : il s\u2019agit d\u2019un th\u00e9\u00e2tre social, r\u00e9aliste, o\u00f9 la langue populaire n\u2019est plus un accessoire mais une mati\u00e8re dramatique centrale. Dans ce cadre, selon l\u2019autrice, l\u2019int\u00e9r\u00eat de Tremblay tient aussi \u00e0 sa conscience de la fabrication litt\u00e9raire : l\u2019oralit\u00e9 n\u2019est pas un enregistrement, mais une construction qui vise des effets esth\u00e9tiques, identitaires et politiques. Le livre insiste ici \u2014 et c\u2019est l\u2019un de ses points forts \u2014 sur l\u2019ambivalence du mot \u00ab\u00a0joual\u00a0\u00bb et sur la n\u00e9cessit\u00e9 de ne pas confondre vari\u00e9t\u00e9 linguistique et stylisation : l\u2019autrice rappelle, \u00e0 la suite de Tourgeon (1973), que l\u2019id\u00e9e d\u2019une langue joual strictement d\u00e9limit\u00e9e est \u00ab\u00a0chim\u00e9rique\u00a0\u00bb (p. 30), ce qui oblige \u00e0 penser en termes de continuum, de fr\u00e9quences, d\u2019indices.<\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me chapitre, plus technique, \u00e9tablit l\u2019armature analytique. Brancaglion reprend le dispositif de Rouayrenc et, comme elle l\u2019affirme, le rend op\u00e9ratoire pour le fran\u00e7ais qu\u00e9b\u00e9cois en int\u00e9grant la dimension g\u00e9ographique et les registres de variation interne. Elle distingue trois strates et pr\u00e9cise l\u2019orientation de chacune : l\u2019\u00a0\u00ab\u00a0oralit\u00e9 norm\u00e9e\u00a0\u00bb rel\u00e8ve d\u2019une oralit\u00e9 \u00ab\u00a0souvent le plus correct\u00a0\u00bb (p. 53), l\u2019\u00ab\u00a0oralit\u00e9 courante\u00a0\u00bb correspond aux \u00ab\u00a0faits langagiers propres au fran\u00e7ais parl\u00e9\u00a0\u00bb (p. 54), tandis que l\u2019\u00ab\u00a0oralit\u00e9 marqu\u00e9e\u00a0\u00bb concentre les indices plus stigmatis\u00e9s ou plus saillants. L\u2019apport heuristique r\u00e9side moins dans la tripartition elle-m\u00eame \u2014 connue dans la litt\u00e9rature \u2014 que dans sa reconfiguration pour le Qu\u00e9bec, appuy\u00e9e sur des synth\u00e8ses et sur des ressources lexicographiques r\u00e9centes. L\u2019autrice ne simplifie pas la question : elle rappelle que la fronti\u00e8re entre familier et socialement d\u00e9valu\u00e9 se joue volontiers surtout sur le nombre d\u2019occurrences de certaines variantes, ce qui \u00e9vite de transformer la variation en taxinomie fig\u00e9e. On appr\u00e9cie \u00e9galement la transparence \u00e9pist\u00e9mique : Brancaglion explicite les am\u00e9nagements apport\u00e9s au mod\u00e8le initial et justifie leur n\u00e9cessit\u00e9 au regard des donn\u00e9es.<br>Les chapitres d\u2019analyse (3 et 4) appliquent ce cadre en suivant une logique de lecture qui \u00e9pouse la progression de l\u2019ouvrage : d\u2019abord les figures f\u00e9minines associ\u00e9es \u00e0 la langue de prestige, ensuite celles qui incarnent un parler qu\u00e9b\u00e9cois plus familier ou plus marqu\u00e9. Dans le troisi\u00e8me chapitre, l\u2019autrice s\u2019int\u00e9resse aux personnages dont la position sociale ou institutionnelle favorise l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un fran\u00e7ais moins localement index\u00e9. Elle relie cette observation \u00e0 l\u2019histoire culturelle de l\u2019\u00e9ducation au Qu\u00e9bec et rappelle, par exemple, des \u00e9l\u00e9ments de contexte tels que la reprise en main confessionnelle : \u00ab\u00a0l\u2019\u00c9glise reprend petit \u00e0 petit sa mainmise sur l\u2019\u00e9ducation\u00a0\u00bb. Mais l\u2019int\u00e9r\u00eat de la d\u00e9monstration tient au fait que la langue de prestige n\u2019est pas trait\u00e9e comme une simple conformit\u00e9 : l\u2019autrice met en \u00e9vidence des moments de fluctuation, o\u00f9 la pression affective, la sc\u00e8ne d\u2019interaction ou la m\u00e9moire du milieu d\u2019origine r\u00e9introduisent des marqueurs locaux. Autrement dit, selon l\u2019autrice, la variation ne se superpose pas m\u00e9caniquement aux cat\u00e9gories sociales ; elle se reconfigure dans l\u2019\u00e9nonciation, par \u00ab\u00a0alignements\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0d\u00e9crochages\u00a0\u00bb qui sont pr\u00e9cis\u00e9ment ce que la litt\u00e9rature rend observable.<br>Le quatri\u00e8me chapitre, plus ample, explore la diversit\u00e9 des parlers qu\u00e9b\u00e9cois \u00e0 travers la parole de plusieurs g\u00e9n\u00e9rations. Comme le souligne l\u2019autrice, ce dispositif g\u00e9n\u00e9rationnel permet de mesurer \u00ab\u00a0l\u2019ampleur\u00a0\u00bb des variations, de la familiarit\u00e9 quotidienne jusqu\u2019aux nuances plus stigmatis\u00e9es. La d\u00e9marche est syst\u00e9matique : prononciation, morphosyntaxe, lexique, avec un effort constant pour relier marqueurs formels et effets de caract\u00e9risation. L\u2019autrice privil\u00e9gie une description fonctionnelle : certains traits servent l\u2019ancrage temporel (fin du XIX\u1d49 si\u00e8cle, ann\u00e9es 1950), d\u2019autres signalent l\u2019espace social (rural\/urbain) ou la situation interactionnelle. L\u2019un des m\u00e9rites du chapitre est de montrer comment, chez Tremblay, l\u2019oralit\u00e9 n\u2019est pas seulement \u00ab\u00a0mise en sc\u00e8ne\u00a0\u00bb, mais aussi th\u00e9matis\u00e9e : le texte fait parfois place \u00e0 des commentaires m\u00e9talinguistiques qui rendent la variation visible aux personnages eux-m\u00eames. \u00c0 cet \u00e9gard, l\u2019exemple de \u00ab\u00a0pis\u00a0\u00bb, relev\u00e9 et comment\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du roman, est r\u00e9v\u00e9lateur : \u00ab\u00a0Victoire\u00a0! Tu viens de l\u00e2cher tes deux premiers \u2018pis\u2019 !\u00a0\u00bb (p. 144). L\u2019autrice y voit, de mani\u00e8re convaincante, un indice de bascule identitaire : la variante famili\u00e8re n\u2019est pas un accident, elle devient un \u00e9v\u00e9nement \u00e9nonciatif, socialement interpr\u00e9t\u00e9. La conclusion r\u00e9capitule les acquis sans emphase excessive. Brancaglion insiste sur l\u2019id\u00e9e que Tremblay \u00ab\u00a0utilise pleinement les ressources disponibles pour montrer la diversit\u00e9 des usages de la langue\u00a0\u00bb (p. 153), ce qui reformule, sur un mode synth\u00e9tique, la th\u00e8se ma\u00eetresse du livre : l\u2019oralit\u00e9 f\u00e9minine est le vecteur privil\u00e9gi\u00e9 d\u2019une pluralit\u00e9 de fran\u00e7ais qu\u00e9b\u00e9cois litt\u00e9raris\u00e9s. Elle pr\u00e9cise aussi que cette pluralit\u00e9 n\u2019est pas uniforme : certaines zones (par exemple, les formes les plus opaques ou les anglicismes) apparaissent selon des logiques de concentration et d\u2019\u00e9poque, ce qui renforce l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une stylisation s\u00e9lective plut\u00f4t que d\u2019une copie exhaustive. L\u2019autrice souligne enfin que la variation d\u2019un m\u00eame personnage peut \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9e de mani\u00e8re variable, et que cette variabilit\u00e9, loin de fragiliser l\u2019analyse, en constitue l\u2019objet : elle permet d\u2019articuler histoire, contexte, ethos et trajectoires. En d\u00e9finitive, le volume se distingue par sa solidit\u00e9 m\u00e9thodologique, la clart\u00e9 de son dispositif et l\u2019intelligence de ses articulations entre linguistique et litt\u00e9rature. Son principal atout scientifique est de proposer un mod\u00e8le transf\u00e9rable \u2014 fond\u00e9 sur des cat\u00e9gories explicitement d\u00e9finies \u2014 tout en l\u2019\u00e9prouvant sur un corpus pr\u00e9cis, soigneusement justifi\u00e9. Sur le plan heuristique, l\u2019ouvrage \u00e9vite deux \u00e9cueils fr\u00e9quents : r\u00e9duire l\u2019oralit\u00e9 \u00e0 un folklore graphique, ou dissoudre l\u2019analyse dans une g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 sociologique. Ici, selon l\u2019autrice, la variation est \u00e0 la fois un fait de langue et une strat\u00e9gie de repr\u00e9sentation, et la prose tremblayenne devient un terrain privil\u00e9gi\u00e9 pour observer comment le fran\u00e7ais qu\u00e9b\u00e9cois, dans ses registres, ses indices et ses valeurs, se transforme en forme litt\u00e9raire. Si l\u2019on devait formuler une r\u00e9serve, elle tiendrait moins \u00e0 la d\u00e9monstration qu\u2019\u00e0 la densit\u00e9 : certains passages tr\u00e8s riches en ph\u00e9nom\u00e8nes pourraient gagner, pour un lectorat non sp\u00e9cialiste, \u00e0 \u00eatre encore davantage ralentis par des explicitations gradu\u00e9es. Mais c\u2019est aussi le signe d\u2019un livre qui assume pleinement sa vocation de recherche : rendre la complexit\u00e9 lisible sans l\u2019appauvrir, et faire de l\u2019oralit\u00e9 f\u00e9minine non un th\u00e8me, mais un outil d\u2019intelligibilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>[Francesco ATTRUIA]<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cristina BRANCAGLION, Michel Tremblay peintre de l\u2019oralit\u00e9 f\u00e9minine. Perspectives linguistiques sur deux \u0153uvres contemporaines, I libri di Emil, Citt\u00e0 di Castello, 2025, pp. 168. 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