{"id":1070,"date":"2024-02-18T18:05:26","date_gmt":"2024-02-18T17:05:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/?p=1070"},"modified":"2024-02-27T09:00:47","modified_gmt":"2024-02-27T08:00:47","slug":"frassi-paolo-dir-phraseologie-et-terminologie","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2024\/02\/18\/frassi-paolo-dir-phraseologie-et-terminologie\/","title":{"rendered":"Frassi, Paolo (dir.), Phras\u00e9ologie et terminologie"},"content":{"rendered":"\n<p>Frassi, Paolo (dir.), <em>Phras\u00e9ologie et terminologie<\/em>, De Gruyter, Berlin\/Boston, 2023, pp. 329.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet ouvrage, publi\u00e9 sous la direction de <strong>Paolo Frassi<\/strong>, s\u2019inscrit dans le cadre du projet d\u2019envergure <em>Les Humanit\u00e9s Num\u00e9riques appliqu\u00e9es aux langues et aux litt\u00e9ratures \u00e9trang\u00e8res<\/em> (2018-2022) du D\u00e9partement de Langues et Litt\u00e9ratures \u00c9trang\u00e8res de l\u2019Universit\u00e9 de V\u00e9rone. Dans son introduction, Frassi signale le manque d\u2019une m\u00e9thode partag\u00e9e chez les terminologues et les terminographes pour la description et le classement, selon des crit\u00e8res syntactico-s\u00e9mantiques, des unit\u00e9s phras\u00e9ologiques en langue de sp\u00e9cialit\u00e9. En r\u00e9ponse \u00e0 cette lacune, le volume, rassemblant quatorze \u00e9tudes dans le domaine de la phras\u00e9ologie et de la terminologie, s\u2019int\u00e9resse, sous diff\u00e9rentes perspectives, \u00e0 la question des propri\u00e9t\u00e9s syntactico-s\u00e9mantiques des unit\u00e9s multilex\u00e9miques de type <em>phras\u00e8me<\/em>, voire les locutions et les collocations (pp. 1-6).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage s\u2019ouvre avec une contribution de<strong> Val\u00e9rie Delavigne<\/strong> (<em>Terme, phras\u00e9ologie, discours \u2013 une approche socioterminologique<\/em>, pp. 7-25) qui se focalise sur les discours sp\u00e9cialis\u00e9s et sur l\u2019usage, au sein de ces derniers, de terminologies propres \u00e0 des pratiques sociales et \u00e0 des communaut\u00e9s donn\u00e9es, en adoptant une approche socioterminologique. S\u2019appuyant sur les \u00e9tudes de Legallois, Tutin et Mejri, Delavigne d\u00e9finit la phras\u00e9ologie comme \u00ab&nbsp;un domaine qui traite les s\u00e9quences lexicales per\u00e7ues comme pr\u00e9construites&nbsp;\u00bb (p. 11) et constate que les fluctuations terminologiques, qui se sont produites au cours des si\u00e8cles, sont essentiellement dues \u00e0 des ind\u00e9terminations d\u2019objet entre termes, \u00e0 des r\u00e9assignations de sens ou \u00e0 des cr\u00e9ations n\u00e9ologiques. En essayant de comprendre comment les usagers s\u2019approprient des connaissances, l\u2019objectif du travail de Delavigne est celui de proposer une typologie des \u00ab&nbsp;objets phras\u00e9ologiques&nbsp;\u00bb rep\u00e9r\u00e9s en corpus (ex. termes complexes, collocations, formules et routines discursives) pour distinguer ceux relevant de la terminologie et ceux associ\u00e9s \u00e0 d\u2019autres types d\u2019expressions. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, <strong>Maria Francesca Bonadonna <\/strong>(<em>Phras\u00e9ologie et enseignement du fran\u00e7ais commercial \u2013 un parcours historique \u00e0 travers les m\u00e9thodologies de FLE<\/em>, pp. 27-45) examine le statut de la phras\u00e9ologie dans l\u2019enseignement du fran\u00e7ais commercial, en se penchant sur l\u2019\u00e9volution historique de la didactique du fran\u00e7ais dans ce domaine. Elle se focalise sur la pr\u00e9sence des phras\u00e8mes, voire locutions et collocations, dans les manuels, en mettant en \u00e9vidence l\u2019\u00e9volution des m\u00e9thodes d\u2019enseignements&nbsp;: l\u2019excursus dress\u00e9 par Bonadonna montre bien le passage de m\u00e9thodes plus triviales, bas\u00e9es sur l\u2019utilisation de listes de mots et de glossaires, \u00e0 des m\u00e9thodes plus innovantes, visant \u00e0 mieux ma\u00eetriser la comp\u00e9tence communicative. Bonadonna remarque \u00e9galement l\u2019apport essentiel de la lexicographie p\u00e9dagogique (\u00ab&nbsp;<em>Dictionnaire d\u2019Apprentissage du fran\u00e7ais des affaires&nbsp;\u00bb<\/em>) au XX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle et des ressources informatis\u00e9es, telles que les r\u00e9seaux lexicaux et corpus num\u00e9riques, au XXI<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle pour l\u2019enseignement de la phras\u00e9ologie. Pour le fran\u00e7ais commercial en particulier, l&#8217;enseignement de la composante m\u00e9talinguistique r\u00e9sulte central, bien que cette derni\u00e8re demeure peu d\u00e9velopp\u00e9e dans les manuels traditionnels de FLE, \u00e0 cause de sa nature chronophage. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Avec la contribution de <strong>Maria Teresa Zanola<\/strong> (<em>La formation des phras\u00e8mes terminologiques entre diachronie et variation<\/em>, pp. 47-58) on reste toujours dans le domaine de la phras\u00e9ologie afin de cerner de plus pr\u00e8s l\u2019importance de la terminologie et des <em>realia terminologiques<\/em> dans la compr\u00e9hension des savoirs et des pratiques d\u2019une langue et d\u2019une soci\u00e9t\u00e9. En effet, comme le dit l\u2019auteure, \u00ab\u00a0la terminologie favorise l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la connaissance des domaines, permet la pr\u00e9cision conceptuelle et contribue \u00e0 la clart\u00e9 dans la d\u00e9nomination des objets\u00a0\u00bb (p. 48). S\u2019appuyant sur les fonctions lexicales de Mel\u2019\u010duk (1997) et sur son approche de description des phras\u00e8mes, Zanola se propose de d\u00e9montrer le r\u00f4le central de la terminologie en tant que discipline transversale, en offrant des exemples propres du domaine scientifique mon\u00e9taire et des math\u00e9matiques (ex. \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9 math\u00e9matique\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0employer bien ses quatre deniers\u00a0\u00bb). L\u2019\u00e9tude men\u00e9e par Zanola met en lumi\u00e8re une grande vari\u00e9t\u00e9 lexicale et variation synonymique caract\u00e9risant le langage scientifique des math\u00e9matiques tout au long des si\u00e8cles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Delphine-Anne <\/strong><strong>Rousseau<\/strong><strong> <\/strong>(<em>Phras\u00e8mes terminologiques et collocations technolectales<\/em>, pp. 59-81) se penche, quant \u00e0 elle, sur la terminologie musicale ancienne en abordant, en particulier, les unit\u00e9s polylexicales en langue de sp\u00e9cialit\u00e9. L\u2019objectif principal de l\u2019analyse est celui de formuler des hypoth\u00e8ses et des propositions pour distinguer \u00ab&nbsp;les syntagmes-termes des collocations propres \u00e0 une langue de sp\u00e9cialit\u00e9&nbsp;\u00bb (p. 73). \u00c0 ce but, Rousseau reconna\u00eet l\u2019importance du contexte pour discr\u00e9tiser entre ce qui rel\u00e8ve du terme complexe et ce qui rel\u00e8ve de la collocation. En m\u00eame temps, elle introduit la notion de \u00ab&nbsp;collocation technolectale&nbsp;\u00bb pour se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 des collocations sp\u00e9cifiques \u00e0 un technolecte, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 un vocabulaire technique propre d\u2019une discipline. En revanche, Rousseau parle de \u00ab&nbsp;phras\u00e8me terminologique&nbsp;\u00bb indiquant avec cette notion \u00ab&nbsp;un terme complexe renvoyant \u00e0 un concept pr\u00e9cis au sein d\u2019un domaine&nbsp;\u00bb (p. 75). En conclusion, pour compl\u00e9ter le cadre de cette \u00e9tude, Rousseau d\u00e9finit aussi la notion de \u00ab&nbsp;phras\u00e9ologismes&nbsp;\u00bb comme \u00ab&nbsp;des tournures de phrases [\u2026] qui conf\u00e8rent leur caract\u00e8re idiomatique aux textes produits par les sp\u00e9cialistes&nbsp;\u00bb et qui s\u2019av\u00e8rent n\u00e9cessaire pour la \u00ab&nbsp;pleine appropriation d\u2019un technolecte&nbsp;\u00bb (p. 77).&nbsp; &nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Tout en restant dans le domaine de la phras\u00e9ologie, de son c\u00f4t\u00e9, <strong>Alain Polgu\u00e8re <\/strong>(<em>Les modificateurs redondants et leur r\u00f4le en terminologie<\/em>, pp. 83-104) r\u00e9fl\u00e9chit sur le r\u00f4le des syntagmes nominaux phras\u00e9ologiques en terminologie de sp\u00e9cialit\u00e9. En particulier, il se focalise sur ce qu\u2019il appelle \u00ab\u00a0modificateur redondant\u00a0\u00bb (fonction lexicale Redun, dans le cadre de la Lexicologie Explicative et Combinatoire) qui a pour fonction principale celle de d\u00e9sambig\u00fciser l\u2019emploi en question et \u00ab\u00a0marquer l\u2019acception [parfois polys\u00e9mique] du vocable nominal impliqu\u00e9\u00a0\u00bb (p. 84). Dans cette \u00e9tude, la notion de redondance en terminologie est trait\u00e9e en tant que faute de style, faux pl\u00e9onasmes et bons pl\u00e9onasmes (redondances phras\u00e9ologis\u00e9es)\u00a0: ici, Polgu\u00e8re remet en question la perception n\u00e9gative des pl\u00e9onasmes, soulignant que l&#8217;usage courant de ces expressions r\u00e9pond \u00e0 des besoins communicatifs sp\u00e9cifiques. En conclusion, Polgu\u00e8re se pose le probl\u00e8me de la mod\u00e9lisation lexicographique des syntagmes collocationnels redondants\u00a0dans le cadre des Syst\u00e8mes Lexicaux (\u00ab\u00a0vastes r\u00e9seaux lexicaux dont l\u2019ossature est principalement tiss\u00e9e par les relations de fonctions lexicales\u00a0\u00bb (p. 97)) et il consid\u00e8re que la singularisation pourrait se r\u00e9v\u00e9ler parfois cruciale lorsqu\u2019ils pr\u00e9sentent des \u00e9l\u00e9ments formellement similaires au vocabulaire de la langue g\u00e9n\u00e9rale (ex. <em>liaison<\/em>, <em>liaison chimique<\/em>).\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>En lisant le texte de <strong>Jingrao Li<\/strong> et <strong>Agn\u00e8s Tutin <\/strong>(<em>Quels traitements pour la phras\u00e9ologie scientifique transdisciplinaire dans une perspective d\u2019aide \u00e0 la r\u00e9daction ?<\/em>, pp. 105-129), on a l\u2019impression que les auteures s\u2019adressent \u00e0 un public compos\u00e9 en m\u00eame temps de sp\u00e9cialistes et d\u2019apprenants-chercheurs en formation. En effet, s\u2019occupant de phras\u00e9ologie scientifique transdisciplinaire, elles proposent une r\u00e9flexion sur l\u2019organisation d\u2019une base de donn\u00e9es (LST-SHS), servant d\u2019instrument d\u2019aide \u00e0 la r\u00e9daction pour les \u00e9tudiants-chercheurs en sciences humaines. Les auteures discutent des diff\u00e9rentes approches d&#8217;acc\u00e8s \u00e0 la base de donn\u00e9es, notamment onomasiologique, s\u00e9masiologique, et par traduction, en soulignant l&#8217;importance de la simplification du m\u00e9talangage et de l\u2019int\u00e9gration des aspects notionnels li\u00e9s \u00e0 la d\u00e9marche scientifique. D\u2019apr\u00e8s elles, cela permettrait aux apprenants de ma\u00eetriser le lexique de la science, en ayant conscience des fonctions discursives et rh\u00e9toriques en \u0153uvre dans un texte (ex. introduire le sujet, indiquer l\u2019organisation du texte\u2026), et de mieux comprendre le fonctionnement de la d\u00e9marche scientifique, qui peut se d\u00e9rouler selon diff\u00e9rentes approches (ex. qualitative, quantitative, empirique, descriptive\u2026).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article propos\u00e9 par <strong>Daniela Liliana <\/strong><strong>Dinc\u0101<\/strong> et <strong>Chiara <\/strong><strong>Preite<\/strong> (<em>Pr\u00e9sence et traitement des collocations verbales dans les vocabulaires juridiques fran\u00e7ais<\/em>, pp. 131-149) s\u2019int\u00e9resse au vocabulaire juridique et \u00e0 sa repr\u00e9sentation dans trois ouvrages lexicographiques, voire le <em>Vocabulaire du juriste d\u00e9butant<\/em> (Lerat, 2017), le <em>Dictionnaire phras\u00e9ologique plurilingue du droit<\/em> (Lerat, 2017) et le <em>Dictionnaire des coocurrences<\/em> (Beauchesne, 2001). Les auteures soulignent la n\u00e9cessit\u00e9 croissante de consid\u00e9rer les unit\u00e9s phras\u00e9ologiques, dans leur dimension lexicographique surtout \u00e0 des fins de traduction. M\u00e9thodologiquement parlant, l\u2019\u00e9tude m\u00e9ta-lexicographique en question est b\u00e2tie autour des classes d\u2019objet &lt;proc\u00e9dure&gt; et &lt;acte juridique&gt;, pour lesquelles ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9 respectivement les termes \u00ab&nbsp;action&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;poursuite&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;proc\u00e8s&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;recours&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;plainte&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;r\u00e9clamation&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;requ\u00eate&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;r\u00e9quisitoire&nbsp;\u00bb. Somme toute, l&#8217;analyse comparative des trois ressources lexicographiques met en \u00e9vidence l&#8217;importance cruciale des collocations verbales dans la langue juridique, en vue de mieux conna\u00eetre le lexique propre du domaine, con\u00e7u comme \u00ab un v\u00e9ritable r\u00e9seau, un syst\u00e8me articul\u00e9 de liaisons et de rapports syntagmatiques et paradigmatiques dont il faut rendre compte&nbsp;\u00bb (p. 147).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude pr\u00e9sent\u00e9e par <strong>Michela Tonti <\/strong>(<em>Le phras\u00e9oterme \u00e0 la confluence de la langue naturelle, de la langue de sp\u00e9cialit\u00e9 et des n\u00e9oformations<\/em>, pp. 151-187) se propose de jeter les bases pour une \u00e9tude empirique de la phras\u00e9ologie dans le domaine de la comptabilit\u00e9, consid\u00e9rant trois branches principales de cette discipline, comme la comptabilit\u00e9 financi\u00e8re, la comptabilit\u00e9 de gestion et la gestion financi\u00e8re. M\u00e9thodologiquement parlant, l\u2019analyse se base sur la constitution d\u2019un corpus, constitu\u00e9 de 245 documents (revues scientifiques, guides op\u00e9rationnelles\u2026) couvrant la p\u00e9riode 1999-2016, \u00e0 partir de la base de donn\u00e9es ProQuest. Ensuite, l\u2019\u00e9tude pr\u00e9voit l\u2019utilisation de TermoStat pour l\u2019analyse comparative\u00a0: l\u2019objectif principal est l\u2019identification de collocations n\u00e9ologiques, permettant de comparer les r\u00e9sultats avec un corpus de r\u00e9f\u00e9rence de la langue g\u00e9n\u00e9rale, issu du quotidien fran\u00e7ais Le Monde. En s\u2019appuyant sur plusieurs ressources terminologiques telles que <em>IATE, Franceterme, Belterme, TERMDAT, GDT <\/em>et <em>TERMIUM Plus<\/em> et en analysant des exemples comme \u00ab\u00a0travail de priorisation\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0manager de terrain\u00a0\u00bb, l\u2019auteure arrive \u00e0 montrer le r\u00f4le crucial du collocatif dans sa fonction de sp\u00e9cificateur et \u00e0 constater \u00ab\u00a0le potentiel terminog\u00e8ne de l\u2019adjectif\u00a0\u00bb (p. 184).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ping-Hsueh Chen<\/strong> et <strong>Rui Yan <\/strong>(<em>Les constructions Verbe causatif+Nom dans les textes institutionnels<\/em>, pp. 189-214), comme l\u2019indique le titre de leur article, visent \u00e0 comparer, par le biais d\u2019un corpus institutionnel et politique (textes de l\u2019ONU), les combinaisons Verbe causatif+Nom du fran\u00e7ais avec des structures linguistiques ayant le m\u00eame sens en chinois. La s\u00e9lection des verbes causatifs a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 partir des travaux pr\u00e9c\u00e9dents sur le th\u00e8me de la causalit\u00e9, en fixant un seuil de fr\u00e9quence \u00e0 1000 occurrences. Ainsi faisant 33 verbes causatifs fran\u00e7ais ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s et class\u00e9s en fonction de leur dimension s\u00e9mantique (ex. verbes neutres, verbes aspectuels et verbes d\u2019intensit\u00e9 forte\/faible). En outre, la polarit\u00e9 (positive\/n\u00e9gative) des arguments des verbes causatifs est un autre \u00e9l\u00e9ment \u00e0 consid\u00e9rer dans l\u2019analyse pour mieux rendre compte de leur fonctionnement et de leur signification en contexte\u00a0: la tendance g\u00e9n\u00e9rale est celle d\u2019aller vers une connotation plut\u00f4t positive dans les combinaisons Verbe causatif+nom, comme le montrent les exemples \u00ab\u00a0provoquer une cha\u00eene de r\u00e9actions pacifiques\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0instaurer la stabilit\u00e9\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0\u00e9liminer la pauvret\u00e9 et le d\u00e9nuement\u00a0\u00bb. Cela est probablement d\u00fb \u00e0 la nature des textes qui composent le corpus de r\u00e9f\u00e9rence de cette \u00e9tude: issus de l\u2019ONU, ceux-ci ont comme objectif primaire celui de maintenir la paix et de garantir la s\u00e9curit\u00e9 internationale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9ric Andr\u00e9 <\/strong><strong>Poirier<\/strong><strong> <\/strong>(<em>Dispositif empirique semi-automatique de d\u00e9couverte des expressions multilex\u00e9miques et des patrons phras\u00e9ologiques \u00e0 partir d\u2019un corpus parall\u00e8le de traduction sp\u00e9cialis\u00e9e<\/em>, pp. 215-237), pour sa part, d\u00e9crit et discute les r\u00e9sultats de l\u2019application d\u2019un dispositif empirique pour extraire et d\u00e9couvrir des expressions multilex\u00e9miques (EM) et des patrons phras\u00e9ologiques, typique du domaine juridique. En effet, ce travail a \u00e9t\u00e9 conduit \u00e0 partir du corpus parall\u00e8le L\u00e9gisQu\u00e9bec, comportant des textes l\u00e9gislatifs traduits du fran\u00e7ais en anglais. Au total, le corpus d\u2019analyse compte 1030 fiches, 515 lois traduites, composant un ensemble de 13,5 millions de mots. M\u00e9thodologiquement parlant, il est possible de diviser le travail en trois \u00e9tapes&nbsp;: suite \u00e0 la cr\u00e9ation du corpus parall\u00e8le et de l\u2019alignement des textes, l\u2019auteur a men\u00e9 une analyse qualitative des paires des segments des corpus \u00e0 l\u2019aide de scripts en langage Python, en mettant en \u00e9vidence les d\u00e9calages de traduction entre le fran\u00e7ais et l\u2019anglais. La troisi\u00e8me et derni\u00e8re \u00e9tape a consist\u00e9, de son c\u00f4t\u00e9, dans une autre analyse qualitative, visant \u00e0 annoter les d\u00e9calages lex\u00e9miques pr\u00e9alablement mentionn\u00e9s pour essayer de d\u00e9tecter des ph\u00e9nom\u00e8nes linguistiques li\u00e9s aux expressions multilex\u00e9miques et des propri\u00e9t\u00e9s associ\u00e9es aux patrons phras\u00e9ologiques.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude propos\u00e9e par <strong>Silvia Calvi, Patrick Drouin <\/strong>et<strong> Paolo Frassi <\/strong>(<em>Acquisition (semi-)automatique des collocations terminologiques<\/em>, pp. 239-258), en revanche, concerne, comme le sugg\u00e8re le titre, la question de l\u2019extraction automatique et semi-automatique des collocations terminologiques, en se focalisant en particulier sur la langue du commerce international. L\u2019\u00e9tude pr\u00e9sent\u00e9e dans cet ouvrage suit, sous un point de vue th\u00e9orique, le cadre de la LEC (Lexicologie Explicative et Combinatoire) (Mel\u2019\u010duk, 1997) qui pr\u00e9voit le recours au syst\u00e8me des fonctions lexicales. L\u2019\u00e9tude pilote repose sur un sous-corpus extrait du corpus commercial DIACOM-fr, compos\u00e9 de 37 textes, relevant du domaine sp\u00e9cifique du droit et du commerce international. Pour ce qui est de l\u2019extraction automatique des collocations, les auteurs se sont servis de trois logiciels tels que AntConc, TermoStat et SketchEngine\u00a0et les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 filtr\u00e9s manuellement pour \u00e9liminer les combinaisons non pertinentes, gardant exclusivement les collocations ayant les patrons Nom + Adjectif (ex. publicit\u00e9 trompeuse), Nom + Pr\u00e9position + Nom (ex. part de march\u00e9) et celles \u00e0 collocatif verbal (ex. conclure un contrat). Ce passage a permis l\u2019identification de 68 collocations nominales et 24 collocations \u00e0 collocatif verbal.<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution de <strong>Federica Vezzani <\/strong>(<em>Vers une m\u00e9thodologie pour l\u2019extraction et la classification automatiques des collocations terminologiques verbales en langue m\u00e9dicale<\/em>, pp. 259-277), pr\u00e9sente un autre travail m\u00e9thodologique sur l\u2019extraction automatique et la classification des \u00ab\u00a0collocations terminologiques verbales\u00a0\u00bb (Costa, Silva, 2004), qui se concentre sur le domaine m\u00e9dical, ayant un haut niveau de sp\u00e9cialisation. L\u2019enqu\u00eate que Vezzani propose se compose de plusieurs phases qui vont de la collecte des textes m\u00e9dicaux, la tokenisation et la lemmatisation jusqu\u2019\u00e0 l\u2019isolement de la base nominale et l\u2019extraction des candidats collocatifs verbaux. Les textes composant le corpus proviennent du Manuel MSD et les termes m\u00e9dicaux, constituant la base des collocations terminologiques, ont \u00e9t\u00e9 extraits \u00e0 partir du thesaurus MeSH (Medical Subject Headings). L&#8217;annotation manuelle des verbes se base sur la notion de compositionnalit\u00e9 du sens de la collocation en examen. Une phase ult\u00e9rieure est repr\u00e9sent\u00e9e par la \u00ab\u00a0formulation de la v\u00e9rit\u00e9-terrain\u00a0\u00bb pour l\u2019\u00e9tiquetage des donn\u00e9es sur lesquelles s\u2019appuieront l\u2019entra\u00eenement et la validation du syst\u00e8me.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le sugg\u00e8re le titre (<em>Traits d\u00e9finitoires et configurations actantielles dans la fiche terminologique DIACOM-fr<\/em>, pp. 279-304), l\u2019\u00e9tude men\u00e9e par <strong>Nicoletta Armentano<\/strong> est consacr\u00e9e aux traits d\u00e9finitoires et aux configurations actantielles pr\u00e9sentes dans la fiche terminologique \u00e9labor\u00e9e au sein du projet DIACOM. Armentano souligne que la r\u00e9daction des d\u00e9finitions est une t\u00e2che complexe, n\u00e9cessitant des choix sur plusieurs plans, notamment le domaine, le d\u00e9finisseur initial, la structure et l&#8217;inclusion d&#8217;\u00e9l\u00e9ments pour \u00e9viter des ambigu\u00eft\u00e9s. En ce qui concerne les d\u00e9finitions de la fiche terminologique de DIACOM-fr, elles sont plut\u00f4t de type analytique, permettant ainsi \u00ab\u00a0une automatisation du processus r\u00e9dactionnel\u00a0\u00bb (p. 288). Pour ce qui est, en revanche, de la structure actantielle, elle est bas\u00e9e sur le mod\u00e8le de la LEC et prend en compte les actants s\u00e9mantiques et leurs liens avec le terme, attribuant ainsi une structure logique \u00e0 la d\u00e9finition. M\u00e9thodologiquement parlant, les sources qui ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es pour remplir les champs de la fiche terminologique, entre autres, sont le GDT (<em>Grand Dictionnaire Terminologique<\/em>) et la base de donn\u00e9es <em>Termium Plus<\/em>. \u00c0 cela Armentano ajoute aussi que la r\u00e9daction des d\u00e9finitions des termes complexes a \u00e9t\u00e9 fait en utilisant comme mod\u00e8le la formulation adopt\u00e9e pour le terme simple. Cette d\u00e9marche a permis, notamment, de montrer un r\u00e9el transfert des propri\u00e9t\u00e9s du terme simple aux termes complexes qui composent son entourage.<\/p>\n\n\n\n<p>En conclusion de ce volume, qui a offert un panorama exhaustif des derni\u00e8res recherches en phras\u00e9ologie et terminologie, <strong>Claudia Cagninelli <\/strong>(<em>Du D\u00e9veloppement durable \u00e0 la transition \u00e9cologique dans les tweets \u2013 des phras\u00e9otermes concurrents du domaine \u00e9cologique\u00a0?<\/em>, pp. 305-329) se consacre aux usages sur Twitter de deux phras\u00e9otermes du domaine \u00e9cologique, c\u2019est-\u00e0-dire transition \u00e9cologique (TE) et d\u00e9veloppement durable (DD). L\u2019auteure se propose d\u2019analyser les profils lexico-discursifs de ces deux phras\u00e9otermes en deux phases\u00a0: la premi\u00e8re phase explore les th\u00e8mes fr\u00e9quemment abord\u00e9s en association avec ces deux termes, alors que la deuxi\u00e8me phase se focalise sur les implications pragmatiques de TE et de DD, en s\u2019appuyant sur des analyses discursives et linguistiques. De cette \u00e9tude, il ressort que les discours sur Twitter privil\u00e9gient souvent la TE par rapport au DD et que les deux termes sont associ\u00e9s \u00e0 des enjeux pragmatiques diff\u00e9rents\u00a0: l\u2019usage de TE r\u00e9v\u00e8le une planification proactive pour \u00e9viter la d\u00e9t\u00e9rioration ult\u00e9rieure de la plan\u00e8te, tandis que le DD est pr\u00e9sent\u00e9 comme un objectif \u00e0 atteindre, reliant les deux termes dans une strat\u00e9gie nationale de transition \u00e9cologique.<\/p>\n\n\n\n<p>[Francesco FARESIN]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Frassi, Paolo (dir.), Phras\u00e9ologie et terminologie, De Gruyter, Berlin\/Boston, 2023, pp. 329. Cet ouvrage, publi\u00e9 sous la direction de Paolo Frassi, s\u2019inscrit dans le cadre du projet d\u2019envergure Les Humanit\u00e9s Num\u00e9riques appliqu\u00e9es aux langues et aux litt\u00e9ratures \u00e9trang\u00e8res (2018-2022) du D\u00e9partement de Langues et Litt\u00e9ratures \u00c9trang\u00e8res de l\u2019Universit\u00e9 de V\u00e9rone. Dans son introduction, Frassi signale\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/2024\/02\/18\/frassi-paolo-dir-phraseologie-et-terminologie\/\">Leggi tutto &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[44],"tags":[],"class_list":["post-1070","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-n51"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1070"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1070"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1070\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1076,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1070\/revisions\/1076"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1070"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1070"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.farum.it\/lectures\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1070"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}