{"id":130,"date":"2021-02-15T18:51:10","date_gmt":"2021-02-15T17:51:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=130"},"modified":"2021-03-05T08:45:19","modified_gmt":"2021-03-05T07:45:19","slug":"anne-theissen-annie-kuyumcuyan-coord-la-polyvalence-de-ce-en-francais-de-la-syntaxe-a-la-cohesion-textuelle-studii-de-lingvistica-no-10-2020-pp-282","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2021\/02\/15\/anne-theissen-annie-kuyumcuyan-coord-la-polyvalence-de-ce-en-francais-de-la-syntaxe-a-la-cohesion-textuelle-studii-de-lingvistica-no-10-2020-pp-282\/","title":{"rendered":"Anne THEISSEN, Annie KUYUMCUYAN (coord.), La polyvalence de ce en fran\u00e7ais : de la syntaxe \u00e0 la coh\u00e9sion textuelle,  Studii de lingvistic\u0103 \u00bb, no 10 \/ 2020, pp. 282."},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Coordonn\u00e9 par Anne THEISSEN et Annie KUYUMCUYAN, le num\u00e9ro 10 de la revue <em>Studii de lingvistic\u0103<\/em> est consacr\u00e9 \u00e0 une th\u00e9matique complexe &#8211; \u00ab&nbsp;La polyvalence de <em>ce<\/em> en fran\u00e7ais : de la syntaxe \u00e0 la coh\u00e9sion textuelle\u00bb &#8211; qui regroupe des articles autour des pronoms d\u00e9monstratifs&nbsp; neutres du fran\u00e7ais (<em>ce, ceci, cela, \u00e7a<\/em>), analys\u00e9s dans une approche linguistique polyvalente (distributionnelle, textuelle, s\u00e9mantico-discursive). Selon les deux coordinatrices, ce volume a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u comme un prolongement de la revue <em>Langue Fran\u00e7aise<\/em>, qui a d\u00e9di\u00e9 son 205<sup>\u00e8me<\/sup> num\u00e9ro (Kuyumcuyan &amp; Theissen 2020) \u00e0 la m\u00eame probl\u00e9matique&nbsp;: \u00ab <em>Ce<\/em> : syntaxe et s\u00e9mantique\u00bb. L\u2019architecture de la revue, divis\u00e9e en deux parties, suit une d\u00e9marche progressive partant de la grammaire de phrase, avec ses deux niveaux d\u2019analyse : la proposition et la phrase, jusqu\u2019\u00e0 la linguistique textuelle et l\u2019analyse du discours.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re partie \u2013 \u00ab&nbsp;<em>Ce<\/em> en grammaire du fran\u00e7ais : substitution et accord&nbsp;\u00bb r\u00e9unit quatre \u00e9tudes d\u00e9di\u00e9es aux substituts possibles de <em>ce<\/em>, \u00e0 savoir <em>chose<\/em> dans les pseudo-cliv\u00e9es (C. Benninger et M.-N. Roubaud) et <em>il<\/em> devant le verbe <em>\u00eatre<\/em> (J.-P. Seghi), mais aussi aux probl\u00e8mes d\u2019accord verbal (E. Tourrette) et \u00e0 la pr\u00e9sence et \u00e0 la variabilit\u00e9 de <em>ce<\/em> dans les incises et incidentes en fran\u00e7ais m\u00e9di\u00e9val (D. Capin).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;Constructions bipartites en <em>chose<\/em> vs pseudo-cliv\u00e9es : un cas de concurrence ?&nbsp;\u00bb, Marie-No\u00eblle ROUBAUD et C\u00e9line BENNINGER font la comparaison des constructions \u00ab bipartites en <em>chose<\/em>\u00bb du type <em>la chose que je pr\u00e9f\u00e8re c\u2019est la glace \u00e0 la vanille<\/em> avec les constructions pseudo-cliv\u00e9es du type <em>ce<\/em> <em>que je pr\u00e9f\u00e8re c\u2019est la glace \u00e0 la vanille<\/em>. Selon les auteures, les diff\u00e9rences entre les deux constructions rel\u00e8vent de la nature nominale particuli\u00e8re de <em>chose<\/em>, ce qui induit \u00e9galement des sp\u00e9cificit\u00e9s de nature syntaxique, mais aussi de nature s\u00e9mantico-r\u00e9f\u00e9rentielle (l\u2019une fonctionne avec une proforme, l\u2019autre avec le nom <em>chose<\/em>), ce qui explique aussi le fait que <em>CChose<\/em> pr\u00e9sente une marge de man\u0153uvre plus grande, tandis que les constructions pseudo-cliv\u00e9es sont reli\u00e9es, dans environ trois quarts des exemples, au contexte verbal.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;Pour une syst\u00e9matisation du pronom <em>ce<\/em> devant la copule <em>\u00eatre<\/em> en opposition aux pronoms <em>il<\/em> impersonnel et <em>il<\/em> personnel&nbsp;\u00bb, Jean-Pierre SEGHI analyse la structure <em>c\u2019est<\/em> non pas en opposition \u00e0 <em>il<\/em> <em>est<\/em> &#8211; pronom personnel, mais aussi par rapport aux pr\u00e9sentatifs <em>il est \/ il existe \/ il y a<\/em> (o\u00f9 <em>il<\/em> est pronom impersonnel). La \u00ab&nbsp;syst\u00e9matisation&nbsp;\u00bb propos\u00e9e est repr\u00e9sent\u00e9e graphiquement par un syst\u00e8me qui comprend cinq \u00e9l\u00e9ments primordiaux r\u00e9partis sur deux axes&nbsp;:&nbsp; d\u2019une part, \u00ab&nbsp;l\u2019axe horizontal du concret et du r\u00e9el&nbsp;\u00bb form\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments suivants&nbsp;: le pronom d\u00e9monstratif neutre <em>ce<\/em>, le pronom personnel <em>il<\/em>, les substantifs (ind\u00e9pendants s\u00e9mantiquement), les adjectifs (d\u00e9pendants s\u00e9mantiquement)&nbsp;; d\u2019autre part, l\u2019axe vertical qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve vers l\u2019abstrait, form\u00e9 uniquement du pronom impersonnel <em>il<\/em>, \u00ab&nbsp;terme abstrait qui repr\u00e9sente la personne d\u2019univers, ou l\u2019\u00eatre en g\u00e9n\u00e9ral&nbsp;\u00bb. \u00c0 ces deux axes s\u2019ajoutent deux termes de liaison&nbsp;: le verbe <em>\u00eatre<\/em>, \u00ab&nbsp;verbe de sens plein qui signifie tout d\u2019abord avoir l\u2019existence et qui se vide peu \u00e0 peu de ce sens pour devenir simple copule&nbsp;\u00bb et le verbe <em>avoir<\/em>, \u00ab&nbsp;qui est dans sa forme <em>y avoir<\/em> un verbe proche de <em>\u00eatre<\/em> dans son sens plein \u00bb (p. 57). <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019utilisation de <em>ce<\/em> pour r\u00e9soudre le probl\u00e8me de l\u2019accord verbal entre un sujet singulier et un attribut (nominal) pluriel (<em>le plus marquant sont les portraits<\/em> par rapport \u00e0 <em>le plus marquant, ce sont les portraits<\/em>) fait l\u2019objet de l\u2019article d\u2019\u00c9ric TOURRETTE (\u00ab\u00a0Le r\u00f4le de <em>ce<\/em> dans la r\u00e9solution des probl\u00e8mes d\u2019accord verbal\u00a0\u00bb). Les facteurs qui autorisent l\u2019insertion de <em>ce<\/em> dans cette construction sont de nature syntaxico-discursive, visant la coh\u00e9sion et la coh\u00e9rence textuelles\u00a0: le constituant de gauche int\u00e8gre par lui-m\u00eame un pronom d\u00e9monstratif; la dislocation transforme le sujet en simple th\u00e8me isol\u00e9 de la copule. Par cons\u00e9quent, l\u2019insertion de <em>ce<\/em> dans ces constructions devient une solution acceptable par les grammaires normatives, car il permet d\u2019att\u00e9nuer les contrastes par sa nature anaphorique. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans une \u00e9tude diachronique, Dani\u00e9la CAPIN (\u00ab\u00a0<em>Ce<\/em> dans les incises en fran\u00e7ais m\u00e9di\u00e9val (12e s. -16e s.)\u00a0\u00bb) s\u2019interroge sur le statut de <em>ce<\/em> dans les incises, sur sa d\u00e9pendance de facteurs comme la variation temporelle, les types des verbes (<em>verba dicendi<\/em>) ou le statut du sujet et, finalement, sur sa disparition dans le fran\u00e7ais actuel. Suivant la th\u00e9orie des chercheurs anglo-saxons (Thomson et Mulac 1991), selon laquelle l\u2019incidente et les incises (initiales, m\u00e9dianes et finales) sont une r\u00e9duction de la compl\u00e9tive, l\u2019auteure affirme que <em>ce<\/em> peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00abvestige\u00bb de la compl\u00e9tive \u00abancienne\u00bb, comme \u00ab\u00a0la trace d\u2019un \u00e9tat interm\u00e9diaire qui permettait, aux c\u00f4t\u00e9s des expressions nouvelles, de maintenir des marques d\u2019oralit\u00e9 dans les \u00e9nonc\u00e9s\u00a0\u00bb. Pourtant, son emploi dans les deux types de subordonn\u00e9es enregistre des diff\u00e9rences qui se manifestent par un lien faible (et tr\u00e8s variable) dans le cas de l\u2019incise initiale, m\u00e9diane et finale et par un lien fort dans le cas de l\u2019incidente. En fin de compte, il s\u2019agit d\u2019une g\u00e9om\u00e9trie variable faisant de <em>ce<\/em> \u00ab\u00a0un terme transcat\u00e9goriel par excellence\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me partie, intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;<em>Ce <\/em>dans les lexies fig\u00e9es : comment une anaphore configure un connecteur\u2026&nbsp;\u00bb, r\u00e9unit des articles relevant de la linguistique textuelle, de la s\u00e9mantique discursive, mais \u00e9galement de la traductologie autour des lexies suivantes&nbsp;: <em>et ce<\/em>, <em>et cela<\/em>, <em>et ceci<\/em>, <em>et \u00e7a <\/em>(M. Bilger, F. Lafontaine et F. Sabio), <em>sur ce<\/em> (M. Bilger, C. Vaguer et M. Kahloul), <em>ce disant<\/em> et <em>ce faisant<\/em> (A. C\u00e9line), <em>ce disant, ce faisant, pour ce faire, ce nonobstant, ce<\/em> (O. Schneider-Mizony), <em>(W) revient \u00e0 dire <\/em>o\u00f9 W=<em>Ceci \/ Cela \/ \u00c7a \/ Ce qui \/ Il \/ Elle \/ Inf \/ SN \/ P<\/em> (H. Vassiliadou). <\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;Les s\u00e9quences <em>et ce<\/em> et <em>sur ce<\/em> \u00e0 l\u2019aune de la macrosyntaxe&nbsp;\u00bb, Mireille BILGER s\u2019occupe de la composante macrosyntaxique des deux lexies qui ont un comportement diff\u00e9rent en fonction des crit\u00e8res relevant du registre oral et \u00e9crit et surtout du genre discursif&nbsp;: <em>sur ce<\/em> appara\u00eet essentiellement dans les textes litt\u00e9raires alors que la lexie <em>et ce<\/em> appara\u00eet dans des textes plut\u00f4t informatifs et formels (presse, m\u00e9dias, paroles professionnelles), sans pour autant \u00eatre totalement absente des productions litt\u00e9raires. Cependant, les deux lexies analys\u00e9es pr\u00e9sentent une propri\u00e9t\u00e9 anaphorique commune par leur capacit\u00e9 de substituer n\u2019importe quel pr\u00e9dicateur verbal, m\u00eame si elles se distinguent du point de vue de la s\u00e9mantique discursive&nbsp;: <em>sur ce<\/em> pr\u00e9sente une valeur d\u00e9monstrative (d\u00e9ictique) plus grande par rapport \u00e0 <em>et ce<\/em>, qui rappelle uniquement un ant\u00e9c\u00e9dent linguistique formel. <\/p>\n\n\n\n<p>Partant du principe qu\u2019on ne peut relever le sens linguistique que par l\u2019interpr\u00e9tation du comportement des formes, C\u00e9line VAGUER et Mongi KAHLOUL (\u00ab&nbsp;<em>Sur ce<\/em>, qu\u2019en dit-on ?&nbsp;\u00bb) &nbsp;nous offrent une image du fonctionnement et de l\u2019identit\u00e9 de la lexie <em>sur ce<\/em> au XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle dans une approche plurielle visant les aspects suivants&nbsp;: identit\u00e9 syntaxique, valeurs d\u2019emploi, r\u00f4le du contexte. Cette analyse met ainsi en \u00e9vidence le fait que la construction <em>sur ce<\/em> pr\u00e9sente deux interpr\u00e9tations possibles&nbsp;: d\u2019une part, connecteur textuel conjonctif ayant une valeur temporelle et cons\u00e9cutive imm\u00e9diate et, d\u2019autre part, connecteur discursif \u00e0 valeur temporelle et de cl\u00f4ture d\u00e9finitive. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans une approche diachronique reposant sur un corpus ayant une certaine h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 (<em>Frantext<\/em> et <em>Europresse<\/em> pour la p\u00e9riode XIX<sup>\u00e8me<\/sup>, XX<sup>\u00e8me<\/sup> et XXI<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle), Amourette CELINE (\u00ab&nbsp;Le r\u00f4le discursif des locutions \u00e0 valeur g\u00e9rondivale <em>ce disant<\/em> et <em>ce faisant<\/em>&nbsp;: des propri\u00e9t\u00e9s circonstancielles aux propri\u00e9t\u00e9s axiologiques&nbsp;\u00bb) nous propose une analyse approfondie des particularit\u00e9s discursives de ces locutions \u00e0 valeur g\u00e9rondivale pour d\u00e9montrer que la combinaison <em>ce + forme verbale<\/em> <em>non finie<\/em> se constitue comme la marque d\u2019une double coh\u00e9sion&nbsp;: d\u2019une part, ces locutions ont un caract\u00e8re anaphorique renforc\u00e9 par la pr\u00e9sence des deux verbes (<em>disant<\/em> et <em>faisant<\/em>) et, d\u2019autre part, elles d\u00e9limitent un cadre interpr\u00e9tatif (circonstanciel ou axiologique) dans le contexte de droite. En m\u00eame temps, elles assurent la coh\u00e9rence textuelle <em>en amont<\/em> en <em>en aval<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans une perspective traductologique, Odile SCHNEIDER-MIZONY (\u00ab&nbsp;<em>Ce<\/em> en tour fig\u00e9 : qu\u2019en faire en allemand&nbsp;?&nbsp;\u00bb) fait l\u2019analyse des tours fig\u00e9s <em>ce disant, ce faisant, pour ce faire, ce nonobstant, <\/em>et<em> ce<\/em> dans des corpus parall\u00e8les (fran\u00e7ais-allemand) pour mettre en \u00e9vidence les constantes et les variables dans les deux langues. L\u2019auteure explique la vari\u00e9t\u00e9 des \u00e9quivalences en allemand par le faible s\u00e9mantisme initial et par le caract\u00e8re fig\u00e9 des lexies analys\u00e9es. D\u2019autre part, leur \u00e9limination dans le cas des conventions ou des d\u00e9clarations politiques s\u2019explique par la nature de la traduction administrative. Cependant, ces tours fig\u00e9s gardent leur nature de connecteurs textuels qui restent des \u00ab&nbsp;liants essentiels du texte&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Afin de mettre en \u00e9vidence la sp\u00e9cificit\u00e9 des pronoms d\u00e9monstratifs et des verbes se substituant au verbe <em>dire<\/em>, H\u00e9l\u00e8ne VASSILIADOU (\u00ab&nbsp;Une vari\u00e9t\u00e9 de <em>(W) revient \u00e0 dire (que)<\/em>&nbsp;: construction d\u2019\u00e9quivalence&nbsp;\u00bb) se propose de faire une analyse distributionnelle de la construction de reformulation <em>(W) revient \u00e0 dire <\/em>o\u00f9 W=<em>Ceci \/ Cela \/ \u00c7a \/ Ce qui \/ Il \/ Elle \/ Inf \/ SN \/ P<\/em>. En effet, la construction <em>(W) revient \u00e0 dire<\/em> <em>(que)<\/em> s\u2019av\u00e8re \u00eatre une collocation plus forte que celles construites avec d\u2019autres verbes, ce qui lui conf\u00e8re le statut de \u00ab matrice lexicale \u00bb ou de \u00ab&nbsp;patron syntaxique d\u2019\u00e9quivalence&nbsp;\u00bb. Finalement, la pr\u00e9sence obligatoire de <em>que<\/em> s\u2019explique par le nombre r\u00e9duit de contraintes et par une corr\u00e9lation entre les valeurs s\u00e9mantiques et les patrons syntaxiques avec et sans <em>que<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans leur article intitul\u00e9<em> <\/em>\u00ab\u00a0<em>Les parents ont totalement d\u00e9missionn\u00e9 de leur r\u00f4le, et ce depuis bien longtemps<\/em> ! Les formes d\u00e9tach\u00e9es par <em>et ce<\/em> en fran\u00e7ais oral et \u00e9crit : \u00e9tude sur corpus\u00a0\u00bb<em>, <\/em>Fanny LAFONTAINE et Fr\u00e9d\u00e9ric SABIO se proposent d\u2019analyser l\u2019usage des formes <em>et ce<\/em>, <em>et cela<\/em>, <em>et ceci<\/em>, <em>et \u00e7a<\/em> dans un vaste corpus de fran\u00e7ais contemporain oral et \u00e9crit. L\u2019\u00e9l\u00e9ment novateur de cet article consiste dans la description des orientations s\u00e9mantiques particuli\u00e8res de ces constructions : d\u2019une part, l\u2019identification des deux cat\u00e9gories d\u2019Ajouts (77% dans l\u2019analyse du corpus) se trouvant sous la d\u00e9pendance d\u2019un verbe recteur sans appartenir \u00e0 sa valence (<em>ajouts temporels<\/em> qui expriment essentiellement l\u2019anciennet\u00e9, la longue dur\u00e9e, la haute fr\u00e9quence, l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 ou la pr\u00e9cocit\u00e9 et <em>ajouts spatiaux<\/em> rev\u00eatant r\u00e9guli\u00e8rement un caract\u00e8re \u00ab couvrant \u00bb ou portant une nuance de concession) et, d\u2019autre part, la nuance concessive des s\u00e9quences non r\u00e9gies (23% dans l\u2019analyse du corpus) ne se laissant pas d\u00e9crire \u00e0 partir des propri\u00e9t\u00e9s du verbe recteur, sans pour autant \u00e9tablir une \u00ab\u00a0correspondance rigoureuse\u00a0\u00bb entre la fonction de circonstant et la possibilit\u00e9 de d\u00e9tachement pour les constructions analys\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans le dossier <em>Varia<\/em>, l\u2019article de Marianna POZZA (\u00ab\u00a0Traces of \u201ccrystallized\u201d conceptual metaphors in ancient Indo-European languages: the relationship of language with space and body\u00a0\u00bb) cl\u00f4t le num\u00e9ro par une analyse des expressions m\u00e9taphoriques dans quelques langues indoeurop\u00e9ennes anciennes pour montrer comment les m\u00e9taphores conceptuelles (Lakoff and Johnson 1980) utilisent les concepts d\u2019espace et l&#8217;incarnation. L\u2019auteure illustre ainsi la polys\u00e9mie de certaines racines proto-indo-europ\u00e9ennes (PIE), g\u00e9n\u00e9ralement interpr\u00e9t\u00e9es comme homonymes, et l&#8217;id\u00e9e d&#8217;une correspondance univoque entre la forme et la fonction d&#8217;un signe linguistique et celle d&#8217;un naturel et d&#8217;une transparence intrins\u00e8ques.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la fin de ce parcours, il est \u00e9vident que les multiples facettes des pronoms d\u00e9monstratifs&nbsp; neutres du fran\u00e7ais (<em>ce, ceci, cela, \u00e7a<\/em>) donnent naissance aux riches interpr\u00e9tations textuelles et discursives qui mettent en \u00e9vidence leur statut de connecteurs textuels (\u00e0 valeur anaphorique, cataphorique ou d\u00e9ictique) ou bien de connecteurs discursifs (\u00e0 valeur circonstancielle ou axiologique).<\/p>\n\n\n\n<p>[Daniela Dinc\u0103]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Coordonn\u00e9 par Anne THEISSEN et Annie KUYUMCUYAN, le num\u00e9ro 10 de la revue Studii de lingvistic\u0103 est consacr\u00e9 \u00e0 une th\u00e9matique complexe &#8211; \u00ab&nbsp;La polyvalence de ce en fran\u00e7ais : de la syntaxe \u00e0 la coh\u00e9sion textuelle\u00bb &#8211; qui regroupe des articles autour des pronoms d\u00e9monstratifs&nbsp; neutres du fran\u00e7ais (ce, ceci, cela, \u00e7a), analys\u00e9s dans\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2021\/02\/15\/anne-theissen-annie-kuyumcuyan-coord-la-polyvalence-de-ce-en-francais-de-la-syntaxe-a-la-cohesion-textuelle-studii-de-lingvistica-no-10-2020-pp-282\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-130","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n-42"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/130"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=130"}],"version-history":[{"count":4,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/130\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":187,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/130\/revisions\/187"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=130"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=130"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=130"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}